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CATALOGNE  -   COMPTE RENDU de l’ASSEMBLEE CONSTITUTIVE 
De l’ALLIANCE POUR LES LIBERTES EN CATALOGNE  -    L’ALC 

-   02/05/2018  -   COMPTE RENDU de l’ASSEMBLEE CONSTITUTIVE  De l’ALLIANCE POUR LES LIBERTES EN CATALOGNE  L’ALC 
Le 2 mai 2018 à 18H30 s’est tenue, au cinéma Le Castillet centre-ville, l’assemblée constitutive de l’Alliance pour les Libertés en Catalogne.
C’est en présence en présence de 132 personnes qu’elle s’est déroulée.

-  Intervention de Renée Soum
Renée SOUM remercie Jacques FONT et l’équipe du cinéma Le Castillet, grâce à qui cette rencontre a pu avoir lieu. Elle rappelle qu’une liste de 155 noms premiers signataires a été communiquée et qu’une deuxième liste de 155 noms est en cours de constitution, l’objectif ambitieux étant de réaliser 155 listes de 155 noms (en référence à l’article 155 de la Constitution Espagnole qui a permis de mettre la Catalogne sous tutelle).
Absents excusés : Pierre Aylagas, Jean-Paul Billés, François Calvet, Jean-Claude Portella, Regis Cayo, Norbert Meller, maire de FOIX, …, la liste n’étant pas exhaustive.
Dans l’assistance, on remarquait la présence de nombreux élus -outre ceux qui sont membres du bureau-  qui à titre personnel étaient venus rejoindre les citoyens dont Hermeline Malherbe, Jean-Paul Alduy, Pierre Estéve, …

-  La Naissance de l’ALC :
Renée Soum rappelle que c’est à quatre heures du matin que lui est venue l’idée de constituer une association dans laquelle citoyens et élus de toute la France pourraient manifester leur solidarité à l’égard des prisonniers politiques et des exilés de Catalogne. Elle se félicite de l’action prise dès septembre 2017 par des élus du département mais une instance plus large, ouverte aux citoyens, aux mouvements associatifs et aux élus de toute la France, devait compléter cette première initiative. Dès huit heures du matin, elle contacte Robert Marty, Professeur des Universités honoraire de l’Université Perpignan qui accepte immédiatement tout comme Pere Manzanarès qui a été joint en suivant..
Le soir même, l’association était déclarée en Préfecture le 15 avril 2018, avec Pere Manzanares comme président, Renée Soum, secrétaire générale et Robert Marty, trésorier.
Un bureau provisoire a été mis en place avec Renée Soum, Pere Manzanares, Marie-Pierre Sadourny-Gomez, François Calvet, Annabelle Brunet, Nicolas Garcia, Nathalie Massuet Robert Marty. Il a été élargi à Jean-René Casals, Marie El Jaï, Pascal Farines, Evelyne Erre-Masnou.
Renée Soum donne lecture du texte constitutif de l’Alliance Pour Les Libertés en Catalogne
Nous sommes tous préoccupés par ce qui se passe en Catalogne. Que nous nous définissions comme démocrates, républicains ou tout simplement humanistes, nous ne pouvons rester indifférents à l’utilisation coercitive que fait de la justice le pouvoir espagnol. Il ne s’agit pas de se prononcer pour ou contre l’Indépendance de la Catalogne mais d’affirmer notre attachement au respect des libertés et des droits fondamentaux. L’Alliance s’ouvre aux citoyens, aux mouvements associatifs et aux élus de toute la France. Unis, nous serons plus forts pour lutter contre l’arbitraire. En qualifiant de terroristes les actes les plus banals de la vie démocratique d’une nation, en emprisonnant des personnes au motif qu’elles auraient participé à l’organisation pacifique de l’expression populaire sur son devenir, le pouvoir espagnol bafoue les règles les plus élémentaires de la vie sociale. Pour ces raisons il est créé une « Alliance pour les Libertés en Catalogne » afin de dénoncer ces faits gravissimes et de peser  sur les pouvoirs politiques en France et en Europe pour que soit mis fin  à des pratiques qui ne sont pas sans rappeler les sinistres méthodes du franquisme.

-  Intervention de Pere Manzanares
De quoi s’agit-il quand on parle de défendre ou de respecter les Libertés et Droits fondamentaux en Catalogne ? Il convient de rappeler brièvement les faits qui se sont déroulés depuis le mois de septembre 2017
Dès septembre en prélude au référendum du 1er Octobre, 712 maires sont convoqués par la justice espagnole, menacés et poursuivis, accusés d’avoir facilité la logistique d’un référendum déclaré illégal par Madrid.
Le 1 Octobre, jour du référendum, dans une ambiance de grande tension, sous les yeux ébahis d’observateurs internationaux, la Guardia Civil et la police espagnole appelés en renfort, perturbent l’élection, dérobent des urnes, répriment violemment hommes, femmes, personnes âgées qui exerçaient pacifiquement leur devoir de citoyen. Le bilan est lourd : 844 blessés.
Le résultat du référendum n’est pas reconnu par le pouvoir. La République catalane est proclamée le 27 Octobre et immédiatement suspendue devant les menaces. Celles-ci se traduisent rapidement dans les faits par une application rigoureuse de l’article 155 de la Constitution espagnole qui impose un véritable état d’exception en Catalogne. Le Président et son gouvernement sont révoqués, la Generalitat est mise sous tutelle, des hauts fonctionnaires sont révoqués ou suspendus à l’instar du Major des Mossos d’Esquadra Trapero, des officines de la Generalitat fermées, des organismes dissous, des paiements suspendus, des associations surveillées. Dire que les libertés individuelles et collectives sont menacées est un euphémisme.
Ce véritable coup d’état provoque le départ du Président Puigdemont et de 5 conseillers en exil à Bruxelles.
Les conseillers, la présidente du Parlement, les deux Jordi (Cuixart, président d’Omnium et Sanchez, président de l’ANC) sont emprisonnés accusés des chefs de rébellion et sédition en attente de jugement.
Les Élections au Parlement de Catalogne imposées par Madrid le 21 décembre débouchent, en sièges, sur une nouvelle majorité indépendantiste. Mais la collusion de la Justice et du pouvoir politique rend pratiquement ce résultat caduc ou inapplicable. Si le Parlement peut élire son président, au bout de 4 mois la Généralitat n’en toujours pas. Des députés et candidats sont en prison ou en exil. La judiciarisation du conflit a pris le pas sur le politique. La Catalogne est dans l’impasse et le pouvoir qui joue le pourrissement refuse le dialogue et s’enferre dans le déni de démocratie.
Quand les libertés sont bafouées aux portes de l’Europe, la presse s’en inquiète, les citoyens s’émeuvent et les politiques s’agitent.
Dans ce cas, nous sommes au cœur de l’Europe, il s’agit d’une vieille nation aux traditions et attaches européennes, toujours inclusive, jamais repliée sur elle-même.
Ne pas se mobiliser pour dénoncer ces faits au prétexte d’ingérence dans un pays étranger, souverain, démocratique et européen comme le rappelle le gouvernement français, constitue à mes yeux, une erreur politique et une faute morale.

Alors que faire ?
En aucun cas cette nouvelles association ne doit se substituer les CDR et Comités de Solidarité déjà existants ici et là. Et surtout pas là, où depuis le début, le Comité de Solidaritat Catalana de Perpinyà fait un travail remarquable.
Nous avons répertorié une trentaine d’autres petits comités et CDR (Comités de Défense de la République catalane) disséminés en France.
Mais il faut être sans ambiguïté. Il faut borner le champ d’intervention et le champ sémantique.
D’une part, chacun isolément, n’aura pas assez de poids pour infléchir la tendance du conformisme, parfois de la mauvaise foi ou de la complicité qui habite certains grands médias et des responsables politiques.
D’autre part, un citoyen lambda, catalan d’origine ou français, voulant exprimer sa solidarité à Limoges ou à Bourg en Bresse n’a aucun lieu, aucun espace pour le faire.
L’Alliance vise ce créneau essentiel. Interpeller tous les citoyens, intellectuels, artistes, politiques, où qu’ils se trouvent, quelles que soient leur appartenance sociale ou politique pour leur offrir un espace rassembleur.
Notre but ne sera pas de rassembler les partisans de l’indépendance pour la Catalogne. Nous visons des dizaines de milliers de soutiens potentiels pour la défense des libertés et des droits fondamentaux en Catalogne.
Chacun à sa place, et qui peut le plus, peut le moins. Mais ce qui pourrait s’apparenter à un plus petit commun dénominateur est un choix cohérent, raisonnable, essentiel, qui ne porte ombrage à aucun démocrate et qui est dicté par le besoin impérieux de faire émerger une masse critique suffisante ou assez forte pour tenter de faire bouger les lignes. Les lignes, auprès des médias, prescripteurs d’opinion, qui ont été pour la plupart déficients dans l’information et l’objectivité les premières semaines du conflit ouvert et dans les explications de sa genèse. Bouger les lignes aussi auprès des responsables politiques en France, très en retrait par rapport à d’autres pays européens.
Nous constituons depuis deux semaines un premier Socle en catalogne Nord, avec près de 200 signataires. C’est d’ici que logiquement tout devait partir. Non pas parce que nous sommes au Centre du Monde, mais parce que nous sommes dans la proximité, les mieux à même de comprendre, de sensibiliser et de nous mobiliser. Parce que nous partageons une langue, une culture, une partie de notre histoire avec la Catalogne, parce que les échanges existent, parce que nous sommes nombreux à y avoir des attaches familiales, amicales, parce que les descendants de la Retirada sont nombreux parmi nous.
Une 1ere liste symbolique de 155 noms constitue la première action. Une 2ème liste se remplit, qui en appellera une 3è puis une 4ème et nous pourrions nous fixer comme objectif à très moyen terme la publication de 155 listes de 155 signatures.
Le résultat ne sera possible qu’avec une implication de nous tous.
Déjà des correspondants se sont proposés pour exercer des relais dans de grandes villes : Paris, Rennes, Nice, Toulouse et Montpellier. Il faut continuer à mailler le territoire.
Chacun peut y prendre art en utilisant son carnet d’adresse, en mobilisant parents, amis et connaissances.

Un débat s’en est suivi dans la salle avec Jacques Taurinya, maire de Ballestavy, Ignasi Fortuny, avocat parisien, qui ont témoigné leur solidarité avec les lignes de force de l’ALC. La projection d’une vidéo « Hem fet el cim » sur la ronde des portraits des prisonniers et exilés Catalans a ému toute la salle. Elle a été suivie par le message de remerciement de Carles Puigdemont (en Catalan puis en français), intervention enregistrée dans l’après-midi à cette occasion. Ces vidéos sont visibles sur la page Facebook de l’ALC (https://www.facebook.com/robert.marty66 )
Beaucoup de suggestions d’actions de communication ont été proposées par l’assemblée (Hermeline Malherbe, Jean-Paul Alduy, Pierre Becque, Nicolas Garcia, Annabelle Brunet, Francis Manent, Joan Becat, Hyacinthe Carrera, Monique Palau de Gelcen, Jaume Roure, entre autres …)

Intervention de Robert Marty : NOUS SOMMES TOUS DES COMMUNICANTS
Au vu de l’objet de notre association, la communication est le principal sinon le seul rôle qui nous incombe vraiment. Elle peut s’effectuer à trois niveaux :
Une communication de type
« émotionnel » qui consiste à faire partager autour de nous l’émotion que nous éprouvons devant les injustices et les abus de pouvoir antidémocratiques qui sont commis en Catalogne.  Ensuite une communication d’organisation qui consiste, dès qu’on est en ordre de marche technique, à rationnaliser et optimiser nos actions et à diffuser les informations dont nous disposons.  Enfin une communication de type « symbolique » qui a pour but ultime de mettre en place dans les esprits que nous sommes susceptibles d’influencer des concepts et des points vue généraux conformes aux idéaux démocratiques et à l’exercice des libertés fondamentales dans le cas bien précis de la Catalogne.
Nous pourrons ainsi dans un premier temps commencer à contrebattre les idées reçues sur la question catalane et pour réussir il est indispensable que nous soyons tous des communicants.

Précisons mieux bien l’objectif vers lequel nous devons tendre en permanence.
Il s’agit en fait de lutter contre la
banalisation du mal, un concept mis en avant par Hannah Arendt. Le mal que nous avons à combattre c’est l’acceptation passive de l’utilisation par le pouvoir espagnol actuel de moyens judiciaires de façon purement coercitive au moyen de surqualifications abusives de toutes déviance (qui participent au mouvement normal de toute démocratie) que ce soit dans l’ordre des idées que dans les pratiques d’auto-organisation des mouvements sociaux. Les idées reçues seront nos principales cibles. Regardons ce qu’en dit Hannah Arendt :  « Les clichés, phrases toutes faites, codes d’expression standardisés et conventionnels ont pour fonction reconnue socialement de protéger de la réalité (…) » (souligné par moi)
Il nous faudra donc lever patiemment ces barrières qui interdisent à nos concitoyens de percevoir la réalité, de prendre en compte ces entorses gravissimes à l’exercice des libertés fondamentales individuelles et collectives qui ont cours quotidiennement en Catalogne. Ouvrir les yeux des citoyens et de ceux qui les représentent sur ce que fait le pouvoir espagnol, sur les risques de leur
banalisation rampante qui pourraient être les prémices d’une extension généralisée à d’autres espaces politiques et sociaux de cet arbitraire judiciaire et policier. Car tout cela pourrait conforter au cœur de l’Europe l’installation de pouvoirs quasi-dictatoriaux sous couvert du respect d’un prétendu état de droit qui n’utilise le droit qu’aux fins de répression politique, comme au plus sombres heures du franquisme.

( Ce compte-rendu envoyé par Robert MARTY a été approuvé par le bureau du 11 mai )

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