« Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. 
L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. 
Un long chemin vers la liberté”
 
Nelson Mandela

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LES  MIGRATIONS   

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()  -  28/04/20  -  Médecins du Monde continue d'aider les migrants
  
Le confinement n'a pas facilité les activités d'aide aux migrants de Médecin du Monde à Calais et à GrandeSynthe, qui n'avaient déjà rien de simple. L'association a en effet dû stopper ses cliniques mobiles, pour éviter les attroupements d'une part, et parce que la plupart des bénévoles qui leur permettaient de fonctionner ont plus de 60 ans, d'autre part. Elle effectue désormais des maraudes de repérage, d'information et l'orientation.
   "« Les problématiques restent les mêmes que celles que nous rencontrions avec les cliniques mobiles : pathologies saisonnières, problèmes dermatologiques, etc., explique Aurélie Denoual, coordinatrice du programme « Nord Littoral» de Médecins du Monde. Ce qui nous inquiète, c'est la continuité des soins. » En effet, une association accompagnait les personnes qui en avaient besoin vers la Permanence d'accès aux soins de santé (Pass) de l'hôpital de Calais, mais elle a dû cesser ses activités. Et il ne faut pas compter sur une diminution de la demande de soins venant des migrants. Car si l'État a« mis à l'abri » environ 260 personnes pour qu'elles puissent être confinées dans des centres  d'hébergements, Médecins du Monde estime qu'il reste environ 600 personnes sur le terrain.« Les hébergements sont situés dans le département, mais pas sur le littoral, ce qui fait qu'il n'y a pas une bonne adhésion de la part des exilés », décrypte Aurélie Denoual.
   Celle-ci pointe donc un risque d'aggravation des problèmes de santé existants. Elle remarque également que les migrants éprouvent beaucoup de difficultés à recharger leurs téléphones portables. « Le fait de ne pas pouvoir joindre leurs proches risque
d'avoir d'importantes conséquences en termes de santé mentale, surtout dans cette situation anxiogène», souligne-t-elle. Sans compter la difficulté qu'il peut, dans ces conditions, y avoir à joindre le 15 en cas d'urgence. A. R. (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9828, p3)

 

25/04/20  -  Baisse historique des transferts d’argent des migrants, selon la Banque mondiale

Cette diminution va aggraver la crise économique et sociale dans les pays à bas revenus.

   L'une des premières sources de financement des pays pauvres se tarit. Selon les calculs de la Banque mondiale, publiés mercredi 22 avril, les transferts d'argent de migrants vers leurs pays d'origine pourraient diminuer de 19,7 % en 2020, au risque d'aggraver la crise économique et sociale dans ces pays à bas revenus. Le recul sera particulièrement marqué en Europe et en Asie centrale (- 27,5 %), en Afrique subsaharienne (- 23,1 %) et en Asie du Sud (-22,1 %). Ils devraient tomber à 445 milliards de dollars en 2020 (410 milliards d'euros), mais continueront à dépasser le flux des investissements directs étrangers ou de l'aide publique au développement.

   Peu qualifiés

· Employés majoritairement dans des secteurs les plus frappés par la crise, comme la restauration, l'hôtellerie, les transports ou la vente au détail, les travailleurs de la diaspora sont les plus exposés au chômage ou à une perte de leurs revenus. Plusieurs études de la Banque mondiale montrent également qu'en situation de crise ils sont plus susceptibles de perdre leur emploi que la main-d’œuvre locale. Souvent peu qualifiés, ils peuvent difficilement se tourner vers les secteur:; qui s'en sortent mieux en cette période de confinement, à savoir la santé ou les technologies de l'information. A cela s'ajoute la chute des cours du pétrole qui aggrave la récession dans les pays du Golfe et pousse de nombreux migrants à regagner leurs pays d'origine.
   Les mesures de confinement compliquent aussi les transferts à cause de la fermeture de la plupart des opérateurs, comme Western Union, et de la suspension des liaisons aériennes qui ne permet plus de confier de l'argent à un proche rentrant au pays. «
Des mesures rapides pour faciliter l'envoi et la réception de cet argent pourraient apporter une aide particulièrement bienvenue aux migrants et à leurs familles», explique Dilip Ratha, directeur de l’Alliance mondiale pour le savoir sur les migrations et le développement (Knomad) à la Banque mondiale. La survie de millions d'habitants dépend de ces transferts. L'argent envoyé par la diaspora représente ainsi près du tiers des économies haïtienne et népalaise. Il participe aux dépenses de santé ou d'éducation et permet de lutter contre la malnutrition ou le travail des enfants.

   D'où l'importance de leur venir en aide. « Dans les pays d'accueil, les migrants doivent bénéficier des mesures de protection sociale», insiste Michal Rutkowski, directeur chargé de l'emploi et de la protection sociale à la Banque mondiale. Dans la région de la Nouvelle-Galles-du-Sud, en Australie, la moitié des migrants ont ainsi perdu leur travail sans qu'aucun d'entre eux puisse bénéficier de l'aide de l'Etat. M. Rutkowski salue toutefois les initiatives de quelques pays. Le Portugal a décidé de régulariser temporairement des centaines de milliers de migrants, tout comme l'Italie. Des mesures qui sont aussi destinées à combler la pénurie de travailleurs saisonniers agricoles.

   Procédures «chaotiques»

   Les migrants sont également les plus exposés à la crise sanitaire. Ils résident majoritairement dans les villes, des lieux à forte densité de population où les risques de contamination sont élevés. A Singapour, les trois quarts des nouveaux cas enregistrés concernent des migrants peu qualifiés logeant" dans des dortoirs. Seuls 80 pays sur les 132 étudiés par la Banque mondiale leur donnent accès aux soins de santé. Ils sont bloqués dans leur pays d'accueil à cause de la suspension des liaisons aériennes, tout en étant exclus des programmes d'aide gouvernementaux, leur situation est précaire.

   Les migrants domestiques sont deux fois et demi plus nombreux dans le monde que ceux vivant à l'étranger. Et la Banque mondiale regrette les procédures « chaotiques et douloureuses» auxquelles ils ont été confrontés en Inde et dans les pays d'.Amérique latine. En Inde, les mesures de confinement ont été annoncées sans que des solutions de rapatriement soient prévues, ce qui oblige les migrants à vivre entassés dans des camps. Des mesures qui ont « contribué à la propagation du virus », déplore-t-on à la Banque mondiale. En dépit de leur diminution, les transferts d'argent de migrants continuent de jouer un rôle crucial à l'heure où les capitaux étrangers fuient les pays pauvres et émergents. Le Fonds monétaire international évalue leurs besoins à 2 500 milliards de dollars pour faire face à la pandémie de Covid-19. JULIEN BOUISSOU  -  (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23419, p18)

 

 

 21/04/20  -  La tuberculose en France, une maladie sociale révélatrice d’inégalités fortes

La France est un pays de faible endémie tuberculeuse, confirme Santé publique France. La question

n'est pourtant pas réglée. Les plus précaires restent fortement touchés, à l'échelle des territoires -Seine-Saint-Denis, Guyane, Mayotte -et des populations- migrants, SDF, détenus. L'infection au bacille de Koch est· plus que jamais un marqueur d'inégalités d'accès aux soins.

   À l'heure où toute l'attention est captée par la pandémie de Covid-19, le dernier« Bulletin épidémiologique hebdomadaire» (BEH) sur la tuberculose aurait pu passer sous les radars.
   Mais c'est sans compter le constat dressé par Santé publique France (SPF) qui met en lumière les inégalités d'accès aux soins, qui sont aussi à l'œuvre pour l'infection à SARSCoV-2. Les ONG et associations ont alerté très tôt sur le sort dramatique des sans-abri dans l'impossibilité de se confiner. Il y a quelques jours, l'INSEE indiquait une nette surmortalité en Seine-Saint-Denis depuis le début de l' épidémie Covid-19.

   Car, si la tuberculose est en train de devenir une maladie rare en France avec 7,6 cas déclarés pour 100 000 habitants (soit 5 092 cas au total), « les données nationales cachent une situation hétérogène marquée par d'importantes disparités » à la fois géographiques et . populationnelles, est-il souligné.(…)

   Les SDF, particulièrement touchés

·  Les caractéristiques de la tuberculose en France révèlent ainsi que l'infection touche en majorité des hommes (66 %), jeunes entre 20 et 39 ans (41 %) avec un âge médian de 38 ans, pour des formes à 70 % pulmonaires (associées ou non à d'autres localisations).

   Et les populations les plus précaires sont les plus touchées : les personnes nées à l'étranger présentent un taux multiplié par 17 par rapport à celles nées en France et, à ce sujet, le surrisque concerne aussi les mineurs non accompagnés. Pire, pour les SDF, le taux atteint des sommets

inégalés à 249/100 000, devant les détenus pourtant très exposés (76,/100000).(…)

Des valeurs extrêmes en Seine-Saint-Denis

   La tuberculose chez les personnes d'origine étrangère est en constante hausse avec une augmentation de 20 points en 10 ans, est-il rapporté. Les individus nés en Afrique sont les plus touchés (71 % dont 52 % d'.Afrique subsaharienne et 19 % d’Afrique du Nord), devant les pays européens (13 %) ou l~ie (~ %). Les personnes arrivées depuis moins de deux ans sont les plus concernées, le taux de déclaration diminuant avec l'allongement de l'ancienneté d'entrée en France. De la même façon, pour les SDF, le taux de déclaration est en augmentation depuis ces dernières années (182  -  219  -  249/100 000 en 2016, 17,18) (…)

Que faire maintenant pour rattraper ces disparités de santé? Les éditorialistes plaident pour une approche intégrée, populationnelle, centrée sur les besoins des populations les plus touchées» Ainsi, l'expérience de l'équipe mobile du Samu social de Paris est une initiative qui mérite d'être relevée et suivie. ( Dr Irène Drogou) (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9826, p5)