(01/02/20  -  PRISONS : Douloureux rappel européen.
-  Éditorial  du Monde - « Trois personnes vivent entassées dans 9 m2, des matelas ajoutés jouxtent la cuvette des W-C, parfois des rats traversent les coursives, et les punaises colonisent les lits. L'état de surpopulation de certaines prisons françaises n'est pas digne du pays des droits de l'homme. Le constat n'est pas nouveau. Mais la condamnation infligée à la France, jeudi 30 janvier, par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir soumis des détenus à des « traitements inhumains ou dégradants» et enfreint leur «droit à un recours effectif» contre cette maltraitance, sonne comme un nouveau et humiliant rappel à l'ordre. Déjà condamnée sur plusieurs cas individuels, la France se trouve cette fois montrée du doigt pour une situation endémique. En décidant de joindre les plaintes de trente deux détenus soutenus par l'Observatoire international des prisons, la Cour de Strasbourg, gardienne des droits de l'homme depuis l'après-guerre, sanctionne des années, voire des décennies, de cécité et d'impuissance politique. Après l'Italie, (Suite de la page d’Accueilla Roumanie et la Hongrie, la CEDH presse la France de faire cesser cette situation, et sa politique carcérale est de fait placée sous surveillance.

   La menace de cette condamnation planait depuis des années. Emmanuel Macron avait même, peu après son élection, été le premier président français à prendre fa parole devant les juges de Strasbourg pour les convaincre de sa volonté de mettre fin à « une surpopulation chronique». La loi de programmation pour la justice adoptée en mars 2019 est d'ailleurs largement inspirée par la volonté de réduire fa tension dans les prisons. Mais les dispositions qu'elle prévoit dans ce sens - suppression des courtes peines, développement des alternatives à l'incarcération - n'entreront en vigueur qu'en mars prochain. «On fait de la prison l'antichambre de la récidive, ( ... ) un lieu où la violence que l'on devait endiguer et apaiser fermente et se multiplie», avait analysé justement M. Macron, en présentant le texte. Il est à souhaiter que cette réforme produise davantage d'effets que les précédentes, animées par les mêmes bonnes intentions, mais restées vaines, comme celle portée en 2014 par l'ancienne garde des sceaux Christiane Taubira. Car la situation actuelle est intenable, comme l'a montré le mouvement de colère des surveillants de prison au début de 2018, le plus dur observé depuis un quart de siècle. Avec 70 818 détenus pour ·61065 places, la France n'est pas loin du pic absolu de 71800  depuis la Libération, qu'elle avait atteint en avril 2019.

   L'annonce de la construction de 7 000 nouvelles places d'ici à 2022 n'est pas de nature à rassurer. Depuis trente ans, on n'a pas cessé d'édifier de nouvelles prisons sous prétexte de désengorgement, et l'on n'a pas cessé de les remplir aussitôt. Pour sortir de ce cercle vicieux, la société française, marquée par  l'œuvre d'un Victor Hugo, mais sujette aussi aux émotions médiatiques, doit rompre avec cette attitude schizophrène qui consiste à reconnaître, voire à dénoncer, l'inefficacité de l'incarcération, tout en réclamant des peines plus fortes à chaque fait divers retentissant, ou même de nouvelles incriminations punies d'emprisonnement. Si les prisons restent surpeuplées, c'est que l'idée selon laquelle elles doivent être des lieux de souffrance domine. Il appartient aux responsables politiques de rappeler que la privation de liberté vise à écarter des individus dangereux et à éviter la récidive, pas à priver des êtres humains de leurs droits fondamentaux ni de leur dignité ». (https://www.lemonde.fr/, le journal, p31)

 

-  01/02/20  -  De« Charlie» à Mila, le droit au blasphème

Pour avoir insulté l'islam sur son compte Instagram, une lycéenne de 16 ans, en Isère, est traînée dans la boue; on lui souhaite de brûler en enfer, elle est menacée de mort, de viol, d'égorgement, ses données personnelles sont dévoilées, le nom de son lycée aussi. Elle s'appelle Mila. Elle voulait partager sa passion pour le chant, elle récolte la haine.

Cette histoire porte un autre enjeu, autour de la liberté d'expression et de création. Le parquet de Vienne a lancé deux enquêtes préliminaires : une pour les menaces de mort, ce qui est logique, l'autre pour provocation à la haine raciale, ce qui l'est moins. Il vient, précipitamment, de classer sans suite ce deuxième point face à l'ampleur de la polémique.

Rappelons ce que Mila dit dans une vidéo, le 18 janvier, après avoir été menacée de mort: « Je déteste la religion. L'islam c'est de la merde. Je ne suis pas raciste. On ne peut pas être raciste envers une religion. Votre religion, c'est de la merde; votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul.>;

Mila sculpte le mot ordurier comme ses contempteurs l'ont fait et comme les réseaux sociaux en regorgent. Mais elle est une mineure. « Cela reste une parole d'adolescente», rappelle l'islamologue et écrivain Rachid Benzine.

Surtout son principal bouclier est le droit. Le délit de blasphème n'existe pas en France. La jurisprudence

constante, dans l'Hexagone et à la Cour européenne des droits de l'homme, fait une distinction: insulter une religion est toléré; insulter les croyants, non. Ainsi, la Cour d'appel de Paris a relaxé en 2008 Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet publiées deux ans plus tôt. Michel Houellebecq a été relaxé en 2002 pour avoir dit « la religion la plus con, c'est quand même l'islam». Et l'humoriste Frédéric Promet a pu chanter, le 10 janvier, sur France Inter, «Jésus est pédé, y a pas que l'hostie qu'il faut sucer».

Une frontière fragile

De la même façon, Mila insulte l'islam, pas les musulmans. L'enquête pour incitation à la haine raciale a donc fait polémique. Certains reprochent au parquet de Vienne d'avoir remis sur le tapis le délit de blasphème, fragilisant de ce fait la liberté d'expression et de création. C'est la conviction de Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo et maintenant de Mila – la continuité fait sens-, qui, dans Le Journal du dimanche du 25 janvier, constate que « la France a oublié qu'elle était celle de Voltaire ». Reste que la frontière entre religion et croyants est fragile. Michel Guerrin. (https://www.lemonde.fr/, le journal,)

 

 

11/01/20  -  Thomas Piketty : « Après le déni climatique, aujourd’hui en perte de vitesse, au moins superficiellement, assisterait-on à la montée du déni inégalitaire ? C’est évident dans le cas du gouvernement français, dont toute l’action menée depuis 2017 semble guidée par l’idée que le pays souffrirait d’un excès d’égalité.

   D’où les cadeaux fiscaux aux plus fortunés du début de mandat. D’où également son incapacité à comprendre la demande de justice qui s’exprime dans le mouvement social actuel. Concrètement, un régime de retraite universel est possible, mais uniquement à la condition de tout faire pour améliorer les petites et moyennes retraites, quitte à demander un effort accru aux plus hauts salaires et patrimoines. Ceux qui sont en haut de l’échelle doivent comprendre que le vieillissement et la fin de vie entraînent de nouveaux défis en termes de dignité et d’égalité.

   Plus généralement, alors que la demande de justice s’exprime dans de multiples mobilisations de par le monde, on voit monter dans les médias liés aux milieux d’affaires une petite musique visant à relativiser la hausse des inégalités des dernières décennies. Certes, personne ne s’attend à ce que l’hebdomadaire The Economist soit à la pointe du combat pour l’égalité. Mais ce n’est pas une raison pour tordre les faits quand ils sont établis.

   C’est d’autant plus regrettable que les gouvernements des pays riches n’ont fait aucun véritable effort pour promouvoir la transparence sur la répartition des richesses depuis la crise de 2008. Avec tous les grands discours sur les paradis fiscaux, les transmissions automatiques de données bancaires, etc., on aurait pu s’attendre à ce que l’opacité financière ait diminué.

   En principe, tous les pays devraient maintenant être en mesure de collecter et de publier les données bancaires et fiscales permettant de suivre l’évolution de la répartition des richesses suivant la taille du revenu et du patrimoine, en particulier pour les plus hautes fortunes.           Malheureusement il n’en est rien. Avec la suppression dans plusieurs pays des impôts progressifs sur la propriété et sur les revenus du capital, on assiste même dans de nombreux cas (notamment en France, mais également en Allemagne, en Suède ou aux Etats-Unis) à un appauvrissement des données publiques disponibles.

   Trop souvent, les chercheurs comme les administrations publiques se retrouvent à utiliser les classements de fortunes publiés dans les magazines, données qui indiquent certes une prospérité croissante des plus riches, mais qui ne remplissent pas les conditions de transparence et de rigueur que l’on est en droit d’attendre pour alimenter un débat démocratique serein sur ces questions essentielles. »

(lemonde.fr,  Le journal, p  )

 

 

11/12/19  -  Carole Delga  :  Région Occitanie. Transports « Les dossiers avancent »

   A l'issue du rendez-vous avec le secrétaire d'Etat en charge des transports, Jean-Baptiste Djebbari, ce mercredi 4 décembre à Paris, j'ai obtenu l'assurance du lancement de l'enquête publique avec objectif 2020 pour le tronçon Montpellier-Béziers de la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan (LNMP). J'ai regretté, comme de nombreux acteurs du territoire, le fait d'avoir perdu deux ans sur ce dossier. Tout comme je me suis battue pendant 15 mois pour obtenir, enfin, le 17 décembre prochain, la tenue d'une réunion interministérielle, avec les ministres Borne, Le Maire et Darmanin au sujet de la création des sociétés de financements des LGV BordeauxToulouse et LNMP. J'ai rappelé au secrétaire d'Etat l'urgence ferroviaire dans notre région. Outre les LGV, j'ai évoqué les trains du quotidien : sur ce dossier, le gouvernement s'est également engagé à revoir ses financements sur les lignes péri-urbaines et rurales( ... ).
   Pour Perpignan-Rungis, nous avons enfin un accord du Ministère pour travailler à rendre le fret vraiment  concurrentiel par rapport à la route avec une baisse des tarifs auxquels nous allons prendre part. Il ne pouvait en être autrement à l'heure de l'urgence climatique (…)  Carole Delga, présidente de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. (
https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, p2)


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