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Camp de Rivesaltes
Témoignage de Renada Portet 

 

EPILOGUE

 

Ce qui vient d’être écrit est une pâte d’écriture faite de ce que la nature humaine peut présenter d’équivoque, d’immonde, de bon, d’effrayant, d’incompréhensible, de joie aussi avec, au milieu de cette histoire : celle d’un certain nombre de jours des années 1939 à 1945, que j’ai, dans les années dont il est question, personnellement vécue. Et malheureusement, ce n’était pas du roman.
Le petit garçon juif, ma bonne grand-mère n’a pas réussi à le sauver. Au dernier moment, au moment où on accordait à sa maman de rejoindre ses deux aînés au camp qu’elle savait, enfin, être à Rivesaltes, tout près (et pensant, précisément à cause de la proximité, pouvoir compter sur un secours), cette mère, on la comprend, n’a pas eu le cœur de se séparer de son tout petit. Et c’est Birkenau et ses fours crématoires qui les attendaient.
En moi, ce n’est rien là de virtuel. Ces enfants, leur mère, et certains autres de leurs compagnons d’infortune, je les ai connus. Ce ne sont pas des idées, encore moins de la littérature. C’est un terrible souvenir qui me hante, terrible au point d’en refuser, si c’était possible, la réalité, que j’ai transposée par l’écriture, pour redonner vie à ces malheureux dont, pendant des décennies, on a même gommé officiellement l’existence en les tuant une deuxième fois par l’oubli et le mépris. Jusqu’à ces derniers temps, le séjour en « 
assignation de résidence surveillée » qu’ils ont fait, pendant quelque trois ans, dans ces localités des Pyrénées-Orientales, était passé sous silence et même : occulté… Pourquoi ce vide noir ? Je me le demande. S’il était volontaire –et comment n’aurait-il pas été volontaire-, j’accuse.

Mais mon souvenir a un autre devoir. Celui de rendre hommage à tous ceux de mes compatriotes qui, malgré les circonstances, malgré l’ignoble idéologie véhiculée à ce moment-là, ont œuvré en « frères humains » dignes de ce nom. Il m’est bon de penser à mes chers parents qui, sans prétendre jouer aux héros, ont été de ceux qui, après avoir bien adouci la vie de proscrits que ces pauvres gens avaient parmi nous, ont pu aider, en les cachant d’abord (juste avant que n’arrivent à leur porte les gendarmes porteurs des ordres abominables du gouvernement de l’époque), et grâce ensuite à un point d’ancrage familial que nous avions à Lyon, aider (et sur ce point, la précision nominale est possible) :  aider Armand Jacobowitch et Hanna Münster à rejoindre la Suisse. Eux, au moins, ont été sauvés.
Et j’y retrouve, à le dire, la joie de mon cœur d’enfant.

Renada Laura Portet


 

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