ANTI-CORRIDA                   Militance                   

« Quelle est votre définition de la corrida ?  La corrida est la mise en scène de la mort d’un animal, en l’occurrence, le taureau, après des sévices - et je n’emploie pas ce mot par hasard – pour le plaisir de certains et le profit de quelques autres. Nous pensons qu’au XXIe siècle, dans un pays dit civilisé, on pourrait se passer de ce genre de spectacle.

Revenons au mot « sévices »…  L’article 521-1 du Code pénal  parle des sanctions applicables aux personnes coupables de sévices à l’encontre des animaux, avec un alinéa qui prévoit deux exceptions, pour les corridas et les combats de coqs. C’est donc bien la reconnaissance du fait que les corridas, comme les combats de coqs, impliquent des sévices envers les animaux. Dans la corrida, outre les taureaux, il y a les chevaux montés par les picadors, qui reçoivent les coups de tête de bêtes qui pèsent plus de 400 kg, qui souffrent de côtes fracturées, de contusions. Maria Sara, il y a quelques années, a eu un cheval éventré sous elle, mais personne n’en a parlé.

Les opposants aux corridas dénoncent à la fois les conditions de mise à mort des taureaux et les traitements qu’on leur fait subir avant. Quels sont-ils ?  Le taureau n’est pas un animal sauvage par définition, c’est un bovin herbivore comme les autres, un animal de plein champ, à qui on donne des anabolisants, si bien que certains ont du mal à supporter leur propre poids. Quand on le transporte de la « ganaderia » jusqu’à l’arène, on lui fait faire entre 1000 et 3000 km sans boire et sans manger, dans un coffre de contention de 60 cm de large où il ne peut pas bouger ; il y a peu, deux sont morts pendant leur transport. Selon l’ordre des vétérinaires espagnols, ils reçoivent en plus des coups de sac de sable pour finir de les affaiblir. On leur coupe le bout des cornes, le diamant, que l’on aiguise nouvellement en les limant. En 1947 Manolete a été tué par un taureau « afaité », dont on avait limé les cornes. Cela me donne l’occasion de remarquer que depuis 1948, 4 matadors sont morts dans l’arène : c’est moins dangereux que d’être pompier ou gendarme.

Et la mort du taureau ?  Elle survient au bout de 6 « banderillas », qui sont des sortes de harpon, et la bête meurt d’hémorragie ou étouffée. Pour certains vétérinaires, le coup de « puntilla » final qui est sensé achever le taureau ne le tue pas toujours, mais le paralyse seulement.

À ceux qui défendent la corrida en parlant de tradition taurine, que répondez-vous ?  D’abord qu’une tradition peut être catalane ou espagnole et être mauvaise. Et c’est ce qui fait progresser l’homme que d’abandonner les mauvaises traditions et de conserver les meilleures. Ensuite la corrida s’est développée en Espagne à partir du XVIe siècle seulement, et a été importée en France à partir de 1852, avec le mariage de Napoléon III et Eugénie de Montijo. Encore, pendant longtemps, a-t-il été interdit de tuer le taureau. Chez nous, les corridas existent à Céret depuis un siècle environ, à Collioure depuis un peu moins, à Millas depuis 20 ans, à Bourg-Madame cela a duré 5 ou 6 ans. Ce qui était authentiquement catalan, c’était le « correbou », un genre de jeu de vachettes où l’animal n’était pas tué.

Comment expliquez-vous le goût de certains pour ces spectacles sanglants ?  Le jeu du cirque, la musique, le « paseo », tout le folklore, l’habit de lumière qui est aussi une invention assez récente qui fait partie du mythe.

Est-il exact qu’il existe des écoles de tauromachie ?  Oui, il y en a quelques-unes en France, dont  Béziers ou Tarascon. Des enfants de 12 ou 13 ans s’exercent à tuer des veaux. Ce sont des établissements subventionnés par le contribuable, via les Conseils régionaux et la CRAM au titre de la politique d’intégration des jeunes.

Vous vous opposez aux férias, puisqu’il y a des corridas au programme. Sous quelle forme ?

Nous allons sur les marchés, à Céret, Millas, Collioure, avec notre stand, nos photos, nos documents, nos pétitions. Le 17 juin à Céret, nous avons récolté 367 signatures à notre pétition, à Collioure l’an dernier 580. À la présentation de la féria de Millas*, au Palais des Rois de Majorque**, nous étions 150 membres de la FLAC.

Quel exemple positif de vos actions pouvez-vous donner ?  À Amélie-les-Bains, le maire, nous a assurés que le « correbou » ne deviendrait jamais une corrida.  (*   présentée par le Président du Conseil Général  -  ** à Perpignan  )

L’Indépendant du 27/07/06, p6 ; Interview réalisée par Josiane Cabanas

DEPUIS 15 ANS, LA FLAC MILITE CONTRE LES CORRIDAS

La Fédération des luttes pour l’abolition de la corrida (FLAC) est partout présente en Europe. Son délégué pour les P.-O., nous dit les raisons de son engagement et ses actions.

Jean-Pierre Dunyach, à la tête de la FLAC 66 depuis 6 ans. Photo Patrick Daviau.


Le comité carcassonnais pour l'abolition des corridas appelle à une journée d'action, ce samedi, avec pour point d'orgue une manifestation à 17 heures devant les arènes. Le président, Denis Boulbès n'y sera pas. Militant de longue date, il souhaite prendre du recul et passer la main. Pressentie, Marie-Josée Garcia, actuellement secrétaire du CCAC devrait assurer la relève. Denis Boulbès ne sera jamais bien loin… Et toujours « prêt à réagir », sans rien perdre de sa verve.

La Dépêche du Midi : Pourquoi êtes-vous contre la corrida ? Denis Boulbès : Je tiens d'abord à dire que ce n'est pas à moi de me justifier. C'est aux aficionados de justifier leur plaisir, la double jouissance qu'ils tirent, primo de voir des animaux pisser le sang face au public et secundo, de voir des enfants, des adolescents et des hommes mis en danger avec la secrète espérance de les voir embrochés. DDM : Est-ce la réponse à la question de votre engagement ? D.B : C'est un préambule ! La loi française interdit les actes de cruauté contre les animaux. Mon engagement, c'est de dire que la loi française est bafouée dans un espace de non-droit qu'ont obtenu les aficionados. Sur 192 pays, il n'y en a que douze qui autorisent la corrida, douze dont cinq qui permettent des corridas privées. Moi, je suis du côté de la loi et pour la dignité dans la mort. Depuis toujours, l'homme a cherché à réduire la souffrance. C'est le sens de l'humanité : réduire la souffrance des hommes et des animaux. C'est ce qui a impliqué des règles pour l'abattage. Nous ne sommes plus au temps où l'on clouait des chouettes vivantes sur les portes des granges et où l'on écrasait les crapauds à coup de barre de fer ! Nous tuons des animaux pour nous nourrir : faisons-le uniquement pour cela, le plus rapidement possible et le plus respectueusement possible.

DDM : Qu'est-ce qui a déclenché votre lutte ? D.B. : J'ai aujourd'hui 63 ans. Jeune, j'étais un pacifiste et un objecteur de conscience. À cette époque, on a découvert que les animaux avaient leur propre langage mais les aficionados ignorent totalement ce qu'est l'éthologie. Je me suis intéressé à ces découvertes dans les années 60, 70 et j'ai pris conscience comme tout le monde, à ce moment-là, de la sensibilité psychique des animaux. Des lois ont été créées à partir de ces découvertes pour protéger les animaux. La corrida est le fruit d'une perception du monde qui est marquée pour le moins par l'obscurantisme. DDM : Les aficionados reprochent aux anti leur penchant pour l'anthropomorphisme ? D.B. : Ce n'est pas moi qui suis amoureux du taureau et plaque mes sentiments sur lui. Ce sont eux qui disent qu'il a du courage, qu'il aime le combat et qu'il est tombé à genou comme l'écrivent les chroniqueurs taurins. On est dans le Moyen âge là ! Moi je suis passé au XXIe siècle. On nous a imposé la corrida : c'est moi, contribuable qui la paye alors que ma conscience est blessée. DDM : Le milieu taurin local dit que vous êtes minoritaires, une poignée d'opposants ? D.B. : Et alors ? Nous sommes autant qu'eux ! Que les Carcassonne toros produisent leur liste et je produirai la mienne. Sur 61 millions de Français, il y a 5 000 aficionados. Ce sont eux qui sont en infime minorité. Sur 31 pays du bassin méditerranéen, la corrida subsiste dans une province espagnole et dans deux régions de France.

 

23/08/08  -   Carcassonne. « Je suis du côté de la loi, pour la dignité dans la mort »

Interview. Denis Boulbès, président du CCAC explique son engagement anti-corrida

Propos recueillis par Céline Samperez-Bedos

« COMMUNIQUÉ DE PRESSE  -  http://www.allianceanticorrida.fr

Que ce soit à Arles, Hagetmau ou ailleurs, l'Alliance Anticorrida est intervenue depuis le 6 juillet 2008 et a finalement gagné sur toute la ligne. D’abord, nous sommes parvenus à faire baisser le poids des taureaux (200 kg jusqu'à 60 kg) qui seront dans l’arène face à l'enfant et es arènes de Gimeaux (Arles) seront mises en conformité. Il ne s’agit plus d'une *becerrada comme annoncé...

 Les spectacles se sont  transformées en vulgaire capeas sans aucune effusion de sang. Et les taureaux  de corrida sont remplacés par des veaux camarguais. Les préfet ont d'ailleurs vérifié eux-mêmes les animaux. Les spectateurs assisteront donc à une sorte d'Intervilles  !  Il s’agit donc d'une d’une reculade totale des taurins d'autant qu'à Hagetmau, selon Olivier Grandjean, représentant de l'Alliance Anticorrida, plusieurs spectateurs déçus réclamaient la mise à mort.

De son côté, Michel Lagravère, père de Michelito, accuse l'Alliance Anticorrida d’avoir pris son fils pour cible.

Or les seuls fautifs  sont les parents dont le rôle est de protéger leur enfant au lieu de lui faire prendre des risques. Ce gamin a tué son premier taureau a six ans, et à dix ans il en est à cinquante-six ! Il porte  des cicatrices au visage et sur une jambe. Si l’enfant est malheureux aujourd'hui, c'est uniquement parce que ses propres parents  l’ont mis dans une telle situation.

Pour ma part, j'ai reçu des menaces de mort et autres accusations discriminatoires. Mais il en faut plus pour m’impressionner. Et ce ne sont pas les déclarations du père qui projette de m’attaquer en diffamation qui me feront taire.  Là aussi, je suis sûre de gagner concernant ce qui n'est qu'une  gesticulation médiatique supplémentaire.

Voir ici  la becerrada de Michelito à Fontvieille  le 4 août 2007  http://www.corrida.tv/rubriques/actualites/index.asp?id=2415

vidéo : http://www.corrida.tv/data/actualites/2254/metavideo.asx   A 15:00,  deux banderilles et l'enfant est renversé par le taureau.  A  18:55, simulacre de mise à mort avec la  3è banderille. 

*Définition de la becerrada selon le règlement municipal de l'UVTF (page 8 article 25) A noter que comme pour les 5 autres spectacles, la becerrada comporte toujours la pose de 6 banderilles  BECERRADAS - Spectacles dans lequels sont combattus - avec ou sans mise à mort- des animaux de 18 à 24 mois par des "aficionados"placés sous la direction d'un matador de toros, voire un banderillero confirmé...

Dont acte ! Cordialement, Claire Starozinski Fondatrice Alliance Anticorrida B.P. 77023  30910 Nîmes cedex 2 - Tél. & fax : 04 66 64 22 97  - http://www.petition-anticorrida.org/ »

Interview  par Josyane Querelle, (à g.) Présidente d’honneur de la FLAC, d' Elisabeth Hardouin-Fugier, historienne, auteur de  « Histoire de la Corrida en Europe du 18e au 21e siècle » 
382 pages, Éditions connaissances et Savoirs, 25 euros.
Une bible pour les abolitionnistes. Un livre érudit qui démonte les rouages de la mise en place et du développement de la gangrène tauromachique en Europe et présente l’évolution de la lutte. A lire absolument. Présentation.

Voir d’autres livres anti(corrida ICI.

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