Renada-Laura PORTET,
a autorisé plusieurs textes dans ce site :
-  Son Interview
filmé  -  Ses Publications  -  7 poèmes  (p. 1, 2)
-  Camp de Rivesaltes : 
Témoignage  
-  L’Indépendance :  « 
Irréversible »
Débat avec « Marianne »
Jordi Pere Cerdà

                      -  1  -       POEMES                            -2-     
    
=  A PERPINYÀ  la nostra « FIDELÍSSiMA » que ara viu del seu morir

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des HUMAINS ET DES ANIMAUX

Extrait de JOCS DE CONVIT
de Renada-Laura PORTET, « I si em regirés ?... » p21
chez COLUMNA (1990)
(in Catalan Review, North American Society) :
=  Extrait de JOCS DE CONVIT
de Renada-Laura PORTET, « AL PRIMER MATI »
chez COLUMNA (1990) p30

ET SI JE ME RETOURNAIS ?...

Et si je me retournais pour simplement sourire ?
                               Les chiens fous du souvenir
qui m’assaillent
sous l’attentive soie de l’eau fuyante du temps
seraient  lumière habitée de mille visages moqueurs…
et je me croirais
                          libre.
                         Je secoue
ma joie malhabile au vent de l’horizon
                                          en croyant que je souris,
                                           pauvre humain placé en croix.
De folâtres végétaux assoupis tournent sous un souffle sans fin…

                  Quelle cité
où se plaignent les vents
                     me supplie
dans un étrange balancement indécis ?
                     Qui danse pendant que je souffre ?,
                     qui chante pendant que je hurle ?
Je veux donner sa vérité
                     à cette face qui est la mienne,
je veux qu’on m’appelle par mon nom
                     non travesti sous une forme étrangère,
je veux enfin me connaître
                                   au beau milieu du sang et des plaies
de ma solitude nue démesurée.
Mais
les fleurs que je veux respirer me fuient.
Mais
le fruit dans lequel je mords décapite mon intégrité.
Mais
en sortant de cette ville j’ai les mains et le cœur vides
sous la blessure mortelle
d’un univers qui vit de son mourir.

                               Et j’ai crié à pleins poumons
                               ma révolte de finir.
                               J’ai fait le tour de la clairière,
                               je reviens maintenant au premier arbre de ma vie.
                                                                    Les yeux et la terre
qui le fixaient au fond de sa sombre forêt
je ne sais plus s’ils existent encore
ensevelis sous la neige de mon exil.
Inconnue
et bruissante de mes espoirs mis en pièces
j’oppose au ciel
                          le scandale
                                               accepté.

Et cet unique oiseau des bois, mort,
avant la naissance dans ma pensée
d’autres pensées,
et les hommes, mes semblables,
les disparus et ceux d’aujourd’hui et les jeunes impatients
tous
       m’ont rejetée.
                                Alors
ma saison nouvelle
(déjà sur son adieu)
a pris le chemin du lent voyage des nuages
dans les faux-pas de leurs mensonges paresseux.

                                  Et cet être que je crois être moi
                                  va et vient, regarde, rêve
                                 et s’égare
en lui-même jusqu’à ce qu’il atteigne le silence
                                 de cet enfant perdu.
                                 Dentelles déchirées de la joie.
                                 Les paroles
                                 toutes les paroles des hommes
brûlées au bûcher de son cœur.

                                 Et l’enfant, alors,
reprend en mains le solitaire jeu de cartes du monde.

 

 

Perpinyà, 28 de febrer de 1988
Poème traduit et publié aux USA , 1989

 

AL PRIMER MATI

Al primer mati de les herbes
que ventilen suau els espadats carnals
amb la crida on s’arruga la saba a flor d’aire
quan tant d’amor només és pol.len de dubtes i                                                                                 arcada de vent,

Tu, filleta,
abans que somii l’alba vergonyosa dels déus,
néixes dona,
de l’emprenta bruna vellutada
d’una mirada.

 

AU PREMIER MATIN

Au premier matin des herbes
qui caressent doucement les falaises charnelles
dans l’appel où se plisse la sève à fleur d’air
quand tant d’amour n’est que pollen de doutes et arcade de vent,

Toi, fillette,
avant que ne rêve l’aube intimidée des dieux,
tu nais femme,
de l’empreinte brune veloutée
d’un regard.

Perpinyà, 1 de marc de 1988

 

Vois-tu, Pauline, le rêve, toujours à base de souffrance et de joie, nous porte peut-être à un délire sans fin, tel une sorte de dieu ivre qui nous ferait partager son ivresse. L'être se transmue en sa propre matière, se dépasse et se perd dans l'illusion de cette histoire.

Parce que le rêve, qui se déclôt peu à peu tel une fleur ouvrant sa corolle, laisse à découvert en son cœur une spirale qui tourne autour d'un axe s'éloignant continuellement selon des lois qui nous échappent, nous, pauvres créatures qui nous débattons dans l'absurde, invités que nous sommes à regarder la spirale et à y entrer, alors que nous nous inclinons par dessus le calice de la fleur. En cela se trouve le danger. L'abîme ouvert dans la fleur du rêve, un rêve et sa fleur qui se dresse, si jolie, tout juste éclose, au dessus du pré infini. Comme attirés par un appeau, nous nous laissons séduire par la beauté de ce calice entr'ouvert qui nous attire, nous enchante et finit par nous absorber;

Mystère de l'abîme offert au cœur même de la beauté.
Perpinya, septembre 2018

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SI TU SAVAIS, AMOR …

Si tu savais, Amor, si tu savais comme je t'attends,

au bord du Temps, sur la voie vagabonde

où chemine la Femme, toujours investie

de son inquiet, profond et fabuleux Mystère.

L'attente m'a plongée dans un brasier d'Amour !

Viens ! Dans la Nuit où l'ineffable douceur

de mon Secret espère, veille non point dure

ton pas impacient me sortira de langueur !

Et mon cœur exalté s'élèvera jusqu'au veut

le désir - ô, belle, heureuse démesure

de l'Amour!-- et, libre de toute repentance,

je partagerai avec toi l'amoureuse aventure ...

Baiser sur baiser, je frémirai sous ta force dure

mais ma chute gardera le moelleux

du duvet de cygne, et du plaisir le visage

sera pour toi miroir, onde de triomphe ...

Riche de son don --qui est Foi de !'Ombre!-- Nature

sait mener, par voluptueuse ferveur,

jusqu'au chant le plus lyrique, l'excessive Ardeur!

Oh ! l'ivresse de ton contact affolant de plaisir

je veux sur mon corps l'adoucir en fleur qui dure

comme sur les roses vibre le vent frivole et nu,

et de tout, hormis nous, je serai oublieuse! …

Car le toi et le moi se fondent dans l'Amour !

Il n'y a nul pêché à oser les caresses:

transcendant est ce plaisir d'Amour égalé

qui réintègre l'Homme à un juste Paradis!

Le Monde avec l'amour renaît : tout est neuf, idéal et pur

comme l'azur d'aujourd'hui, comme le verd et impacient chemin

où je t'attends, près de la source, à mon Secret complice

et qui, depuis le fond des Temps, me chante, d'un jet têtu,

de la Femme la nécessaire attente langoureuse …

Dis-moi donc, Amour, pourquoi jusqu'à moi tu n'es jamais venu ?

La peur. Le doute. Le hasard.

La peur. Le doute. Le hasard.
Que savons-nous ?

Délire absolu

La machine des sentiments ?

Rudimentaire, bruyante, indécente,

usine à désespoir

aussi vaine que les bulles d'air

noyées dans les eaux d'un lac.

Toujours les mêmes émotions.

Nous les répétons

et la courroie des mots

s'affole, se détache.

Les ravages

sont chaque fois

plus importants.

(Crissement de papier froissé

la corbeille en est pleine ... )


Si de ces feuillets de mon amertume

on faisait un livre

Tout s'engloutirait dans l'entière

combustion

de ton absence,

cri accroché à la poussière

que le vent incessamment emporte

entre ciel et terre.

 

 

Traductora:

Danièle Estèbe Hoursiangou

 

Ilc.cultura@gencat.cat)
www.llettrescatalanes.cat

Renada-Laura PORTET