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       Le Burkina Faso         
       Le « Pays des hommes intègres »
        
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()  02/06/20  -  Au Burkina Faso, des villages aux mains des djihadistes
Au coeur de la forêt classée de Tapoa-Boopo, dans l'est du pays, les habitants vivent dans la terreur. Mon village s'est transformé en citadelle assiégée. « L'Etat a déserté, ce sont les terroristes qui dictent leur loi désormais», rapporte Yemboaro (le prénom a été changé), un habitant de Nassougou, dans la région de l'est du Burkina Faso, joint par téléphone. Ici, au cœur de la forêt classée de Tapoa-Boopo, à plus de 300 kilomètres de fa capitale, la vie a basculé il y a plus d'un an.

   « Un jour, des hommes sont venus prêcher, en se présentant comme des soldats de Dieu. Ils nous ont obligés à nous convertir, sinon ils chasseraient les récalcitrants », raconte cet homme, sous couvert d'anonymat, qui a préféré fuir à Fada N'Gourma, le chef-lieu de la région, avec sa femme et ses deux enfants.

   Isolés, pris au piège, plusieurs dizaines de villages seraient ainsi passés sous l'emprise des groupes armés dans l'est du pays ces derniers mois, selon des sources locales et sécuritaires. Et ce dans un silence quasi total, les localités étant difficiles d'accès et l'actualité plutôt tournée vers la pandémie de Covid-19.

   « Livrés à nous-mêmes»  « Les terroristes ont planté un drapeau noir à l'entrée de mon village et bastonnent ou exécutent ceux qui ne respectent pas la charia. Le porc et l'alcool sont interdits, les femmes doivent porter le voile, certaines sont même enlevées et violées», témoigne Yemboaro, dont le père, un ancien conseiller municipal, a été tué dans l'attaque d'une buvette en 2018. Ciblés par les attaques, les représentants

de l'Etat et les enseignants ont tous préféré fuir, affirme-t-il.

   Dans la région de l'Est, 500 établissements scolaires étaient fermés à cause de l'insécurité, avant l'épidémie. Aujourd'hui, l'école primaire de Nassougou servirait même de «base» aux terroristes, selon ce rescapé : « Ils campent là-bas, ils ont aussi mis en place des checkpoints sur certains axes pour contrôler ceux qui passent, et les fonctionnaires et les militaires sont tués d'office. »

.    Depuis quelques mois, l'étau s'est encore resserré sur la zone. « Nous sommes livrés à nous-mêmes. Les forces de l'ordre ne viennent plus et ceux qui les alertent sont tués. Chacun reste terré chez soi, la peur au ventre», raconte un chef coutumier, reclus dans un village voisin avec sa famille. Une vacance de l'ordre public d'autant plus inquiétant que les élections présidentielle et législatives, fixées au 22 novembre, approchent.

   A cause de l'insécurité, l'enrôlement des électeurs a d'ailleurs été suspendu dans trois des cinq provinces de l'Est, qui comptaient en 2015 près de 1,5 million d'habitants, selon les dernières statistiques nationales. « A ce rythme de violences, on ne pourra pas faire campagne, sauf dans les grandes villes!», fustige un député de la région.

   Au Burkina Faso, les violences se sont aggravées en 2019, avec une hausse de 174 % du nombre d'incidents et près de 1300 civils tués, selon l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled). Plus de 800 000 personnes ont dû fuir leur foyer. Le 7 mars 2019, l'armée burkinabée a lancé « Otapuanu » («foudre», en gourmantché, l'une des langues nationales), une vaste opération antiterroriste qui devait permettre de « restaurer l'autorité de l'État» et d'éradiquer les djihadistes de l'organisation Etat islamique et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), qui sévissent depuis 2018 dans la région.

   Après quelques mois d'accalmie, les groupes armés ont pourtant regagné du terrain, profitant du départ de l'essentiel des troupes et mettant à profit leur maîtrise de la zone. « Les autorités pensaient avoir nettoyé" la région. En fait, un certain nombre de terroristes ont réussi à fuir, en se cachant dans le parc du W et en traversçmt la frontière. Le jeu du chat et de la souris ... », explique une source sécuritaire .

   Forestière et peu peuplée, la région de l'Est est vaste, la plus grande du pays. Pistes impraticables en véhicule, voies minées, embuscades ou encore «guetteurs » : les difficultés sont nombreuses pour les forces de sécurité. Le 22 mai, trois personnes dont un soldat burkinabé ont été tuées au cours d'une attaque contre une patrouille militaire sur l'axe Manni-Coala.

   Les groupes armés, circulant en moto, profitent du faible maillage sécuritaire pour s'implanter et infiltrer la population. Pauvreté, manque d'investissement public, accaparement des terres par certaines sociétés minières et concessions de chasse : « Le terreau est fertile pour les djihadistes, qui exploitent le mécontentement et I.e sentiment d'injustice des populations pour recruter ou occuper l'espace », souligne Mahamoudou Savadogo, spécialiste de l'extrémisme violent au Sahel.

   Et les groupes terroristes n'ont aucun mal à attiser les braises, celles des tensions entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires, déjà accrues par l'appauvrissement des ressources.

   « Exécutions sommaires»  « Ils se présentent comme des "sauveurs" et disent aux éleveurs peuls de récupérer les terres qu'ils ont "libérées" », dénonce un cultivateur gourmantché, dont l'inquiétude monte à l'approche de la saison des pluies et de la période des semis {fin juin, début juillet). « Si on ne peut pas cultiver en brousse, on mourra de faim », souffle ce vieil homme.

   Rester ou partir, en abandonnant ses terres, son bétail? Pour beaucoup ici, le même dilemme s'impose. « Dans les villages, vous êtes obligés de vous allier aux terroristes si vous voulez survivre, mais si l'armée arrive... On est · entre le marteau et l'enclume», résume tristement Yemboaro, forcé d'abandonner ses cultures à Nassougou.

   Les critiques se multiplient en effet contre les forces burkinabées, accusées de «bavures» et d' « exécutions sommaires» dans le cadre de la lutte antiterroriste. La communauté peule, dont certains membres ont rejoint les rangs de groupes armés, se retrouve de plus en plus stigmatisée. Le 11 mai, 12 suspects, tous de l'ethnie peule, ont« trouvé la mort [dans leur] cellule» à Tanwalbougou, dans l'Est, selon un communiqué du procureur de Fada N'Gourma qui a ouvert une enquête judiciaire.

   Depuis, la polémique monte autour des circonstances du drame. « Ces personnes ont été exécutées de manière systématique, mon cousin a été abattu d'une balle dans la tête», dénonce Aziz Diallo, parent d'une des victimes et député-maire de Dori (Sahel}, qui a assisté à l'inhumation des corps dans une fosse  commune le 13 mai.

   La colère monte  Aucune autopsie n'a été effectuée, à cause de « l'état de putréfaction » des victimes et en l'absence de « chambre froide», précise le procureur Judicaël Kadeba, qui soutient que « les douze n’ont pas été tués par balles» et qu'aucune trace de « saignement » n'a été constatée. «Faux!, fustige Daouda Diallo, le  porte-parole du Collectif contre l'impunité et la stigmatisation des communautés (CISC}. Les photos prises

lors de l'inhumation montrent des linceuls ensanglantés et des impacts de balles.» L'ONG Human Rights Watch exige l'ouverture d'une enquête indépendante sur cette affaire.

   Pour le CISC, les «exactions» se seraient multipliées dans la localité ces derniers mois. « Tanwalbougou est devenu le cimetière de la communauté peule », condamne M. Diallo, photos à l'appui, montrant les cadavres de six habitants gisant au sol qui, selon certains proches, auraient été arrêtés un mois plus tôt par les forces de sécurité.

   « Les forces armées nationales mènent le combat contre le terrorisme avec pour souci le  professionnalisme et le respect des engagements de notre pays en matière de droits de l'homme», soutient le gouvernement burkinabé, qui rappelle qu'une « enquête judiciaire et administrative» est en cours. A l'issue d'une session du Conseil supérieur de la défense nationale le 23 mai, le président Roch Marc Christian Kaboré a promis que « des décisions seraient prises sans état d'âme» et a appelé à « éviter la stigmatisation et le repli identitaire». Car la colère monte, insidieuse. Les familles des victimes réclament avant tout «justice et sécurité». Mardi 26 mai, une centaine de déplacés originaires de Tanwalbougou ont manifesté à Fada N'Gourma pour demander l'envoi de renforts dans leur village. SOPHIE DOUCE  (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23384, p5)     

 

31/05/20  -  Burkina : 30 morts en deux attaques (gouvernement)

Le samedi 30 mai 2020, deux attaques terroristes ont été perpétrées, l’une au marché à bétail de Kompiembiga (province du Sanmantenga, région du centre Nord).    Le bilan provisoire de l’attaque lâche et barbare au marché à bétail de Kompiembiga est de vingt-cinq (25) morts et de plusieurs blessés.

   L’attaque sur l’axe Foubé-Barsalgho, perpétrée par des groupes armés terroristes a visé un convoi humanitaire de retour de Foubé, après y avoir apporté des vivres aux populations.

Le bilan provisoire est de dix morts (05 civils), d’une vingtaine de blessés évacués au centre hospitalier régional de Kaya et de personnes portées disparues. (Au moins 07 gendarmes et 05 civils ont été tués. On dénombre aussi une vingtaine de blessés qui ont été reçus dans un centre médical à Barsalogho et 06 portés disparus. Par ailleurs, 03 véhicules de type pick up, 03 motos, et des armes ont été emportés par les assaillants. (/infowakat.net/) (Infowakat)

24 avril 2020 : 13 nouveaux cas dont 10 a Ouagadougou, 02 à Bobo et 01 à Ziniaré. Donc un total de 629 cas dont 250 femmes et 379 hommes. 41 Burkinabè testés positifs à l’extérieur avec 02 décès. (infowakat.net)

 

14/04/20  -  Burkina : la vulnérabilité des quartiers pauvres privés d'eau courante

Dans les bidonvilles, les habitants craignent le virus sans pouvoir s'en protéger  (OUAGADOUGOU_- correspondance)

   Chaque jour, le même calvaire. Marcher, pomper, pousser. Pour ravitailler sa famille en eau, Elise Zebango répète ces mêmes gestes. Tanlarghin, son quartier, est situé dans les« non-lotis», des zones d'habitat précaire de la périphérie de Ouagadougou. Ici, pas d'eau courante ni d'électricité. Pour boire et se laver, cette mère de sept enfants doit s'approvisionner à l'une des rares bornes-fontaines. Jusqu'à trois fois par jour, elle pousse devant elle son chariot surmonté d'un gros baril en acier, son bébé accroché dans le dos. Déjà très handicapant en temps normal, le faible accès à l'eau prend une acuité nouvelle avec la pandémie de Covid-19 due au coronavirus. Se laver les mains régulièrement est un défi difficile dans. ce pays désormais le plus touché d'.Afrique de l'Ouest, avec plus de 443 cas officiels, dont 24décès, jeudi. · Au Burkina Faso, pays enclavé du Sahel, au moins 27 % de la population ne dispose d'aucun accès à l'eau potable et 60 % des habitants n'ont pas d'installations sanitaires, selon une étude de l'OMS et de !'Unicef. Des chiffres élevés, mais encore bien en deçà de la  réalité, tant le recensement est compliqué dans nombre de quartiers.

« On essaie d'économiser» (…)  SOPHIE DOUCE  -  (Le Monde, p9)

 

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