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       Le Burkina Faso         
       Le « Pays des hommes intègres »
        
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()  14/03/20  -  Deux otages enlevés au Burkina Faso en 2018 retrouvés vivants et en bonne santé le 13 mars dans le nord-est du Mali. La Canadienne Edith Blais et l’Italien Luca Tacchetto avaient disparu en décembre 2018 alors qu’ils traversaient en voiture le Burkina Faso.

Recueillis vendredi après-midi par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) après avoir recouvré la liberté, ils sont arrivés samedi midi à l’aéroport de Bamako. Ils devaient être remis aux autorités maliennes, en présence des représentants diplomatiques de leurs pays respectifs, selon l’ONU. (lemonde.fr/)

 

 

 17/01/20  -  Au Burkina Faso, on s’insulte pour rire et faire la paix. Approche traditionnelle de résolution de conflits, « l’alliance à plaisanterie » continue de se pratiquer, même si elle n’a pas réussi à faire taire les armes djihadistes. un véritable art de la raillerie et de la dérision destiné à désamorcer les conflits. Contrairement aux apparences, il ne s’agit ni d’une dispute alcoolisée ni d’un règlement de comptes « interethnique », « On s’amuse à se faire la guerre avec les mots », explique hilare, Mamoudou Combary, le président de l’association Bulcina Maasuagu Burkindi Roogmika (littéralement « la culture du Burkina »). Chaque mois, son association organise des rencontres pour honorer « l’alliance à plaisanterie », une vieille tradition ouest-africaine qui consiste à se moquer et à s’insulter. Un art de l’invective qui peut aussi se pratiquer en famille, on parle alors de « parenté à plaisanterie ». (lemonde.fr/Afrique)

 

17/01/20  -  Le rôle majeur des femmes au Burkina Faso. ((Si l'homme est bien la finalité de /'Aide publique au développement (APD), force est de constater que celle-ci a lamentablement échoué, puisque la jeunesse africaine est en fuite, désemparée, et chassée par des politiques d'aide au développement de son continent qui se vantent de l'aider» .Traoré, Aminata. 2008. L'Afrique humiliée, p. 189 Paris, Fayard.

« Coopération Internationale » association de mots prometteuse d'un magnifique concept :

-Coopérer, travailler ensemble au plus haut niveau entre les hommes.

-Échanger des pratiques, partager des expériences, comprendre les cultures des uns et des autres.

-Construire une humanité riche de diversité.

Et pourtant : l'aide au développement, trop souvent confondue avec l'aide humanitaire efface ces idées. Le « coup de coeur » certes louable, pour aider les pays pauvres est le véritable moteur de la mobilisation généreuse des bénévoles associatifs. Les actions qui ne devraient être que le point d' accroche de la coopération deviennent les moyens de faire un don, d'améliorer une situation matérielle et de flatter parfois l'égo des généreux donateurs. L'attente d'un retour, la réciprocité légitime n'est envisagée dans le meilleur des cas que comme une utopie. Comment demander en retour plus que des remerciements de populations souvent démunies, pense-t-on ?  Le sourire et les marques de reconnaissance sont le seul cadeau des bénéficiaires qui pourtant ont beaucoup à nous apporter. L'élan solidaire des nantis vers les populations dans le besoin est souvent efficace et toujours nécessaire mais il doit être dépassé par le désir de connaître, d'échanger. Grâce aux nouvelles technologies la voie des communications rapides est maintenant ouverte. Favoriser les correspondances par messagerie électronique ou réseaux sociaux est le chantier auquel doivent s'atteler les responsables d'associations s'il veulent dépasser les actions d'aides unilatérales pour arriver à une véritable réciprocité afin de profiter des cultures et des pratiques de nos partenaires. Maurice Piferrer (ESF66, CASIR) (http://letc.fr/ , Le Travailleur Catalan, p6)

 

-  (Octobre 2019) -  L'insurrection inachevée. En deux jours d’insurrection, fin octobre 2014, le peuple du Burkina Faso s’est débarrassé de Blaise Compaoré qui dirigeait ce pays depuis l’assassinat de Thomas Sankara en 1987.
Le Burkina indépendant est riche d’une histoire politique mouvementée, et de plusieurs révoltes populaires. À côté des partis politiques, la société civile est particulièrement dynamique, les mouvements à la base n'ont cessé de maintenir le pays en effervescence. L’ouvrage s’attache à évoquer la longue montée de l’opposition à Blaise Compaoré, le déroulement des journées de l’insurrection au plus près des acteurs et la mise en place de la transition.

Une analyse approfondie des rapports des forces en présence, du jeu des acteurs et des négociations alterne avec des portraits des acteurs principaux de ce moment décisif pour aboutir à une histoire vivante, incarnée et captivante de cette insurrection inachevée. (20€  -  https://www.syllepse.net/l-insurrection-inachevee-_r_69_i_778.html)

 

LES SURNOMS APHORISTIQUES CHEZ LES MOSSI DU BURKINA FASO. (Résultats d'une enquête menée dans le village de Toulougou)  

   « Le Zabyouré en langue mooré est une sorte de devise ; il signifie aussi un Programme d’action, une ligne de conduite ; il révèle aussi une ·simple nature d'une personne physique ou morale, une situation sociale antérieures ... etc.».

   Deux exemples tirés de notre enquête : Dans le village de Toulougou où notre enquête a été réalisée, habitent au cœur du quartier musulman deux frères non musulmans particulièrement amateurs de la bière de mil traditionnelle. La présence de ces deux consommateurs d'alcool dérange pour le moins leurs voisins qui exercent sur eux toutes sortes de pressions pour qu’ils se convertissent à l'islam. Or, ces deux frères ont pris des surnoms très révélateurs des rapports qu'ils entretiennent avec leur entourage. Le frère aîné s' est surnommé : Bond-galêngaag lvt zêedê, zêed-dtmb bvvd b zêedo, tt a bond-galêngaag bvvd a menga ; ce qui signifie : "Une bête indésirable est tombée dans une sauce : les commensaux se plaignent pour leur sauce, tandis que la bête indésirable se plaint pour elle-même". De son côté, le frère cadet s’est composé le surnom: Samandê boanga ko n zoe widg n mubl a tuba, c'est-à-dire : "L'âne que l'on attache dans la cour ne ferme pas ses oreilles de peur d'entendre des critiques". Ces surnoms ont eu un tel succès dans le village que la plupart des gens ne connaissent plus les vrais prénoms de ces deux frères.

   Ce sont, ici, des réponses de forme allégorique aux réflexions désobligeantes qu'ils ont souvent entendues. On peut résumer comme suit le message du frère aîné à ses voisins : "Je suis la bête indésirable échouée dans la sauce de votre intolérance. Si vous craignez pour votre religion, sachez que je crains aussi pour ma liberté". Quant au frère cadet, son message a la valeur approximative du dicton français: "Les chiens aboient, la caravane passe".

   La prise d'un surnom aphoristique, comme le souligne T. F. PACERE, intervient «généralement à un moment de réjouissances populaires». Ce peut être à l'occasion de l'intronisation d'un chef ou de l'inauguration d'un nouveau marché, mais toute personne peut aussi se composer un surnom qu'il rend public à l'occasion d'une réunion à caractère festif. Pendant la période hivernale par exemple, lorsqu'une personne demande de l'aide dans ses travaux champêtres, il arrive que les travailleurs

confient aux tambourinaires, qui les galvanisent en chantant les louanges de leurs ancêtres, leurs surnoms aphoristiques. Les musiciens s'en emparent alors pour compléter la longue liste des surnoms de leurs ascendants et assurer la continuité de la tradition poétique.

   Dans une certaine mesure, le surnom d'une personne est plus important que son prénom. En effet, s'il est courant, chez les Mossi, que le prénom d'une personne décédée soit oublié après quelques générations (oralité oblige!), il est rare, en revanche, que son surnom le soit. C'est que le surnom est la trace que laisse l'individu à ses descendants par l'entremise des griots qui font office d'historiens et de généalogistes.

   L'étude des surnoms aphoristiques offre une explication au fait que, chez les Mossi, des personnes d'une même famille portent quelquefois des noms de famille différents. Les noms de famille sont, en effet, des formes diminutives de surnoms aphoristiques des ascendants. Or, chacun ayant la possibilité de retenir l'aphorisme et le diminutif qui lui convient, on ne peut qu'assister à un éclatement. Dans une culture de !'oralité, cela n'est pas gênant. Mais avec l'apparition de l'écriture qui fige les formes, il se creuse de plus en plus dans les familles des divisions qui n'avaient pas lieu d'être auparavant.

   Les traditionistes5 ont souvent relevé la grande vivacité des proverbes dans les sociétés africaines. En pays mossi, il nous semble que cela tient à leur renouvellement constant par le biais des surnoms aphoristiques même si, sur ce problème du rapport entre les deux phénomènes, les personnes interrogées au cours de notre enquête ont toutes répondu qu'il n'y avait aucun lien. Le proverbe serait, d'après notre hypothèse, un surnom d'un autre temps ou d'un autre lieu. » (Extraits)

(Nouvelle Revue d'Onomastique n° 35-36 2000  -  p 201)

 

29/12/19  -  Des associations militant pour la paix et le dialogue interconfessionnel au Burkina se sont réunies pour célébrer la journée de la tolérance religieuse. Lors de la cérémonie d’ouverture, les organisateurs ont lu une déclaration, dans laquelle ils ont dénoncé, entre autres, l’instrumentalisation des religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme. Ils ont redit leur attachement à la liberté de conscience et de religion conformément à ce que stipule la constitution burkinabée, et appelé tous les Burkinabés à l’union et à l’unité face au diktat des terroristes qui veulent imposer la division en « manipulant nos références religieuses et ethniques. »  (la-croix.com)

 

28/12/19  -  Le Burkina Faso face à la terreur djihadiste. Quatre ans après les premières salves djihadistes venues du Mali, l'Etat a perdu le contrôle d'au moins le tiers du territoire.

   Les assaillants auraient commis, dans leur retraite, un massacre délibéré de femmes ?  « C'est après avoir échoué à atteindre notre détachement qu'ils ont ouvert le feu sur elles. Certaines étaient chez elles. D'autres parties chercher de l'eau, pensant que l'attaque était uniquement dirigée contre les militaires. Lors des précédentes, ils ne s'en étaient pas pris aux civils », relate un officier, sans pouvoir déterminer les raisons de cette tuerie. « On cherche à  comprendre. C'est peut-être un tournant, mais nous n'en savons pas encore assez pour nous prononcer », reconnaît le défenseur des droits de l'homme Ali Sanou. (…)    (CYRIL BENSIMON) (Le Monde, p2)

 

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