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 (18/01/20  -  Le déclin organisé de la Sécurité sociale. A I ’origine, la « Sécu » est universelle, mais, depuis 1993, cette caractéristique est remise en question dans chacune de ses branches, explique l'ancien fonctionnaire.

L'augmentation de leur CSG, puis l’exaspération des personnels hospitaliers, enfin méfiance face à la réforme des retraites: les Français s'interrogent sur la pérennité de leur protection sociale. Or, il existe une raison commune à ces colères et ces inquiétudes, celle du déclin organisé de la Sécurité sociale, qui touche tour à tour depuis trente ans chacune de ses branches, avec une seule cohérence : mettre fin au caractère universel du « droit à la Sécu ».

1993 est la date de la première grande réforme des retraites, mais aussi de la publication d'un texte qui mérite d'être cité car, prophétique, car il décrit toutes les voies qui ont été utilisées depuis. « La justice sociale suppose aussi de ne plus assimiler la protection sociale à une assurance. Les droits sociaux doivent être proportionnels aux revenus et aux patrimoines constitués.

Il-n'est plus possible de continuer à verser des allocations familiales sans conditions de ressources ou de laisser, sous prétexte d’égalité, un ticket modérateur identique pour tous en matière de santé; comme de ne pas faire participer plus directement les retraités au financement de la Sécurité sociale dont ils sont les premiers bénéficiaires. A l'inverse, la protection doit rester intégrale pour les plus modestes.»
Ce texte, publié dans Le Monde du 21 août 1993, propose ainsi de revenir à un système assistantiel certes développé mais qui, par construction, n'est plus universel. Intitulé significativement «Ruptures», il est signé par ... François Hollande, Jean-Yves Le Drian et Jean-Pierre Mignard.

La caractéristique première de la Sécurité sociale est d'être universelle, de viser à couvrir toute la population. Dès 1945, elle développe certes des prestations de solidarité bénéficiant d'abord au plus pauvres, mais elle fait une large place aux prestations contributives, celles dont le montant est directement fonction de la cotisation versée. Les retraites en sont la principale, mais les indemnités chômage, maladie et accidents du travail (AT-MP) sont également contributives.

De fait s'opère depuis trente ans une remise en cause de cette universalité, sous des abords des plus logiques: puisqu' « il n'est plus possible», comme dit le texte, de continuer à verser à tous, une véritable politique de justice sociale. n’exige-t-elle pas de réserver les prestations aux plus pauvres? Ce serait faire preuve de « réalisme» que de constater que le caractère universel devient hors d'atteinte. La réforme Balladur de 1993 instaure le calcul du montant des retraites sur les vingt-cinq meilleures années d'activité, mais pour le seul régime général. Une différence est ainsi faite avec tous les autres régimes, ce qui pose la question de l'égalité des efforts contributifs : pour 1 euro cotisé chacun n'a plus les mêmes droits. Il en sera de même avec la branche maladie, de façon plus subtile mais massive. Rétrospectivement, la création de la couverture maladie universelle (CMU) en 2000, puis celle de l'aide à la complémentaire santé en 2003 apparaissent comme des mesures refuges. La volonté de protéger les plus pauvres et le doublement des assurés reconnus atteints d'une affection de longue durée (ALD) a pour contrepartie la diminution progressive de la prise en charge des soins des 56 millions de Français qui n'ont ni CMU ni ALD: elle est maintenant inférieure à 50 %· de leurs dépenses pour les soins de ville.

La retraite moyenne va baisser L'abandon du caractère contributif des prestations se retrouve aussi dans la protection contre le chômage ou la retraite. La limitation de l'actualisation des pensions de retraite sur l'inflation aux seules pensions inférieures à 2 000 euros, le rabotage des indemnités chômage des cadres, la création de quatre taux différents de CSG en fonction du montant de la retraite, illustrent le caractère quasi systématique de cette politique de « désécurisation ».

De même, les prestations familiales ont changé de nature en 2013-2014. L'objectif de 1945 s'efforçant de compenser les charges de famille y compris pour les familles aisées avec enfants comparées à celles de même revenu mais sans enfants, est quasiment abandonné. La forte réduction du montant du quotient familial, puis la modulation des allocations ont privé les familles aisées ou relativement aisées de 3,3 milliards d'euros par an. Sans que cela profite aux familles à bas revenus: seules les 5 % aux revenus les plus faibles y ont gagné ... 0,3 % de revenu! Ni à la politique de conciliation entre vie professionnelle et familiale : moins du tiers des places de garde annoncées pour la petite enfance ont été ouvertes.

   Enfin, aujourd'hui, la réforme des retraites, en plafonnant les dépenses à 14 % du PIB, revient à faire baisser la retraite moyenne, puisque le nombre de retraités va augmenter et qu'il n'existe aucune garantie de maintien de la valeur du point. Il suffit de constater la limitation à 0,3 % de l'actualisation en 2019 et 2020 des prestations sociales, ou encore l'évolution sur dix ans du point de la fonction publique et, enfin, celle du point Agirc0Arrco ... Le passage du plafond annuel des cotisations de retraite de 320 000 à 120 000 euros permettra aux plus aisés de faire échapper une grande part de leurs revenus aux cotisations et, en recourant à la capitalisation, à la baisse des pensions.

De fait, la Sécu est appelée à devenir la caisse de secours de l'Etat. Le rapport de la Cour des comptes « Situation et perspectives des finances publiques» (juin 2019) rappelle que l'Etat compte redresser les comptes publics d'ici à 2023 grâce à un excédent de la Sécu de 1,2 point de PIB, soit près de 35 milliards d'euros par an.

Où trouver ces 35 milliards ?  La branche AT-MP n'est pas de taille. La branche famille, sérieusement mise à contribution ces dernières années, paraît hors-jeu. Ce sera aux branches maladie et retraites de faire des économies massives. Comme toujours depuis 1993 ... » Gilles Johanet  (https://www.lemonde.fr/, le journal, p29)

 

 

16/01/20  -  « La réforme des retraites est illisible. N'essayez pas de vous faire une opinion personnelle: la réforme des retraites est illisible et ceux qui sont censés vous en énumérer les détails ne la comprennent pas mieux que vous. Le résultat de cette foisonnante complexité est que le pays a perdu beaucoup de temps et d'argent à propos d'un conflit qui n'en valait peut-être pas la peine. (…)

La responsabilité doit être attribuée aux énormes erreurs de communication commises par le gouvernement; à un désaccord entre le président et le Premier ministre qu'ils ont bien du mal à cacher; aux foucades des oppositions qui ont apporté des mensonges au flot des-Vraies nouvelles. Mais surtout, l'idée du gouvernement de renoncer à l'âge pivot sans vraiment le retirer complètement, avec le vain espoir de négocier avec les syndicats réformistes, tout en présentant le projet de loi à l'Assemblée nationale sans que le texte de la réforme soit encore ( Suite de la page d’Accueil ) rédigé, a porté la confusion à son point d'ébullition.

   Secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez n'a pas tort de rappeler que la CFDT n'est pas le seul syndicat français, façon d'affirmer que l'exécutif doit compter avec l'intransigeance de plusieurs syndicats qui continuent à faire grève et à manifester et se gardent bien de saisir la main tendue par le  gouvernement. · De leur côté, les syndicats dits réformistes se demandent, encore aujourd'hui, si c'est du lard ou du cochon: ils ne comprennent pas la stratégie du pouvoir qui consiste à s'appuyer sur sa majorité parlementaire pour renforcer ses positions et ne retire l'âge pivot qu'à certaines conditions. Lbin d'avoir mis en déroute les organisations syndicales, il a aggravé la mêlée. Il ne les pas divisés en tout cas jusqu'à entamer une discussion durable. L’opinion, elle, constate qu'il est encore difficile de prendre le train ou le métro. C'est l’Ile-de-France qui souffre; il est vrai, plus que la province. Mais le tableau est celui du chaos, en dépit de la promesse qui nous est faite d'apaiser les différends et de pousser l'affrontement jusqu'à ce que les grévistes, non-payés, soient contraints de reprendre le travail.

Un manque de transparence

Bref, la crise n'est pas terminée, mais au lieu de contempler le tableau lumineux de ce que la réforme pourrait être, nous avons l'inverse, c'est-à-dire un écheveau inextricable, la mise en danger de tous les petits commerces, l'affaiblissement économique, sans que personne ne puisse dire quand cette folie bien française sera parvenue à son terme. Les sondages d'opinion continuent de nous dire que les Français, dans leur majorité, soutiennent les manifestants et grévistes, mais au fond, le scepticisme est général parce que le gouvernement n'est pas convaincant, de sorte que la bonne question  n'est pas posée: les Français croient-ils que le système actuel est le bon, ou croient-ils au contraire que la réforme le renforcera?

   Pour une réforme aussi ambitieuse, il fallait une transparence totale. Oui, la réforme diminue les inégalités entre retraités, oui, elle prévoit un minimum de 1 000 euros pour ceux qui n'ont pas bien gagné leur vie active, oui, la pension de réversion des veuves sera plus  généreuse. Mais inversement, elle ne rassure pas, ou pas encore, ceux dont le travail est physiquement pénible et qui ne se voient pas

faire les manutentionnaires jusqu'à 64 ans. En outre, on assiste, dans cette affaire, à une incroyable élasticité du temps. La réforme sera appliquée en 2025, non, 2027, non en 2050. Elle concernera ceux qui sont nés en 1963, non en 1975, ou peut-être plus tard? Dans ces conditions, il est impossible d'en juger le contenu ou d'en évaluer les conséquences. Et on ne voit pas pourquoi certains syndicats ont décidé, dès le premier jour, d'en exiger la suppression pure et simple, alors qu'ils ignorent eux-mêmes si le nouveau système sera pire ou meilleur que l'actuel. » (Le blog de Richard Liscia. Tous les jours sur www.lequotidiendumedecin.fr, p20)

 

 

29/07/19  -  Collapsologie : L’Effondrement :

C’est le pape François qui exhorte les Etats à agir pour lutter contre le changement climatique «parce que notre survie et notre bien-être dépendent de cela». Ou bien le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui pose en costard, de l’eau jusqu’aux cuisses, en une du magazine Time fin juin, appelant à sauver le monde «face à une menace existentielle directe». Et en France, c’est Edouard Philippe qui cite comme l’un de ses livres de chevet Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (1) de l’Américain Jared Diamond, l’un des principaux penseurs actuels de l’effondrement écologique. Depuis quelques mois, les théories de l’effondrement enflamment le débat public (lire Libé du 8 novembre ), ravivées aujourd’hui par les deux épisodes caniculaires que nous venons de vivre et l’accélération de l’épuisement des ressources de la planète. (https://www.liberation.fr/planete/2019/07/29/effondrement-l-humanite-rongee-par-la-fin_1742749)

 

 


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