BOUGE TOIT                                                                                   Pauvreté                                                                                   LOGEMENT
 
« Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera.
Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. » Serment d’Hippocrate.

()  -  26/11/19  -  LES MISERABLES .  Quand la lumière se ralluma, à la fin de la projection des Misérables, j'entendis soupirer derrière moi. Deux couples de personnes âgées restaient assis, n'arrivaient pas à se lever, mais ce n'était pas l'effet de l'âge, plutôt de l'effroi que dégageait ce film, de cette dernière image qui en est l'acmé dramatique, mais sans résolution, écran noir, débrouillez vous. Ils soupiraient, «Oh là là, quel film ... - Et moi qui habite à Vaulx-en-Velin ... - Mais c'est pas comme ça, la réalité, .là c'est la guerre civile.» Ils en ont parlé pendant que nous sortions lentement de la salle, rivalisant de propos accablés (les dames) et de réflexions savantes, comme quoi ça exagère un peu (les messieurs).

   Je parle d'eux parce que c'était ceux qui s'exprimaient le plus naïvement, mais une ambiance lourde régnait dans la salle, les gens sortaient à pas lourds de cette séance, ils étaient impressionnés. Moi aussi. Et c'est remonté jusqu'au sommet e l'.État, jusqu'à notre président qui l'a vu en son palais, qui a été · « bouleversé par sa justesse, et a demandé au gouvernement de se dépêcher de trouver des idées et d'agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers». Avec tout le respect que l'on doit à sa fonction, on peut s'étonner  de la surprise de celui qui l'occupe. Il ne savait vraiment pas? Il serait bien le seul. Et puis cette réaction de trouver très vite des idées ... On traîne le problème depuis trente ans, et il faudrait trouver très vite des idées? Mais là, heureusement c'est facile.

   L'année passée, Jean-Louis Borloo avait produit un rapport sur l'état des banlieues, plein d'idées pour l'améliorer. Rapport enterré par le susdit président, car: « Que deux mâles blancs ne vivant pas dans ces quartiers s'échangent un rapport ... Cela ne marche plus comme ça.» Façon contemporaine de dire: qu'ils se débrouillent. Et annonçant sur la lancée « un plan de lutte contre le trafic de drogue» car pour l'instant« on a perdu la bataille du trafic dans de nombreuses cités», c'est-à-dire annonçant un renforcement du traitement sécuritaire du problème des banlieues, exactement ce que l'on voit dans le film.

Le premier titre de « L'Art français de la guerre » était L'Usage de la force, et je voulais parler de ce que l'on voit dans !'Histoire, et dans le film: la propension française de régler les problèmes par la force. Mais cette force elle-même provoque l'apparition d'une résistance. Les policiers font peur, ils le disent dans le film, puis arrive le jour du mutant, celui qui n'a plus peur, et tout bascule. On va me dire que l'état des choses nécessite la force, sans doute; mais l'état des choses est large, global et intégré: il comprend l'emploi, le logement, les transports, les services publics, la relégation, la sous administration, et ce n'est pas contrôler tous les jours les mêmes

gamins dans les rues qui va améliorer quoi que ce soit. Il doit bien être dans un tiroir, ce rapport, faudrait remettre la main dessus. Borloo, lui, s'est contenté d'un petit tweet après avoir vu le film: Bravo. Ce qui est une forme très efficace d'ironie.

   Les Misérables est un film réaliste, Ladj Ly le répète: rien n'y est inventé, il vit là depuis trente ans. Mais il est d'autant plus puissant que c'est une fiction. La fiction est puissante car elle relie, empathise, dramatise, complexifie en couches multiples, et dit en une scène frappante ce qu'un article de sciences humaines a du mal à saisir. Ici, tous les personnages sont doubles: à la fois ce qu'ils pourraient être et ce que la violence de la banlieue a fait d'eux, c'est dans cette complexité que la fiction puise sa force. Dans cette ambivalence de  chacun se trouve la solution potentielle: s'ils sont ce que la banlieue a fait d'eux, d'autres conditions les rendront différents. Ainsi les gamins, ces microbes, qui sont tout l'enjeu puisqu'ils sont l'avenir, que l'on voit s'ébattre comme tous les gamins dans une piscine

pendant la canicule, ils pourront, ou pas, basculer dans la guérilla urbaine. Que faire pour que cela n'arrive pas? Plutôt que d'user de davantage de force, qui ne fait qu'accélérer l'apparition de ceux qui n'ont plus peur, il faut sans doute réfléchir à comment exercer l'autorité sans qu'elle tourne à l'affrontement brutal.

   Comment? C'est au-delà de mes compétences, je me contente d'être sensible à ce film effrayant et beau, et de me dire qu'on ne peut pas continuer comme ça. Je soupire comme les vieux couples dans la salle voyant le monde se fissurer mais ne m'y résigne pas. (1) Roman d:Alexis Jenni, prix Goncourt 2011.  (La Croix, p28)

 

23/11/19  -  Le coût des Ehpad, une source d'angoisse pour les Français. Le gouvernement a promis une loi, au plus tard début 2020, qui réduirait la facture pour les personnes dépendantes.
Les soignants trop peu nombreux au  chevet des personnes âgées, inquiets d'être malgré eux complices d'une « maltraitance institutionnelle » : les grèves dans les maisons de retraite en 2017, 2018 et celle du 8 octobre ont braqué les projecteurs sur leur manque de personnel. A l'inquiétude sur la qualité des soins s'ajoute pour les Français celle de ne pouvoir faire face à la cherté des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

   Le Cercle vulnérabilités et société a interrogé au printemps 850 proches d'une personne âgée placée en Ehpad: 54,7 % jugent que « le principal défaut de ce lieu de vie» est son «coût», 18 % critiquant « la non disponibilité des professionnels».

Emmanuel Macron s'est fait fort de baisser la facture des seniors en maison de retraite. Promise par la ministre de la santé Agnès Buzyn au plus tard « début 2020 », la réforme pourrait être débattue au Parlement au printemps.  « Les plus mal loties sont les classes moyennes inférieures, constate le sociologue Serge Guérin. Elles ne sont ni assez pauvres pour avoir des aides sociales, ni assez riches pour faire face au coût.» Les plus modestes peuvent prétendre à une allocation logement versée par l'Etat et obtenir une « aide sociale à l'hébergement». Les plus aisés, eux, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt.

   En 2018, le prix médian pour une chambre individuelle en Ehpad s'élève à 1977 euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie

(CNSA). Or, le montant moyen net des pensions de retraite est d'environ 1330 euros. Les prix indiqués ne sont certes pas le montant que déboursent les personnes âgées puisqu’elles bénéficient  notamment de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Il n'empêche: 75 % des

62oooo résidents en Ehpad ont des revenus inférieurs au cout de leur séjour et la moitié sortent de leur poche au moins 1850 euros par mois. Un tiers d'entre eux puisent dans leur épargne et 11 % font appel à leur entourage. Si le gouvernement reste muet sur ses arbitrages financiers, Il dispose du rapport remis en mars à Mme Buzyn par Dominique Libault, le président de Haut Conseil du financement de la protection sociale. 
   Celui-ci avance plusieurs solutions dont la création d'une prestation mensuelle dégressive en fonction des ressources. M. Libault propose aussi un « bouclier autonomie» si le séjour dure plus de quatre ans: un financement public couvrirait le reliquat de la facture afin que la personne n'ait pas à débourser plus de 90 % de ses revenus. Maintenir une offre de prix abordables implique aussi de pérenniser les établissements publics (45 % du parc), dont les tarifs médians sont inférieurs de plus de 860 euros à ceux à but lucratif, qui répercutent l'amortissement des dépenses immobilières et la rétribution de leurs actionnaires dans leurs tarifs.

En 2013, l'ancien patron (PS) du département a engagé la collectivité dans la recherche de terrains bon marché pour y construire des Ehpad et les gérer en direct. La création d'un « service essonnien du grand âge» a permis de mutualiser les charges et de pratiquer des prix inférieurs à ceux du privé.

   Dégager des marges de manœuvre pour les Ehpad publics suppose de ne pas leur imposer une « inégalité de traitement », affirme la Fédération hospitalière de France (FHF), qui dénonce les exonérations partielles des charges patronales sur les salaires, uniquement autorisées pour les Ehpad privés. « On voudrait tuer les établissements publics qu'on ne s’y prendrait pas autrement», s'indigne Marc Bourquin de la FHF. (…)  (Le Monde. p22)

 

13/11/19  -  Parents isolés en Occitanie. Une famille sur quatre est monoparentale. L'Insee vient de publier une étude concernant la proportion de familles monoparentales et notre région apparaît au troisième rang avec une famille sur quatre qui est monoparentale, contre une sur sept il y a 25 ans. En cause, les ruptures d'union en hausse. Par ailleurs, huit mono parents sur dix sont des femmes. La redistribution allocations, minimas sociaux, impôts directs ...a permis de limiter le nombre de ces familles en situation de très grande pauvreté. Elles sont en effet 9 ,4 % mais seraient 33,5 % sans les aides. Pour autant un tiers des familles monoparentales restent pauvres, avec de grandes difficultés financières. Seul un parent isolé sur cinq perçoit une pension alimentaire, et les mères isolées sont deux fois plus souvent au chômage que les mères au chômage. Seulement 33 % des familles monoparentales sont propriétaires, contre 68 % des couples avec enfants. · Deux familles monoparentales sur dix vivent en logement social. On rencontre aussi de plus fortes difficultés à chauffer son logement au sein de ces familles. En Occitanie, et sans surprise, ce sont les Pyrénées Orientales qui comptent le plus de familles monoparentales, avec un taux dépassant les 28,6 % (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, p6)

 

08/11/19  -  La fin programmée d'organismes démocratiques ? L'Observatoire National de la Pauvreté et de !'Exclusion Sociale est en voie de disparition ...  Cet organisme émet, depuis plus de 20 ans en toute indépendance, des études pour mieux lutter contre l'exclusion qui frappe une personne sur dix en France. Le gouvernement envisage de supprimer l’ONPES. A travers plus de 10 rapports, études et recherches sur la pauvreté en France et en Europe, il a pu éclairer le débat public sur ce fléau. Veut-on cacher la plaie pour ne pas apercevoir la blessure? (http://www.letc.fr/, p3)

 

02/11/19  -  La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 million de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle emploi qui décryptent le nouveau système et ses conséquences.

C’est une véritable machine à fabriquer de la pauvreté qui va se mettre en branle à partir du 1er novembre. Même les agents du Pôle emploi en prennent le vertige. « Je n’ai jamais vu ça, un tel durcissement, aussi violent, lâche Aurélie, agente dans l’ouest de la France depuis dix ans. On touche les gens au portefeuille, on ne leur laisse plus de solutions. » L’objectif annoncé de la réforme : économiser 3,4 milliards d’ici fin 2021. Tout en mettant au passage un énorme coup de pression sur les demandeurs d’emploi, une nouvelle fois rendus responsables de leur situation.

Ces économies drastiques seront entièrement financées par les demandeurs, et plus particulièrement par les plus précaires d’entre eux – en intérim ou en CDD. La première étape démarre ce 1er novembre, avec un durcissement des conditions qui permettent d’ouvrir ses droits à l’assurance-chômage. La seconde débutera le 1er avril 2020, avec une chute brutale du montant des indemnisations.(…)  (crashdebug.fr)

 

01/11/19  -  « La chute du cours du cacao a un lien direct avec la pauvreté qui sévit en Afrique de l’Ouest »

Alors que la Côte d’Ivoire et le Ghana ont remporté leur bras de fer avec l’industrie du chocolat pour mieux payer leurs planteurs, l’économiste François Ruf analyse les faiblesses du secteur.

Combien perçoit un planteur de cacao sur la vente d’une tablette de chocolat noir ?

Une étude montre que c’est aux alentours de 6 %. Une grande partie de la valeur est captée par l’industrie du chocolat lors des différentes étapes de la fabrication puis de la distribution. Le prix du cacao a baissé, mais pas celui du chocolat ! C’est un problème récurrent, qu’on voit sur d’autres matières premières en Afrique. Le planteur de coton touche quasiment le même pourcentage sur la vente d’une chemise. Et la situation est quasiment la même pour un producteur de lait français par rapport au prix d’un yaourt vendu en supermarché.

Il y a un million de planteurs en Côte d’Ivoire et 800 000 au Ghana. C’est un poids électoral qui est loin d’être négligeable.

Selon la Banque mondiale, plus de la moitié des planteurs de cacao ivoiriens vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1,20 dollar par jour. Le DRD sera-t-il suffisant pour améliorer leur situation ?

Quand on compare leur situation avec celle des générations antérieures, le constat est terrible. En 1977, le cours mondial se situait entre 3 000 et 3 500 dollars la tonne. Aujourd’hui, il est à 2 500. La chute du cours a un lien direct avec la pauvreté qui sévit dans les pays de la région, car elle est liée à un excès de production. S’il y avait moins de pauvreté au Burkina Faso ou au Mali, il n’y aurait pas autant de migrations vers la Côte d’Ivoire, où des jeunes viennent pour fournir d’abord de la main-d’œuvre puis s’installer en tant que producteurs.(lemonde.fr)

 

16/10/19  -  "Premiers de cordée", "pognon de dingue" : pour la prix Nobel Esther Duflo, les propos d'Emmanuel Macron risquent "de rendre les pauvres coupables de leur propre sort" Selon Esther Duflo, le discours d'Emmanuel Macron peut "terroriser ceux qui ne sont pas pauvres aujourd'hui et qui se disent que peut-être un jour ils le seront".(…)  (francetvinfo.fr)  (Son livre "Repenser la pauvreté", )

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