SUITE  ANIMAUX  par SOMMAIRE ou ACCUEIL ou liste en bas de la page

Report a problem on the page N°.  Thanks.  -  Signalez un problème sur cette page N°.  Merci.

DROCOURT NATURE vous parle un peu  du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

-  17/02/19  -  Disparition des insectes : une catastrophe silencieuse

« Les personnes de plus de 40 ans se souviennent des pare-brise, phares et calandres de voiture constellés de cadavres d'insectes. La propreté des voitures actuelles est le signe d'une disparition massive d'insectes qui doit nous alarmer.

L'agriculture moderne a permis, par l'usage massif d'« intrants », une augmentation considérable de la productivité des cultures. Elle atteint depuis quelques décennies des limites dues à l'impact environnemental de ses pratiques. En effet, l'accroissement de productivité qu'elle a permis n'est pas dû à une révolution biologique dans le contrôle de la photosynthèse, mais à un recours sans cesse accru aux engrais chimiques et aux pesticides, dont les conséquences écologiques néfastes sont connues.

Dès les années 60, la naturaliste américaine Rachel Carson décrivait dans son best-seller Silent Spring la lente éradication des peuplements d'oiseaux par l'usage irréfléchi du DDT et d'autres insecticides organochlorés.

Adieu abeilles, papillons, oiseaux

Un danger plus redoutable nous menace avec l'usage des insecticides néonicotinoïdes, dont la molécule dérive de celle de la nicotine. Cette dernière, cause de l'addiction des fumeurs de tabac, est aussi un très puissant insecticide utilisé entre les deux guerres mondiales. Au début des années 90, les chimistes ont mis au point de nouvelles molécules dont l'imidaclopride, la clothianidine ou le thiamethoxam aussi insecticides que la nicotine, mais d'une plus grande stabilité moléculaire. Elles ont aussi pour « avantage » d'être « systémiques » : elles passent directement du sol dans les plantes par absorption radiculaire et pénètrent via la sève jusqu'à l'extrémité des pousses des feuilles et des feurs. Elles se maintiennent au-delà de deux ans dans les sols, de sorte que, plusieurs saisons après l'épandage, d'autres plantes seront contaminées.

Ces insecticides sont à l'origine du déclin des pollinisateurs dont les abeilles mais, au-delà, de l'ensemble des insectes et donc de la plupart des oiseaux, majoritairement insectivores. Il faut savoir qu'en sus des abeilles la pollinisation des plantes cultivées est assurée majoritairement (à près de 80 %) par d'autres insectes, surtout des hyménoptères dits apoïdes. Certains d'entre eux sont sociaux, tels les bourdons, mais la plupart de ces bienfaiteurs de l'humanité sont solitaires. Depuis l'introduction des néonicotinoïdes en 1995, on observe un effondrement du nombre d'abeilles et une dégénérescence des ruches. En France, le nombre de ruches a chuté de 2 millions en 1996 à 600 000 aujourd'hui. Simultanément s'observe une réduction brutale du nombre de pollinisateurs sauvages et, au-delà, de l'ensemble des insectes, comme l'a montré la récente campagne nationale de dénombrement des papillons. Diverses recherches, dont certaines effectuées en France, ont démontré la responsabilité directe des néonicotinoïdes dans cette hécatombe. Des abeilles butineuses équipées de nano-GPS traitées avec de très faibles doses d'imidaclopride se sont révélées incapables de retrouver leur ruche, ce qui explique la disparition des ouvrières et l'extinction des colonies. Ce déclin massif des insectes pollinisateurs constitue une menace calamiteuse pour l'agriculture. La disparition des abeilles et des hyménoptères apoïdes signifierait la fin de nombreux végétaux cultivés et entraînerait des pertes agricoles pouvant atteindre plusieurs centaines de milliards d'euros par an. Pis encore, la sécurité alimentaire de l'humanité ne serait plus assurée.

Solutions européennes dérisoires

Face cette catastrophe écologique en cours, la réponse des pouvoirs publics des pays développés et des institutions multilatérales est absente ou dérisoire. Les agences compétentes de l'ONU, tels la FAO ou le Pnue, ne se sont pas saisies du problème. En France et dans d'autres pays européens, l'interdiction partielle de l'imidaclopride et du fipronil n'est pas suffisante, tout comme la décision récente de l'Union européenne d'interdire pour trois ans le premier de ces insecticides ainsi que la clothianidine et le thiamethoxam. C'est l'interdiction de la totalité des néonicotinoïdes qui s'impose de toute urgence ! Un groupe international d'experts s'est créé en 2009, à l'initiative de Maarten Bijleveld, ancien secrétaire scientifique de la commission écologie de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il a rassemblé les preuves scientifiques justifiant cette interdiction et milite auprès des pouvoirs publics européens et des institutions internationales pour l'obtenir. Où sont les politiques en charge de notre avenir ? » Source : Marianne.net (2014!)  (https://www.crashdebug.fr/dossiers/15668-disparition-des-insectes-une-catastrophe-silencieuse-arte?lang=fr&auid=13395)

12/02/19  -  Des scientifiques mettent en garde contre la disparition des populations d'insectes qui met en danger les écosystèmes de la planète et la survie de l'humanité...
La première revue scientifique mondiale
de ce genre parvient à une conclusion inquiétante sur l'état de la nature en avertissant que si l'humanité ne change pas radicalement et de toute urgence son comportement, les insectes du monde pourraient être éteints d'ici un siècle.

Présentées en exclusivité par Damian Carrington, rédacteur en chef du Guardian consacré à l'environnement, les conclusions de la nouvelle analyse, publiées dans la revue Biological Conservation, ont montré que les techniques agricoles industrielles - en particulier l'utilisation intensive des pesticides - ainsi que le changement climatique et l'urbanisation sont les principaux facteurs à l'origine du déclin des populations d'insectes qui pourrait annoncer un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels » si on ne les traite pas.

« Si les pertes d'espèces d'insectes ne peuvent être stoppées, cela aura des conséquences catastrophiques à la fois pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité », a déclaré au Guardian Francisco Sánchez-Bayo, co-auteur du rapport à l'Université de Sydney, en Australie. Sánchez-Bayo a écrit l'analyse scientifique avec Kris Wyckhuys à l'Académie chinoise des sciences agricoles à Beijing.

Sánchez-Bayo a qualifié de « choquant » le taux annuel actuel de dépérissement mondial des insectes de 2,5 pour cent au cours des trois dernières décennies, le qualifiant de « très rapide » pour les insectes du monde entier. Si cela continue, il a prévenu : « Dans 10 ans, il y en aura un quart de moins, dans 50 ans, plus que la moitié et dans 100 ans, il n'y en aura plus. »

N'est-ce pas un peu alarmiste ? Anticipant cette préoccupation, M. Sánchez-Bayo a déclaré que le langage du rapport était destiné à « réveiller vraiment les gens », mais c'est parce que les résultats sont si inquiétants.

Le professeur Dave Goulson de l'Université du Sussex, au Royaume-Uni, n'a pas participé à l'étude. « Les insectes sont au cœur de chaque chaîne alimentaire, car ils pollinisent la grande majorité des espèces végétales, maintiennent le sol en bonne santé, recyclent les nutriments, luttent contre les ravageurs et bien plus encore », a déclaré M. Goulson au Guardian. Aimez-les ou détestez-les, nous les humains ne pouvons pas survivre sans insectes. »

Comme le rapporte Carrington :

La planète est au début d'une sixième extinction massive de son histoire, avec des pertes énormes déjà signalées chez des animaux plus grands et plus faciles à étudier. Mais les insectes sont de loin les animaux les plus variés et les plus abondants, avec 17 fois plus de poids que l'humanité. Ils sont « essentiels » au bon fonctionnement de tous les écosystèmes, disent les chercheurs, en tant que nourriture pour d'autres créatures, pollinisateurs et recycleurs d'éléments nutritifs.

Des effondrements de populations d'insectes ont récemment été signalés en Allemagne et à Porto Rico, mais l'examen indique clairement que la crise est mondiale. Les chercheurs ont présenté leurs conclusions en des termes inhabituellement percutants pour un article scientifique soumis à un examen par les pairs : « Les tendances[des insectes] confirment que la sixième extinction majeure a un impact profond sur les formes de vie sur notre planète. »
Doug Parr, le scientifique en chef de Greenpeace Royaume-Uni, a répondu au rapport en disant que ce sont les développements liés au climat qui le préoccupent le plus.
« Je passe tellement d'heures par semaine à m'inquiéter du changement climatique », a-t-il dit dans un tweet qui fait le lien avec l'histoire. « Mais c'est ce qui m'inquiète le plus. Nous ne savons pas ce que nous faisons, nous n'essayons pas de l'arrêter,[et] avec de grandes conséquences que nous ne comprenons pas vraiment. »

Selon Sánchez-Bayo, « la cause principale du déclin est l'intensification agricole » et il a mis l'accent sur les nouvelles classes de pesticides et d'herbicides qui ont été mis sur le marché au cours des vingt dernières années, parallèlement à une poussée mondiale des monocultures industrielles. « Cela signifie l'élimination de tous les arbres et arbustes qui entourent normalement les champs, de sorte qu'il y a des champs simples et dénudés qui sont traités avec des engrais et des pesticides synthétiques », dit-il.

Alors que les militants du monde entier intensifient leur demande collective pour que les dirigeants élus, les gouvernements, les communautés et les entreprises fassent beaucoup plus pour faire face à la crise du réchauffement de la planète et arrêter la destruction des systèmes naturels de la Terre, le journaliste David Sirota a comparé les preuves de la perte des espèces - et la menace qui en découle - à celles des voix qui disent que quelque chose comme le fait qu’un New Deal Écologique serait « trop cher » ou perturbatif pour le statu quo :( https://www.crashdebug.fr/sciencess/15641-des-scientifiques-mettent-en-garde-contre-la-disparition-des-populations-d-insectes-qui-met-en-danger-les-ecosystemes-de-la-planete-et-la-survie-de-l-humanite)

 

-  Mars/19  -  L'entraide, unique mot d'ordre chez les fourmis: Ces insectes misent sur la coopération, que ce soit pour maîtriser leur environnement, se soigner ou se battre. Et quand il s'agit de se déplacer sur des kilomètres, elles sont les championnes du génie civil ! Ainsi, les fourmis tisserandes n'hésitent pas à utiliser leurs corps pour former une passerelle entre deux branches et permettre à leurs congénères de poursuivre leur chemin. En cas de nids-de-poule, les individus dont la taille correspond exac­tement aux trous rencontrés les comblent pour permettre au groupe de maintenir son allure.Pour traverser un cours d'eau, elles forment un radeau avec leur corps. Les fourmis kamikazes, dites explosives, rompent la paroi de leur abdomen pour libérer un liquide collant et toxique afin de tuer l'ennemi, ou du moins le tenir à distance. En y laissant leur vie.

Pour faire ces choix, elles ne se contentent pas d'observer : plusieurs études récentes ont démon­tré que les fourmis s'orientent grâce à de multiples représentations et mémoires : olfactive (8), visuelle, comptage de pas (9), orientation par rapport aux étoiles et au champ magnétique (10). Une équipe de chercheurs germano­suisse a ainsi découvert en juil­let 2018 (11) que les redoutables guerrières africaines appelées fourmis Matabele (Megaponera analis), de retour de raid contre les termites, ont préféré emprun­ter un chemin inconnu, plus long mais moins difficile que l'itinéraire qu'elles avaient pris à l'aller. Avec un gain de temps de 35 % à la clé. Les Matabele ont par ailleurs révélé une autre capacité éton­nante (12), observée pour la pre­mière fois chez des invertébrés : elles ont mis en place un service de secours aux soldats blessés dès que ceux-ci émettent un signal. de détresse chimique. Elles savent également endiguer une épidémie. Des travaux menés par une équipe suisse (13) ont montré que lorsqu' un pathogène menace la colonie, les fourmis noires des jardins (Lasius niger) pratiquent la quarantaine : les malades sont isolés et soignés par des infirmières. ERTC. (Sciences et Avenir, Mars 2019, p 60-63)

DES ANIMAUX

 LES PAGES DU SITE  :  Lien vers chaque page  du site

Je contribue à sauver, protéger et soigner des animaux sans défense. Tu peux aider aussi. Va sur le site www.ifaw.org.