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#NousSommesTousCatalans

(Début du texte)

Ce qui se joue aujourd’hui réellement en Catalogne n’est plus l’indépendance de la Catalogne : c’est la liberté et l’impunité (sans sanction de l’UE) d’un Etat de violer tous les traités des droits de l’homme possibles et imaginables au nom d’un prétendu « ordre public ». Lorsque Macron insulte les GM&S et leurs élus en écharpe tricolore de « fouteurs de bordel », lacrymo de CRS en prime (on voit que les élections et le temps des selfies sur des parkings est passé) c’est exactement la même logique : la requalification de droits d’expression démocratiques fondamentaux en trouble à l’ordre public, légitimant la répression policière et le muselage.

La dérive autoritaire et anti-démocratique de l’Etat espagnol nous concerne tous Européens : si on laisse faire ça, en créant un tel précédent, demain ce sera notre tour à tous. Et à bien des égards en France, c’est DEJA notre tour, de manière aussi insidieuse que grandissante.

Les démocraties européennes ont abandonné la République Espagnole à son triste sort en 1936, au motif tout aussi lâche et hypocrite d’une affaire intérieure, et ce fut le terrain d’entraînement des forces de l’Axe pour la seconde guerre mondiale. Bien des horreurs auraint été évitées si la France et la Grande-Bretagne avaient assisté la République démocratiquement élu attaquée par les armées fascsites du général Franco.

Que toute l’oligarchie politique et économique européenne ait choisi Rajoy comme son poulain – alimentant la fabrique à mensonges des appareils médiatiques dominants pour anesthésier les opinions publiques – montre clairement que l’Espagne est aujourd’hui le terrain d’entraînement des régimes anti-démocratiques et autoritaires qui se profilent pour nous tous Français et Européens.

Ne commettons pas la même erreur.  NE LAISSONS PAS TOMBER NOS CONCITOYENS D’UNION EUROPEENNE.

NOUS SOMMES TOUS CATALANS.  #NousSommesTousCatalans »              ( Début du texte )

27/10  -  Démocrates contre la démocratie Par Paul B. Preciado, Philosophe
Le déclenchement de l’article 155 par Madrid et la suspension du Parlement catalan constituerait une nouvelle étape d’un processus de destruction de la démocratie débuté en Grèce.
    
Je voyage de Barcelone à Oslo pour me rendre à Trondheim, en Norvège. Je suis invité à une conférence sur le futur des institutions culturelles européennes. La rencontre se déroule sur un bateau qui longe la côte norvégienne, depuis la frontière du cercle polaire jusqu’aux fjords de Bergen. Entre deux débats, je sors discrètement pour fumer ou pour lire en profitant du soleil. Allongé dans un hamac, sous une couverture, je contemple la superficie interminable, lisse et obscure de la mer. Les imposantes montagnes de roches et la végétation se dressent avec une force qui me semble incommensurable comparée à la petitesse de mon existence. L’expérience kantienne du sublime s’emparerait peut-être de moi si mon téléphone ne sabotait pas tout - le sublime n’est plus envisageable à l’ère de la communication numérique !
     Depuis Barcelone, les nouvelles sur la situation en Catalogne tombent sans interruption. Les messages contradictoires se succèdent. A 12 h 50, jeudi, on dit que Carles Puigdemont, avec la médiation d’Iñigo Urkullu, président de la communauté autonome du Pays basque, va accepter, sous la contrainte du gouvernement central espagnol, de dissoudre le Parlement catalan et de convoquer des élections. Il aurait pris cette décision afin de faire sortir de prison les leaders des associations civiles de l’indépendantisme et pour éviter l’application de l’article 155 qui implique la destitution des représentants politiques du gouvernement catalan. Mais deux heures plus tard, ayant appris que le Parti populaire (PP) appliquerait l’article 155 quelle que soit sa décision, Puigdemont change d’idée. Le lendemain, c’est finalement le Parlement catalan qui déclare l’indépendance. C’est pourquoi vous lisez présentement la quatrième version de cet article…
     Le gouvernement Rajoy, avec la complicité du Parti socialiste ouvrier espagnol, s’apprête à appliquer l’article 155 de la Constitution espagnole, soi-disant
«en défense du respect de la légalité et des droits démocratiques de tous les Espagnols et particulièrement de tous les Catalans». C’est un tournant historique. Nous assistons en Europe à l’émergence d’une nouvelle forme de «démocratie» autoritaire et répressive qui utilise la loi, l’interprétation la plus violente possible de la loi, pour mener à bien des réformes conservatrices. Ces réformes «démocratiques» impliquent le déploiement de la police nationale contre les citoyens, l’emprisonnement de membres de la société civile pour leurs idées, la confiscation de documents imprimés et numériques, la dissolution du Parlement, le contrôle des médias… Quelqu’un a parlé de démocratie ? Comme l’a expliqué Gabriel Jaraba, la crise catalane est «une expérience européenne dont la mission stratégique consiste à établir jusqu’à quel point les citoyens et les institutions sont disposés à tolérer une démocratie autoritaire». Si je n’avais vécu ces dernières années à Athènes, il m’aurait peut-être échappé que les deux expériences essentielles de «répression démocratique» de grande échelle se sont déroulées en Grèce en 2015. La première a consisté en la suppression totale de la souveraineté démocratique du peuple grec après le référendum de l’«oxi» («non»). La deuxième fut la militarisation des côtes grecques pour endiguer toute forme de migration et la transformation de quelques îles stratégiques en prisons à ciel ouvert. Conjointement à l’extension des réformes libérales du marché du travail, des coupes dans les retraites, de la privatisation des services publics, de la gestion militarisée de l’immigration, l’effet collatéral essentiel de ces coups d’Etat «démocratiques» successifs en Grèce fut la destruction de la gauche. Depuis 2015, Syriza est un parti mort. Les décisions de l’Union européenne ont servi à ruiner la légitimité politique de la gauche, ouvrant ainsi la voie aux populismes d’extrême droite. La mise en marche de l’article 155 et la suspension du Parlement catalan constituent une nouvelle étape de ce processus de destruction de la démocratie qui a débuté en Grèce.
     La complexité de la situation catalane réside dans le fait que le projet indépendantiste réunit deux façons distinctes d’imaginer la future république qui, plutôt qu’éloignées, sont irréconciliables. Le PDECAT est un parti de droite souverainiste portant les stigmates de son histoire de corruption exercée pendant des décennies par la famille Pujol. Il représente la classe des propriétaires, les professions libérales, ainsi que la petite et moyenne bourgeoisie industrielle catalane. Le «processus» auquel se référent les souverainistes du PDECAT conduirait à un Etat dominé par la bourgeoisie nationale catalane, qui mènerait une politique de coupes néolibérales. La position politique du PDECAT pourrait être décrite comme un libéralisme souverain corrompu - et en ce sens, ironiquement, il est le parti le plus similaire, dans ses valeurs et son fonctionnement, au parti espagnoliste du gouvernement central, le PP.
     Face à PDECAT, la CUP, parti de gauche anticapitaliste, constitue le moteur utopique et révolutionnaire de l’indépendantisme. Si la Suisse représente, dans ses rêves, le modèle national du PDECAT, pour la CUP, ce serait le Rojava, la région du Kurdistan syrien. La CUP se prononce pour un modèle de
«confédéralisme décentralisé», basé sur des idées issues de la tradition anarchiste catalane qui menèrent la révolution sociale en Espagne en 1936, relues à la lumière des travaux plus récents de l’Américain Murray Bookchin et du leader kurde Abdullah Ocalan. Les techniques de gouvernement privilégiées de ce modèle de démocratie directe sont l’organisation d’assemblées populaires pour la prise de décisions, la fixation de quotas de participation féminine au sein de divers organismes et l’extension à toute la Catalogne de l’écologie sociale et l’économie coopérative - qui existe déjà dans beaucoup de régions rurales. Les organes hégémoniques médiatiques de diffusion des idées du processus indépendantiste (Omnium, ANC et TV3) sont généalogiquement liés au conservatisme bourgeois et ne sont pas révolutionnaires. C’est pourquoi il est impossible de comprendre le processus indépendantiste à l’œuvre en Catalogne sans l’imaginaire politique utopique et les formes de désobéissance civile et de résistance non violente qu’amènent la CUP et les organisations pacifistes catalanes inspirées de Xirinacs et auxquelles adhèrent (sans pour autant se colorer d’indépendantisme) les bases de «En comú», la gauche catalane de Podemos. L’action brutale de l’Etat espagnol a galvanisé ces forces disparates et les pousse, paradoxalement, à faire une déclaration unanime de république indépendante. La seule question aujourd’hui est de savoir jusque quand la France et l’Allemagne pourront soutenir le coup d’Etat que le gouvernement central espagnol entend mener à bien en Catalogne.     Paul B. Preciado Philosophe
27/02/18  -  Espagne. Etat policier, nous y sommes (Suso de Toro)
La question n'est pas qu'il s'agisse d'un gouvernement arbitraire de voleurs, cela en est un, mais d'un Etat qui, outre qu'il est corrompu, est fondé sur l'immoralité et le pouvoir de la force. Nous sommes tous sous surveillance, et sommes dans l'attente qu'en Europe une partie de la population ne se borne pas à constater que le franquisme continue par d'autres moyens mais qu'elle nous appuie.
-  Quand on parle en Catalogne avec des personnes honorables et pacifiques qui, sans n'avoir commis aucun délit, vivent en sachant que leurs courriers électroniques et leurs appels téléphoniques sont enregistrés, sans la moindre saisine judiciaire, qu'à tout moment ils peuvent être accusés et jugés et que celui qui ordonne cette surveillance est leur ennemi politique, on comprend que ces personnes sont en butte à la persécution d'un Etat policier. 
-  Quand rien moins que des juges du Tribunal Suprême reconnaissent qu'ils maintiennent en prison préventive, sans preuves, des personnes qui sont transférées dans des prisons éloignées de leurs terres, éloignées de leurs maisons, toutes choses qui ne peuvent poursuivre d'autre but que d'humilier, il paraît évident que nous ne sommes pas dans un Etat de droit et que l'action de la Justice est partie prenante de celle de la police, elle-même au service du Gouvernement.
-  Quand le Ministère Public lève les obstacles au Gouvernement pour que ses délits restent impunis et quand il agit comme fer de lance d'une stratégie partidaire contre des responsables gouvernementaux démocratiquement élus, il confirme ce rôle policier de la Justice.
-  Quand est votée la "Loi Bäillon" pour que les citoyens deviennent des suspects et soient d’avance coupable, pour que les actions de la police ne soient pas soumises à un contrôle et soient impunies, l'explication en est que le pouvoir qui s'exerce sur la population n'est pas démocratique mais policier. Nous sommes tous, dans cette Espagne, coupables d'avance tant que nous ne parvenons pas à démontrer que nous sommes innocents.
-  Quand le CNI [Centre National d'Intelligence] lui-même, le service d'espionnage de l'Etat, reconnaît que l'imam de Ripoll était un de ses collaborateurs et que le "major" des Mossos [la police catalane], qui ont tué ou détenu les terroristes qui avaient assassiné 15 personnes à Barcelone et à Cambrills dans des attentats organisés par ce collaborateur de l'Etat, quand donc ce "major" est jugé un 23 février sur la base d'accusations portées par un colonel de la Garde Civile qui s'était joint au coup d'Etat d'un autre 23 février [1981], eh bien c'est le signe que l'idée de justice en Espagne est une vaste plaisanterie. Et quand ce colonel est promu général en reconnaissance pour la violence qu'il a déchaînée contre la population civile qui n'était armée que de bulletins de vote, eh bien c'est le signe que cette vaste plaisanterie prend la forme du foutage de gueule agrémenté d'éclats de rire de l'Etat à notre endroit.
-  Toutes ces régressions, comme la disparition des libertés en Espagne, ont été mises au jour dans leur pleine évidence grâce à la rébellion civique de la société catalane mais elles étaient déjà en marche comme s'il s'agissait de faits isolés se produisant ici ou là, avec l'application de la violence juridique et policière à des personnes qui, individuellement ou collectivement, défendent leurs droits. Et cela continue et continuera tant qu'il n'y aura pas une rupture politique avec le franquisme, tant que n'entrera pas en crise ce régime qu'est l'Etat franquiste réformé, depuis son sommet jusqu'au dernier de ses policiers.
-   La complicité avec le gouvernement des deux autres partis [que le PP, à savoir le PSOE et Ciudadanos] qui ont approuvé la suspension des garanties démocratiques sur le territoire catalan à travers une interprétation biaisée de l'article 155 de la Constitution, une manœuvre soutenue unanimement par le pouvoir financier et tous leurs moyens de communication, le fait que la population espagnole n'ait pas accès à une information et une expression libres et plurielles, ne font que confirmer qu'actuellement le Royaume d'Espagne n'est pas une démocratie.
-  L'interprétation, faite par le Tribunal Constitutionnel et le Tribunal Suprême, de la Constitution en vigueur et l'établissement d'une jurisprudence définitive sur la limitation de nos libertés sont la confirmation que le seul chemin permettant la préservation des libertés en Espagne passe par la rupture avec ce régime.
-  La question n'est pas qu'il s'agisse d'un gouvernement arbitraire de voleurs, cela en est un, mais d'un Etat qui, outre qu'il est corrompu, est fondé sur l'immoralité et le pouvoir de la force. Et les citoyens se retrouvent seuls. Nous sommes tous sous surveillance, et sommes dans l'attente qu'il y ait en Europe une partie de la population qui ne se borne pas à constater que le franquisme continue par d'autres moyens mais qu'elle nous appuie. (Le texte original en espagnol :
Estado policial, ya está siendo (eldiario.es)   -  Traduction Antoine Rabadan)
===== Le colonel responsable des opérations policières le 1er octobre, jour du référendum d'autodétermination catalan, a été promu général !!!!
Il a déclaré devant le juge en charge des événements liés au référendum qu'il n'y avait pas eu de violences policières ce jour-là. Selon ses propres termes : "il n'y a eu que des actions de police visant à faire respecter le mandat judiciaire". Lire l'intégralité de l'article en espagnol  -  "Le 1er octobre il n'y a pas eu de violences policières"
-  Qui est en réalité le responsable de la répression policière en Catalogne ?
Extraits :  -  Son nom Diego Pérez de los Cobos.  Ce nom me disait quelque chose qui remontait à une époque très obscure et lointaine. J'ai cherché sur internet et j'ai trouvé quelque chose qui présente une certaine incertitude :  Diego Pérez de los Cobos, vêtu d'une chemise bleue avec laquelle s'affichent les militants de la Falange, s'était présenté dans une caserne de la Garde Civile de Yecla  pour appuyer l'insurrection militaire emmenée par le colonel Antonio Tejero Molina [le 23 février 1981]. J'insiste, il existe deux versions de ce fait : l'une lui attribue cet acte, l'autre, l'attribue à quelqu'un qui porterait le même nom que lui. Je penche pour la première. Pourquoi ? Tout simplement parce que ni l'intéressé ni personne d'autre ne l'a démentie.
-   A première vue, ceux qui aujourd'hui continuent à défendre à tout crin la Constitution devraient savoir (beaucoup le savent certainement) qu'il y a 40 ans, il fut l'un des acteurs indirects du Coup d'Etat qui visait à dynamiter précisément cette même Constitution et, ainsi, à essayer de prolonger la dictature franquiste. Si cet individu avait vu ses intentions couronnées de succès, non seulement les Catalans mais aussi les Andalous, les Valenciens, les Galiciens, également les Madrilènes, n'auraient pas la possibilité de voter. Et ne parlons pas de nous, les Basques.
-  Il se trouve qu'aussi Pérez de los Cobos (que certains voyaient déjà succéder au colonel Galindo, inculpé et emprisonné pour appartenance aux paramilitaires Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) responsables de l'assassinat de militants basques) avait été accusé en 1992 de tortures sur un détenu basque (
Kepa Urra).  Avant d'être envoyé à l'hôpital pour une arythmie cardiaque et des dizaines de blessures, hématomes et lésions sur le cou, ce militant de l'ETA était resté seul à seul, dans une cache de l'ETA, avec notre homme et un second larron.  Il fut cependant disculpé alors que trois autres Gardes Civils furent condamnés mais finalement amnistiés par le Gouvernement du Parti Populaire avant que le Tribunal Suprême n'annule, en bonne et due forme, les condamnations. Lire l'intégralité du billet en espagnol
-  Quelques lectures : 
Catalanistes emprisonnés. Les juges espagnols se ridiculisent devant toute l'Europe   -  -  Paroles de Procureur espagnol : les anomalies de la justice sur la Catalogne...  -  -  L'Espagne des juges et des policiers qui fait la leçon démocratique à la Catalogne
Catalogne. L'ancien juge qui balance tout sur la "démocratie" espagnole...
 (https://blogs.mediapart.fr/antoine-montpellier/blog/270218/espagne-etat-policier-nous-y-sommes-suso-de-toro?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-6)
-  Photos : Des agents de la Police nationale le 1er octobre 2017, jour du référendum d'autodétermination   -  "Le 1er octobre il n'y a pas eu de violences policières"  -  Le Congrès des députés pris en otage le 23 février 1981 par le lieutenant colonel Antonio Tejero  !!!

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