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01/11  -  40 tonnes de plastiques et micro plastiques échoués sur les berges de la Têt entre Perpignan et l’embouchure du fleuve prêts à se déverser en mer depuis la Têt, nous révèle le Cefrem (Centre de Formation et de Recherche sur les Environnements Méditerranéens), un laboratoire de l’université de Perpignan. Le plastique a envahi nos vies. Inoxydable dans l’eau de mer, léger, peu onéreux, il est aujourd’hui un des matériaux les plus utilisés dans l’agriculture, le commerce et plus généralement dans la vie de tous les jours. Si la conséquence de la prolifération des déchets plastiques est bien connue, l’entassement des résidus polymères dans le milieu naturel est encore loin de faire la Une des journaux.
Le laboratoire prend très au sérieux le sujet et vient de publier des études sans équivoque sur la présence en nombre de ces déchets plastiques dans les zones naturelles du Roussillon. Ainsi et pour ne prendre qu’un exemple, ce sont pas moins de 40 tonnes,  
4 387 déchets par 100 mètres. Mais là où le bât blesse, c’est que ces déchets termineront inexorablement en mer au moment des fortes crues. « On les retrouvera après les crues de l’automne et de l’hiver sur les plages, flottant au large ou bien en profondeur » détaille le chercheur perpignanais Philippe Kerhervé, spécialiste des pollutions en milieu marin. « Grâce à un protocole scientifique appuyé par une association et le travail des étudiants du Master Sciences de la Mer de l’UPVD, on a pu établir ce chiffre de 40 tonnes pour la Têt. La situation empire puisque l’on est passé en 2015 de 2918 à 4 387 déchets par 100 mètres en 2017 ». Pour se persuader que ces déchets migrent avec les pluies et le débit du fleuve, le chercheur du Cefrem a fait des marquages de  plastiques présents sur la Têt et a pu récupérer ces objets quelques semaines plus tard à des endroits plutôt éloignés, l’un à Leucate, un autre dans la baie de Paulilles. Un mouvement qui en cache un autre, quasiment invisible, bien plus pernicieux et écologiquement désastreux. « Bloqués par la végétation sur les berges, les plastiques se dégradent sous l’effet des rayons du soleil. Ils deviennent cassants et des milliers de particules se retrouvent dans l’eau et bientôt en mer ».
Tous ces matériaux iront fragiliser, voir faire disparaître, en toute discrétion, les organismes marins de petites tailles (vers, huîtres, moules, crevettes) en entrant dans la chaîne alimentaire. « Ces micro plastiques sont un fléau pour la faune marine et avicole. Aucune espèce marine n’est ménagée car on les retrouve également dans les sels de mer. Outre les étouffements et les troubles digestifs entraînés par leur ingestion et observés surtout sur les oiseaux, ces matériaux plastiques ont la capacité de retenir une grande concentration de polluants : pesticides, métaux lourds, PCB, un vrai supermarché du polluant qui n’attend plus qu’à se diffuser dans les organismes lors de leur ingestion et à les fragiliser encore plus ».
     Car les études montrent clairement que la migration de ces plastiques est sans fin. « Certains s’installent dans des canyons à plus de 1000 mètres de profondeur, d’autres finissent dans les atolls du Pacifique avec la naissance de véritables îles poubelles plastiques ». Si une prise de conscience s’est faite sur le terrain politique avec les emballages plastiques dorénavant interdits, les solutions restent limitées pour le moment sur ces sources de pollution. « Le nombre de produits mis sur le marché avec du polymère augmente inexorablement. On en trouve même  maintenant dans les cosmétiques (gel douche, soins de gommage) sous la forme de petits cristaux. Comme ils  échappent aux traitements dans les stations d’épuration, tout cela finit dans la Têt puis ensuite dans la mer ». Julien Marion,  
    
Pistes d’amélioration, Philippe Kerhervé fait comprendre les enjeux. « Jamais on ne pourra nettoyer les océans et les mers de ces plastiques. On peut agir sur les plages en les nettoyant mais c’est une solution à perte car la problématique reviendra inexorablement ». Selon le chercheur, tout le travail porte en amont avant que les plastiques ne soient rejetés dans la mer. « Il faut une prise de conscience globale. Des pouvoirs publics évidemment avec l’interdiction ou la taxation des plastiques jetables à usage unique ou encore redonner une valeur aux déchets, qui n’en ont plus, afin de motiver les personnes qui les ramassent ». Mais selon le chercheur, le futur enjeu est de s’attaquer aux  citoyens qui a, selon lui, les clés en main pour réduire la facture écologique. «Notre ambition scientifique a permis de montrer que ces micro plastiques posent encore plus de problèmes que les macro plastiques (bouteilles, bidons...) mais surtout qu’ils proviennent des déchets de tout le monde. Qu’ils n’étaient pas forcément jetés de manière volontaire mais qu’ils arrivaient dans la nature de manière involontaire notamment sous l’effet du vent. Il faut une prise de conscience des citoyens qui doivent réduire l’usage de ces matériaux dans leur vie de tous les jours mais aussi mieux considérer leur  stockage. Il faut qu’ils s’approprient le domaine public car c’est le leur et c’est à eux de le préserver ». La mise en place de collectes le long du fleuve, de pièges installés dans les agouilles et canaux et un perfectionnement du système de collecte sont autant de solutions également avancées par le chercheur. L’Indépendant. des 14 et 15/10.