LES HUMAINS  et  L’HUMANITAIRE
Commentaires

(19/05/20  -  Des anthropologues portent un regard distancié sur la pandémie. Crise sanitaire, économique, sociale, elle agit aussi comme un révélateur sur nos sociétés et porte en germe des évolutions structurelles majeures. Quelques opinions à propos du deuil, des religions, des inégalités et des libertés.

   Deuil -  Le fait de ne pas pouvoir effectuer les rites funéraires coutumiers, altère et va altérer gravement le travail de deuil, suscitant des séquelles psychologiques individuelles et sociales lourdes et durables.

Alain Epelboin

-Priver les morts d'un ultime hommage, empêcher les vivants de voir les morts, c'est les priver de l'apaisement que procurent les rites funéraires, c'est leur instiller un sentiment de culpabilité qui les fera longtemps souffrir. David Le Breton

   Religions -  Les représentations religieuses du malheur, avec l'idée d'une divinité qui punit et qui condamne restent prégnantes dans les milieux traditionalistes, aussi bien chrétiens que musulmans ou juifs. Les gens sont toujours à la recherche de boucs émissaires et de croyances dans des remèdes miraculeux. Et comme dans l'immense majorité des cas, les personnes infectées guérissent spontanément, cela ouvre une voie royale pour croire dans l’efficacité de rites, d'amulettes, de placebos ou de drogues actives détournées à tort de leurs indications princeps. Alain Epelboin

   Inégalités  - La pandémie a exacerbé les inégalités de santé pour la prévention comme pour l'accès aux soins; la  vulnérabilité médicale a été aggravée par la précarité économique et les problèmes de logement. Le confinement a rendu les populations dites vulnérables encore plus· fragiles. Sylvie Fainzang

- La crise a agi-comme un révélateur chimique des discriminations dont sont victimes les femmes, les enfants, les adolescents, et ne parlons pas de toutes les personnes dites borderline. David Le Breton

- La crise que nous vivons n'est pas la conséquence du seul Covid-19, elle est un miroir grossissant de problèmes déjà là. Elle vient ébranler des situations fragiles, à un moment d'une perte de confiance grandissante envers les institutions et une difficulté réelle de se projeter dans le futur. Soraya Boudia

   Libertés -  Au lieu de mobiliser démocratiquement les intelligences des acteurs de la réponse, des associations de malades, des forces vives de la société, les pouvoirs en place ont retenu exclusivement des stratégies de contraintes venues« d'en haut». Alain Epelboin. ((www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9834, p2)


07/05/20  -  Pandémie de la dépense militaire
  
Chaque minute sont dépensés dans le monde environ 4 millions de dollars à des fins militaires. C’est ce qu’indiquent les dernières estimations du Sipri [1]: en 2019 la dépense militaire mondiale a presque atteint les 2.000 milliards de dollars, le plus haut niveau depuis 1988 en net d’inflation. Ceci signifie qu’aujourd’hui on dépense en armes, armées et guerres plus que ce que l’on dépensait dans la dernière phase de l’affrontement entre USA et URSS et leurs alliances respectives.

   La dépense militaire mondiale est en train d’accélérer : en une année elle a augmenté de 3,6% en termes réels. Elle est entraînée par la dépense militaire étasunienne qui, avec une augmentation de 5,3% en une année, est montée en 2019 à 732 milliards. Ce chiffre représente le budget du Pentagone, comprenant les opérations de guerre.

   S’y ajoutent d’autres postes de caractère militaire. Le Département pour les affaires des anciens combattants, qui s’occupe des militaires à la retraite, a un budget annuel de 217 milliards, en augmentation continue. La Communauté d’intelligence, composée de 17 agences, déclare plus de 80 milliards annuels, qui ne sont que la pointe de l’iceberg de la dépense réelle pour des opérations secrètes. Le Département pour la sécurité de la patrie a une dépense annuelle de plus de 70 milliards. Le Département de l’Énergie dépense en une année environ 24 milliards pour entretenir et moderniser l’arsenal nucléaire.

   En tenant compte de ces postes, et d’autres encore, la dépense réelle des États-Unis dépasse déjà les 1.000 milliards de dollars annuels. Celle de l’OTAN, estimée par le Sipri à 1.035 milliards en 2019, est donc en réalité beaucoup plus haute.

La dépense militaire de la Russie, 65 milliards en 2019, est 11 fois moins importante que celle des USA et 16 fois moins que celle de l’OTAN. La dépense militaire de la Chine est estimée par le Sipri à 261 milliards, environ un tiers de celle des USA, même si le chiffre officiel fourni par Pékin est d’environ 180.

   Parmi les pays européens de l’OTAN sont en tête la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni avec environ 50 milliards  chacun.

La dépense militaire italienne, au 12ème rang mondial, est estimée par le Sipri à 26,8 milliards de dollars en 2019. Ainsi se trouve substantiellement confirmé que la dépense militaire italienne, qui a augmenté de plus de 6% par rapport à 2019, dépasse les 26 milliards d’euros sur une base annuelle, équivalents à une moyenne de 72 millions d’euros par jour. Sur la base de l’engagement pris dans l’OTAN, elle devra continuer à croître jusqu’à atteindre une moyenne d’environ 100 millions d’euros par jour.

   Les États-Unis – a annoncé le secrétaire d’état Mike Pompeo – ont demandé aux Alliés d’allouer 400 milliards de dollars de plus pour accroître la dépense militaire de l’OTAN. L’Italie, à l’intérieur de l’Alliance sous commandement USA, est attelée à des mécanismes automatiques de dépense. Par exemple, elle fait partie de la “Land Battle Decisive Munitions Initiative”[2] pour l’acquisition de munitions de plus en plus sophistiquées et coûteuses (missiles, fusées, projectiles d’artillerie) pour les forces terrestres. Elle fait partie avec les État-Unis, la France et le Royaume-Uni du groupe qui, sur la base d’un accord conclu en février dernier, fournira avec ses propres satellites militaires des “capacités spatiales” à l’OTAN dans une vaste gamme d’activités. L’Italie entre ainsi complètement dans le nouveau programme militaire spatial de l’OTAN, préparé par le Pentagone, et par de très restreints sommets militaires européens avec les plus grandes industries aérospatiales, dans le sillage du nouveau Commandement spatial créé par les États-Unis pour “défendre les intérêts américains vitaux dans l’espace, prochain champ de bataille de la guerre”.

   Tout ceci comporte plus de dépenses militaires avec de l’argent public, alors que d’énormes ressources sont nécessaires pour faire face aux conséquences socio-économiques de la crise du coronavirus, notamment l’augmentation du chômage. Mais une entreprise recrute : l’OTAN, qui le 29 avril a lancé “un programme novateur pour embaucher de jeunes professionnels”, auxquels elle promet un “salaire compétitif” et des possibilités de carrière en tant que “futurs leaders et influencers”. (https://www.pressenza.com/fr/2020/05/pandemie-de-la-depense-militaire/ )

 

-  31/03/20  -  Noam Chomsky : « Nous allons surmonter la crise du coronavirus, mais nous avons des crises plus graves devant nous »

   Noam Chomsky, le  linguiste bien connu et analyste politique étatsunien de 91 ans, s’est entretenu avec Srećko Horvat sur DiEM25 TV depuis Arizona US, où il s’isole à cause de la pandémie. Chomsky a souligné que la crise sanitaire du coronavirus est très grave et aura de graves conséquences, mais qu’elle sera temporaire, alors qu’il y a deux autres horreurs plus graves pour l’humanité: la guerre nucléaire et le réchauffement climatique. Son analyse souligne que toutes ces menaces sont intensifiées par les politiques néolibérales, et qu’après la fin de cette crise, les options seront soit des États plus autoritaires et brutaux, soit une reconstruction radicale de la société avec des termes plus humains.

   Selon Chomsky, il est choquant qu’en ce moment crucial, Donald Trump soit en tête, qu’il décrit comme un bouffon sociopathe. « Le coronavirus est suffisamment grave, mais il est bon de rappeler que deux menaces bien plus importantes se profilent, bien pires que tout ce qui s’est passé dans l’histoire de l’humanité :

=  L’une est la menace croissante d’une guerre nucléaire et l’autre, bien sûr, est la menace croissante du réchauffement climatique.

   Le coronavirus est horrible et peut avoir des conséquences terrifiantes, mais il y aura une reprise. Alors que les autres ne seront pas récupérées, c’est fini ».

La puissance des États-Unis est écrasante. C’est le seul pays qui, lorsqu’il impose des sanctions à d’autres États comme l’Iran et Cuba, cela doit être suivi par tous les autres. L’Europe suit le maître aussi, affirme Chomsky. Ces pays souffrent des sanctions états-uniennes, mais néanmoins

=  « l’un des éléments les plus ironiques de la crise virale actuelle est que Cuba aide l’Europe. L’Allemagne ne peut pas aider la Grèce, mais Cuba peut aider les pays européens ».

   Si l’on ajoute à cela la mort de milliers d’immigrants et de réfugiés en Méditerranée, Chomsky pense que la crise de civilisation de l’Occident à l’heure actuelle est dévastatrice.

   La rhétorique actuelle qui fait référence à la guerre est d’une certaine importance, selon Chomsky. Si nous voulons faire face à cette crise, nous devons passer à quelque chose comme la mobilisation en temps de guerre. Par exemple, la mobilisation financière des États-Unis pour la Seconde Guerre mondiale, qui a conduit le pays à s’endetter bien plus lourdement et à quadrupler la production manufacturière états-unienne, ce qui a entraîné une croissance. Nous avons besoin de cette mentalité maintenant afin de surmonter cette crise à court terme et qui peut être gérée par les pays riches. « Dans un monde civilisé, les pays riches apporteraient leur aide à ceux qui sont dans le besoin, au lieu de les étrangler ». « La crise du coronavirus pourrait amener les gens à réfléchir au type de monde que nous voulons ». (…)     . (pressenza.com)

 

 

 

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