Pour la libération de tous les prisonniers politiques catalans

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(-  08/02/20  -  « Pedro Sanchez joue les conciliateurs avec la Catalogne. Le chef du gouvernement a rencontré, jeudi, le président indépendantiste de la région.

   Cela faisait plus de douze ans qu'un président du gouvernement espagnol n'avait pas été reçu au palais de la Généralité, à Barcelone. Jeudi 6 février, le socialiste Pedro Sanchez a fermé cette longue parenthèse et fait le déplacement au siège du gouvernement de Catalogne afin, selon le premier ministre, de « commencer une nouvelle étape de dialogue» avec la région rebelle.

   Tapis rouge et gardes d'honneur, le président de l'exécutif régional, l'indépendantiste radical Quim Torra, l'a accueilli avec une solennité calculée. Entouré des drapeaux espagnol et catalan, dans la médiévale salle des députés, il lui a offert deux essais aux titres suggestifs: L'Invention des droits de l'homme, de l'historienne américaine Lynn Hunt (Markus Haller, 2013) et Llibertat i sentit, du poète Lluis Sola (Edicions de 1984, 2017).

   M. Sanchez, qui gouverne en minorité et dépend des indépendantistes catalans au Parlement espagnol, a laissé son hôte mettre en scène le caractère « bilatéral » d'une rencontre «d'égal à égal», une revendication de longue date du mouvement  indépendantiste. Et en a profité pour envoyer un message aux Catalans : « Le bilan de la dernière décennie est lamentable: tout le monde y a perdu.»

   Le chef du gouvernement espagnol n'est pas non plus venu les mains vides. Dans un document intitulé « Agenda pour les retrouvailles», il a cherché à répondre aux revendications portées durant ces dix dernières années par les nationalistes catalans, en matière d'infrastructures, d'investissements, de collecte des impôts, de politique extérieure, de transfert de compétences. Il s'est dit prêt à les aborder durant les négociations, qui doivent commencer dans le courant du mois de février.
   Rien ne permet de croire qu'elles aboutiront. Déjà, M. Torra a demandé de ne pas confondre les questions matérielles posées par M. Sanchez avec «
la résolution du conflit politique» qui, selon lui doit être abordée à part. ·Le dirigeant catalan a de nouveau exigé la tenue d'un référendum d'autodétermination, seule solution envisagée par les indépendantistes, et regretté de n'avoir reçu du gouvernement espagnol « aucune proposition concrète».

   Il a aussi demandé l'amnistie des neuf leaders indépendantistes condamnés pour « sédition» pour la tentative de sécession d'octobre 2017. Deux d'entre eux, les présidents des associations indépendantistes Omnium cultural et ANC, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez, ont obtenu, jeudi 6 février, un régime de semi-liberté qui leur permettra de ne passer que les nuits en cellule.

   A l'issue de la réunion, M. Sanchez a reconnu « la distance entre les positions du gouvernement de l'Espagne et celui de la Généralité». La porte-parole de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Marta Vilalta, s'est elle aussi montrée «sceptique» quant aux chances de succès des négociations, tout en qualifiant la réunion de jeudi « d'importante et nécessaire».

   Tous ont, pour le moment, intérêt à participer aux négociations. Pedro Sanchez a besoin des indépendantistes pour approuver la loi de finance 2020. A la veille des élections régionales catalanes anticipées que M. Torra doit convoquer prochainement, son parti, Ensemble pour la Catalogne (JxC), veut neutraliser son grand rival, ERC. Lequel, conscient de la fatigue du mouvement  séparatiste, entend se poser comme un parti modéré et constructif.

   Personne ne doute que les tentatives de torpillage des négociations ne vont pas tarder. Aussi bien de la part des séparatistes les plus radicaux que des partis de la droite espagnole, qui ont vivement attaqué M. Sanchez jeudi: le Patti populaire, pour avoir « présenté ses hommages à une personne condamnée pour désobéissance», en référence à la peine d'inéligibilité infligée à M. Torra, et Ciudadanos, pour avoir « humilié tous les Espagnols». » SANDRINE MOREL  -  (https://www.lemonde.fr/, le journal, p3)

 

 

29/01/20  - Le vice-président d'Omnium cultural, Marc Mauri, est venu débattre à Perpignan le 24 janvier dernier dans une salle du Conseil général, devant une cinquantaine de personnes. Le président d'Ornnium cultural, Jordi Cuixart, est en prison en Espagne depuis plus de 2 ans et condamné à 9 ans de prison, pour avoir participé à l'organisation du referendum du 1er octobre 2017. Cette association qui compte plus de 180 000 membres est la plus importante d'Europe.

Phis de-2 500 personnes sont poursuivies en Espagne pour le fameux scrutin· du 1-0. Interrogé sur la venue de Puigdemont à Perpignan le 29 février Marc Mauri a répondu, « Cela montre que la justice européenne s'arrête aux Pyrénées. Pourquoi Carles Puigdemont, Toni Comin, et Clara Ponsati (3 eurodéputés) peuvent venir ici et pas de l'autre côté. Ici, suivant les décisions de tribunaux européens, ils peuvent venir librement et, pour les mêmes raisons, ils ne peuvent pas de l'autre côté des Pyrénées. En Espagne, il n'y a pas de Justice. L'ONU l'a dit, Amnesty international l'a dit.
Ce n'est pas un problème de l'Espagne, c'est un problème de l'Europe». (
https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, n°1226, p5)

 

 

20/01/20  -  « L’historique coalition de gauche en Espagne ouvre une alternative en Europe. Par Héloïse Nez
   Alors que le gouvernement d’Emmanuel Macron s’enfonce dans des politiques dignes de l’ère Thatcher mêlant régressions sociales, détériorations des services publics et répressions des mouvements sociaux, l’Espagne prend en ce début 2020 le chemin inverse. Le programme scellé entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (Psoe) et Unidas Podemos (alliance entre Podemos et Izquierda unida) comprend un renforcement des droits sociaux et des libertés publiques, une fiscalité plus redistributive, des politiques féministes et écologiques. Les obstacles ont certes été nombreux pour former le premier gouvernement de coalition de gauche depuis la Seconde République (1931-1939), qui aurait été possible dès 2015, et s’annoncent tout aussi puissants pour mettre en œuvre le programme défini en commun. Mais l’Espagne ouvre ainsi une voie politique (
Suite de la page d’Accueil)  alternative à contre-courant du tournant autoritaire et néolibéral en Europe. (…)

   Le programme conclu entre les deux formations de gauche vise à faire de l’Espagne « un référent de la protection des droits sociaux en Europe ». De nombreuses mesures consistent de fait à récupérer des droits sociaux et politiques remis en cause par les gouvernements de Mariano Rajoy de 2011 à 2018, période qualifiée de « décennie perdue » par Pablo Iglesias. Il s’agit donc d’abroger de nombreuses lois du PP, à l’instar de la réforme du droit du travail à l’origine d’une précarisation des conditions d’embauche et de travail – par exemple, en supprimant la possibilité de licenciement pour des absences liées à des arrêts maladie ou des congés maternité, et en rétablissant la priorité des accords de branche sur les conventions d’entreprise – ou la « loi bâillon » qui implique une forte restriction des libertés de réunion et de manifestation. Il est aussi question de consolider les services publics, notamment l’éducation (ce qui inclut une généralisation de l’accès à l’école pour les enfants de 0 à 3 ans) et la santé engagée dans un processus de privatisations.

   Le projet consiste, par ailleurs, à créer de nouveaux droits. Les plus novateurs concernent les « politiques féministes » (…) Les politiques sont également volontaristes en matière de logement, (…)  Ces mesures de justice sociale et de transition énergétique seront financées par une lutte contre la fraude fiscale (incluant une suppression des amnisties fiscales introduites par le PP) et une politique de redistribution fiscale qui vise à se rapprocher de la moyenne européenne. (…)  On peut toutefois anticiper, dans une conjoncture économique qui risque de se dégrader, des tensions entre la mise en place des mesures sociales avancées et la volonté des socialistes de tenir une ligne de rigueur budgétaire. (…)  Le nouveau gouvernement prétend toutefois démontrer une capacité à gouverner autrement, en rupture avec les scandales de corruption et d’enrichissement personnel liés à la crise économique de 2008. (…)  Alors que Pablo Iglesias a salué dans son discours lors de l’investiture la « décennie de l’espoir » incarnée par les Indigné.e.s, les « marées » en défense des services publics, les manifestations des retraité.e.s et le mouvement féministe, il y a en Espagne une réelle attente de voir un aboutissement institutionnel de ces mouvements sociaux. (…)  Alors que des coalitions de gauche à l’échelle municipale et nationale auraient pu faire front ensemble pour sortir des politiques d’austérité dès 2015, ce sont maintenant les bastions locaux de la droite (Madrid en tête) qui s’érigent comme les principaux opposants au nouveau gouvernement.
   De nombreux défis et obstacles à venir : Un
premier défi pour le gouvernement de coalition vient de cette opposition d’une droite qui s’est renforcée à ses extrêmes (…)
Le deuxième défi concerne ce dossier catalan, particulièrement épineux pour un gouvernement qui dépend du soutien d’ERC pour le vote des budgets et des lois. Début 2019, investi suite à une motion de censure contre Mariano Rajoy, Pedro Sánchez avait dû convoquer des élections législatives anticipées car ce parti avait refusé de voter les budgets. Or, les socialistes et Podemos ne partagent pas la même position sur la manière de régler le conflit. Les premier.ère.s refusent le référendum d’autodétermination que les second.e.s considèrent légitime, tout en revendiquant un État plurinational contre la voie de l’indépendance. Leur programme commun ne s’étend pas sur le sujet, indiquant seulement que le conflit devra être résolu par la voie de la négociation politique. Prenant acte de sa position minoritaire au sein de la coalition, Podemos s’est engagé à laisser la main aux socialistes sur ce dossier. Le Psoe a négocié avec ERC un accord composé de deux points : la reconnaissance de l’existence d’un « conflit politique » en Catalogne qui doit être résolu par la voie politique et la mise en place d’une table de négociation « d’égal à égal » entre les gouvernements national et régional catalan. Du déroulement de cette négociation dépendra en grande partie le sort de la coalition.
Le
Troisième défi, c’est aussi la capacité à travailler ensemble des ministres socialistes et d’Unidas Podemos qui scellera le futur de cette expérience.
   Malgré les fragilités de cette coalition de gauche en place depuis le 13 janvier 2020, l’Espagne laisse entrevoir une petite lueur d’espoir face à la montée de la droite et de l’extrême droite sur le continent européen – face à laquelle elle espère constituer « le meilleur rempart ». Si le gouvernement espagnol part de plus loin sur certaines questions comme celle des retraites (l’âge de départ a été prolongé jusqu’à 67 ans suite à une réforme adoptée par les socialistes en 2011), il s’engage dans une direction résolument opposée à celle prise par Emmanuel Macron en France, en aspirant au renforcement de l’État providence et des services publics plutôt qu’à leur démantèlement. Comme le résume une électrice de Podemos, qui s’est investie dans le mouvement des Indigné.e.s, sur son compte Facebook le jour de l’investiture de
Pedro Sánchez : « Ça valait le coup de se battre. […] Ce n’est pas l’idéal, mais c’est une opportunité de changement et j’espère et souhaite que ce soit une bouffée d’air frais ». (CD : Moi aussi, pour tous les espagnols et pour les Catalans en particulier. Que les injustement emprisonnés soit vite libérés) (http://mouvements.info/lhistorique-coalition-de-gauche-en-espagne-ouvre-une-alternative-en-europe/) Par Héloïse Nez.

 

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