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-  23/04  -  A la suite d’une lettre de Mr Lafontaine, Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan à écrit :
“J’ai toujours manifesté ma solidarité avec mes collègues catalans mis en cause, que ce soit Artur Mas ou M. Puigdemont et je resterai à leurs côtés. Mais, je ne partage pas la radicalisation qui veut en faire des exilés politiques et des prisonniers. L’Espagne est un état de droit et sa constitution a été approuvée avec une grande majorité, dont celle des catalans. A ce titre, les juges font leur travail qui peut être critiqué ou contesté mais doit être respecté.
M. Lafontaine ayant une formation lacunaire en matière de droit, mélange allégrement les notions et en vient à considérer les tribunaux espagnols comme « tribunaux politiques », c’est d’ailleurs la même argumentation que soulevaient les franquistes pour remettre en cause les tribunaux Républicains en 1936 et 1937. Comme je l’ai toujours défendu, le règlement de la crise catalane doit passer par un véritable référendum où tout le monde pourra se prononcer, c’est cela le respect des libertés fondamentales”.J
ean-Marc Pujol (http://www.catnord.cat/opinions/475-carme-forcadell-premi-joan-blanca-es-a-la-preso)-  30/04  -  Francesc Bitlloch (Secrétaire de la Territorial ANC Cat Nord) envoie une lettre au Maire et une copie à Carme Forcadell à la prison de Madrid:  (En catalan)
« Monsieur le Maire de la Fidelissime Ville de Perpignan.
Cette année encore, pour la Sant Jordi, la Ville de Perpignan a attribué le Prix Joan Blanca. Joan Blanca a été emprisonné et il est mort parce qu'il était catalan.
Il m'est permis de supposer, monsieur le Maire, que vous avez la liste des personnes qui ont reçu ce prix. Tous sont des militants qui luttent pour la langue et le pays. Je ne sais pas si vous vous rappelez qu'il y a maintenant deux ans, vous avez attribué ce prix à Carme Forcadell, Présidente du Parlement de Catalogne. Je ne sais pas si vous savez, Monsieur le Maire de la Fidelissime, que Carme Forcadell est enfermée dans une prison de Madrid. Je ne sais pas si on vous a expliqué que cette Dame n'est ni condamnée ni jugée, et qu'elle est en prison préventive... cette prison qui ne s'impose que quand le présumé criminel est dangereux pour la société.
  Dans les déclarations que vous avez faites récemment vous affirmiez que vous étiez solidaire des politiques emprisonnés ("
collègues" disiez-vous) mais que les nommer "prisonniers politiques" est une "radicalisation". Franchement, je ne vous comprends pas;
Parce que s'ils ne sont pas des prisonniers politiques, ce sont des radicaux qui méritent la prison et je ne comprends pas comment vous pouvez être solidaire de ces criminels. Mais, ce qui est le pire de tout, c'est que après tout cela vous
déclariez que l'unique solution c'est un Referendum! Un Referendum est précisément ce qu'ont organisé ceux que vous appelez vos collègues. Et c'est précisément pour cela qu'ils sont en prison ! Et précisément c'est cela que ne veut pas l'Espagne (encore que, selon des centaines de juristes catalans, cela entre parfaitement dans le cadre de la Constitution!)
 
Cette Dame, à qui vous avez donné le prix Joan Blanca en grande pompe voilà deux ans, est en train de pourrir dans une prison infâme aux côtés des prisonniers communs uniquement parce qu'elle était Présidente d'un Parlement élu démocratiquement, elle est en prison parce qu'elle a osé respecter son mandat populaire et organiser un referendum! Et dans une autre prison de Madrid, il y a par exemple les Présidents de l'ANC et Omnium, les entités les plus pacifiques et plurielles du tissu social catalan. Celles qui ont organisé les manifestations les plus multitudinaires et pacifiques d'Europe sans que soit cassée ni une vitre, ni abîmé un pneumatique ni incendié un container d'ordures.
  Avez-vous vu quelque chose de semblable en France ? Cela ne vous fait pas poser quelque question? Et ces dangereux activistes sont aussi en train de pourrir en prison préventive...en attendant que les égouts du régime trouvent quelque justification pour leur faire un procès qu’actuellement ils ne peuvent faire.
  Je vous explique cela, Monsieur le Maire de la Fidélissime Ville de Perpignan parce que j'ai l'impression que vous n'êtes pas au courant ou que vous êtes mal informé. Ce que je vous explique est tellement gros que je ne puis croire que, le sachant, vous ne vous manifestiez pas comme un simple démocrate contre de tels procédés. Mais, d'ici, j’entends votre objection: "
Le referendum n'était pas accordé, il n'était pas légal". Je m'y attendais parce que j'ai lu dans vos déclarations que "l'Espagne est un pays de droit et la Constitution a été votée par beaucoup de monde" et que "la justice fait son travail".
 
Monsieur le Maire ne doit pas lire La Semaine du Roussillon qui est un des rares journaux à avoir fait un travail sérieux sur l'extrême corruption du régime politique espagnol, sur sa filiation directe avec le franquisme, sur l'absence de divisions des pouvoirs, sur la politisation de la justice, de la police et des moyens de communication. Ils nous ont "vendu" une "transition démocratique" qui n'était qu'un cosmétique appliqué de façon à ce que rien ne change".
  La Constitution de laquelle vous parlez a été négociée avec le pistolet dans la poche et la menace d'un coup d'état (et un coup d'état Tejero!). La monarchie n'a jamais été votée (ils auraient perdu!) mais imposée par Franco qui en a fait la garantie pour que son régime autoritaire et corrompu continue après lui (verrouillé et bien verrouillé!) et l'amnistie a servi surtout pour empêcher toute mise en cause des juges et des policiers et des politiques et des entrepreneurs compromis avec le franquisme. Il s'agissait de permettre à ce gouvernement, à cette police, à cette classe politique et à cette corruption de continuer sur place (contrairement à ce qui s'est passé en Allemagne ou en en Italie...) Tout cela, aujourd'hui, est du domaine public, Monsieur le Maire. Tout le monde sait cela et on sait aussi que le Parlement catalan et le gouvernement ont demandé dix-huit fois à Madrid le Referendum de dix-huit façons différentes et la réponse s'est toujours faite par l'absence de réponse politique. Uniquement des réponses répressives.
  Monsieur le Maire, la Catalogne a voté la Constitution avec la peur au ventre et l'espoir d'un changement! Elle l'a fait dans les règles de la "nouvelle démocratie". Et même, quand elle a voulu modifier son statut, elle l'a négocié au Parlement avec une ample majorité. Et ce statut est allé dans la poubelle! Vous avez parlé d'état de droit ? L'état de droit a consisté à changer les membres du Conseil Constitutionnel, à y mettre des membres du PP et du régime franquiste et à les faire voter contre le nouveau statut et en avant la musique! un coup d'état à l'état de droit. 
  Vous nous avez dit, aussi, que la justice fait son travail. Je préfère penser que vous êtes mal informé et c'est pourquoi je vous explique ce qui suit. Le travail de la justice a consisté à continuer la répression violente et indiscriminée du jour du Référendum: vous devez savoir que la Vice-présidente du gouvernement espagnol a déclaré maintes fois que c'est le gouvernement et le parti populaire qui a décapité et emprisonné l'indépendantisme. Dire que la justice fait "son" travail C'est se moquer de Montesquieu! Vous avez déjà vu que l'état de droit espagnol dont vous parlez, est incompatible avec l'état de droit belge, le danois, le norvégien, l'écossais... et maintenant avec l'état de droit allemand qui laisse Puigdemont en liberté et dit qu'il n'y a ni rébellion, ni sédition en l'absence de violence, et bientôt dira qu'il n'y a même pas malversation puisqu'on ne trouve aucun moyen pour la démontrer.
  Monsieur le Maire de la Fidelissime Ville de Perpignan, j'insiste sur ce titre de notre ville (et vous savez bien pourquoi!) Que vous soyez en faveur ou contre l'indépendance de la Catalogne n'est pas le thème de cette lettre et il est dans votre droit le plus strict de vous exprimer. Nous parlons ici des droits fondamentaux et de la démocratie foulés aux pieds sans aucune honte. Sachez que la population de Catalogne-Nord est très sensible à cette question et qu'elle suit les événements avec inquiétude. Nous suivons avec espoir les positionnements de beaucoup de vos collègues, chaque jour un peu plus. Sachez que vos déclarations ont blessé beaucoup de gens. Si vous avez bien présente l'histoire de la Ville que vous administrez, vous comprendrez pourquoi.
  Je vous transmets l'adresse de la Présidente Forcadell, si vous voulez lui envoyer votre soutien, rappelez-vous qu'elle a la médaille de la Fidélissime Ville avec le nom de "Joan Blanca". Souvenez-vous de Joan Blanca. Souvenez-vous de Carme Forcadell. Souvenez-vous des militants pour la liberté. »
Carme Forcadell, Centro Penitenciario Madrid I, Mujeres, Mód B2 Carretera de Alcala-Meco Km 4, 5 / 28 805 Alcala de Henares (Madrid)  
Francesc Bitlloch (Secretari de la Territorial ANC Cat Nord)