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() -  23/03/20  -  Parce que nous sommes de l’eau

   Cela fait un an et demi qu’est né le mouvement des Coquelicots, pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, fort de plus d’un million de soutiens aujourd’hui. Le 15 février 2020, des représentants de groupes locaux de toute la France se sont réunis et nous avons tous ainsi pu vérifier à quel point les Coquelicots sont vivants, forts et même puissants. Jamais la question des pesticides n’a été autant débattue, et nous pouvons être fiers d’avoir joué le premier rôle.

   En maintenant chaque mois des rendez-vous devant les mairies, par tous les temps.

En entourant et défendant Daniel Cueff, maire de Langouët, auteur d’un arrêté municipal anti-pesticides pionnier, qui en a entraîné des dizaines d’autres.
   En imposant une alerte nationale sur des pesticides terriblement dangereux,
les SDHI, dont personne n’avait encore jamais entendu parler.
Doit-on vous dire la vérité? Ce n’est qu’un début. Alors que s’annonce le printemps, le mouvement des Coquelicots s’empare d’une nouvelle question, essentielle. Les pesticides produisent en se dégradant des milliers de métabolites. Ce sont des molécules chimiques, souvent aussi dangereuses, et même davantage, que les substances dont elles sont issues. Or on les trouve massivement dans les rivières, les nappes phréatiques, et jusque dans l’eau distribuée au robinet.
   Personne ne veut en entendre parler. Ni l’industrie bien sûr –Bayer-Monsanto, BASF, Syngenta– qui ne pense à son chiffre d’affaires. Ni l’administration de la santé, ces Agences régionales de la santé (ARS), pourtant chargées des analyses de l’eau. Ni l’ANSES, cette agence publique de protection, qui s’est tristement illustrée dans l’affaire des SDHI.
   C’est très grave, car une coalition d’intérêts divers a jusqu’ici imposé une omerta sur un sujet majeur de santé publique. Suivez
les actualités des Coquelicots, rejoignez les rangs de ceux qui se rassemblent chaque mois, en un mot, retroussez vos manches. L’affaire des métabolites ne fait que commencer, mais elle annonce une grande bataille de l’eau que nous devons, que nous pouvons gagner tous ensemble.
   Parce que nous sommes de l’eau. Parce que le corps d’un humain adulte en contient 60% au moins, et un bébé 75%. Nous ne voulons pas seulement des coquelicots. Nous voulons de l’eau. Une eau qui ne soit pas un produit industriel passé par tous les filtres, et laisse pourtant filer quantité de poisons, dont les métabolites de pesticides. Une eau. De l’eau. Véritable. (
ecologie-radicale.org)

 09/02/20  -  Corteva va cesser de produire du chlorpyrifos d'ici à fin 2020. Le pesticide est soupçonné d'affecter le développement cognitif des enfants. L’étude d'homologation fournie par le fabricant était remplie d'erreurs masquant les effets nocifs du produit. C’est finalement le fabricant lui-même qui aura sifflé la fin de la partie. Des données inquiétantes sur les effets délétères du produit (appartenant à une famille de toxiques dérivée de gaz de combat !)  s'accumulent depuis plus de vingt ans: érosion des capacités intellectuelles des enfants exposés pendant la grossesse, risque accru de troubles autistiques, faible poids à la naissance, etc. La raison invoquée par Corteva est économique, la demande pour cette substance controversée rencontrant une forte baisse...

Perte de quotient Intellectuel

En 2016, une équipe internationale a estimé qu'un enfant européen né dans les années 2010 avait en moyenne perdu 2,5 points de quotient intellectuel du fait de son exposition in utero à la famille des organophosphorés, dont le chlorpyrifos est le principal représentant.

Ces dégâts auraient pu être anticipés par les autorités sanitaires dès la fin des années 1990. Une étude a montré que les tests réglementaires, menés sur le rat et fournis par Dow aux autorités sanitaires dans le dossier d'homologation du chlorpyrifos, étaient remplis d'erreurs statistiques masquant les effets nocifs du produit sur le développement cérébral des animaux. L'étude réglementaire en question n'avait jamais été examinée, en près de vingt ans, par les autorités sanitaires européennes. Durant tout ce temps, elles s'étaient fiées aux conclusions fournies par l'industriel. (Extraits) STÉPHANE FOUCART   (https://www.lemonde.fr/, le journal, p7)

 

03/02/20  -  Les fabricants français ne pourront plus exporter de pesticides interdits.  Le Conseil constitutionnel juge que la protection de l'environnement patrimoine commun des êtres humains, constitue un objectif de valeur constitutionnelle» qui peut justifier des « atteintes à la liberté

d'entreprendre».

Dans le combat qu'ils mènent pour continuer à produire en France des pesticides pourtant interdits en Europe en raison de leur toxicité, les géants de l'agrochimie viennent de perdre une manche, sans doute déterminante.  A l'instar de l'atrazine, désherbant utilisé dans les champs de maïs dont l'usage est banni dans l'Union européenne depuis -2003 en raison de son potentiel cancérigène, un perturbateur endocrinien aux effets délétères sur le développement intra-utérin, de nombreux pesticides interdits sont toujours produits en France dans le but d'être vendus, principalement dans les pays en développement, et tout particulièrement en Afrique.

   Cette décision constitue un revirement de jurisprudence. «C'est une très bonne nouvelle, qui donne une force juridique inédite à l'objectif de protection de l'environnement et nous permet d'agir pour l’écologie à l’échelle de la planète », s'est félicitée la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. « Excellente nouvelle, qui devrait inspirer le gouvernement et lui rappeler que la loi doit protéger l'intérêt général et non les lobbys des pesticides!»

Selon l'avocat Arnaud Gossement, spécialiste du droit de l' environnement, la décision du Conseil constitutionnel représente « un tournant dans la jurisprudence», car elle reconnaît l'environnement comme « patrimoine commun des êtres humains». Pour le juriste, elle ouvre la possibilité de contester des activités en France qui ont un effet à l'étranger. STÉPHANE MANDARD -  (https://www.lemonde.fr, le journal, p13)

 

18/01/20  -  Le bio utilise lui aussi ses propres pesticides, les bio pesticides. (Extraits) Ces bio pesticides – également utilisés en agriculture conventionnelle – sont en pleine augmentation. « Entre 2017 et 2018, la quantité de substance active totale des produits utilisables en agriculture biologique augmente de 30 % », note le ministère de l’Agriculture. Mais de quoi parle-t-on exactement ?
   Pour préserver les cultures tout en se passant de pesticides classiques, les agriculteurs peuvent avoir recours à des produits dits de biocontrôle, que l’Inra classe en quatre catégories. Les macro-organismes : utiliser des insectes, nématodes ou acariens pour lutter contre les ravageurs. Par exemple des micro-guêpes, les trichogrammes, lâchées dans un champ de maïs vont tuer les œufs de pyrale et sont aussi efficaces que les insecticides pour se débarrasser de ce dévoreur de maïs. On peut sur le même principe utiliser des micro-organismes : bactéries, virus, champignons… Le biocontrôle peut troisièmement se faire via des médiateurs chimiques, comme des phéromones pour perturber les odeurs qui attirent les ravageurs vers les plantes. Et enfin, les « substances naturelles » d’origine animale, végétale ou minérale, de l’huile de colza au soufre en passant par le poivre, peuvent être utilisées.

Cela relativise quelque peu le discours parfois un peu trop elliptique qui assimile pour le consommateur l’agriculture bio à une alimentation « 0 pesticide ». Dans leur philosophie et leur pratique, ces bio pesticides sont toutefois pour leurs promoteurs censés éviter les effets délétères pour l’environnement et la santé de leurs homologues synthétiques.

D’abord parce que ces produits sont pensés comme des solutions de dernier recours, si les autres techniques (rotation et variété des cultures, paillage ou désherbage mécanique, etc.) échouent à prévenir les maladies ou l’invasion de ravageurs. Et parce que le biocontrôle vise à réguler les populations nuisibles plutôt qu’à les exterminer.

Ensuite, parce que l’origine naturelle des substances utilisées est supposée limiter les risques de nocivité rencontrés avec des produits de synthèse. Des substances produites par des organismes vivants et déjà présentes dans l’environnement risqueraient moins de déréguler une faune et une flore (ou un corps humain) habitués à côtoyer ces produits. Les molécules produites par des organismes vivants sont en outre dégradables bien plus rapidement dans l’environnement que les pesticides de synthèse dont la persistance pendant de longues années est parfois catastrophique pour la faune.

« Ces produits existent naturellement mais s’ils sont moins nocifs, il faut parfois en mettre de plus grosses quantités pour avoir un impact sur les agresseurs. Or, c’est la dose qui fait le poison. Si l’on épand un produit même naturel à une concentration qui n’existe pas dans la nature, cela peut bouleverser l’environnement. Naturel ou pas, cela reste un intrant »

les données manquent sur les conséquences à long terme, notamment en écotoxicité des bio pesticides. « Il y a malheureusement peu de données pertinentes disponibles sur l’évaluation de l’impact éco toxicologique des bio pesticides sur les organismes non ciblés »,

(https://usbeketrica.com/article/peut-on-faire-bio-sans-pesticides-bio)

08/01/20  -  La consommation de produits phytosanitaires en agriculture a fortement augmenté en France en 2018, malgré les polémiques et deux plans gouvernementaux successifs dont l'objectif était pourtant de diminuer leur usage.
"Après une légère baisse en 2017, le comité a constaté une augmentation globale forte (+21%) des quantités vendues de produits phytopharmaceutiques en 2018", ont indiqué le 7 janvier 2020 dans
un communiqué les quatre ministères de l'Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique. Plus tôt dans la journée, l'association des producteurs et vendeurs de produits phytosanitaires (UIPP) avait indiqué pour sa part dans un autre communiqué que les ventes de produits phytopharmaceutiques aux distributeurs avaient augmenté de 8% en 2018, à 68.000 tonnes. (…)  (sciencesetavenir.fr)

 

ZERO  pesticide …  ou  presque

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