LA  FEMME

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  ()  -  16/06/20  -  A l’ occasion de la semaine de la continence, qui se déroulera du 22 au 28 juin prochain, petit tour d'horizon. Le traitement de première intention de l'incontinence urinaire d'effort (IUE) de la femme se fonde sur la rééducation périnéale, qui donne de bons résultats dans 50 % des cas. Aucun bilan n'est nécessaire, exception faite d'un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et éventuellement d'une échographie pour vérifier la bonne vidange vésicale. « Il ne faut pas réaliser d’IRM dynamique qui n'a d'intérêt que dans des situations complexes qui relèvent du spécialiste», insiste le Pr Gamé. La rééducation doit être débutée avec l'aide d'un professionnel, kinésithérapeute ou sage-femme, et suivie d'un traitement d'entretien, qui peut se faire à domicile en utilisant les dispositifs médicaux commercialisés.

    En cas d'échec, la femme doit être adressée au spécialiste pour un éventuel geste chirurgical. « Les bandelettes sous-uréthrales sont aujourd'hui très largement proposées. Le taux de complications est de moins de 3 % à 2 ans, selon le registre Vigimesh, rappelle le Pr Gamé. La chirurgie classique, notamment les colposuspensions rétropubiennes de type Burch, ne donnent pas de bons résultats à long terme et exposent au risque de rectocèle ».

    Lever le tabou

L'incontinence urinaire reste un sujet tabou. Dans une enquête récente, non publiée, les femmes sont nombreuses à rapporter que leur médecin ne les interroge pas sur les symptômes urinaires. Elles déclarent aussi fréquemment ne pas en parler à leur conjoint, par honte. « L'incontinence urinaire (IU) est encore souvent considérée comme quelque chose de normal et sans recours thérapeutique», déplore le Pr Gamé.

    Hyperactivité vésicale et urgenturies, penser cancer de la vessie

Il faut bien différencier l'IUE et l'IU par urgenturies (exacerbation de la sensibilité de la vessie, augmentation de la fréquence mictionnelle) qui nécessite un bilan paraclinique plus complet afin d'éliminer un cancer de la vessie. Face à une hyperactivité.vésicale ou des urgenturies, l'échographie pelvienne et l'ECBU sont systématiques et doivent être complétées par une fibroscopie vésicale chez les fumeurs (et ex-fumeurs) de tabac, de cannabis (au moins aussi délétère) et les personnes ayant été exposées à des carcinogènes, le plus souvent dans un cadre professionnel. L'hyperactivité vésicale, prévue au menu du rapport 2020 de l'AFU, concernerait jusqu'à 17 % de la population. Dans deux-tiers des cas, il s'agit de femmes (une sur deux étant atteinte après l'âge de 60 ans).

    La tenue d'un catalogue mictionnel peut avoir une valeur thérapeutique, grâce à une reprogrammation mictionnelle. L'IU par urgenturies peut bénéficier d'une rééducation périnéale, longtemps décriée, mais qui connaît un regain d'intérêt depuis les résultats positifs d'une méta-analyse, et de traitements médicamenteux.

    Les hommes sont bien moins souvent concernés par l'incontinence que les femmes: 10 % des cas, majoritairement dans un contexte de pathologie neurologique ou après prostatectomie. Dr Isabelle Hoppenot  -  (www.lequotidiendumedecin.fr, le journal, n° 9841, p8)

 

02/06/20  -  « La Logique patriarcale au cœur de l’intime

Les féminicides sont devenus un phénomène sociétal et un fait politique, explique la philosophe et professeure de science politique
Camille Froidevaux-Metterie est venue au féminisme par la maternité, percutée par la difficulté à gérer sa vie familiale et son poste à l'université. Depuis, elle a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet et se définit comme une philosophe féministe. Elle est professeure de science politique et chargée de la mission égalité-diversité à l'université de Reims Champagne-Ardenne.

   L'année 2019 a vu l'installation du mot « féminicide » dans les médias et sur la place publique. Comment s'inscrit-il dans l'histoire des idées féministes ?

   C'est la suite logique du mouvement #metoo, lequel s'inscrit lui-même dans une dynamique un peu antérieure que j'ai appelée la bataille de l'intime. Au début des années 2010  on observe la reviviscence d'un certain nombre de combats reliés entre eux par le fil rouge de l'intime. Que ce soit autour de la question des règles, de l'exploration des organes génitaux et du plaisir, ou sur le terrain des violences faites aux  femmes, on assiste à une intense réactivation des questions corporelles qui indique que le féminisme vit là son« tournant génital». #metoo n'a pas été une explosion isolée dans le ciel féministe, c'est une expression parmi d'autres de ce retour aux fondamentaux rendue possible par une nouvelle génération

de féministes. Dans la période fondatrice des années 1970, le corps des femmes comme lieu par excellence de la domination masculine est au cœur de tous les combats, la bataille de la procréation débouchant sur la conquête des droits contraceptifs. Mais il est ensuite recouvert par d'autres causes.

   Lesquelles ?

   Dans les années 1980, les femmes investissent massivement le monde professionnel; elles engagent alors la bataille du travail, celle de l'égalité salariale et du plafond de verre. La féminisation de la société ébranle son socle patriarcal et débouche, dans les années 1990, sur la bataille de la famille dont on élargit les modalités (pacs et loi sur l'adoption). Cela nous conduit aux années 2000, où s'enclenche la bataille du  genre, soit la lutte contre l'enfermement des individus dans des rôles genrés. Et puis, à l'orée des années 2010, on s'aperçoit un peu soudainement que le domaine de l'intime était resté hors de la prise féministe. C'est ce que va faire ressortir le scandale des féminicides.

   Le crime conjugal a toujours existé. Pourquoi est-il redécouvert, sous ce nouveau nom de féminicide »?

   Tout s'est passé comme si les femmes avaient dû payer leur émancipation sociale du prix de leur aliénation privée. Libres et émancipées dans la société, du moins sur le plan des principes, elles ont dû demeurer des corps « à disposition». La psychanalyste Joan Riviere a développé dans les années 1920 cette idée intéressante selon laquelle les femmes qui s'accomplissent socialement doivent continuer de donner aux hommes le gage qu'elles sont toujours bien des femmes. C'est la « féminité mascarade » par laquelle une femme dissimule derrière les critères de la féminité accomplie la position masculine qu'elle a pu conquérir dans le monde du travail. Les féminicides constituent en quelque sorte le paroxysme de cette logique par laquelle les hommes dénient aux femmes la liberté conquise.

   Il y a souvent cette formule dans les manifestations: « le silence tue». Quel est le rôle de la honte dans la survenue d'un féminicide?

   La philosophe américaine Sandra Lee Bartky a théorisé le fait que la honte était structurellement féminine. Elle la définit comme un sentiment permanent d'inadéquation par lequel les femmes se sentent imparfaites, inférieures ou diminuées, ce qui permet aux mécanismes de la domination masculine de perdurer. Par de nombreux vecteurs de socialisation, les filles intériorisent un ensemble d'attitudes et d'opinions négatives vis-à-vis d'elles-mêmes. J'ai par exemple pu observer dans mon enquête sur les seins des femmes comment les adolescentes étaient très tôt insatisfaites de leur apparence. La honte devient ainsi un véritable mode d'être-au-monde féminin qui fait le lit de la violence conjugale et des féminicides. On

connaît bien ce phénomène de l'inversion de culpabilité : les femmes battues pensent que c'est de leur faute, elles n'ont pas bien préparé le repas ou elles n'étaient pas habillées comme il fallait. Ayant intériorisé la norme de leur infériorité, elles se rendent responsables de la violence qu'elles subissent selon une logique aberrante mais difficile à ébranler.

   Pourquoi ces hommes utilisent-ils la violence conjugale? Pourquoi mettent-ils en place un contrôle sur leurs compagnes?

   On peut considérer la violence conjugale comme une tentative pour récupérer par la force quelque chose que l'on ne possède pas. L'homme violent s'efforce d'imposer sa volonté en annihilant celle de sa  compagne. Mais il s'aperçoit que, s'il tient sa chair, il ne peut jamais tenir ni sa subjectivité ni sa liberté, il sait que cela lui échappera toujours. D'où une spirale de violence qui peut aller jusqu'au meurtre. Cette entreprise de contrôle absolu témoigne d'une impossibilité à reconnaître l'altérité et l'humanité même de l'autre. Ce que cela révèle, c'est la dimension systémique du patriarcat.

Les violences familiales sont des violences héritées, elles s'inscrivent dans la longue histoire de la hiérarchie sexuée du monde. Depuis les origines antiques, les femmes ont été définies au regard de leur fonction procréatrice et assignées pour cela au foyer. Ce schéma a survécu aü tournant de la modernité politique. Chez Rousseau, par exemple, la famille patriarcale est la condition de la société démocratique. C’est ce socle traditionnel qui a été ébranlé dans les années 1970, quand les féministes se sont battues pour démontrer que la sphère domestique était le lieu originel de la domination masculine, entreprenant de débarrasser les femmes de la conjugalité et de la maternité obligatoires pour qu'elles deviennent enfin des sujets de droits.
   
C'était sa chose»: de nombreux proches de victimes ont utilisé cette expression pour décrire la relation conjugale à l'œuvre avant le féminicide ...

   Dans ces couples, la femme est au summum de sa condition objectivée, un objet appropriable et possédé. Un objet, on le transforme; on le façonne, c'est malléable: on peut repeindre une chaise comme on peut la casser. Les victimes meurent sous les coups pour avoir été réduites à la condition de corps « à disposition». C'est le propre des féminicides que de réactiver la définition fonctionnaliste qui fait des femmes des corps sexuels, maternels et domestiques, toujours au service des hommes.

   L'ONU englobe dans les « atteintes faites aux femmes » les féminicides, les crimes d'honneur ou les viols de guerre. Quel est votre regard sur cette analogie ?

   L'analogie fonctionne car tous ces crimes sont motivés par des ressorts patriarcaux profonds, ils renvoient à la même représentation de l'infériorité et de la soumission des femmes. La permanence de la hiérarchie sexuée au sein de nos sociétés prétendument égalitaires est scandaleuse. Elle nous rappelle douloureusement que la logique patriarcale la plus pure se loge au cœur de l'intime.

   Que pensez-vous de l'idée selon laquelle les violents conjugaux établissent ce que l'on pourrait qualifier de « dictature domestique» au sein du foyer? (…)        Le féminicide n'est plus intime; il est devenu un phénomène sociétal. Pourrait-il même être un fait politique? (…)

      Pourquoi certains hommes ont-ils du mal à s'approprier le sujet des féminicides? (…)

      PROPOS RECUEILLIS PAR LORRAINE DE FOUCHER  (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23449, p14)

 

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 LE SITE  :  Date de la dernière info pour chaque page

-  Données, références : - VIOLENCES CONJUGALES : Le site « DECLIC violence »  (26/11/19— La Croix, p8).

-  « Le Féminin de l'Être » Annick de Souzenelle : Après le temps du féminisme, mouvement social dont Annick de Souzenelle note à la fois la nécessité historique et les limites, et après le temps d'une féminité artificielle exploitée par la publicité, l'heure est venue d'explorer le sens du féminin. (https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-feminin-de-letre-9782226120557)   -  (Jouissance)

21 avril 1944. Les femmes deviennent «électrices et éligibles» dans les mêmes conditions que les hommes.