Le sanglier

Biologie et rôle écologique

Le sanglier -Sus scrofa- est un ongulé non ruminant de la famille des suidés. Il se déplace beaucoup pour rechercher sa nourriture, surtout de nuit. Outre son aspect sympathique, il contribue à aérer les sols en creusant, favorisant germination des plantes et pénétration de l'eau. En se frottant contre les arbres pour éliminer ses parasites, il dissémine les graines ainsi que les spores des truffes et autres champignons dont il compose son menu. Il élimine également les larves de nombreux insectes néfastes à la forêt, si bien qu'en Pologne, sa chasse est interdite lorsque les populations de certains insectes explosent.

Surnombre

Avant de parler de surpopulation, il convient de regarder I 'historique de l'espèce lors de ces dernières décennies. Ses prédateurs à l'état naturel (lynx, loups, ours...) ont presque tous été éliminés par les chasseurs, ce qui ne les a pas

empêché de relâcher des sangliers en nombre, lorsque leur population diminuait, suite à une trop forte pression de chasse. Entre 1970 et 1990, les chasseurs ont lâché des dizaines de milliers d'animaux d'élevage croisés avec des porcs afin d'en augmenter la prolificité, la taille et le taux de croissance. Nous sommes passés de 50000 sangliers abattus en 1975 à environs 700.000 aujourd'hui. Les chasseurs ont fait proliférer cette espèce (il faut savoir qu'un terrain de chasse est

loué d'autant plus cher que Ies sangliers y sont nombreux !). Ils l'ont implantée dans de nombreux départements où elle n'existait pas à l'état naturel. Les chasseurs les nourrissent (agrainage) alors que la disette hivernale était la principale source de régulation de l'espèce (por1ées moins nombreuses et moins fréquentes. famines,...). Ils leur aménagent des points d'eau, des bauges, épargnent les femelles pour éviter de réduire la natalité.

C'est le principe du pompier pyromane et une escroquerie morale !

Mode de chasse

Le mode de chasse est principalement Ia battue: une équipe rabat le gibier du côté où sont embusqués les chasseurs (postes de tir). l.es armes utilisées sont de calibres sirnilaires aux armes de guerre : leurs munitions sont extrêmement

puissantes et dangereuses, avec des portées de plusieurs centaines de mètres. La majorité des accidents mortels ont lieu lors des battues (promeneur, Vététistes, ramasseurs de champignons, conducteurs de véhicules sur les routes voisines,

tout comme les collisions avec les véhicules routiers qui connaissent un pic lors des saisons de chasse, par suite des dérangements occasionnés.

Solutions et prévention

En plus de permettre le retour de ses prédateurs naturels pour réduire sa population. il conviendrait d'interdire I 'agrainage, y compris en période hivernale, et de réprimer sévèrement les lâchers clandestins.

Au bout de quelques temps, les populations s'infléchiraient er l'équilibre naturel reviendrait.

Pour protéger les cultures, des moyens de prévention dont L'efficacité n'est plus à démontrer existent, tels que clôtures électriques, répulsifs. etc... à condition toutefois d’être correctement utilisés, ce qui n'est pas dans I 'intérêt des chasseurs

LE LOUP (Canis lupus)
Biologie : Les analyses ADN prouvent que le loup est le seul ancêtre du chien. C'est un mammifère d'un mètre de long, de la tête à la base de la queue, pesait 30 à 50 kg. Sa couleur et sa taille varient beaucoup d'une région à I 'autre. car c'est un camivore qui s'adapte à tous les milieux hormis la forêt tropicale. Il possède une vision crépusculaire et un flair exceptionnel qui lui permet de détecter une proie à 2 km.

Atteignant la vitesse de 50 km/h, ce grand colonisateur peut parcourir jusqu'à 200 km/j, ce qui rend inefficace le Plan Loup du gouvernement qui consiste à l'éliminer localement. A la différence de l'homme, il ne fait jamais disparaitre une espèce car sa natalité dépend de ses proies. Il régule les populations d'herbivores en éliminant les plus faibles : animaux en mauvaise santé ou blessés, très vieux ou très jeunes, ce qui ne touche pas au potentiel reproducteur de ses proies. Il empêche les populations d'herbivores en surnombre de détruire la végétation et les protège de Ia maladie. Après son éradication de plusieurs régions des USA, il a fallu le réintroduire pour restaurer les paysages avec leur faune et pour protéger ses proies de la famine comme des épidémies !

STRUCTURE SOCIALE ET ROLE ECOLOGIQUE : Une meute de loups est une famille élargie dont les membres sont très solidaires et s'entraident. Elle défend contre les intrus un territoire commun de chasse et nourrit collectivement les jeunes du couple dominant. A la différence d'un renard qui chasse au mieux en couple, le loup traque en meute des proies trop grosses pour un individu solitaire : il peut ainsi exploiter les déserts arctiques où, en hiver, sont seuls visibles des grands herbivores qui peuvent atteindre 500 kg. Ses attaques et le partage du butin sont coordonnés par un leader et une hiérarchie stricte structure le groupe. Ce carnivore social occupe la niche écologique d'un super prédateur placé en bout de chaine alimentaire qui constituait dans la nature la clef de voute structurant l'ensemble de l'écosystème.

RELATIONS AVEC L'HOMME : Le loup n'est pas dangereux pour l'home mais il attaque le bétail, surtout quand la meute a été désorganisée par l’abattage du leader qui organisait les attaques contre les herbivores sauvages. Le loup a toujours été un concurrent intelligent (1,3 de cerveau de plus que le chien), à la fois hardi et méfiant. Il y en avait 6.500 en France et, depuis son retour en 1992 par les Alpes italiennes, sa population atteint 300 individus. Bien qu'il soit protégé par la loi au niveau européen et dans notre pavs, les pouvoirs publics encouragent son abattage pour des raisons électoralistes. Les éleveurs de moutons, pour augmenter leurs revenus, ont agrandi leur troupeau démesurément pour

l'équilibre des alpages (pastoralisme ‘industriel’ anti-écologique) et ont oublié la culture d'antan de protection contre les grands prédateurs. Ils réclament d'un côté son éradication maximale et de l'autre des subventions d'Etat qui doublent leurs revenus en moyenne montagne (coût annuel des indemnisations : l0 millions d'€, ce qui est unique dam le monde). Le loup n'est évidement pas la cause de leurs problèmes, qui sont réels dans une économie mondialisée, mais pas plus que d'autres activités non concurrentielles qui. elles, ne recoivemt pas d'aide de l'Etat. ..Bref, le loup est devenu un moyen de chantage pour rançonner les contribuables.

SOLUTIONS ET PREVENTION : Les moyens pour mettre les troupeaux à l'abri des loups sont connus mais ils compliquent la vie des éleveurs et réduisent leurs bénéfices : chiens de protection (patous), enclos de nuit, bergers expérimentés à demeure. La cohabitation entre le loup et le mouton est donc considérée comme impossible en France par la plupart des politiques. Or, face à l'infirme minorité souvent rurale des anti-loups. tous les sondages montrent que les Français sont très largement pro-loup... Comment expliquer que loups et bergers se tolèrent depuis toujours en Italie (un millier de loups) et en Espagne (deux milliers) ? Les sangliers étaient la proie favorite des loups et ils sont aujourd'hui

le gibier favori des chasseurs, qui les ont croisés avec des cochons pour tripler la natalité. Ils en ont relâchés par dizaines de milliers pendant des années et ils continuent à les nourrir légalement à la mauvaise saison, ce qui fait que les 'cochongliers' envahissent les banlieues françaises. Si vous avez compris les données du problème 'sanglier'- vous avez trouvé la solution: laissez vivre les loups

09/11/2016  -  LOUP :  Avec le tir d’une louve ce lundi 7 novembre dans les Alpes-de-Haute-Provence, le nombre de 100 loups abattus « légalement » en France depuis le retour de l’espèce vient d’être franchi. Comment est-on passé en quelques années d’une protection à une véritable chasse aux loups digne du 19e siècle ? Le loup est une espèce classée protégée en France depuis son retour naturel en 1992-1993, et strictement protégée en Europe.  Toutefois en cas de prédation sur le bétail, des tirs peuvent être autorisés par les pays membres comme mesure dérogatoire exceptionnelle « lorsque tous les autres moyens ont été tentés pour l’éviter ». Mais en France, depuis le premier abattage ordonné en 2004, les tirs de loups sont peu à peu devenus la norme et sont ordonnés massivement, en infraction avec les textes européens (Convention de Berne et Directive Habitat Faune Flore). Désormais, notre pays abat officiellement chaque année 12 à 15% de sa population de loups (estimée en 2016 à 292 ± 78 individus).
03/06/2017  -  Pour une vraie protection du loup et de la nature en France: l'appel de 30 personnalités : 32 personnalités venues de différents horizons lancent un appel à mettre fin au massacre des loups. Dans les colonnes de "FranceSoir", ils demandent aux pouvoirs publics et aux politiques de ne plus céder aux lobbies de l’agriculture et de la chasse. Source France-Soir
   Depuis le début des années 1990, le loup est de retour en France après des décennies d’absence. Ce retour est une véritable chance pour les équilibres naturels de nos régions. Il aurait également dû être une chance pour le développement durable de nos territoires. Ce qui n’a pas été le cas, malgré des sommes colossales dépensées en pures pertes depuis des années.
   Par son rôle de grand prédateur, le loup permet de conserver une bonne densité d’ongulés sauvages, en limitant l’impact de ces herbivores sur la régénération forestière et en les faisant se déplacer. La filière bois qui est la seconde activité économique en zone de montagne y trouve donc également son compte.
   A l’instar de ce qui se passe dans les pays voisins, la présence de grands prédateurs est un facteur très fort de développement du tourisme nature. Activité qui connaît un très fort déficit dans nos départements de montagne. Aujourd’hui, pour faire découvrir les loups, les ours ou les lynx, les accompagnateurs de montagne et les guides naturalistes organisent des séjours en Italie, Espagne, Slovénie ou autres pays d’Europe centrale! Soit autant de manque à gagner pour les hôteliers, commerçants et artisans de nos régions.
   Il a été scientifiquement prouvé que la présence du loup est également un facteur d’enrichissement de la biodiversité dans les territoires où il est installé. Eliminant les animaux les plus faibles, ou malades, il est garant d’un bon état sanitaire des autres espèces avec lesquelles il cohabite.
   Non, nos montagnes ne sont pas que des pâtures pour le bétail et des pistes de skis. Elles sont des territoires où depuis des millénaires, les hommes ont cohabité en harmonie avec la nature et avec les animaux sauvages.
   Nous, signataires de ce texte, demandons aux pouvoirs publics et aux politiques de ne plus céder aux lobbies de l’agriculture et de la chasse. Les dizaines de loups tués au cours de ces dernières années n’ont pas fait baisser la mortalité sur les troupeaux non ou mal protégés.
   En 2016, 19 millions
[1] d’euros ont été engloutis en pure perte pour indemniser de probables dégâts de loups, mais également et surtout de chiens divagants. Un budget qui augmente sans arrêt, alors que le nombre de loups est à la baisse!    
   Au-delà de l’approche scientifique et des intérêts biologiques liés au retour du loup, sa présence constitue un formidable enrichissement culturel et spirituel. Que serait l’homme sans les autres espèces? Le loup, plus encore que d’autres animaux, vient nourrir notre imaginaire et nos représentations des espaces sauvages. Les émotions que suscite la marche dans une forêt habitée par le loup sont inexistantes dans une forêt aseptisée et contrôlée par l’homme.
   Nous attendons une nouvelle politique qui permette à la France, qui connaît depuis des décennies une perte massive de ses richesses biologiques, de se montrer à la hauteur des attentes de 80% des Français
[2], de ses engagements européens et de ses déclarations en faveur de la biodiversité. Cela tout en maintenant des activités économiques de qualités sur les territoires de montagne:
-   La politique de tirs de loups doit être abandonnée. -       Le remboursement des dégâts liés aux loups, ou supposés, doit être assujetti à la protection effective des troupeaux. -       Le budget du "plan loup" doit être essentiellement destiné à la généralisation des moyens de protection des troupeaux. 
Les cosignataires :  Muriel Arnal (Fondatrice et Présidente de One Voice), Pierre Athanaze (Président d’Action Nature Rewilding France), Brigitte Bardot (Actrice, présidente de la Fondation Brigitte Bardot), Marie-Hélène Baconnet (Productrice et réalisatrice de TV), Farid Benhammou (Géographe, Docteur d’Agro Paris Tech et Professeur en CPGE à Poitiers), Yolaine de la Bigne (Fondatrice de Néoplanète et de l’Université d’été de l’animal), Marie-Claude Bomsel (MCB Docteur vétérinaire .Professeur honoraire Muséum National Histoire naturelle), Aymeric Caron (Journaliste écrivain), Gilbert Cochet (Expert au Conseil de l’Europe, Attaché au MNHN), Charlélie Couture (Artiste), Jean-François Darmstaedter (Président de Ferus), Michel Echaubard (Ancien Président de la commission Faune du CNPN), Lamya Essemlali (Présidente de Sea Shepherd France), François Guerold (Professeur d'Ecologie à l'université de Lorraine), Sylvie Guillem (Danseuse étoile),Guy Jarry (Ancien directeur du Centre de Biologie des Populations des Oiseaux), Christian Joulot (président du Président Groupe Chiroptères de Provence, expert UICN), Pierre Jouventin (Directeur de laboratoire d’écologie du CNRS), Christophe Marie (Directeur de la Fondation Brigitte Bardot), Jeanne Mas (Chanteuse), Arielle Moreau (Avocate droits de l’animal), François Moutou (Vétérinaire épidémiologiste, expert UICN), Vincent Munier (Photographe), Fabrice Nicolino (Journaliste, écrivain), Yves Paccalet (Philosophe, naturaliste), François Ramade (Professeur émérite d'écologie à l'université de Paris Sud, Président d'honneur de la société française d'Ecologie et de la SNPN), François Sarano (Océanographe et fondateur de Longitude 181), Alain Tamisier (Ancien chercheur CNRS), Marie-Paule de Thiersant (Responsable  associative),Jean-Marc Thiollay (Directeur de recherche au CNRS en retraite), Dominique Voynet (Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement de 1997 à 2001), Paul Watson (fondateur de Sea Shepherd).
09/10/2017  -  Grâce au programme associatif Pastoraloup, des "écovolontaires" viennent aider les bergers à surveiller leur troupeau. Le but : rétablir le dialogue entre pro et anti-loup.

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de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

LE  LOUP  ET  LE  SANGLIER