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()  -  19/05/20  -  Nouvelle pathologie des soignants, « l'épuisement du COVID » ?

   Dans un article publié par le BMJ, les Drs Claire Gerada et Caroline Walker (Londres, Grande Bretagne) abordent le sujet de l'après COVID pour les médecins. L’épidémie est qualifiée d’événement « incommensurable» qui a obligé les soignants à intégrer un « nouveau monde» avec une impossibilité

désormais de« retour à la normale». Si l'impact du COVID ne sera pas le même pour tous la vie de certains sera, pour une durée indéterminée, rythmée par la« fatigue pandémique ». Et plus encore pour ceux qui ont eux aussi à faire face à leur propre infection.

   Quels sont les déterminants de cet épuisement? Tous les soignants n'ont pas vécu l'épidémie de la même façon: certains ont« été au front», d'autres ont« perdu leur activité programmée au profit des COVIDs », des équipes ont été redéployées (rhumatologues en réanimation, en particulier dans les équipes de soins de passage de la position dorsale à la position ventrale) ... Mais tous ont connu deux faits fédérateurs bien que délétères: le recours, du réveil au coucher, aux réseaux sociaux pour tenter d'en apprendre plus sur la maladie et sa prise en charge, et la pression de l'absence des pathologies habituelles («Où sont passés les infarctus? Les AVC? Et Les cancers?»).

   Pour les Drs Gerada et Walker, si la fatigue physique est certaine, elle s'accompagne d'une irritabilité (souvent liée à un sentiment d'incompréhension par les non-soignants) et d'une certaine désorientation (après avoir enchaîné des jours de travail répétitifs sans même avoir de notion des jours et des dates). Ces signes pourraient s'amenuiser avec le temps si des échéances étaient prévues avec certitude dans l'avenir. Or, si en début d'épidémie, l'idée d'avoir à« courir un marathon» était acceptée par tous, désormais, c'est la perspective d' « enchaîner des marathons» qui est redoutée: il va falloir « vivre avec le virus»,« rattraper les pathologies dont la prise en charge a été retardée par l'épidémie» « repartir avec un service de santé bancal qui n'aura été sous la lumière que le temps d'une parenthèse». (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9834, p7)

 

17/04/20  Manifestations neurologiques associées au Covid-19: (Extraits) Si les patients atteints de Covid-19 présentent typiquement des complications respiratoires, ·d'autres manifestations, notamment cardiaques mais aussi neurologiques, sont observées.
   L'équipe de Ling Mao à Wuhan, épicentre de l'épidémie en Chine, donne un premier aperçu des manifestations neurologiques associées au Covid-19. Publiée dans le «JAMA Neurology » (1), leur étude rétrospective porte sur 214 patients hospitalisés pour Covid-19 modéré (59 %) ou sévère (41 %). Plus d'un tiers des patients (78/214) ont des manifestations neurologiques, allant de symptômes assez spécifiques (anosmie (perte de l'odorat) ou agueusie, (perte du goût). myopathie (affection des fibres musculaires), accident vasculaire cérébral) à des symptômes non spécifiques (céphalées, troubles de la conscience, vertiges ou épilepsie).

   Sans surprise, les patients présentant une forme grave de Covid-19 et ayant souvent des comorbidités

sont plus à risque d'accident vasculaire cérébral (5 %), de troubles de la conscience (15 %) et de myopathie squelettique (19 %). Enfin, de façon notable, de nombreux patients présentent d'emblée des symptômes neurologiques telles qu'anosmie/ agueusie et myopathie. (…)

   Le nouveau coronavirus serait-il neuro-invasif?

Le SARS-CoV-2 et le SARS-Co V sont similaires et infectent les cellules par le même récepteur (ACE2), lequel est présent sur les neurones et dans le cerveau. L’infection par le SARSCoV au niveau cérébral a été constatée chez certains patients en 2002 et 2003. Étant donné le potentiel neuro- invasif du SARS-CoV2, une équipe chinoise (4) soulève la possibilité que l'invasion du tronc cérébral puisse jouer un rôle dans la détresse respiratoire des patients atteints de Covid-19.

« Il a été démontré que les coronavirus de souris se propagent par voie neuronale à partir des voies olfactives vers le tronc cérébral et à partir du poumon de façon rétrograde vers le tronc cérébral inférieur, note le Dr Avindra Nath.  L'anosmie est un symptôme très courant du Covid-19, suggérant l'invasion du nerf olfactif cependant, des études autopsiques seront nécessaires pour déterminer si le SRAS-Co V-2 est réellement neuro-invasif ».Dr Véronique Nguyen. (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9825, p7)

 

07/04/20  -  « Risque de « blessure morale » chez les soignants. Le diagnostic d'un psychiatre britannique

Alors qu'avant même l'épidémie de Covid-19, les risques de burnout existaient déjà chez les blouses  blanches, quelles seront les conséquences de cette période de remise en question des habitudes de soins?

   « La pandémie de Covid-19 va probablement placer les professionnels de la santé du monde entier dans une situation sans précédent, les obligeant à prendre des décisions impossibles et à travailler sous des pressions extrêmes. » Dans un article publié par le British Medicaljournal, le Dr Neil Greenberg sonne l'alarme. Le psychiatre londonien, donne de nombreux exemples des dilemmes stressants pour les praticiens:« ces décisions peuvent porter sur la manière d'allouer les maigres ressources à des patients tous aussi nécessiteux, sur la manière d'équilibrer leurs propres besoins en matière de soins de santé physique et mentale avec ceux des patients, sur la manière d'aligner leur désir et leur devoir envers les patients, sur ceux envers la famille et les amis, et sur la manière de fournir des soins à tous les patients gravement malades avec des ressources limitées ou inadéquates.» Une chose est certaine: selon ce spécialiste,« cela peut entraîner pour certains un préjudice moral ou des problèmes de santé mentale».

   Personne n'est invulnérable

Le psychiatre britannique fait un parallèle entre la situation sanitaire actuelle et le vécu des militaires en temps de guerre. Il met en avant une notion commune : la blessure morale définie comme la détresse psychologique qui résulte d'actions, ou de l'absence d'actions, qui violent le code moral ou éthique d'une personne. Contrairement aux affections telles que la dépression ou le syndrome de stress post-traumatique, la blessure morale n'est pas une pathologie. Mais les personnes qui développent des blessures morales sont susceptibles d'avoir des pensées négatives sur elles-mêmes ou sur les autres ainsi que des sentiments intenses de honte, de culpabilité ou de dégoût. Ces symptômes peuvent entraîner: dépression, stress post-traumatique, voire idées suicidaires.

   Neil Greenberg parle aussi du « préjudice moral » que certains membres des services de santé  britanniques vont ressentir. Au Royaume Uni, la plupart des membres du personnel du NHS estiment, à juste titre, qu'en dépit de tous ses défauts, le NHS donne aux personnes les plus malades des possibilités d'accès aux soins. Et dans les enquêtes, les soignants disent toute leur fierté de pouvoir proposer ce service à leurs concitoyens.

   «L'énorme effort actuel pour assurer un personnel et des ressources adéquats peut peut-être être couronné de succès, mais il semble bien plus probable que lors de l'épidémie de covid-19, de 'nombreux soignants se trouveront dans des situations où ils ne pourront pas dire à un parent en deuil: "Nous avons fait tout ce que nous pouvions", mais seulement: "Nous avons fait de notre mieux avec le personnel et les ressources disponibles, mais ce n'était pas suffisant". C'est le germe d'un préjudice moral», continue le Dr Greenberg. « Tous les membres du personnel ne seront pas affectés mais personne n'est invulnérable et certains soignants en souffriront, peut-être pendant longtemps, si nous ne commençons pas dès maintenant à les y préparer et à les soutenir», estime-t-il.

   Débriefing et confinement

La difficulté de trouver des moments pour décompresser ne facilite pas la gestion du problème. Alors  même que la Grande-Bretagne vit comme la France une période de confinement, les échanges formels ou informels (autour d'un café ou d'un verre après le travail) sont rares. Pourtant, même les membres les plus résistants de l' équipe peuvent se sentir dépassés par des situations qui les concernent  personnellement (par exemple la prise en charge d'une personne qui leur rappelle un parent ou un ami). Dans de telles situations, tant le préjudice moral que l'épuisement professionnel peuvent affecter la santé mentale.

   Par ailleurs, dans cette période de crise, certains soignants font acte de présentéisme, adoptant des horaires extrêmes pendant lesquels ils ne sont pas systématiquement efficaces. Tous ces signes de souffrance morale en cours d'épidémie doivent être repérés afin d'éviter un effet rebond psychologique en fin de crise sanitaire. Selon l'auteur du BMJ, les gestionnaires des soins de santé doivent prendre des mesures proactives pour protéger le bienêtre mental du personnel tout en étant francs sur les situations auxquelles tous les soignants sont susceptibles d'être confrontés. Le personnel peut être soutenu en renforçant les équipes et en assurant un contact régulier pour échanger sur les décisions prises et vérifier le bien-être de chacun.

   Enfin, une fois la crise terminée, les référents devront s'assurer que du temps sera consacré aux échanges pour individualiser les leçons de ces expériences extraordinairement difficiles afin de créer un récit significatif plutôt que traumatisant. »

Dr Isabelle Catala  (Dr Neil Greenberg) (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9823, p8) -  (Lire aussi nos informations p.2  : Une population particulièrement à risque)

 

-  29/03/20  -  Didier Raoult : « Le médecin peut et doit réfléchir comme un médecin, et non pas comme un météorologiste. »
Le microbiologiste marseillais, promoteur de l'utilisation de l'hydroxychloroquine contre les maladies dues au coronavirus, justifie ses méthodes et s'en prend aux règles éthiques actuellement en vigueur en France :

     « Il est nécessaire que la société s'exprime sur les problèmes de l'éthique; et, en particulier, de l'éthique médicale. Des institutions ont été créées pour y répondre, telles que le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé {CCNE) ou les comités de protection des personnes, chargés de l'évaluation des projets de recherche médicale. Malheureusement, ces structures ont évolué sous  l'influence des spécialistes de la méthode et, petit à petit, la forme a fini par prendre le dessus sur le fond. (SUITE)

 

29/03/20  -  « Les infirmières, « ni bonnes, ni nonnes, ni connes » Yvan Sainsaulieu    (…) (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23384, p28)

 

LES SOIGNANTS

Ci-dessus,   LES SOIGNANTS :  Infos récentes et datées

Humour…  « Comme il remplace avantageusement le kiné,  le psy,
et même le conjoint,  je prescris souvent le chien »    (
LE DOC)   =>