LES HUMAINS  -  L’ HUMANITAIRE
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(13/06/20  -  Médecins Sans Frontières dévastée par l'attaque contre sa maternité à Kaboul

   L'attaque du 12 mai dernier, qui a été perpétrée au sein de l'hôpital Dasht-e-Barchi, laisse notre association en deuil.

Quelques heures après ce triste événement, il est devenu clair que cette attaque était ciblée contre une maternité dans le but de tuer des mères de sang-froid.

   Frédéric Bonnot, responsable des programmes MSF en Afghanistan témoigne: « Je suis revenu sur les lieux le lendemain de l'attaque et ce que j'ai vu dans la maternité montre bien que les assaillants ont tiré sur les mères d'une manière systématique. Ils sont entrés dans les chambres de la maternité, en tirant sur les femmes qui étaient dans leur lit. C’était méthodique. Les murs étaient criblés d'impacts de balles, il y avait du sang sur le sol des chambres, des véhicules brûlés et des fenêtres cassées. »

   L’attaque a duré quatre heures - quatre heures de cauchemar pendant lesquelles les patients et le personnel médical

cherchaient désespérément à se protéger. « Pendant l'attaque, depuis une pièce sécurisée où nous étions réfugiés, nous avons entendu des tirs partout et des explosions aussi », raconte Frédéric Bonnot.
« C’est tellement choquant. Nous savons que ce quartier a été la cible d'attaques par le passé, mais personne ne pouvait s'attendre à ce qu'il y ait une attaque sur une maternité. Ils sont venus pour tuer les mères. »

   Les chiffres officiels indiquent que 24 personnes ont été tuées, dont 11 mères hospitalisées au moment de l'attaque. Trois d'entre elles étaient dans la salle d'accouchement sur le point de donner naissance à leur bébé. Parmi les morts figurent deux jeunes garçons et une sage-femme afghane qui travaillait avec MSF. Deux nouveau-nés ont été blessés, dont l'un a été transféré en urgence pour être opéré dans un autre hôpital après avoir reçu une balle dans la jambe.

   Les activités médicales de la maternité de Dasht-e-Barchi sont actuellement suspendues, mais pas arrêtées. Les patients ont été évacués vers les hôpitaux alentours et le personnel mis à l'abri. « Les violences contre la population sont malheureusement trop fréquentes en Afghanistan » conclut Frédéric Bonnot. « Mais il n’y a pas de mots pour exprimer l'horreur de ce qui c’est passé le 12 mai. »

   Médecins Sans Frontières - 14-34 avenue Jean-Jaurès, 75 019 Paris  -  Don en ligne : donner.msf.fr

 

01/06/20  -  Espagne : Création d'un revenu minimum de base pour les plus pauvres

Le gouvernement espagnol a approuvé, vendredi 29 mai, en conseil des ministres la mise en place d'un revenu minimum de base garanti pour les foyers les plus pauvres. Il a été fixé à 462 euros par mois et par personne vivant seule, et jusqu'à 1015 euros pour une famille. A 21,6 % de la population, le taux de pauvreté en Espagne est le plus élevé parmi les pays d'Europe de l'Ouest, au troisième rang au sein de l'Union européenne. - (Reuters.)
(
https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23384, p16)

 

23/05/20  -  « Meilleur vaccin contre la précarité et l’exclusion sociale » : L’Europe accepte l’initiative législative des citoyens réclamant un revenu de base universel pour tous ses résidents

   L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE), qui appelle à l’instauration d’un Revenu de Base Universel et Inconditionnel (UBIS) pour toutes les personnes résidant dans l’Union européenne, a été acceptée par la Commission européenne le vendredi 15 mai 2020.

Le secrétariat général de l’équipe d’initiative citoyenne européenne (qui appartient à la Commission européenne) a communiqué aux organisateurs l’enregistrement de la proposition d’ICE, intitulée « Mise en place d’un revenu de base inconditionnel dans toute l’UE » (https://europa.eu/citizens-initiative/initiatives/details/2020/000003_en).

   Cette ICE a été présentée par Unconditional Basic Income Europe (UBIE), le réseau européen du revenu de base inconditionnel, auquel appartiennent des individus et des groupes au niveau européen, entre autres Humanistes pour le revenu de base universel (HRBU). Bien que le délai donné par la Commission européenne pour commencer la collecte de signatures se termine le 15/11/2020, les représentants du réseau de l’UBIE font remarquer que « cela …(Suite de la page d’Accueil)   commencera probablement pendant la Semaine du revenu de base, entre le 14 et le 20 septembre de cette année » (https://ubi-europe.net/ubi/new-european-citizens-initiative-for-basic-income/). D’ici là, le travail se concentrera sur la formation d’une plate-forme de collecte. Et c’est pourquoi les personnes et les groupes de toutes sortes sont encouragés à participer, qu’ils soient sociaux, culturels, politiques, etc. Toute personne qui souhaite participer à cette initiative, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une organisation, peut la notifier en envoyant un courriel à : ice@humanistasrentabasica.org
   Une ICE est une sorte d’initiative législative populaire qui est présentée au Parlement Européen pour discussion et approbation éventuelle. Elle consiste à recueillir un million de signatures et de documents d’identité de citoyens européens qui soutiennent l’initiative, dans au moins 7 pays de l’Union européenne (UE). Dans ces pays, les signatures doivent atteindre un nombre minimum qui dépend de leur population respective. La période de collecte des signatures et des documents est d’un an. La collecte de signatures sera possible sur papier, mais surtout en ligne, grâce à la plateforme web qui sera fournie par l’UE.
   Cette ICE nous offre une excellente occasion de mettre la question du RBUI au premier plan du débat social, en montrant qu’il s’agit du meilleur vaccin contre la précarité et l’exclusion sociale et en obtenant une plus grande diffusion et des informations plus précises sur cette question, qui est souvent réduite au silence ou déformée.

   Le processus de cette ICE n’a pas été sans vicissitudes, puisqu’elle a été présentée en janvier 2020, mais son texte a été rejeté par la Commission européenne, car il ne respectait pas strictement la législation européenne, et des corrections ont dû lui être apportées, afin qu’elle puisse être enregistrée, ce qui a finalement été fait le 15 mai. (pressenza.com)

 

23/04/20  -  A propos de Bernie Sanders, un passage de l’interview de Noam Chomsky.
« Il y a un appel à l’internationalisme progressif avec la coalition lancée par Bernie Sanders aux États-Unis ou Yanis Varoufakis en Europe. Ils apportent des éléments progressistes pour contrer le mouvement réactionnaire qui s’est forgé depuis la Maison Blanche (…) de la main d’États brutaux au Moyen-Orient, en Israël (…) ou avec des gens comme Orban ou Salvini, dont le plaisir dans la vie est de faire en sorte que les personnes qui fuient désespérément l’Afrique soient noyées dans la Méditerranée. Vous mettez de côté tout ce « réactionnisme » international et la question est de savoir… va-t-on les contrer ? Et tout ce que je vois, c’est de l’espoir dans ce que Bernie Sanders a construit.
   On dit souvent que la campagne de Sanders a été un échec. Mais c’est une erreur totale. Ce fut un énorme succès. Sanders a réussi à changer la portée de la discussion et de la politique, et des choses très importantes qui ne pouvaient pas être mentionnées il y a quelques années sont maintenant au centre de la discussion, comme le Green New Deal, qui est essentiel pour la survie.
Il n’a pas été financé par les riches, il n’a pas eu le soutien des médiasL’appareil du parti a dû manipuler pour l’empêcher de remporter la nomination. Tout comme au Royaume-Uni, l’aile droite du parti travailliste a détruit Jeremy Corbyn, qui démocratisait le parti d’une manière qu’ils ne pouvaient pas supporter. Ils étaient prêts à perdre les élections. Nous avons vu beaucoup de cela aux États-Unis, mais le mouvement demeure. Il est populaire. Il y a des mouvements comparables en Europe, ils peuvent faire la différence. » (
pressenza.com)

 

19/04/20  -  Prélude a la reconversion écologique de Dominique Méda

Le 15 mars 1944, en pleine seconde guerre mondiale, le Conseil national de la Résistance publiait un court document de quelques pages - son programme - qui présentait à la fois « un plan d'action immédiate» et « les mesures destinées à instaurer, dès la libération du territoire, un ordre social plus juste». La même année, William Beveridge, l'auteur du célèbre rapport qui avait dessiné dès 1942 les contours du Welfare State («Etat-providence»}, précisait dans une autre publication majeure, toute teintée de keynésianisme, Full Employment in a Free Society, l'ensemble des politiques économiques et industrielles à mettre en œuvre dès la sortie de la guerre pour organiser le monde d'après sur des principes en rupture radicale avec ceux qui avaient conduit au désastre. Le 10 mai 1944, la Conférence générale de l'Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie (Pennsylvanie), adoptait à l'unanimité une déclaration qui établissait les fondements du consensus de Philadelphie.
   Dans la plupart des pays occidentaux, la reconstruction s'est opérée en prenant appui sur ces principes, formulés au cœur même de la crise par ceux qui avaient compris que les leçons devaient être tirées au plus tôt, non seulement pour raviver l'espérance et mobiliser les énergies mais aussi pour éviter que la coalition des intérêts particuliers ne fasse obstacle aux transformations nécessaires. C'est bien dès aujourd'hui qu'il nous faut engager la bataille pour éviter le retour du « business as usual », et pour que l'événement que nous sommes en train de vivre soit compris non pas comme une catastrophe naturelle dont il faudrait juste savoir éviter le retour - par exemple en érigeant partout des murs et des frontières -, mais comme un coup de semonce exigeant une bifurcation radicale.

   Les dégâts de la croissance

L'irruption du virus a révélé au grand jour les dysfonctionnements majeurs de nos sociétés, et tout à la fois, leur immense fragilité et la folle confiance dans le génie humain qui leur a fait outrepasser toutes les limites. Juste avant le déploiement de la crise sanitaire, la prise de conscience de l'ampleur de la crise écologique et des dégâts de la croissance avait progressé au point que l'on pouvait espérer que nos sociétés finiraient par s'engager dans la voie de la transition écologique. Le paradoxe est qu'aujourd'hui, la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre que nous cherchions à obtenir est temporairement atteinte en raison de l'arrêt de la production et de la consommation dans une grande partie du monde.    (…)     Dominique Méda est professeure de sociologie à l'université Paris-Dauphine. (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23414, Idées, p31)    

14/04/20  -  Le pape François propose un « salaire de base universel » .(la-croix.com)

 

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