L’Anses : Le bien-être d’un animal est  l’état mental et  physique positif  lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux,
ainsi que ses attentes »

()  -  30/04/20  -  Appels à une prise de conscience des maladies animales. La pandémie Covid-19 était donc prévisible.

   La pandémie de Covid-19 nous rappelle que l'émergence de nouveaux virus est une menace réelle pour l’humanité. Or les animaux sont des réservoirs de pathogènes inconnus et le saut d’espèce est un phénomène attendu qui s'intensifie avec les activités humaines. La surveillance des maladies animales à travers le monde est nécessaire pour préserver la santé humaine.

 (…) Un des points communs entre Ebola, dont parlait alors Bill Gates, et le virus SARS-Co V-2 qui nous frappe aujourd'hui, c'est qu'ils proviennent d'un réservoir animal*, avec lequel l'humain n'est pas habituellement en contact. C'est le même mécanisme qui a conduit à l'émergence du VIH. Ces virus circulent chez des animaux sauvages et l'humain en est préservé tant que chacun reste chez soi.

Mais, sous pression de la déforestation et à la faveur des marchés aux animaux vivants, des espèces qui n'auraient jamais dû être en contact naturellement se rencontrent, voire se retrouvent confinées par centaines, comme dans les marchés chinois. Le risque alors est de provoquer artificiellement des passages de microbes entre les animaux. « C'est quasi mathématique: quand on perturbe les écosystèmes, on augmente les interfaces et donc le risque de contact avec des agents infectieux encore inconnus de l'humain», souligne le Pr Luc Guérin. Vétérinaire virologue à l'École nationale vétérinaire de Toulouse (UMR INRAE-ENVT JHAPl.
   Franchissement de la barrière des espèces
   L'humain partage et échange avec les animaux un certain nombre d'agents infectieux, on parle alors de zoonoses*. Celles-ci concernent logiquement les animaux domestiques, avec qui il est régulièrement en contact. Parmi les zoonoses, on peut citer la tuberculose, la brucellose ou la rage, autant de pathologies connues, qui bénéficient de plans de surveillance mis en œuvre depuis longtemps par les services vétérinaires en France.
   Lors d
'une émergence*, les choses sont différentes car il y a franchissement de la barrière d'espèce : un virus, inoffensif ou non, qui était spécifique d'un animal devient infectieux pour un autre. C'est ce qu'il s'est passé avec le SARS-CoV-2. L'humain étant un animal comme un autre, de ce point de vue. (…)

   Il existe des centaines voire des milliers de membres de la grande famille des Coronaviridae. Les humains sont atteints par deux genres, les Alpha- et les Bêta coronavirus, ces derniers étant aussi bien représentés dans la population animale. La plupart sont spécifiques à une espèce et ne se transmettent pas entre humain et animal, en particulier domestique, à l'exception notable d'un passage en 2014 du MERS-Co V du dromadaire, qui avait provoqué une épidémie dans la péninsule arabique.

   Mais ce sont les animaux sauvages, et surtout les chauves-souris, qui constituent le réservoir le

plus inquiétant de Béta coronavirus SARS- et MERS-like. « Elles ont un système interféron différent de celui des autres mammifères, ce qui leur permet de contrôler ces virus sans trop de dommages, donc d'être porteuses saines sur le long terme», précise le vétérinaire virologue. Tout

un virome face auquel le système immunitaire humain est totalement naïf, puisqu'il s'agit d'animaux de forêts primaires avec lesquels les interactions sont normalement inexistantes : on parle de compartiment sauvage. (…)
   L'écovigilance se met en place.
   Prévenir les émergences impose de développer le
One-Health "Une seule santé' , une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale  (page suivante), une approche écologique des maladies, par biotopes, qui implique aussi bien médecins, vétérinaires, écologues,-qu'épidémiologistes. Concrètement, cela revient à recenser la biodiversité des virus (le virome) chez les animaux sauvages et à mettre en place une surveillance des interfaces humaines animales, en particulier dans les zones de répartition de l’espèce.

   Un travail titanesque qui a déjà été bien entamé depuis l'épidémie de SARSDes virus très proches du SARS-Co V-2 avaient d'ailleurs déjà été documentés chez des chauves-souris », note le Pr Guérin. L'étape suivante est de déterminer leur capacité de réplication chez l'humain, en étudiant l'affinité de ses protéines de surface avec des sites potentiels de liaison pour l'entrée dans la cellule. Un travail d'autant plus important qu'il doit être fait tissu par tissu, les récepteurs y étant différents. Mais les progrès de la protéomique, de la génomique et de la bioinformatique rendent possible cette massification de l'analyse. « Pour l'influenza, on est déjà capable de prédire quelle espèce d'oiseau peut être infectée par tel ou tel virus», explique le Pr Guérin (lire ci-après).
   Anticiper, c
'est aussi le souhait d'un collectif de 650 chercheurs qui ont appelé dans une pétition soutenue par la Société française d'écologie, la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, la fondation Nicolas Hulot, l'Institut écologie et environnement du CNRS ainsi que par 1200 citoyens, à sauvegarder la biodiversité avant la prochaine pandémie.

Si le président Emmanuel Macron a parlé de guerre, Bill Gates avait quant à lui souligné, en 2015,

qu'il n'existait aucune armée de réserve d'épidémiologistes et de réanimateurs. Un investissement qui serait, selon lui, modéré, en regard du coût d'une pandémie, qui avait été estimé à 3 000 milliards de dollars par la banque mondiale. Dr Charlotte Pommier

(www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9829, p2)

 

24/03/20  -  « Le problème ne vient pas des espèces animales mais des changements environnementaux issus de nos activités » Alors que l'épidémie de Covid-19 fait rage, Camille Lebarbenchon explique comment les pressions humaines sur la biodiversité favorisent l'émergence de zoonoses et augmentent le risque de catastrophes sanitaires.
  
=   Est-on sûr que le virus a été transmis par un animal ?
   Camille Lerbarbenchon : Les coronavirus sont communs chez les animaux sauvages, en particulier chez les chauves-souris et les oiseaux, qui sont considérés comme leurs principaux hôtes. Ils sont également responsables de maladies dans les élevages avec, par exemple, la bronchite infectieuse aviaire et la diarrhée épidémique porcine. Chez l'homme, en plus du Sars-Cov-2, responsable de l'épidémie de Covid-19 en cours, six autres coronavirus ont été décrits dans le passé. Quatre d'entre eux sont responsables, chaque année, de maladies généralement bénignes. Les deux autres, le Sars et le Mers, entraînent des syndromes respiratoires aigus et une plus grande létalité. Tous ces coronavirus humains ont une origine animale plus ou moins bien identifiée à ce jour.
Quand on compare le génome du Sars-Cov-2 avec les génomes des autres coronavirus, on constate qu'il est
(Suite de la page d’Accueil) identique à environ 96 % avec un coronavirus de chauve-souris (Rhinolophus affinis) que l'on trouve en Asie du sud-est. Plusieurs coronavirus ont récemment été détectés chez une espèce de pangolin (Manis javanica). L'étude de leur génome montre qu'ils sont, eux aussi, plus ou moins similaire au Sars-Cov-2. De plus, certaines mutations que l'on retrouve sur les protéines de surface des virus de pangolins sont identiques à celles que l'on trouve chez le Sars-Cov-2, démontrant qu'il pourrait potentiellement y avoir un lien entre ces deux virus.
Les virus de chauves-souris et de pangolins ont donc un ancêtre commun avec le Sars-Cov-2 mais, à l'heure actuelle, on n'a toujours pas identifié chez quelle espèce le virus a circulé avant sa transmission à l'homme. Même si la piste du pangolin est intéressante, il ne faut pas non plus écarter d'autres espèces animales, sauvages et domestiques, qui auraient pu être en contact avec l'homme au début de l'épidémie.
   =   
Quel est le scénario de contamination et s'explique-t-il par une pression accrue de l'homme sur la biodiversité ?
  
CL : Le scénario exact de contamination de l'animal à l'homme n'est toujours pas clair étant donné que la ou les espèces réservoirs du Sars-Cov-2 n'ont pas été identifiées. Dans le cas du Sars-Cov, le plus proche coronavirus humain du Sars-Cov-2, la contamination se serait faite par l'intermédiaire de civettes (Paguma larvata), bien que cette espèce ait probablement eu un rôle très ponctuel dans le maintien et la transmission du virus à l'homme.
Le commerce, illégal ou non, et la consommation de nombreuses espèces animales sauvages génèrent des opportunités de transmission d'agents infectieux entre les animaux sauvages et l'homme. Les populations de civettes sont en baisse, l'espèce de pangolin citée plus haut est classée en danger critique d'extinction (liste rouge de l'UICN - Union internationale pour la conservation de la nature). Il est évident que la pression exercée par l'homme sur la biodiversité favorise l'émergence des zoonoses.
   =  
Existe-t-il d'autres illustrations d'émergence de virus liée aux atteintes à l'environnement ?
   CL :  La grande majorité des évènements d'émergence de zoonoses résulte des changements environnementaux générés par les activités humaines. 
Le lien entre la déforestation, la fragmentation des habitats, l'agriculture, l'élevage intensif et l'émergence du virus Nipah, par exemple, a été démontré. Ce virus a été découvert à la fin des années 1990 lors d'une épidémie qui a touché près de 300 personnes en Malaisie. Ce virus, responsable, lui aussi, d'un syndrome respiratoire aigu et d'encéphalites, mortel dans 40 % des cas, est maintenu chez les chauves-souris frugivores dans les forêts tropicales. Les enquêtes épidémiologiques réalisées suite à l'épidémie de Nipah ont démontré que la déforestation a favorisé la mise en contact des chauves-souris avec les élevages de porcs et, ainsi, la transmission en cascade du virus, du porc à l'homme.
En Chine, le système d'élevage et de commerce de volailles favorise le maintien d'une grande diversité de virus influenza. Ce maintien et brassage génétique de virus existe depuis plus de 20 ans et est régulièrement à l'origine de cas d'infections par des grippes aviaires, chez les volailles mais aussi chez l'homme (virus H5N1, H7N9, etc.). À travers nos activités, nous créons ainsi de nouveaux écosystèmes, permettant le maintien de nombreux virus qui s'adaptent à ces nouvelles conditions. La transmission de virus entre les animaux et l'homme est alors facilitée.
Il existe beaucoup d'autres exemples. Les animaux sont souvent pointés du doigt, en particulier les chauves-souris. Le problème ne vient pas des espèces animales, mais des changements environnementaux issus de nos activités, qui créent des portes d'entrée pour ces virus dans nos populations.
   (…) (
https://www.actu-environnement.com/ae/news/changements-environnementaux-activites-humaines-biodiversite-catastrophes-sanitaires-35191.php4)

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Des p'tits oiseaux prisonniers
Ouvrez-leur la porte
vers la liberté »
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Un joli pinson mâle des arbres