()   -  11/08/19  -  Noam Chomsky : « Les maîtres de l’humanité ont tué l’Europe »

Pressenza rappelle les réflexions de Noam Chomsky au Festival des sciences de Rome en janvier 2014, car elles sont toujours d’actualité.

   « Ils se croient les maîtres de l’humanité et, malheureusement, ils le deviennent. La politique démocratique a cessé d’y résister, ouvrant la voie à la dictature inconditionnelle des puissants pouvoirs économiques et financiers qui dictent désormais les conditions de notre vie publique ». Paroles de Noam Chomsky, considéré comme le plus grand linguiste vivant, auteur du chef-d’œuvre Le Langage et la pensée.

   A 86 ans, le professeur étasunien fait preuve d’une lucidité de pensée et de vision qui ne laisse aucune place au doute. Pas d’illusion : « Nos sociétés se dirigent vers la ploutocratie. C’est du néolibéralisme », dit Chomsky en Italie, à l’occasion du Festival scientifique de Rome en janvier 2014. Le titre de la dernière collection de textes inédits traduits en italien est extrêmement explicite : eux, les oligarques mondiaux, les seigneurs des multinationales et des grandes banques d’investissement, sont « les maîtres de l’humanité ».

   « La démocratie en Italie a disparu lorsque Mario Monti est arrivé au pouvoir, désigné par les bureaucrates siégeant à Bruxelles, et non par les électeurs », explique Chomsky. En général, comme le rapporte le magazine d’information « Contropiano », pour Chomsky « les démocraties européennes sont en plein effondrement, quelle que soit la couleur politique des gouvernements qui se succèdent au pouvoir ».

   Ils sont « finis », les démocraties du vieux continent – Italie, France, Allemagne, Espagne – parce que leur sort « est décidé par des bureaucrates et des dirigeants non élus, qui siègent à Bruxelles. La Commission européenne décide de l’ensemble, et elle n’est pas obligée de répondre devant le Parlement européen régulièrement élu. Il s’agit d’un pur autoritarisme néo-féodal : cette direction est la destruction des démocraties en Europe et les conséquences sont des dictatures ».

   Pour Chomsky, le néolibéralisme qui domine la doctrine technocratique de Bruxelles est désormais un danger planétaire. Le fanatisme du « libre marché » comme voie naturelle vers une économie saine repose sur un dogme mensonger et ouvertement démenti. En fait, sans soutien public (en termes de bien-être et d’émission monétaire), aucune économie privée ne peut réellement se développer.

   Aujourd’hui, le néolibéralisme est une « grande attaque contre les populations du monde », voire « la plus grande attaque jamais vue en quarante ans ». Le silence de l’information, qui implique les mêmes « nouveaux médias », est désolant : leur tendance est de « pousser les utilisateurs vers une vision plus étroite du monde ».

Par Giuseppe Altieri (https://www.pressenza.com/fr/2019/08/noam-chomsky-les-maitres-de-lhumanite-ont-tue-leurope/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+pressenza%2FAFhJ+%28Nouvelles+de+Pressenza+IPA+en+fran%C3%A7ais%29)

 

03/05/19  -  La genèse de la crise européenne. L’ancien député communiste européen Francis Würtz remet la crise de l'Europe dans son contexte historique. Il s'est exprimé sur la genèse de la crise de l'Europe et les trois moments de rupture qui ont amené les populations à rejeter l'Europe.

En 1957, le traité de Rome institua le« marché commun». En 1979 les députés furent élus au suffrage universel direct pour la première fois. En 1986, lorsqu'on signa l'Acte unique, traité du « marché unique», 12 États étaient déjà membres. Pendant toute cette période, il y eut un « consensus implicite» des gens en Europe par rapport à l'Union européenne, a souligné Francis Würtz.

L'Union européenne change de nature. Après la chute du mur de Berlin en 89, l'économie fut boostée, ce qui encouragea l'Union européenne dans son orientation ultra libérale. Dans les années 90, de multiples directives de libéralisation furent adoptées comme les appels d'offre obligatoires et la libre circulation des capitaux. Ce fut l'avènement du marché unique prôné par le traité de Maastricht (1993). Cet ordo-libéralisme de la concurrence libre et non faussée a eu des retombées sur les salariés. C'est dans ce contexte que s'opéra le premier retournement de l'opinion. En 2004, on intégra 10 pays de l'Est d'un coup. Lorsqu'on transféra les directives européennes pour qu'elles soient intégrées dans les législations de ces pays, les populations se sentirent trompées et furent déçues de l'Europe. Ce fut une seconde rupture.

Une Europe des gens? L'austérité et la coercition ont accompagné ensuite la crise de la dette et on a plafonné les déficits des budgets de chaque pays. Même les États-Unis en firent le constat: le système social européen était mort. L'Union européenne ayant changé de nature, les gens ont commencé à s'en désolidariser. En 2015, Angela Merkel a imposé une ligne dure au gouvernement grec d'Alexis Tsipras. Les politiques budgétaires trop strictes imposées par l'Allemagne ont induit la montée des populismes de droite. Pour le référendum du Brexit en 2016, alors que les migrants ne représentent que 0,2% de la population, on a menti aux gens en agitant le danger de l'immigration massive. Francis Würtz a conclu qu'il fallait fixer une nouvelle finalité pour l'Europe : « Par-delà les clivages, pour renforcer le commun, il faut une unité large à gauche, en dépit des différences, et pour aller à l'essentiel, vers une nouvelle démocratie sociale et politique en Europe. »  Propos recueillis par Veronika Daae  (LETC, p4)

 

07/04/19  -  Dans « Histoire des Blancs », l’Africaine-Américaine Nell Irvin Painter explore les constructions mentales qui, depuis l’Antiquité, ont forgé la « blanchité ». (éditions Max Milo)  Cette étude monumentale, fruit de deux décennies de recherches, tend à montrer comment la notion de race blanche s’est construite outre-Atlantique et comment elle puise dans une histoire qui remonte à l’Antiquité, à une époque où les races n’existaient pas et où il n’était pas question de Blancs et de Noirs.

(https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/07/esclaves-et-migrants-il-etait-une-fois-les-blancs_5446998_3212.html)

 

-  10/12/18  -  L'Europe doit-elle décourager les migrations africaines ? Le pacte de Marrakech sur les migrations a été adopté aujourd'hui par plus de 150 pays. En Europe, les arrivées d'exilés, notamment en provenance d’Afrique, devraient se multiplier dans les décennies à venir. Comment s’y préparer ? Quelle politique mettre en place ?
Si c'est un hasard, alors il fait bien les choses. Le pacte de l'ONU sur les migrations, qui vise à renforcer la coopération internationale en la matière, a été signé ce lundi à Marrakech. Le jour du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Laquelle déclaration affirme notamment que toute personne a le droit de circuler librement. Bien que non contraignant, ce texte ne fait pas l’unanimité. Les Etats-Unis n’y ont pas adhéré. Et plusieurs pays, européens pour la plupart, viennent de s’en éloigner : l’Italie, l’Autriche, la Bulgarie, la Pologne ou encore la République tchèque.

Ce qui donne un aperçu, une nouvelle fois, des divisions européennes sur la question migratoire. L’Europe aurait pourtant intérêt à avancer groupée eu égard aux défis qui l’attendent. Les migrations internationales vont se poursuivre. Le "vieux continent" fait partie des destinations. L’Afrique en est un des points de départ.

Et ce n’est qu’un début si l’on en juge par les prévisions démographiques : d’ici à 2050, la population africaine devrait doubler, entraînant mécaniquement une augmentation des migrations. Oui mais quelle sera l’ampleur de cette pression migratoire ?

De la réponse à cette question va dépendre le choix des politiques à mener, sur le continent africain comme sur le continent européen. Problème, les experts ne sont pas d’accord, et le sujet est éminemment sensible politiquement.

(https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/du-grain-a-moudre-du-lundi-10-decembre-2018)
Articles :  -  Migrants : « Ouvrir les frontières accroît à la fois la liberté et la sécurité » : interview de François Gemenne par Hervé Kempf et Lorène Lavocat pour Reporterre, le 29/06/2016.

“Être pour ou contre les migrations n’a guère de sens” : interview de Stephen Smith par David Doucet pour Les Inrockuptibles, le 18/09/2018.

L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes: par François Héran pour l'Institut national d'études démographiques, en septembre 2018. 
Migrations africaines, le défi de demain: par Maryline Baumard et Arnaud Leparmentier pour Le Monde, le 16/01/2017.
Liens : 
Le développement économique en Afrique, les migrations au service de la transformation structurelle : rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement du continent africain, version 2018.

-  22/11/18  -  IRIS :  « L’Europe encore indécise face à la question migratoire. La question migratoire reste, trois ans et demi après la crise de 2015, au cœur de l'agenda européen et constituera l'un des points majeurs du Conseil des 13 et 14 décembre prochains.
-  Au-delà, et sans doute à cause de son importance politique, ce qui est frappant, c'est le tour de plus en plus curieux que prend ce débat. Curieux tout d'abord parce que les tensions à l'origine de la crise se sont beaucoup atténuées. Or, malgré cela, elles constituent toujours un sujet de friction majeur entre États membres.
 (…)  (
http://www.iris-france.org/124387-leurope-encore-indecise-face-a-la-question-migratoire/)

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