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Textes et Commentaires

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des HUMAINS ET DES ANIMAUX

L’enfance

Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l’essor,
On n’a pas besoin des sciences,
Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !
Mon cœur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n’en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?

Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.

Gérard de Nerval, Poésies de jeunesse

(09/02/20  - Mineurs non accompagnés. Le Conseil d’État, dans une décision du 5 février, rejette le recours porté par nos organisations contre le décret du 30 janvier 2019 sur le fichier d’appui à l’évaluation de la minorité (AEM), refuse de reconnaître les atteintes portées aux droits des mineur·es non accompagné·es et fait ainsi primer la lutte contre l’immigration irrégulière sur les droits de l’enfant. (pressenza.com)

 

 

04/02/20  -  Au Moyen Âge, la famille est avant tout une unité de production. Quelle place reste-t-il à l’affection des rapports filiaux au sein de ces familles-entreprises, où la mortalité infantile est monnaie courante ? 
   Nous recevons ce matin
Didier Lett, professeur d'histoire médiévale à l'Université de Paris, spécialiste de l’enfance, de la famille et du genre. Il est notamment l’auteur de Les enfants au Moyen Age, Ve-XVe siècle et d’Hommes et femmes  au Moyen Âge, Histoire du genre XIIe-XVe siècle paru aux éditions Armand Colin en 2013. 
   « Je dirais que dans une société chrétienne, il y a de l'être humain à partir du moment où il y a l'animation. À partir du moment où Dieu infuse l'âme. On pourrait dire que tous les parents du Moyen Âge ne font qu'une partie de l'enfant, ils font le corps. Mais il y a l'âme, et l'âme c'est Dieu, et donc il a infusion de l'âme. Si on reprend les théories aristotéliciennes qui sont adoptées à partir du XIIIe siècle par l'Église et les théologiens, l'âme est infusée au bout de 40 jours chez le garçon et 90 jours chez la fille, il y a un décalage de genres assez intéressant. Et à partir du moment où l'âme est entrée dans le corps de l'enfant, on considère qu'il y a de l'enfant.
Didier Lett
  
En ce qui concerne la différence entre les garçons et les filles, moi je dis toujours qu'on peut résumer ça à : « garder les filles et éduquer et éduquer les garçons ». C'est à peu près ça, le maître mot. C'est à dire qu'effectivement « ex ducere » en latin, ça veut dire « conduire en dehors de » ça veut dire vraiment celui qu'on fait passer d'une situation à une autre situation meilleure. En général, éduquer, c'est le garçon. On lui donne une éducation, on lui apprend à lire, à écrire, etc. Les filles peuvent aussi savoir lire et écrire. Mais l'important, c'est de les garder. Garder leur virginité jusqu'au mariage, ça, c'est fondamental. Et puis les garder jusqu'à ce jusqu'à ce qu'elles changent d'autorité, qu'elles passent de l'autorité paternelle à l'autorité maritale. Donc, ça fait quand même une sacrée différence. Il n'empêche que certaines femmes, surtout dans les milieux royaux et princiers, ont pu détenir un véritable pouvoir. Mais elles sont quand même très minoritaires, évidemment, par rapport au poids de la société patriarcale qui impose une domination masculine très forte. » Didier Lett  (franceculture.fr)

26/01/20  -  « Dépêche-toi » « Chaque matin, les mêmes cris résonnent dans le petit couloir exigu qui donne sur la porte de sortie de mon appartement: «Il est Bh30! Dépêchez-vous d'enfiler vos chaussures, on est déjà hyper en retard! Allez, allez!» Même galvanisées comme des sous-mariniers au moment de charger les torpilles, les deux têtes blondes (enfin, plutôt châtain pour la seconde) à qui s'adressent ces vociférations peuvent se mettre alors à vaquer à une tout autre activité, terminer un empilage de Lego, décider de changer de tenue, démarrer une bataille de coups de pieds. En effet, les enfants possèdent en quantité une ressource naturelle à laquelle beaucoup d'adultes n'ont plus accès: la capacité à jouir de l'instant présent.

   N'ayant absolument pas le même rapport au temps et aux impératifs sociaux que nous, ces hédonistes nés ont tendance à nous rendre dingues. Mais ne serait-ce pas plutôt l'inverse? N'est-ce pas nous qui les rendons dingues? Pour les faire rentrer dans le moule de nos urgences préfabriquées, nous leur imposons alors au quotidien une dictature de l'horloge, que le docteur Catherine Dolto va jusqu'à qualifier de « maltraitance temporelle». Voilà pourquoi beaucoup de phrases prononcées par les parents démarrent par cette formule rituelle : « Dépêche-toi de ... » (finir ta soupe, faire tes devoirs, aller te laver, ranger tes jouets, dire pardon à ton frère). A laquelle s'en ajoute généralement une autre, histoire d'enfoncer un peu plus le clou de la culpabilité : « A cause de toi, on va être en retard ... » (à l'école, chez le médecin, au cours de piano, à la compét' de judo, au goûter d'anniversaire).
   Cet impératif qui se cristallise ici sur l'emploi du temps n'est qu'un parmi tant d'autres. Comme l'explique la psychologue clinicienne Aline Nativel Id Hammou  La charge mentale des enfants. Quand nos exigences les épuisent (Larousse, 220 p., 14,95 €), nous bombardons les jeunes générations d'injonctions qui; accumulées, peuvent se transformer en un poids difficile à supporter. C'est en premier lieu parce que l'enfant est aujourd'hui considéré comme un quasi-adulte qu'il se trouve mécaniquement expulsé du pays de  l'insouciance. Invité à exceller en tout, ce petit capital humain en phase d'optimisation permanente peut également se sentir obligé de suppléer aux défaillances des adultes (songez à Greta Thunberg). .

   Longtemps associée à la gestion des impératifs du foyer par les femmes, la notion de charge mentale serait donc tout aussi adaptée pour décrire cette saturation cognitive désormais inhérente au jeune âge. Pourtant, de prime abord, la chose ne saute pas aux yeux. Quand je vois mes enfants balancer leurs habits n'importe où au moment d'aller à la douche, ou bien s'enfiler des tunnels de dessins animés plutôt que de lire L'Encyclopédie Universalis, je me dis qu'ils sont bien loin de ployer sous une quelconque charge mentale.

   Mais imaginer que la vie de l'enfant est forcément douce, n'est-ce pas s'auto-entretenir dans une certaine forme d'aveuglement? « Dans notre imaginaire d'adulte, l'enfance est une époque formidable ( ... ) La réalité telle qu'elle est vécue par l'enfant est parfois tout autre: les enfants d'aujourd'hui vivent pleinement la dure réalité de notre époque. Ce sont de véritables éponges, et ils sont eux aussi, comme les adultes, soumis à de multiples sources de pression dont nous avons souvent du mal à prendre en compte l’étendue», C'est vrai. A bien y réfléchir, en quoi « la chenille du comportement», qui propose un bilan hebdomadaire de l'attitude en classe de mon fils cadet via un code couleur, serait-elle moins stressante que les entretiens annuels d'évaluation? Pourquoi mon fils viendrait-il chaque semaine me signifier qu'il est « en vert», s'il n'éprouvait pas une certaine appréhension à l'idée de pouvoir se retrouver en rouge?

Selon une étude de l'Unicef datant de 2014, 45,î % des 6-l8 ans disent « se sentir vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école ». Source de préoccupations, les attentes institutionnelles sont aujourd'hui redoublées, voire amplifiées par celles des parents qui, stressés par le contexte socio-économique, multiplient les activités extrascolaires de leur progéniture, transférant par la même occasion une bonne part de leurs angoisses à ces psychismes en formation. Selon un sondage Ipsos de 2015, 58 % des 8-10 ans pensent qu'il leur sera difficile de trouver un travail quand ils seront sur le marché de l'emploi (même avec un bon profil Linkedln). Contraint de prendre à bras-le-corps des problèmes qui lui sont normalement étrangers,

l'enfant peut alors finir par perdre toute légèreté et par laisser mourir sa personnalité authentique au profit d'un «faux self», une sorte de masque normatif. Bon petit soldat faisant mine de donner le change, celui qui se trouve dans cette situation mouline en réalité, sous sa casquette Pokémon, les mêmes préoccupations corrosives qu'un quadra flippé. (…)  (https://www.lemonde.fr/, Le Journal, n° 23342, L’Epoque, p4)

 

 


« 119 » : Numéro vert de « Allô enfance en danger », Les salariés craignent une baisse du budget. Lancé en janvier 1990 pour participer à la prévention des mauvais traitements des mineurs, le numéro gratuit Allô enfance en danger a reçu près de 470 000 appels en 2016, dont près de 33 000 ont donné lieu à un traitement, soit environ 90 par jour. Dans 11% des cas, c'est l'enfant en danger lui-même qui décroche son téléphone.(https://saint-brieuc.maville.com/actu/actudet_-numero-vert-allo-enfance-en-danger-.-les-salaries-craignent-une-baisse-du-budget_54135-3532485_actu.Htm) (18/09)  -   Les écoutants annoncent un déficit de 450 000 euros en 2019 et craignent des suppressions de postes. (07/10 : C’est réglé)

-  « Le Cerveau des enfants, un potentiel infini ? » : apprendre à être  Dans cet extrait du documentaire Allan Shore, psychologue états-unien, évoque l'importance de la relation mère-enfant dans le développement du cerveau. Avec le nourrisson, explique-t-il, l'interaction est gestuelle et comportementale : la mère n'a rien d'autre à faire qu'être elle-même pour que le bébé apprenne à être, lui aussi. (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=262204.html)  (23/05)

-  La Cide, «La Convention internationale des droits de l'enfant » fête ses 30 ans et rappelle :

Chaque enfant bénéficie des droits suivants: - Avoir un nom, une nationalité, une identité.  - Être soigné, protégé des maladies, avoir une alimentation suffisante et équilibrée.

- Aller à l'école. - Être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d'abus et d'exploitation.

- Être protégé contre toutes les formes de discrimination. -Ne pas faire la guerre ni la subir.

- Avoir un refuge, être secouru, des conditions de vie décentes.

-Jouer et avoir des loisirs; - Jouir de la liberté d'information, d'expression et de participation,

- avoir une famille, ·être entouré et aimé. (La Croix, p14)

Ci-dessus  -    Les HUMAINS  -   LES ÄGES  -  L’ENFANCE 

 LE SITE  :  Date de la dernière info pour chaque page

Biblio :  -  - La domination adulte  d’Yves Bonnardel   -  Les Enfants d'abord de Christiane Rochefort
"Faites comme moi, prenez part à un projet ambitieux en parrainant un enfant, et changez son avenir ! #jeparraineavecPlan"

-  Guide juridique : le droit à l’école pour tous les enfants : Petit guide juridique et militant fait par : CGT, FSU, SGEN-CFDT, Sud, UNSA, Collectif Romeurop, FCPE, LDH, RESF, Solidarité Laique (http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article56101)
-  Contre l’utilisation des enfants dans les corridas. (Apprentissage à tuer des taureaux, spectacles gratuits…)