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La corrida.

Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour

Dans les premiers moments j'ai cru
Qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule...

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil

Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J'ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que s'arrête
Andalousie je me souviens

Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila

Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros

Francis CABREL

  2  - QU’EST-CE  QUE  LA  CORRIDA  ?   ( -1- ) 
Références

CABREL…LA CORRIDA   http://www.franciscabrel.com/

 

« A propos de la corrida, je voudrais dire toute ma peine de voir ce cruel spectacle devenir à la mode dans notre beau Sud-ouest.

Longtemps cantonné en Espagne puis dans la région D'Arles et Nimes, la cruauté avance désormais jusqu'aux portes de Toulouse. Carcassonne vient tout juste d'organiser un de ces évènements.

C'est bien de torture qu'il s'agit et de mort lente, atroce et insupportablement douloureuse pour l'animal qui, comme par hasard, ne crie même pas, sans doute privé de ses cordes vocales avant d'entrer... Sinon comment?

Et c'est avec un soi-disant courage que l'homme se poste devant la bête qui n'a plus les muscles et tendons du cou pour lever la tête et que l'on blesse à intervalles réguliers pour qu'elle perde son sang et ses forces. "C'est pour l'oxygéner", répondent au contraire les mordus du spectacle de la torture.

Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanité qui recule, c'est dans les noirs bas-fonds de l'être que l'on trouve ces instincts voyeurs, cruels et tortionnaires.

A l'aube de ce 3ème millénaire, que l'on aurait pu souhaiter paisible et harmonieux, la Justice française et les hommes politiques, surtout soucieux de leurs électorats et de leurs petits pouvoirs encouragent la chasse (inutile) et la corrida avilissante. »

Les corridas ne s’arrêtent pas aux arènes: (ou la justice et la corrida !)

En France ou en Espagne, il existe en effet des "fiestas camperas", autrement dit des fêtes "champêtres", où des taureaux sont tués au cours de rencontres "amicales" et privées: "Entre 1993 et 1994, j’ai tué soixante toros en privé.", a déclaré Philippe Delapeyre, ("San Gilen", de son nom d’arène), dans la revue Tendido d’avril-mai 1995.

La FLAC (Fédération de Liaison Anti Corrida) avait déposé une plainte à la suite d’un film clandestin tourné lors de ces tueries privés, le 15 juin 1995, à Franquevaux, dans le Gard. Malheureusement, la FLAC a perdu le procès, dont le président du tribunal était le juge Gilbert Azibert, qui déclara au Midi Libre du 16 septembre 1995, parlant d’une autre corrida, qu’il l’avait trouvé "moyenne":

"J’ai quand même passé un bon moment. Vous savez, la corrida comprend des déceptions mais aussi de grandes satisfactions. Nous sommes, nous autres aficionados, toujours à la recherche de la corrida idéale."   ( fximage webzine )

.Robert FERRIEUX : « Pauvre monsieur Viard. 

La torture des arènes est son fond de commerce et son gagne-pain. Il se précipite sur le sondage du Midi Libre pour en tirer les conclusions qu'il souhaite voir prévaloir, ce qu'il résume bien par le terme statu quo. Notons cependant que, malgré ses cris de victoire, il reste sur la défensive, accuse le coup des campagnes relayées par les journaux et hebdomadaires, quitte, bien sûr, à accuser les associations de toutes les turpitudes. Il ne se rend pas compte que même si ce sondage reflète l'opinion générale, ce qui reste à voir, c'est un énorme camouflet qu'il reçoit : 50% de pour dont une infime partie seulement est constituée d'aficionados, qu'est-ce que cela veut dire ? 

1)  Que la tauromachie active n'intéresse pas grand monde, en définitive,

2) qu'elle est condamnée par la moitié de la population française, ce qui est énorme : plus de trente millions de personnes, 

3) que la grande majorité des gens, d'une façon ou d'une autre, est sensibilisée au problème, donc 

4) que le problème se pose et est désormais posé, et sans relâche.

Continuons notre action  avec vigueur et persévérance. Nous gagnons sans cesse des points. En quelques années, un sujet tabou ou même qui n'intéressait qu'un public confidentiel est à l'affiche de façon quasi permanente, s'est hissé dans les médias au rang de débat, mobilise les esprits, oblige les personnes publiques à prendre position, est évoqué dans les palais du pouvoir (cf. la lettre de Jean-François Coppé que je ne trouve pas si décourageante que cela, car il prend la peine de faire répondre avec précision en évoquant la législation et revient, quoique en termes ambigus, sur la discussion de l'accès aux arènes au moins de 16 ans) et les coulisses des scènes populaires. Ne nous attendons pas à des résultats immédiats. Nos avancées sont si significatives, cependant, que la lumière reste au bout du long chemin. »

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

Apologie de la corrida : retour sur une maltraitance festive
      « C'est en 1853 que la corrida fut implantée en France par Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. Ce dernier ne s'est donc pas contenté de violer la Constitution de 1848, il a fait bon marché de la loi Grammont votée en 1850, cette première mesure de protection animale que la gauche républicaine avait défendue contre la droite cléricale. Était-elle plus belle ou l'était-elle moins, la feria, avant que, vers 1930, on impose l'usage du caparaçon ? Les festivités sanglantes commençaient alors, comme le souligne Élisabeth Hardouin-Fugier dans Histoire de la corrida en Europe du XVIIe au XXIe siècle, par le massacre des chevaux que montaient les picadors. Ces animaux, affamés, hébétés, les yeux bandés, incapables d'esquiver la charge se faisaient immanquablement éventrer et, à moins d'être immédiatement recousus, ils se prenaient les pieds dans leurs entrailles.
    
Ernest Hemingway aura eu la bassesse d'écrire que, dans la tragédie de la mort du taureau, celle du cheval relevait plutôt du comique et Michel Leiris, que «l'ignoble sang des chevaux» représentait les menstrues féminines. Interrogé sur son rapport à Michel Leiris, Jacques Derrida, qui avait accepté la présidence d'honneur du Comité radical anticorrida, avait répondu: «Je peux aimer ou admirer tels textes de Leiris sans cesser de me poser des questions sur le désir et l'expérience de Leiris lui-même.»
    
On rappellera du reste que Michel Leiris et Henry de Montherlant ont fini par dénoncer le cabotinage de la plupart des toreros et le verbiage héroïco-esthétique des aficionados. Certes, j'accorderai à ceux-ci l'incontestable beauté d'un spectacle qui s'est imposé comme une cérémonie grandiose. Mais ce constat n'empêche aucunement de demander si le fait de procéder selon des rites annule la responsabilité morale d'une torture mortelle infligée en vue d'un pur plaisir. Eugène Delacroix, qui a représenté des acteurs de l'arène, n'a jamais peint de corrida et il a écrit dans son journal que «là où coule le sang, l'art est impossible».
    
Les apôtres de la corrida disent, de surcroît, que son abolition constituerait une faute écologique en ce qu'elle mettrait fin à l'élevage des taureaux sauvages, race qui concourt à la diversité des espèces. Or, il faut savoir que la zootechnie n'a pas moins créé et cultivé le taureau dit de combat que le bœuf du Charolais si méprisable aux yeux des zélateurs du «toro bravo». Celui-ci ne combat pas de nature comme un chien chasse de race puisqu'il est méthodiquement entretenu dans une «hostilité familière». Les taureaux sauvages sont à peu près élevés comme on élève des faisans pour les tirer et, en liberté, ils n'attaquent guère les hommes, sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui rend le taureau non pas «brave» mais furieux c'est son conditionnement, sa contention lors du transport et son enfermement dans le toril.
     C'est avec la justification éthique de la corrida qu'on touche au comble de la supercherie. Les aficionados cultivés se réclament d'une morale aristocratique d'inspiration stoïcienne, ils exaltent la virilité héroïque de deux êtres exceptionnels, le toro et le torero. Selon eux, cette éthique de la lutte à mort irait à l'encontre de la tranquillité bourgeoise et de ses pleurnicheries sur les droits. Ainsi opposent-ils la mort debout du taureau dans l'arène à la mort passive et ignominieuse des bœufs à l'abattoir. Ce mode de légitimation a quelque chose de grotesque. D'abord parce que parler de la bravoure des toros relève d'une pure projection.
     Comment explique-t-on en effet que certains d'entre eux refusent le combat à tel point que pour les exciter, on lâchait naguère sur eux les molosses des abattoirs de Séville ?
     Ensuite, parce qu'en dépit de
Picasso, ce culte de l'héroïsme viril pue son «Viva la muerte !» fasciste. Enfin, parce que les spectateurs se contentent d'être assis et de regarder. On ne nous fera quand même pas prendre le voyeurisme collectif pour un acte de courage.
     La corrida est un spectacle qui consiste à infliger au taureau des tortures savantes, de manière à retarder le moment fatal. Les harpons des banderilles plantées sur son dos l'ensanglantent et entament ses muscles un peu plus à chacun de ses mouvements mais les blessures n'en sont pas mortelles. C'est au bout de vingt minutes que, les poumons remplis de sang, tombant à genoux - et non debout ! -, il reçoit l'estocade, laquelle ne met pas fin à son supplice puisqu'il faut encore que l'achèvent les
puntilleros armés de couteaux : dans l'arène mais à l'abri des regards.
     Si
Hugo et Schoelcher ont jugé capital de porter au nombre de leurs combats l'opposition à la corrida, c'est bien qu'il y a quelque chose de politique au cœur de cet engagement contre la magie du sang, de la volupté et de la mort. «Je suis absolument contraire, écrivait Zola, aux courses de taureau, qui sont des spectacles dont la cruauté imbécile est, pour les foules, une éducation de sang et de boue.» »
Elisabeth de Fontenay

« Cela me fait mal de penser qu’il n’y aura jamais contre nous  de soulèvement des animaux, de ces animaux patients que sont vaches et moutons, tout le bétail qui est entre nos mains et qui ne peut leur échapper.
J’aime à imaginer qu’une rébellion éclate dans un abattoir pour se répandre sur une ville entière…
Cela me soulagerait déjà un peu si un seul taureau réussissait à mettre en fuite pitoyable ces «héros», ces toreros, et avec eux toute une arène avide de sang.  Mais l’évasion de victimes plus faibles et plus douces,
des moutons et des vaches, me serait encore plus agréable. Je n’aime pas devoir admettre que cela n’arrivera jamais ; que nous ne tremblerons jamais devant eux. »
Elias Canetti
 

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