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(15/02/20  -  Blasphème.  Que l'on croie en Dieu ou pas, qu'importe, on est bien forcé d'admettre que « ses » livres parfois ne manquent pas d'humour. Prenez la Bible, par exemple. On y raconte, dès la Genèse, l'histoire de procréations divinement assistées qui offrent à des nonagénaires stériles la possibilité de devenir parents. On y narre aussi les pérégrinations d'un peuple qui va mettre plus de quarante ans à traverser a peine quelques km. de désert. On y rencontre un homme, Moïse, choisi pour porter la parole de Dieu auprès des hommes et qui vit avec un étrange handicap: il est bègue! Parmi tous les candidats éligibles au porte-parolat divin, l'Eternel s'est donc choisi le seul qui souffre d'un problème d'élocution. L'effet comique est garanti.

Et on pourrait multiplier les exemples. Certes, on objectera, à raison, que la loi biblique ne prête pas à rire, loin de là. Elle punit et sanctionne, lapide et condamne, de la femme adultère au fils rebelle, de  l'homosexuel au profanateur, en passant, bien sûr, par le blasphémateur.

Et celui-là vit aujourd'hui son moment « warholien ». Il surgit dans le débat national et fait l'objet de toutes les attentions. La polémique autour du droit sacré au « blasphème» en terre de laïcité fait soudain de la loi religieuse son anti-modèle, le référent d'un monde ancien que l'on a su (grâce à Dieu?) quitter. C'est d'ailleurs précisément en ces termes que la garde des sceaux l'énonce, quand elle réaffirme -et c'est heureux - dans une tribune publiée dans Le Monde daté 9-10 février, ce qui devrait aller de soi en République: le droit de se moquer de toute croyance et le devoir de protéger tout croyant ou non-croyant, sa légitimité et sa pleine sécurité.

Et Nicole Belloubet l'affirme ainsi: « Nous ne sommes plus au temps de Moïse, où le blasphémateur devait mourir lapidé par la communauté.» Mais la référence est-elle pertinente? Puisqu'on nous parle d'un temps que les moins de 3 000 ans ne peuvent pas connaître, peut-être n'est-il pas inutile de clarifier le contexte et l'interprétation des versets convoques, et dire ce que l'exégèse traditionnelle a su faire de cette« loi de Moïse», qu'on évoque soudain comme un anti-modèle républicain. (…)

Blasphémer, pour les commentateurs de la Bible, héritiers de Moïse et de sa loi, c'est imaginer que Dieu attend que l'on venge son honneur ou qu'on lui offre du pain frais. C'est croire que l'Eternel, ses prophètes ou ses envoyés seraient si vulnérables et susceptibles qu'ils auraient besoin qu'on prenne leur défense.

Le blasphémateur, en voulant venger son Dieu si grand, le rend précisément tout petit et sans envergure. Et c'est de cela que Moïse ·aurait souhaité se débarrasser. ·

La force de la laïcité dans sa non-reconnaissance du blasphème ne dit pas l'inverse de cela. Elle arrive en fait à des conclusions similaires à partir d'un principe radicalement différent.

Là où Moïse dit que Dieu n'a pas besoin d'être défendu, la laïcité dit' que ceux qui se moquent de Dieu doivent être défendus en toutes circonstances, tout autant que ceux qui le louent, ou s'en remettent à lui. L'affaire Mila semble soudain ressusciter un peu cette histoire et interroge: qui, de cette jeune fille à la provocation adolescente, ou de ceux qui la menacent de mort, est en train de « blasphémer»? Quel Dieu se vexerait d'être ainsi malmené?

Pas celui de Moïse, me semble-t-il...sauf s'il a perdu son sens de l'humour.

Lutter contre l'obscurantisme, dans notre République comme au sein de nos traditions religieuses,, passe par une capacité à rire de nous-mêmes et même parfois de nos croyances et de Dieu qui, s'il existe, à mieux à faire que de s'en offusquer » Delphine Horvllleur est rabbin de l'association cultuelle Le Judaïsme en mouvement. -  (https://www.lemonde.fr/, le journal n°23360, p30)

 

 

09/02/20  -  Abus sexuels dans l'Eglise: La commission Sauvé organise des réunions pour convaincre les personnes agressées de témoigner

   LES ÉTAPES DU TÉMOIGNAGE : La Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique a mis un numéro de téléphone (0l-80-52-33-55) à la disposition des personnes qui voudraient témoigner d'un abus commis depuis 1950 sur un mineur ou sur un adulte rendu vulnérable notamment par une relation de hiérarchie, d'autorité, d'accompagnement spirituel ou d'emprise. Elles peuvent aussi écrire à victimes@ciase.fr ou par courrier. Les appels sont traités par une cellule mise en place avec la fédération France Victimes. L'appelant est écouté et, si nécessaire, aidé pour trouver de l'aide psychologique, sociale et faire valoir ses droits. 4 500 personnes ont ainsi pris contact depuis le premier appel à témoignages en juin 2019. (https://www.lemonde.fr/, le journal, p11)

 

02/12/19  -  Féministe convaincue», Lauriane Savoy cherche à comprendre comment certaines Églises protestantes ont ouvert le pastorat aux femmes au XXe siècle. Pour Lauriane,  la question de la place des femmes dans le christianisme remonte à l'enfance. « J'ai grandi auprès d'un père catholique et d'une mère protestante réformée. Enfant, j'allais beaucoup au culte, mais aussi à la messe. Très tôt, j'ai trouvé incompréhensible et injuste qu'un prêtre ne puisse être qu'un homme», raconte la jeune femme de 34 ans,

Pour aborder ce sujet, Lauriane Savoy a choisi de croiser les approches: théologie, histoire mais aussi études de genre, qui s'intéressent aux constructions du féminin et du masculin. « J'essaie d'apporter les études de genre en théologie et la théologie aux études de genre, explique-t-elle. Cela m'oblige à écrire de manière compréhensible sans jargon, afin de pouvoir être lue des deux côtés.» (La Croix, 33)

 

22/11/19  -  Suzanne Aubert, pionnière en Nouvelle-Zélande française, partie évangéliser les Maoris, est l'une de ces «héroïnes de Dieu» (1) qui, du XVW au XIXe siècle, partirent conquérir les nouveaux mondes. A l'insu de ses parents qui voulaient la marier, Suzanne Aubert (1853-1926) se découvre une vocation missionnaire et décide, à 25 ans, de suivre l'évêque d'Océanie. Après des mois de navigation, elle débarque à Auckland où elle rejoint quelques prêtres et religieuses qui travaillent au développement du catholicisme en Nouvelle-Zélande. Elle devient Sœur Mary-Joseph et se voit chargée d'enseigner l'italien, le chant et la broderie aux filles des colons.

Bientôt, Suzanne fait la connaissance de Peata, Maorie convertie au catholicisme, qui lui fait découvrir le bush et les tribus. En 1862, les deux femmes fondent la congrégation de la Sainte-Famille en vue de scolariser les jeunes filles maories et métisses. Mais en 1870, après la faillite du diocèse de Wilmington, la congrégation est dissoute et la supérieure priée de rentrer à Lyon. « Je suis venue ici pour les Maoris, je ferai ce qui me plaît!», répond Suzanne, qui s'installe près d'une mission française de la baie d'Hawke. Là, elle rédige un dictionnaire anglais-maori et apprend à soigner avec les plantes. En 1883, elle crée le tiers-ordre de Marie, puis s'installe dans une ferme sur le fleuve Whanganui où elle accueille des enfants blancs abandonnés. Pour faire vivre son orphelinat, la religieuse commercialise les potions de «Mother Aubert ». Hélas, elle doit arrêter ses ventes à la suite de plaintes. Mère Mary-Joseph fonde alors les filles de Notre-Dame de la Compassion, dont le charisme est de « compatir à toutes les souffrances». Après avoir lancé les soupes populaires, elle crée un hôpital pour handicapés, une crèche et un nouvel orphelinat.

Les dons affluent. Mais la puissance et l'autonomie de Mère Aubert dérangent les autorités ecclésiales. Si bien qu'à 78 ans, elle part pour Rome en appeler au pape Benoît XV: celui-ci approuvera ses constitutions et publiera un décret de louange. Lors de ses funérailles en 1926, une foule immense suit sa dépouille. En 2006, l'archevêque de Wellington introduit sa cause de béatification. Et en 2016, le pape François la déclare vénérable. (La Croix, p27)

 

20/11/19  -  L'archevêque de Rennes Mgr Pierre d'Omellas recevra, le 20/11, le prix annuel de l’Amitié judéo-chrétienne de France (AJCF), lors d'une soirée au Collège des Bernardins à Paris. Pour la première fois de l'histoire de l'Amitié judéo-chrétienne de France née après-guerre pour travailler au rapprochement des chrétiens et des juifs, le prix annuel de l'association sera remis à un évêque. (La Croix, p19)

 

18/11/19  - La religion, le masculin et le féminin : Exégètes et théologiennes féministes ont permis ces cinquante dernières années d'élargir le regard sur Dieu en mettant en lumière des  traits féminins longtemps occultés par une lecture essentiellement masculine des textes.

Créateur, juge, maître, héraut, guerrier. ..Les représentations véhiculées surtout par le christianisme, mais aussi dans une certaine mesure par le judaïsme, ont imprimé dans nos imaginaires les traits d'un Dieu essentiellement masculin. (…) D'où vient cette prédominance masculine? Dans la genèse du monothéisme, le Dieu d'Israël ne s'est pas imposé du - jour au lendemain. Pendant plusieurs siècles, le peuple hébreu, immergé au milieu des cultures polythéistes du Proche-Orient antique, partage avec elles des croyances en plusieurs dieux et déesses. « Après l'exil du peuple hébreu, l'idée d'un Dieu unique s'impose peu à peu, mais on a continué de parler de Yahvé au masculin. D'autant que le pouvoir sacerdotal restait aux mains des hommes.»
   Allah, au masculin. Le dogme fondamental de l'islam est un monothéisme strict opposé à toute conception anthropomorphe de Dieu. Toutefois bien des passages du Coran recourent, pour parler de lui ou s'adresser à lui, au langage des activités ou des sentiments humains. En arabe comme en français, il n'y a pas de cas dit neutre,

et le masculin l'emporte grammaticalement. Ainsi le nom Allah est de genre masculin. (La Croix publie un dossier sur les femmes et la religion)

 

16/11/19  -  VATICAN, LA FIN D'UN MONDE d'Henri Tincq Cerf, 250 p., 20 €.

-  Depuis trois ans, l'Eglise catholique affronte une tourmente sans précédent depuis celle de la Réforme, il y a cinq cents ans. Elle est causée par la chronique ininterrompue des violences sexuelles commises en son sein par des prêtres et des religieux sur des laïques, notamment mineurs, et des femmes, y compris religieuses. Devant les croyants effarés, pas un mois ne passe sans qu'un évêque démissionne, qu'un cardinal soit défroqué, un autre  condamné ou un nonce accusé. C'est le paroxysme d'une crise commencée il y a plus de vingt ans. Depuis, au fil des années, en Irlande, en Australie, en Belgique, aux Etats-Unis, en Allemagne, maintenant en France, on recense les victimes et leurs agresseurs. (…) (Le Monde, p21)

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Pierre Simon, marquis de Laplace (1749-1827)   :  A Napoléon qui, après avoir lu son « Exposition du système du monde »,
lui demanda « Et Dieu dans tout ça? », Laplace répondit « Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

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« Ce n’est pas la vie éternelle qui compte, c’est l’éternelle vitalité » Nietzsche

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