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(23/05/20  -  « Meilleur vaccin contre la précarité et l’exclusion sociale » : L’Europe accepte l’initiative législative des citoyens réclamant un revenu de base universel pour tous ses résidents

   L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE), qui appelle à l’instauration d’un Revenu de Base Universel et Inconditionnel (UBIS) pour toutes les personnes résidant dans l’Union européenne, a été acceptée par la Commission européenne le vendredi 15 mai 2020.

Le secrétariat général de l’équipe d’initiative citoyenne européenne (qui appartient à la Commission européenne) a communiqué aux organisateurs l’enregistrement de la proposition d’ICE, intitulée « Mise en place d’un revenu de base inconditionnel dans toute l’UE » (https://europa.eu/citizens-initiative/initiatives/details/2020/000003_en).

   Cette ICE a été présentée par Unconditional Basic Income Europe (UBIE), le réseau européen du revenu de base inconditionnel, auquel appartiennent des individus et des groupes au niveau européen, entre autres Humanistes pour le revenu de base universel (HRBU). Bien que le délai donné par la Commission européenne pour commencer la collecte de signatures se termine le 15/11/2020, les représentants du réseau de l’UBIE font remarquer que « cela …(Suite de la page d’Accueil)   commencera probablement pendant la Semaine du revenu de base, entre le 14 et le 20 septembre de cette année » (https://ubi-europe.net/ubi/new-european-citizens-initiative-for-basic-income/). D’ici là, le travail se concentrera sur la formation d’une plate-forme de collecte. Et c’est pourquoi les personnes et les groupes de toutes sortes sont encouragés à participer, qu’ils soient sociaux, culturels, politiques, etc. Toute personne qui souhaite participer à cette initiative, qu’il s’agisse d’un particulier ou d’une organisation, peut la notifier en envoyant un courriel à : ice@humanistasrentabasica.org
   Une ICE est une sorte d’initiative législative populaire qui est présentée au Parlement Européen pour discussion et approbation éventuelle. Elle consiste à recueillir un million de signatures et de documents d’identité de citoyens européens qui soutiennent l’initiative, dans au moins 7 pays de l’Union européenne (UE). Dans ces pays, les signatures doivent atteindre un nombre minimum qui dépend de leur population respective. La période de collecte des signatures et des documents est d’un an. La collecte de signatures sera possible sur papier, mais surtout en ligne, grâce à la plateforme web qui sera fournie par l’UE.
   Cette ICE nous offre une excellente occasion de mettre la question du RBUI au premier plan du débat social, en montrant qu’il s’agit du meilleur vaccin contre la précarité et l’exclusion sociale et en obtenant une plus grande diffusion et des informations plus précises sur cette question, qui est souvent réduite au silence ou déformée.

Le processus de cette ICE n’a pas été sans vicissitudes, puisqu’elle a été présentée en janvier 2020, mais son texte a été rejeté par la Commission européenne, car il ne respectait pas strictement la législation européenne, et des corrections ont dû lui être apportées, afin qu’elle puisse être enregistrée, ce qui a finalement été fait le 15 mai. (pressenza.com)

 

23/04/20  -  A propos de Bernie Sanders, un passage de l’interview de Noam Chomsky.
« Il y a un appel à l’internationalisme progressif avec la coalition lancée par Bernie Sanders aux États-Unis ou Yanis Varoufakis en Europe. Ils apportent des éléments progressistes pour contrer le mouvement réactionnaire qui s’est forgé depuis la Maison Blanche (…) de la main d’États brutaux au Moyen-Orient, en Israël (…) ou avec des gens comme Orban ou Salvini, dont le plaisir dans la vie est de faire en sorte que les personnes qui fuient désespérément l’Afrique soient noyées dans la Méditerranée. Vous mettez de côté tout ce « réactionnisme » international et la question est de savoir… va-t-on les contrer ? Et tout ce que je vois, c’est de l’espoir dans ce que Bernie Sanders a construit.
   On dit souvent que la campagne de Sanders a été un échec. Mais c’est une erreur totale. Ce fut un énorme succès. Sanders a réussi à changer la portée de la discussion et de la politique, et des choses très importantes qui ne pouvaient pas être mentionnées il y a quelques années sont maintenant au centre de la discussion, comme le Green New Deal, qui est essentiel pour la survie.
Il n’a pas été financé par les riches, il n’a pas eu le soutien des médiasL’appareil du parti a dû manipuler pour l’empêcher de remporter la nomination. Tout comme au Royaume-Uni, l’aile droite du parti travailliste a détruit Jeremy Corbyn, qui démocratisait le parti d’une manière qu’ils ne pouvaient pas supporter. Ils étaient prêts à perdre les élections. Nous avons vu beaucoup de cela aux États-Unis, mais le mouvement demeure. Il est populaire. Il y a des mouvements comparables en Europe, ils peuvent faire la différence. » (
pressenza.com)

 

19/04/20  -  Prélude a la reconversion écologique de Dominique Méda

Le 15 mars 1944, en pleine seconde guerre mondiale, le Conseil national de la Résistance publiait un court document de quelques pages - son programme - qui présentait à la fois « un plan d'action immédiate» et « les mesures destinées à instaurer, dès la libération du territoire, un ordre social plus juste». La même année, William Beveridge, l'auteur du célèbre rapport qui avait dessiné dès 1942 les contours du Welfare State («Etat-providence»}, précisait dans une autre publication majeure, toute teintée de keynésianisme, Full Employment in a Free Society, l'ensemble des politiques économiques et industrielles à mettre en œuvre dès la sortie de la guerre pour organiser le monde d'après sur des principes en rupture radicale avec ceux qui avaient conduit au désastre. Le 10 mai 1944, la Conférence générale de l'Organisation internationale du travail, réunie à Philadelphie (Pennsylvanie), adoptait à l'unanimité une déclaration qui établissait les fondements du consensus de Philadelphie.
   Dans la plupart des pays occidentaux, la reconstruction s'est opérée en prenant appui sur ces principes, formulés au cœur même de la crise par ceux qui avaient compris que les leçons devaient être tirées au plus tôt, non seulement pour raviver l'espérance et mobiliser les énergies mais aussi pour éviter que la coalition des intérêts particuliers ne fasse obstacle aux transformations nécessaires. C'est bien dès aujourd'hui qu'il nous faut engager la bataille pour éviter le retour du « business as usual », et pour que l'événement que nous sommes en train de vivre soit compris non pas comme une catastrophe naturelle dont il faudrait juste savoir éviter le retour - par exemple en érigeant partout des murs et des frontières -, mais comme un coup de semonce exigeant une bifurcation radicale.

   Les dégâts de la croissance

L'irruption du virus a révélé au grand jour les dysfonctionnements majeurs de nos sociétés, et tout à la fois, leur immense fragilité et la folle confiance dans le génie humain qui leur a fait outrepasser toutes les limites. Juste avant le déploiement de la crise sanitaire, la prise de conscience de l'ampleur de la crise écologique et des dégâts de la croissance avait progressé au point que l'on pouvait espérer que nos sociétés finiraient par s'engager dans la voie de la transition écologique. Le paradoxe est qu'aujourd'hui, la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre que nous cherchions à obtenir est temporairement atteinte en raison de l'arrêt de la production et de la consommation dans une grande partie du monde.

   Cette transition, que nous aurions dû organiser sur une ou deux décennies, vient de nous être imposée avec une brutalité inouïe: le risque est grand de ce fait qu'au lieu de jouer un rôle d'alerte, cette situation n'incite les  gouvernements à pousser comme jamais les feux du productivisme et du consumérisme pour panser les plaies des citoyens et faire repartir l'économie comme avant. Le risque est réel de voir se développer dès la sortie du confinement, du côté des gouvernements, des relances « brunes » massives, et du côté des consommateurs, des pulsions d'achats consolatrices qui contribueront toutes à augmenter la crise écologique dont les conséquences seront pires encore que ce que nous vivons aujourd'hui. Le risque est quasi avéré de voir les légitimes appels à la  postcroissance ou à la décroissance balayés d'un revers de main, alors que des baisses du PIB massives sont annoncées.
   Il nous faut donc réussir le tour de force de 'transformer la situation présente en prélude à la reconversion écologique de nos sociétés et être capables de penser et d'organiser celle-ci en quelques semaines. L'immense chance que nous avons est que les leçons à tirer de la crise sanitaire convergent totalement avec les conditions de mise en œuvre de ce processus: le rôle éminent de l'Etat, de sa fonction d'anticipation et de planification; la nécessité absolue de relocaliser une partie de nos productions et de réindustrialiser notre pays, « quoi qu'il en coûte», en développant des filières de réparation, de recyclage, de fabrication de biens et services durables permettant de rendre les territoires les plus autosuffisants possible; l'obligation de rompre avec la division internationale du travail actuelle et le pouvoir exorbitant des multinationales; l'exigence de réduire considérablement l'éventail des salaires et la béance existant entre la hiérarchie des rémunérations d'une part, et celle de l'utilité sociale, d'autre part; la nécessité de démocratiser nos entreprises ... Nous avons besoin d'un programme équivalant à celui du CNR dessinant les voies que devra suivre notre pays pour organiser une Reconstruction qui soit dans le même temps une Reconversion.

   Tous ceux qui ont profité des recommandations toxiques du consensus de Washington et de Paris et qui ont tout à perdre d'une reconversion propice à la réduction des inégalités et d'une généralisation de la sobriété s'opposeront sans doute de toutes leurs forces à un tel processus; Mais il est vraisemblable que les classes moyennes et populaires auraient tout à gagner d'un projet qui devrait créer de nombreux emplois notamment dans l'agriculture et l'industrie, mettre au premier plan les métiers essentiels permettant la satisfaction des besoins sociaux et créant de la valeur pour la société plutôt que pour l'actionnaire et promouvoir de nouvelles formes d'organisation du travail.

   Comme en 1944, la conception d'un tel programme ne peut revenir qu'à une large coalition d'acteurs représentatifs de toute la société-parmi lesquels les syndicats, les ONG et les partis politiques - délibérant en assemblée plénière: elle seule saura résister aux forces qui ne manqueront pas de s'opposer résolument à un tel projet. » Dominique Méda est professeure de sociologie à l'université Paris-Dauphine.

(https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23414, Idées, p31)    

14/04/20  -  Le pape François propose un « salaire de base universel » .(la-croix.com)

 

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