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POUR UNE INSURRECTION DES CONSCIENCES

"je vous invite aujourd'hui, si vous êtes touché par ces valeurs et voulez les défendre, à signer la charte internationale pour la Terre et l'Humanisme"  Pierre Rabhi

 

Chers amis,
C'est sur cet appel que j'ai construit ma campagne électorale comme candidat à la candidature aux élections présidentielles françaises de 2002.
Le témoignage qui suit m'a paru le meilleur gage que je puis donner pour renouveler plus que jamais cet appel. Insurgé moi-même, depuis plus de 45 ans contre notre modèle de société, j'en ai prévu les grandes impasses dès la fin des années 50.
L'examen objectif des mythes fondateurs de ce modèle : progrès, croissance etc et le chaos provoqué par lui , sur toute la planète, a été les causes de notre choix familial de tenter la cohérence d'une vie, en nous installant dès 1961 sur une petite ferme du sud de l'Ardèche. Ferme considérée comme non viable, selon les critères officiels, et qui est devenue une petite oasis. Nos 5 enfants y ont grandi, s'y sont épanouis. Pour mettre en valeur cette garrigue rocailleuse, nous avons fait le choix de l'agroécologie comme option agronomique, conciliant la nécessité d'une nourriture suffisante et saine, tout en améliorant la terre nourricière et en respectant les écosystèmes naturels. Cette démarche, fondée sur une science et des techniques agronomiques exemptes de toute nuisance, engendra une philosophie, une éthique, une profonde sensibilité à la réalité vivante et donc à la nécessité impérative d'en prendre soin. Elle est l'oeuvre la plus essentielle et la plus belle qui soit, véritable nourriture pour le coeur et l'esprit. C'est ainsi que, sans être exemptés de certaines difficultés et souffrances de l'existence, nous avons fait le choix délibéré de la « sobriété heureuse ».
L'expérience acquise en agroécologie se révéla être une merveilleuse alternative à l'agriculture chimique, destructrice des pays prospères, et la méthode la plus adaptée à la condition des paysans les plus démunis du tiers-monde. La transmission de ces connaissances me mit en présence de la détresse de ceux à qui les biens les plus vitaux, comme l'alimentation, sont confisqués. Placé entre une nature meurtrie et des êtres humains laissés pour compte, j'ai engagé ma vie à contribuer à concilier la terre et la nature avec l'histoire humaine. Cela a nécessité des actions internationales avec de la formation et la création de diverses structures au service de cet engagement.
C'est aussi la raison pour laquelle j'ai voulu mettre à profit le temps privilégié des élections présidentielles pour donner une voix à l'urgence écologique et humaine. En dépit d'un temps trop court, du manque d'expérience et d'appareils politiques, mon appel a été entendu au delà de ce que j'aurais osé espérer.
Des milliers de personnes nous ont rejoint, soutenu de leur temps et de leurs moyens financiers.
96 comités nationaux se sont constitués, 184 signatures d'élus ont été collectées en deux mois et demi. Nous étions loin des 500 signatures requises mais l'essentiel était acquis, à savoir l'amplification d'un courant d'opinion fondé sur des propositions concrètes, pour un véritable changement de paradigme mettant enfin résolument, honnêtement, généreusement, l'humain au coeur de nos préoccupations. Car l'acharnement thérapeutique que la gouvernance du monde exerce sur le modèle dominant, affecté d'une lucropathie chronique sous le prétexte d'en prolonger la vie, en exacerbe l'agonie, induisant, sous le prétexte de croissance indéfinie, encore plus d'exclusion humaine et d'exactions contre la nature. Avec la crise, les consciences s'interrogent autrement et les valeurs que nous préconisons et servons prennent de la pertinence auprès d'un public de plus en plus large.
Il s'agira désormais, hors de toute tergiversation, de construire ensemble un monde digne de l'intelligence dont nous prétendons avoir l'apanage. Nous avons, sous forme de charte, exprimé les valeurs dont il est question. C'est pourquoi je vous invite aujourd'hui, si vous êtes touché par ces valeurs et voulez les défendre, à signer la charte internationale pour la Terre et l'Humanisme, que j'ai rédigée, il y a maintenant trois ans, comme fondement de Colibris, mouvement pour la Terre et l'Humanisme.
Avec toute ma gratitude.
Pierre Rabhi

-  1  -  POUR  UNE  SOBRIETE  HEUREUSE 
         
-  2  -  Décroissance et changement  -   POUR UNE INSURRECTION DES CONSCIENCES  -  On écope.                      -  3  -  COPENHAGUE

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Pierre Rabhi   :  « Nous sommes sur un bateau qui est en train de couler. Sur le bateau, il y a les optimistes sur le pont. Ils ne s’inquiètent pas trop, tout en reconnaissant le caractère particulièrement grave de la situation, et font comme d’habitude, discutent, jouent, lisent, mangent… Ils disent qu’il y a toujours eu des solutions à tous les problèmes de l’humanité, et que la solution arrive. On ne sait pas d’où ni quand elle arrivera, mais elle est en chemin.
Et puis, il y a les pessimistes. Ils pensent que rien ne va se solutionner et que la situation est désespérée. Certains d’entre eux se jettent à l’eau, d’autres se replient sur eux-mêmes. Pour eux, la situation est sans issue.
Et dans la cale du navire, il y a les gens comme nous. On écope l’eau tant qu’on peut. » 
http://www.terra-economica.info/Optimisme-ou-pessimisme-La-lecon,15327.html

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 2  - Pierre RABHI  (TEXTES : -1-  -2-  -3-)

14/11/2017  -  L’agro écologiste Pierre Rabhi réagit à l’appel publié lundi 13 novembre par 15 000 scientifiques pour sauver la planète.
Alors que la COP23 se tient à Bonn, plus de 15 000 scientifiques, dont un millier de Français, de 184 pays ont publié dans la revue
BioScience une tribune intitulée « Avertissement à l’humanité ». Le texte alerte sur les risques de déstabilisation de la planète, faute d’actions pour préserver l’environnement et les écosystèmes. Et il recommande, entre autres actions, des mesures démographiques comme la réduction du taux de fécondité et la détermination d’une taille de population humaine soutenable.

 « Je n’ai pas attendu la proclamation des 15 000 scientifiques pour tirer la sonnette d’alarme, qui n’est pas simplement une alerte climatique mais sociale, explique Pierre Rabhi.
Moins d’un cinquième de l’humanité collecte les 4/5 des ressources de la planète, surconsomme et jette, alors qu’un enfant meurt de faim toutes les 7 secondes.
L’argument démographique est une imposture. Il y a bien longtemps que je combats cette idée. Il y a largement de quoi nourrir tout le monde. La question est celle de l’équité, de la répartition des ressources.
Les religieux auraient dû s’emparer de cette question écologique depuis longtemps, pour protéger la création de la profanation. Alors qu’on a laissé s’imposer un courant de pensée qui épuise les ressources de la planète tout en l’empoisonnant et en la rendant invivable.
Nous sommes dans une société du profit, de l’argent. Si on s’occupait vraiment d’écologie, il faudrait prendre des décisions radicales qui iraient à l’encontre de ces intérêts financiers.
De ce point de vue, la COP 23 peut avoir des effets désastreux, car elle fait diversion : elle laisse croire qu’on considère les problèmes écologiques comme importants, alors qu’on ne prend pas les décisions drastiques qui s’imposent. »  La Croix :
Frédérique Schneider, Christine Legrand

10/10/2018  -   Pierre Rabhi, "Le changement, c'est l'affaire de chacun d'entre nous... La société ne changera pas parce qu'on mange bio". "Il y a une espèce d'inconscience, nous sommes dans une modernité aveugle, dans le sens où l'on ne voit plus que le gain financier", il se félicite de la démultiplication des initiatives de la société civile face à ce qu'il appelle, dans l'un de ses néologismes hardis, "l'âge du pétrolithique et de la technoscience".
"Aujourd'hui il y a une décrépitude du système qui a prévalu jusqu'à maintenant, le chômage est un des indicateurs du fait que le système ne fonctionne plus", affirme-t-il. "Il y a un quiproquo planétaire.... d'un côté, l'Occident est en train de voir cette déliquescence qui est réelle, mais les autres continuent à rêver du modèle occidental, c'est un quiproquo tragique mondial".
"Chaque être humain doit tenter de se connaître de façon à se changer positivement". Et "le changement positif d'un nombre important de gens vers les valeurs humaines les plus belles, comme la charité, la bienveillance, le respect de la vie, peut changer la société".
Le mouvement citoyen des Colibris, que l'agriculteur-philosophe a cofondé avec Cyril Dion --l'auteur du documentaire militant "Demain"--, appelle aux actions locales, comme les jardins partagés, les fermes pédagogiques ou encore les circuits d'approvisionnements courts. Au Maroc, pays focalisé sur le développement de ses revenus agricoles, trois fermes et un centre de formation s'efforcent de distiller les principes de l'agroécologie, sans phosphate ni pesticide, que Pierre Rabhi a entre autres portés au Burkina Faso.
"La prise de conscience n'est pas comme une prise d'électricité, c'est une élévation qui demande du temps", constate cet autodidacte qui aime ponctuer ses déclarations d'aphorismes pleins de bon sens terrien.
Ici ou ailleurs, la partie n'est pas gagnée. Aux Etats-Unis, au moment de l'élection du président Donald Trump, "des millions de consciences sont allées très concrètement mettre un bulletin dans les urnes en disant +c'est celui-là que nous choisissons+", remarque M. Rabhi. Mais "ce choix est erroné parce qu'une humanité évoluée avec une conscience plus élevée, n'aurait certainement pas élu cet homme-là", estime-t-il. Car, selon lui, "quelqu'un qui est à un niveau de conscience aussi bas ne peut pas entrainer l'humanité vers ce qu'elle a de meilleur".
La récente démission de Nicolas Hulot, ex-ministre français de l'Ecologie du gouvernement d'Emmanuel Macron, montre aussi, selon lui, que la politique "reste subordonnée aux lobbys et aux pouvoirs financiers".
Alors, optimiste ou pessimiste? Malicieux, le paysan-philosophe esquive en citant l'écrivain français Georges Bernanos: "l'optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste un imbécile malheureux". Lui-même préfère se définir comme un "humaniste". "Mon boulot, c'est de porter un message humain et écologiste", assure ce détracteur farouche du consumérisme et du productivisme. "L'excédent génère la consommation d'anxiolytiques et la distraction, pas le bonheur". (
https://www.geo.fr/environnement/pierre-rabhi-la-societe-ne-changera-pas-parce-quon-mange-bio-192935)

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