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ECOLOGIE
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CONVENTION VIE ET NATURE  - 

  LES  LETTRES  HEBDOMADAIRES DE
 
 MONSIEUR  GERARD 
CHAROLLOIS
 
       

FRANCBAUDIE  -  24380  VEYRINES DE VERGT  -  TEL 06 76 99 84 65- 

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

-  14/04  -  Pour la défense de notre civilisation
« Nous autres, civilisations, nous savons que nous sommes mortelles ». Paul VALERY.
Bien sûr, ce postulat serait juste dans la mesure où l’on considèrerait une discontinuité entre les civilisations égyptienne, grecque, romaine et occidentale dans l’acception Européenne.
Je nuancerai cette assertion, car en fait, plus que de civilisations successives, il s’agit d’effondrements d’empires politiques connaissant des phases d’ascension, d’apogée et d’écroulement.
Les acquis se transmettent et rien ne se perd vraiment en passant d’une hégémonie à une autre.
Ce qui fait une civilisation tient à un socle de valeurs célébrées par une société à un moment donné de l’histoire et dans une région donnée.
A l’évidence existent plusieurs civilisations qui se côtoient, coopèrent parfois, s’affrontent trop souvent.
Quels sont les socles de valeurs de la civilisation Européenne, notre civilisation dont nul ne conteste qu’elle soit menacée ?
Produit du judéo-christianisme, puis de la raison, des Lumières, du républicanisme et des apports des doctrines socialistes, elle célébra l’émancipation de l’homme, la liberté de pensée et de mode de vie, l’individu et ses choix, l’homonomie par opposition à l’hétéronomie ou, plus simplement énoncé, le fait que la loi vient des hommes et non des dieux. (
SUITE )
Ces évidences échappent à nombre de contemporains qui ignorent qu’il n’en a pas toujours été ainsi et que tous les peuples n’ont pas la chance de vivre selon ces principes. Ce n’est ni toujours, ni partout que la raison prévaut sur l’obscurantisme, l’humain sur les mythes, la liberté sur la soumission, l’individu sur le dogme.
Comment défendre ces valeurs ?
Non pas en vénérant le passé, en mettant nos principes fondamentaux dans un musée où chacun serait invité à s’incliner devant les œuvres parachevées, mais en dépassant, en amplifiant, en enrichissant, en subvertissant les acquis de notre civilisation.
Aux Droits de l’Homme, à la démocratie, à la liberté individuelle de mode de vie, aux acquis sociaux, nous devons ajouter sans cesse, élargir le cercle de l’empathie, élever le degré de conscience et non régresser, capituler, relativiser et adopter des attitudes de pénitents.
Peut-être, me dira-t-on, tout se vaut et notre civilisation ne méritait pas mieux que d’autres ?
Je répondrai qu’à défaut d’être meilleure, la civilisation Européenne, fille du christianisme mais aussi de ROUSSEAU, VOLTAIRE, DIDEROT, MARX, FEUERBACH, BAKOUNINE, DARWIN et KROPOTKINE, fut la notre et que personnellement je n’en connais pas d’autres dans lesquelles je préférerais vivre.
Ne boudons pas nos acquis. Ne regrettons rien car qui aurait honnêtement envie de vivre en un autre temps et sous d’autres cieux ?
Va-t-on regretter l’inquisition, la peste noire, les guerres et les pillages de la soldatesques, la peur des dieux et des brigands, les famines et les épidémies, la lapidation de la femme adultère et la mise à mort des homosexuels, le culte imposé et la criminalisation de l’apostasie, l’égorgement de l’infidèle et le fouet pour les blasphémateurs ?
Ceux qui prônent le relativisme civilisationnel souffrent-ils d’ignorance ou de fanatisme masochiste de la repentance ?
Défendre notre civilisation implique de la féconder en reconnaissant avec les droits humains, ceux des animaux et de la nature et la prévalence de la vie et de la liberté sur le profit et l’économisme avilissant.
Deux périls menacent notre civilisation.
Un retour du religieux dans le politique et l’exploitation forcenée par le libéralisme économique.
Aussi, je parle de la civilisation européenne déjà au passé.
Elle s’effondre puisque l’argent s’est substitué à l’humanisme, que la seule liberté effective est celle de spéculer, que les Etats sont au service des lobbies, que tous les nobles principes moraux affichés masquent un système corrompu, putride, violent, décadent.
Non pas que la religion pose en elle-même un problème.
Il est légitime que l’humain confronté à sa finitude trouve une consolation à son angoisse existentielle. Mais, le fait religieux doit demeurer une éthique purement individuelle et ne pas accéder au champ politique. La religion peut régir la vie d’un adepte pas la société car les autres individus n’ont rien à faire des dogmes.
C’est ce qui sépare irrémédiablement notre civilisation de la civilisation islamique soumise à la charia.
L’intégrisme religieux conduit au totalitarisme liberticide car le croyant fanatisé ne se contente pas de croire. Il veut imposer à tous les injonctions de sa doctrine. Il est prêt à se battre non pas pour préserver sa propre liberté, ce qui serait légitime, mais pour priver autrui de la liberté de vivre autrement.
Quant au libéralisme économique, il soumet l’humain et l’ensemble de la nature à la loi d’airain du profit provoquant une dégradation morale de l’homme et un massacre définitif et total de la biosphère.
Inculquant une addiction à la cupidité, le libéralisme économique génère cette détérioration éthique par un égoïsme absolu. Illustrons notre propos par un exemple édifiant :
Un journal télévisé interroge une passante sur sa vision de la grève des cheminots. Sans mesurer l’abjection de sa réponse, l’interlocutrice s’étonne : « Pourquoi protestent-ils contre la suppression de leur statut, puisqu’ils ne sont pas personnellement affectés et que seuls les nouveaux salariés recrutés seront précarisés » ?
Traduction : comment peut-on se préoccuper du sort d’autrui et d’autres intérêts que des siens ?
Voilà la culture du temps : « devenez milliardaires et ne vous occupez surtout pas du reste ».
Alors, la civilisation des droits humains, de la raison et de la liberté va-t-elle s’effondrer ?
Va-t-elle surmonter ces deux périls et effectuant une mutation féconde accéder au biocentrisme c’est-à-dire à la sacralisation du vivant ?
Rappelons que le sacré est ce qui mérite sacrifice et que pour nous deux valeurs sont dignes de sacralisation : la vie et la liberté de pensée, d’expression et de mode de vie.
Pendant longtemps, une option s’offrait entre changer ou conserver le monde.
Aujourd’hui, l’impératif est de le sauver en le changeant.
Le sauver pour la beauté de la nature, l’amour de la biodiversité, pour le bonheur d’être, le génie de la langue, le raffinement des mœurs, le respect de toute vulnérabilité.
Proclamons la civilisation en danger.  Gérard CHAROLLOIS

-  08/04  -  Pour l’extension de la lutte
Le chef de l’Etat aime les banques, la finance, les oligarques (premiers de cordée), la vénerie et une société « start up » fondée sur la compétition, la concurrence, la rentabilité, le profit.  Dans un esprit exacerbé de gagnants de tous contre tous, d’individualisme farouche, les doctrinaires « libéraux » nient la solidarité, la coopération, l’éthique de vulnérabilité.  Leur obsession, leitmotiv de leurs éléments de langage, consiste en l’injonction permanente de « faire des économies » et d’adapter l’humain au monde de la concurrence au lieu de soumettre le système économique aux impératifs humains.
Pour eux, c’est le Marché d’abord et l’humain doit être flexible, adaptable, soumis, rentable, performant, au service d’un système qui ne sert plus le vivant mais qui l’exploite et le détruit.
Prisonniers d’une vision corporatiste, les citoyens pleurnichent, les uns après les autres, lorsqu’ils sont frappés par le système qui les afflige et les empêche de prendre conscience de l’universalité de sa nuisance. Ils sont même prompts à dénoncer les avantages indus des petits copains appartenant à une autre strate sociale sans mesurer qu’eux aussi seront les privilégiés pour d’autres, lorsque leur tour viendra. Les bonimenteurs les dénonceront à la vindicte publique au nom du nécessaire sacrifice des « droits acquis » en un temps où l’on acquérait des droits.
La presse relate la lutte des cheminots dont le statut est totalement étranger au délabrement du service public ferroviaire, délabrement imputable au choix du tout TGV.
Le monde judiciaire s’agite car, fidèle à ses obsessions, le pouvoir  (
SUITE ) étudie une « réforme de la justice » qui, bien évidemment, permettra une réduction du nombre des agents de justice.
« Il faut faire des économies ».
Il en faudra demain encore d’autres à l’école, puis à l’hôpital et surtout dans l’aide sociale parasitée par d’oisifs assistés.
Avocats, greffiers et magistrats ne se soucient guère du sort des cheminots. Infirmiers et médecins hospitaliers ignorent tout de la misère de la justice et chacun, dans sa petite sphère, oublie que le même processus dont il est victime se trouve à l’œuvre partout ailleurs.
La même logique préside au massacre de la nature, à l’empoisonnement de la terre, à la dégradation des conditions de vie des citoyens.
Le pouvoir de la finance opposera les jeunes aux vieux, les sans emplois aux salariés exploités, les agents du public aux précaires du privé, ceux qui ont une retraite à ceux qui n’en ont pas, selon la bonne vieille technique du diviser pour régner.
Tout doit masquer au peuple une vérité factuelle : les progrès formidables de la technique et de la science sont captés et détournés au seul profit d’une caste absolument séparée du reste des humains.
Mort de la biodiversité et des services publics participent d’un système létal : la quête du profit.
Mai 2018 sera-t-il une réplique de mai 68 ?
Non, car le malade est profondément anesthésié. Les jeunes gens rêvent de devenir traders dans des écoles de commerce à l’instar de leurs congénères pudiquement dits « des banlieues » s’imaginant footballers fortunés et glorieux.
L’époque possède son opium : « vous êtes sans emploi et sans perspective. Devenez milliardaire en créant votre start up ou en accédant au rang de vedette du ballon » !
Pour Victor HUGO, les révolutions comme les volcans présentent des journées de flammes et des années de fumées.
Pour la flamme, il faudra attendre encore un peu que les vapeurs délétères des éléments de langage des hommes du système laissent apparaître l’étendue des maux générés par eux.
Ils détruisent la nature, réifient l’animal, avilissent l’humain en lui inculquant la cupidité érigée en vertu et proposée en modèle.
Cette cupidité et cet égotisme inhérents à la nature de l’humain préexistaient au système « libéral », mais naguère, en occident, la peur des dieux, l’espérance des idéologies politiques tempéraient ces vices.
Les oligarques ne redoutent plus les châtiments divins sanctionnant leur accaparement et leur horizon se limite à l’accroissement de leurs fortunes acquises au détriment de la nature et du vivant.
Car l’immoralité du système ne tient pas qu’aux écarts sociaux qu’il provoque, mais à l’injustice fondamentale de ces écarts.
La société ne récompense plus les mérites, les courages, les intelligences, l’altruisme. Elle célèbre la ruse, l’accaparement, l’absence de scrupule, la voracité, l’écrasement d’autrui, l’arrogance grossière.
Les oligarques font figure de mafieux dont l’unique protection tient à l’habileté de se jouer des lois.
Ils pillent les ressources, assassinent les milieux naturels, exploitent leurs semblables.
Pour renverser le système, il faudrait une convergence des luttes et que tous plaident pour tous au lieu de s’apitoyer, dans son coin, sur les malheurs de sa corporation.
L’infirmière devrait se battre pour le cheminot, le greffier pour l’instituteur, l’étudiant pour le retraité qu’il sera demain, le sans emploi pour l’agent administratif qui ne gagne guère plus que lui, l’homme libre et debout pour tous les autres humains libres et debout.
Citoyens, réveillez-vous !
Gérard CHAROLLOIS

 


EN MARCHE VERS LA REGRESSION  ou  lettre ouverte de Mr Charollois à Mr. Macron 
(http://www.ecologie-radicale.org/media/opinions/1572-en-marche-vers-la-regression-ou-lettre-ouverte-a-mr-macron)