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()  -  22/06/19  -  A Saint-Denis, la colère des mères contre les dealeurs. Depuis plus d'un mois, chaque matin, une chaîne humaine est formée autour d'une école tous les matins, depuis un mois, c'est le même rituel. Alignés sur le trottoir, les parents d'élèves du groupe scolaire Hugo-Balzac-l ‘Hermitage à Saint-Denis . (Seine-Saint-Denis) se tiennent par la i:nain devant les grilles, après avoir déposé leurs enfants à l'école. Ce jeudi 20 juin au matin ne fait pas exception, malgré la pluie. Dans une bonne humeur générale, les bras se tendent et une chaîne humaine se forme pendant une dizaine de minutes. « Soixante-sept personnes!», annonce fièrement Catherine Denis, déléguée de la Fédération des

conseils de parents d'élèves. Pour ces mères mobilisées, il s'agit surtout de protéger symboliquement l'école maternelle et les deux écoles élémentaires du trafic de drogue qui sévit dans ce quartier nord de la ville et s'intensifie

depuis deux ans. « C'est comme une pieuvre. Les trafiquants gagnent du terrain et leurs tentacules vont jusqu'à l'école», s'indigne la parent d'élève, mère d'une petite fille de s ans en maternelle à !'Hermitage. (…) · (CHLOÉ MARTIN  - LE MONDE,  p12) 

 

-  02/03/19  -  FEMMES EN COLERE.  Depuis des siècles, l'emportement est un territoire déconseillé aux femmes, qui doivent incarner la tempérance· la docilité et le calme. Et si les femmes s'autorisaient - enfin - à parler haut et fort ? C'est la colère qu'invoquent les femmes présentes parmi les« gilets jaunes». Certaines vont jusqu’à transformer cet affect en horizon politique : elles en font un bien précieux qu'il conviendrait de préserver.  «C'est un signal qui nous met en garde contre l'affront, la menace, l'insulte et le mal. » (Soraya Chemaly)
Et pourtant, dans chaque culture, la colère est réservée aux garçons et aux hommes. En séparant la colère de la féminité, nous séparons les filles et les femmes de l'émotion qui protège le mieux de l'injustice. De la même manière que nous avons appris à croiser les jambes et à coiffer nos cheveux, nous avons appris à ranger notre langue dans notre poche et à ravaler notre fierté.»
La colère donne aux hommes politiques de la prestance et du tempérament mais elle est volontiers associée chez les femmes, à une furieuse hystérie, une inquiétante perte de contrôle, une désolante irrationalité. (Débat Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en 2007)

Pour incarner la douceur, la docilité et le charme qui siéent à leur condition, les femmes doivent en effet apprendre à maîtriser leurs emportements. Cette économie sexuée des affects leur impose une rigoureuse discipline des émotions. « Ce que l'on appelle aujourd'hui la nature des femmes est quelque chose d'éminemment artificiel, résultant d'une répression forcée par certains côtés et d'une stimulation contre-nature par d'autres», estimait en 1869 le philosophe anglais John Stuart Mill dans « L'Asservissement des femmes » (Payot, 1975). La colère est une émotion humaine qui appartient à tous : les femmes « sont des êtres humains à part entière et elles en assument toutes les facettes » (Arlette Farge)

. Des émeutes de subsistance des « ménagères » de l’Ancien regime à la Marche des femmes sur Versailles de

1789, des suffragettes du XIX• siècle aux féministes des années 1970, de la grève des «midinettes» de la haute couture parisienne de 1917 aux occupations d'usines textile de 1936, l'histoire est jalonnée de révoltes de femmes en colère.

Les médecins de la fin de l'Ancien Régime avaient même une explication pour cela: la matrice! Eh oui, l'utérus  influerait sur le cerveau, rendant la femme prompte aux émotions incontrôlées, aux larmes, aux cris. ‘Hystérie’ vient du mot utérus en grec !  Pour la médecine du XIX• siècle, la rébellion féminine relevait d'une forme aliénation : la femme hystérique, comme l'enfant masturbateur et l'homosexuel, était classée parmi les pervers ou les fous. Pour ces femmes, la psychanalyse a été un instrument d'émancipation: Freud estimait que l'hystérie était une névrose liée à l'éducation traditionnelle imposée aux filles, la manifestation, en quelque sorte, d'une colère rentrée.»

Dès la petite enfance, l'éducation des filles est une véritable école de maîtrise de soi: les adultes leur proposent des jeux calmes, les mettent en garde contre les activités à risques, leur demandent de ne pas faire de bruit, s'inquiètent dès qu'elles s'éloignent et les rappellent à l'ordre lorsqu'elles élèvent la voix. Les adultes encouragent les filles à exprimer leurs sentiments et à être conciliantes, alors qu'ils incitent les garçons à ne pas se laisser marcher sur les pieds et à accepter l'affrontement. La colère des garçons est considérée comme un signe de virilité: elle est perçue comme innée et naturelle - même si les travaux scientifiques montrent que peu d’éléments démontrent le lien entre l'agressivité et la testostérone. »
Comment s'étonner, dans ces conditions, que les femmes aient encore du mal à se mettre en colère?  Qu'elles aient du mal à s'imposer, malgré la parité, dans un monde aussi féroce que la politique ? «
Nos héroïnes nationales sont des femmes qui se maîtrisent, remarque l'historienne Christine Bard. Les quatre qui figurent au Panthéon Simone Veil, Marie Curie, Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz de Gaulle - sont des femmes déterminées, pas des héroïnes en colère.

Christine Bard ne fait pour autant un éloge inconditionnel de la colère. « C'est une étincelle, mais il faut en faire quelque chose la transformer en revendications, comme le font les collectifs féministes, en une pensée de l'émancipation, comme le proposent les intellectuels, hommes ou femmes, en une écriture littéraire, comme le fait Virginie Despentes. Il faut tenter d'atteindre l'au-delà de la colère.» Anne CHEMIN (Le Monde, Idées, p24)

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