(29/05/20  -  « La résistance pour « de nouveaux Jours Heureux »

Le jour d'après. C'est dès maintenant que la société nouvelle se construit pour exiger progrès social et solidarité.

La crise du Covid-19 est beaucoup plus qu'une crise sanitaire, c'est la faillite du modèle qui domine le monde. La casse des services publics, l'étranglement des budgets des États, les délocalisations, ont pesé très lourd dans la gestion de cette crise. La mondialisation libérale, le capitalisme, l'Europe de l'austérité ont fait la preuve des échecs, de la nocivité du système pour l'humanité tout entière.
   Ce coronavirus a agi comme un accélérateur de maux déjà profonds : misère, chômage, précarité, inégalités sanitaires et scolaires. Ce n'est pas la fatalité mais des choix politiques de ceux qui les ont portés qui sont responsables de la situa tion. Ils sont aujourd'hui disqualifiés pour écrire la suite. Cependant ils travaillent à la restriction des droits et libertés pour se maintenir. Ce sont eux qui doivent payer la facture et non pas celles et ceux qui produisent les richesses.

   La résistance s'organise

La population a célébré, malgré le confinement, la journée internationale des travailleurs sur les réseaux sociaux et depuis les balcons. Les soignants comptent sur tous les Français, qui les ont applaudis chaque soir, pour manifester en faveur de l'hôpital public.

   La résistance est d'ores et déjà en marche pour « de nouveaux Jours Heureux».
Voici ce que nous pouvons voir et entendre :

• « Nous voulons, sans attendre, des masques gratuits pour tous, des tests et des moyens pour les soignants. »

• « Nous voulons tirer des griffes du marché tous les secteurs essentiels à la vie, à commencer par la santé et la sécurité sociale. »

• « Nous voulons une relance de I' activité économique sous le contrôle de celles et ceux qui produisent, tenant compte de l'impératif climatique et visant à répondre aux besoins de la population et du pays.»

• « Nous voulons la relocalisation et la socialisation des outils de productions agricoles et industriels. ,,

   Le monde d'après : c'est une bataille qui a déjà commencé. Des organisations syndicales, associatives, politiques, progressistes, appellent le monde du travail et toute la population à s'engager. Pour exprimer ensemble l'exigence d'une société de progrès social et de solidarité. Ils appellent toutes celles et tous ceux qui ont intérêt au changement à s'organiser et se mobiliser.

   Il y a urgence à agir pour de « nouveaux Jours Heureux », ici, en France et dans le monde ».

Dominique Gerbault. (http://letc.fr/ , Le travailleur Catalan, le journal, n° 3836, p3)

 

12/05/20  -  Guy Jacques  -  Les jours d’après.
   La Semaine du Roussillon : Que pensez-vous des jours d'après ?

: Je pense qu'il restera des choses. Je pense que dans la hiérarchie des valeurs il y a des choses qui vont changer. Les gens ont vécu une décroissance obligatoire. Ils vont s'apercevoir que le bonheur ce n'est pas de prendre l'avion pour aller à l'autre bout du monde. D'un autre côté, la prise en compte des effets négatifs de la mondialisation ne sera pas générale. Le plus marquant c'est que par exemple, les gens sont étonnés que les médicaments soient produits en Chine ou en Inde. Il y a des produits essentiels qui sont fabriqués loin de la France. Il y aura une relocalisation des produits stratégiques.

Notre gouvernement a eu pas mal d’atermoiements. Cela va affaiblir la confiance dans le politique. Cela va aussi atteindre les médecins qui se sont également trompés. (Suite de la page d’Accueil)  Les gouvernements sont suspendus à la parole des scientifiques. Mais ils ne l'ont pas fait quand on leur parlait du climat. Ils font un peu comme ça les arrange.

 Ensuite, je regarde un peu les grandes pandémies. La grippe espagnole a fait plus de morts que la guerre de 14-18. Là. il y a beaucoup moins de morts. La mondialisation explique la rapidité de la pandémie. Elle n'explique pas son extension puisque nous avons vécu des extensions alors qu'il y avait peu d'échanges, pas de trafic aérien à la fin de la première guerre mondiale. La mondialisation a été un accélérateur.

   Que pensez-vous de ce qui se passe ?

   La question intéressante, c'est si on n'avait rien fait, est-ce qu'on aurait eu moins de morts ? On n'a pas la réponse. Elle n'est pas évidente. Une deuxième vague n'est pas exclue. On n'a pas atteint le taux de personnes immunisées qu'il faudrait pour arrêter la pandémie, les 70 % des gens immunisés.

Ce qui m'épate, c'est que pratiquement la moitié de la planète est confinée. Aujourd'hui on dit que le nombre de morts sera à peine supérieur à la normale en fin d'année. Beaucoup de gens avaient des pathologies dont certaines graves. Ceux qui pensent que l'on n'aurait pas dû bloquer autant n'ont peut-être pas tort. On est un peu étonné que ce blocage se soit produit sur l'ensemble de la planète. Parfois cela pose des questions. Il y a près de ma maison des maçons qui ravalent une façade. Ils ont arrêté. Pourtant ils travaillaient loin les uns des autres, il n'y avait pas ou peu de risques..

  Qu'est-ce que vous pensez de l'opinion française par rapport aux risques?

   Il y a une peur excessive du risque en France. Il y a eu des pandémies, ou la peur a fait plus de dégâts que la maladie. Le niveau de peur est particulièrement important en France. On sait que les Français sont les moins optimistes des Européens. Je ne sais pas d'où cela vient. On a un des pays où la protection sociale est la plus forte. On n'est pas aux Etats-Unis.. ·Quelqu'un qui n'a pas de moyens est soigné en France. Il y a des indemnités de chômage. Je ne sais pas pourquoi les Français sont très pessimistes.

   Que devrait-on faire après cette crise?

   Même si je n'aime pas le mot, la réussite d'un pays, ce n'est pas la croissance du PIB. Si on ne sort pas de cette société où la réussite est la croissance, on ne s'en sortira pas. Il faut revenir à des choses simples. On peut vivre heureux en consommant moins, en voyageant moins. Le plus grave ,je crois, c'est la publicité. Elle nous charme pour nous faire acheter des choses dont on n'a pas besoin, le dernier portable etc. Il faut aller vers une société plus sobre, avec moins de consommation.

   Pensez-vous que cette consommation peut se réduire réellement ?

   Même avant la crise, il y a eu une prise de conscience. Dans les pays d'Europe du Nord par exemple par rapport à l'avion, il y a beaucoup de questions de société qui sont posées. Il y a une prise de conscience chez des gens, pas chez les politiques. Le changement climatique, les gens le voient. Le coût de transport par containers est nul. Les gens en prennent conscience. On voit qu'ils ont repris goût à la vie familiale même pas l’intermédiaire de Skype.

Il y a des changements. Cela ne mettra pas à mal l'économie libérale mais cela peut changer des choses.

* Guy Jacques, chercheur en écologie marine, auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation et de conférences.
(https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, n° 1240, p13)

 

19/04/20  -  « Cette crise devrait ouvrir nos esprits depuis longtemps confinés sur l’immédiat » Edgar Morin.     Pour le sociologue et philosophe, la course à la rentabilité comme les carences dans notre mode de pensée sont responsables d'innombrables désastres humains causés par la pandémie de Covid-19. (Je n’ai retenu ici que quelques phrases de ce long entretien à consulter sur Le Monde)  -  (Abonnés)

   Né en 1921, ancien résistant, sociologue et philosophe, penseur transdisciplinaire et indiscipliné, docteur honoris causa de trente-quatre universités à travers le monde, Edgar Morin est, depuis le 17 mars, confiné dans son appartement montpelliérain en compagnie de sa femme, la sociologue Sabah Abouessalam.
    La pandémie due à cette forme de coronavirus était-elle prévisible?

   Toutes les futurologies du XX• siècle qui prédisaient l'avenir en transportant sur le futur les courants traversant le présent se sont effondrées. Pourtant, on continue à prédire 2025 et 2050 alors qu'on est incapable de comprendre 2020. L'expérience des irruptions de l'imprévu dans l'histoire n'a guère pénétré les consciences. Or, l'arrivée d'un imprévisible était prévisible, mais pas sa nature. D'où ma maxime permanente: « Attends-toi à l'inattendu.»
    Comment expliquer l'impréparation française?

   Dans beaucoup de pays, dont la France, la stratégie économique des flux tendus, remplaçant celle du stockage, a laissé notre dispositif sanitaire dépourvu en masques, instruments de tests, appareils respiratoires; cela joint à la doctrine libérale commercialisant l'hôpital et réduisant ses moyens a contribué au cours catastrophique de l'épidémie.

   Face à quelle sorte d'imprévu cette crise nous met-elle?

   Nous ne savons pas si nous devons en attendre du pire, du meilleur, un mélange des deux: nous allons vers de nouvelles incertitudes.

   Cette crise sanitaire planétaire est-elle une crise de la complexité?

   Les connaissances se multiplient de façon exponentielle, du coup, elles débordent notre capacité de nous les approprier, et surtout elles lancent le défi de la complexité: comment confronter, sélectionner, organiser ces connaissances de façon adéquate en les reliant et en intégrant l'incertitude. Pour moi, cela révèle une fois de plus la carence du mode de connaissance qui nous a été inculqué, qui nous fait disjoindre ce qui est inséparable et réduire à un seul élément ce qui forme un tout à la fois un et divers. En effet, la révélation foudroyante des bouleversements que nous subissons est que tout ce qui semblait  séparé est relié, puisqu'une catastrophe sanitaire catastrophise en chaîne la totalité de tout ce qui est humain. Il est tragique que la pensée disjonctive et réductrice règne en maîtresse dans notre civilisation et tienne les commandes en politique et en économie. Cette formidable carence a conduit à des erreurs de diagnostic, de prévention, ainsi qu'à des décisions aberrantes. J'ajoute que l'obsession de la rentabilité  chez nos dominants et dirigeants a conduit à des économies coupables comme pour les hôpitaux et l'abandon de la production de masques en France. A mon avis, les carences dans le mode de pensée, jointes à la domination incontestable d'une soif effrénée de profit, sont responsables d'innombrables désastres humains dont ceux survenus depuis février 2020.
   Nous avions une vision unitaire de la science. Or, les débats épidémiologiques et les controverses thérapeutiques se multiplient en son sein. La science biomédicale est-elle devenue un nouveau champ de bataille?

   (…)  (https://www.lemonde.fr/, le journal, n°23414, Idées, p28)


 

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La parole à :
Guy  Jacques

 

 

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