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LA  SCIENCE

(07/12/19  -  Selon un collectif de 16 chercheurs, une future loi de programmation de la recherche qualifiée de<< darwinienne» par le PDG du CNRS, Antoine Petit, le 26 novembre, ainsi que les .propos tenus par Emmanuel Macron le même Jour, montrent que la politique de la science est de pIus en plus conduite par la compétition « au détriment de la coopération»
En 1859, Charles Darwin a montré que les espèces biologiques descendent d'espèces antérieures, et sont soumises à la « sélection naturelle » : génération après génération, l'effet cumulé de 'la reproduction différentielle des individus les plus ajustés à leur environne-

. ment grâce à certains traits héritables entraîne la généralisation de ces propriétés dans la population. Pour Darwin, c'est dans la concurrence générée par la rareté des ressources que ces traits prouvent qu'ils sont adaptatifs, en entraînant un taux de reproduction

plus élevé pour leur porteur.

Invoquer Darwin pour justifier une politique de la recherche est un contresens : la sélection naturelle porte sur des variations aléatoires, or les chercheurs ne travaillent pas au hasard. De plus, ils ne .transmettent pas à leurs élèves leur supposé talent ...

Si l'anal9gie est vide de sens, peut-être faut-il se tourner vers la doctrine dite du darwinisme social. C'est sous ce label que l'accent mis sur la compétition a été instrumentalisé. 

Pourtant, Darwin lui-même vit très tôt ce que les évolutionnistes explorent ·massivement depuis cinquante ans : l'entrelacement de la compétition et de la coopération. Qui veut vraiment tenter une comparaison avec la nature devrait pousser le raisonnement jusqu'au bout.

Le PDG du CNRS oublie ce ''que sait tout supporter de rugby : sans ses coéquipiers, le meilleur talonneur ne sert à rien.  (Le Monde, p30)

 

27/11/25  -  Fabien Esculier, cet ingénieur veut relancer le recyclage de l’urine humaine en engrais agricole, un projet s’inspirant d’une pratique du XIXè siècle et qui s’inscrit dans l’air du temps.

 « Très tôt, je me suis intéressé à ce que j'appelle les systèmes d'alimentation et d’excrétion en milieu urbain raconte-t-il. En effet, on s'évertue à fabriquer des engrais azotés dans des usines chimiques puis, après usage, à en détruire une partie dans des stations d'épuration pour préserver les rivières, alors qu'on pourrait recycler une part des excrétions humaines pour fertiliser les cultures.
   «Après un poste de chef du service de la police de l'eau de Seine à Paris et  la visite d'expériences pilotes, il décide de créer un programme de recherche sur cette question quelque peu taboue. Son idée: ne pas jeter les urines dans l'égout mais les collecter sélectivement. « Riche en azote directement assimilable par les végétaux ((urée et ammoniac), salubre et renouvelable, l'urine humaine valorisée en tant qu'engrais permettrait de retrouver une réciprocité entre la ville et la campagne, une sorte d'économie circulaire qui existait déjà au XIX' siècle, avant l'invention de la toilette à chasse d'eau», assure-t-il.

   Aujourd'hui, la quasi-totalité des villes françaises a adopté le triptyque toilettes à chasse d'eau, égout d'eaux résiduaires urbaines et station d'épuration, une solution essentiellement curative qui devient de plus en plus coûteuse. D'où l'intérêt de changer de système dès aujourd'hui.

   Concrètement, en condition normale, un homme ou une femme élimine en moyenne 1 à 1,5 litre par jour. Ce qui fait en moyenne 500 litres d'urine par an, de quoi fertiliser 400 m2  par personne et par an de surface cultivée, soit la moitié d'un terrain de handball. « Les 10 millions d'habitants de Paris et sa banlieue pourraient permettre de produire 25 millions de baguettes de pain par jour», observe ce chercheur barbu et souriant, loquace et s'intéressant à tout.
« En pratique, les citoyens pourraient s'équiper de toilettes dotées de
deux réceptacles séparés, l'un pour l'urine, l'autre pour les excréments.

Une collègue designeuse, Louise Raguet, vient d'ailleurs d'inventer un urinoir pour femmes nommé Marcelle.»

Du point de vue sanitaire, il n'y a pratiquement pas de problème, l'urine contenant très peu d'agents pathogènes (bactéries, virus).

Reste-la question des résidus médicamenteux qui, bien que présents à hauteur de 70 % dans l'urine, ne sont pas rédhibitoires selon l'OMS. Plusieurs pays (Suède, Suisse, Allemagne, Autriche) se sont investis dans ce domaine. La France ne s'y est lancée que très récemment, mais grâce au programme Ocapi (Optimisation des cycles carbone, azote et phosphore en ville), porté par Fabien Esculier, des réalisations existent déjà comme la fertilisation de blé avec de l'urine humaine en Île-de-France durant le printemps 2019. Les premiers pains ont été cuits au four en septembre. De son côté, l'Institut de recherche pour l'environnement Irstea et la société Ecosec ont testé avec succès la fertilisation de salades et de vignes, ainsi que de plantes non alimentaires. En Suisse, l'Institut universitaire de design de Bâle utilise des toilettes sèches séparatives pour des cultures hydroponiques – réalisées sur un substrat neutre et inerte.

Tandis que l'École polytechnique de Zurich propose à ses étudiants et professeurs d'utiliser des toilettes séparatives.

Fabien Esculier s'est construit une sorte de philosophie: dans la vie, il ne faut pas hésiter à saisir les opportunités, à agir, à faire confiance aux autres.

Il a obtenu la médaille d'argent de l'Académie d'agriculture en 2018 et le prix de thèse de la Fondation des Ponts en 2019. La preuve que son projet n'est pas farfelu. Et qu'il ne confond pas vessies et lanternes ...Denis Sergent  (La Croix, p25)

 

18/11/19  -  L’esprit et la matière,  Un dualisme trompeur. Dépassant un vieux dualisme, les découvertes biologiques récentes permettent d'incarner l'esprit. Une matérialisation de l’esprit qui, selon un médecin et neurobiologiste « pourrait être un des actes les plus révolutionnaires et les plus utiles que notre espèce a accompli depuis longtemps».

 Dans toute la complexité du monde occidental revient une thèse obsédante et totalement inexpliquée. Celle selon laquelle, pour faire un homme, une seule matière ne suffit pas, il en faut au moins deux. Cette thèse porte un nom, c'est l'humano centrisme dualiste. Elle voit en l'homme un être supérieur et surtout dont la composition est double: l'homo sapiens serait le seul être vivant constitué d'un corps biologique et d'un esprit immatériel non biologique.

Cette conception dualiste de l'homme, que nous n'interrogeons jamais, est en fait totalement abstraite et improuvée. Elle tient pour évident que nous sommes composés de deux essences, l'une matérielle, l'autre immatérielle. Faut-il y insister? Dans le monde occidental, cette thèse se retrouve dans les religions du Livre, avec par ordre d'apparition le judaïsme ( 600 ans avant Jésus Christ), le christianisme (An O) et la religion musulmane (550 après Jésus Christ). Trois fois qui règnent sur les esprits d'environ 4 milliards de personnes! Non seulement ce dualisme est tenu pour une évidence aveuglante, mais se traduit concrètement par le fait que l'âme régente le corps, lui impose de dures règles de conduite, lui promet à la fois la Béatitude et les tourments de !'Enfer, en fonction de son comportement.

Dire à un croyant que personne n'a jamais pu montrer que l'âme, Dieu, le paradis ou l'enfer existent n'a aucun effet, puisque le croyant est touché par une grâce divine, un« acte de foi» que lui seul peut ressentir.

   Les récentes recherches en neurobiologie, devraient pourtant avoir fait justice de cette légende de l'esprit. Des comportements de base comme la motricité ou la faim sont bien expliqués par l'existence de protéines. Dans les années 1950, la pharmaco psychologie a pu montrer que des maladies mentales considérées comme incurables pouvaient être soignées par des molécules chimiques.

C'est avec beaucoup de clarté que Pier Vincenzo Piazza établit que « la biologie du XXI siècle réconcilie l'esprit et la matière. Elle ne nie pas l'esprit mais simplement le matérialise. » Il admet toutefois que nos expériences de vie, nos rencontres, le contexte social façonnent aussi ce que nous sommes, tout autant que notre patrimoine génétique.

Une nouvelle approche est possible, qui ne réduit plus l'esprit à la matière mais qui utilise la matière pour expliquer l’esprit, pour nous expliquer, Pier-Vincenzo Piazza, « Homo Biologicus-Comment la biologie explique la nature humaine», Albin Michel, 416 p., 22,90 € (www.lequotidiendumedecin.fr, p22)

14/11/19  -  Grâce à un dispositif implanté dans son cerveau, un tétraplégique a réussi à piloter une combinaison robotique.

C'est une première mondiale qui s'est déroulée en France ! Un patient tétraplégique a piloté les bras et les jambes d'un exosquelette (une combinaison robotique) par la pensée, grâce à un dispositif sans fil, implanté dans son cerveau. Cet exploit a été réalisé par l'équipe d'Alim Louis Benabid, président exécutif du centre de recherche Clinatec (CEA) et professeur émérite à l'Université Grenoble-Alpes.

Le patient, âgé de 28 ans, est tétraplégique depuis quatre ans à la suite d'un accident. Pour l'aider à retrouver

de la mobilité, l'équipe du CHU de Grenoble lui a implanté en juin 2017 deux neuroprothèses sur la dure-mère, une membrane rigide qui recouvre le cerveau. Sur chacune, 64 électrodes enregistrent l'activité électrique correspondant aux ordres moteurs dans le cerveau. Puis, des algorithmes décodent ces signaux et les traduisent en commandes.

Pendant plus de deux ans, le jeune patient est entraîné à donner des ordres mentaux. Aujourd'hui, il peut effectuer quelques pas, mais également actionner les bras et même les poignets selon huit degrés de liberté. (Challenges, p57)

 

10/11/19  -  Le« grand remplacement », un mythe battu en brèche par la science. Dans une note à la Fondation Jean-Jaurès, le démographe Hervé Le Bras rappelle que la population mondiale a toujours procédé d'un métissage.

   Le « grand remplacement» est un concept fallacieux. Et le Français de souche n'existe pas. La population mondiale, et française, a toujours procédé d'un métissage. «On est en train de découvrir qu'Homo sapiens était mixte parce qu'il a une petite partie du génome de Neandertal et une petite partie de l'homme de Denisova. » Hervé Le Bras puise loin ses arguments, chez les paléontologues, lorsqu'on soumet à sa critique les théories de l'invasion en vogue à l'extrême droite.

Le démographe et historien a publié, sur « la réalité des migrations en France». Il y défend l'idée que l' « erreur de raisonnement» consubstantielle à la théorie dite du « grand remplacement » est de «faire croire» que les populations immigrées et non immigrées sont «fermées, séparées », « qu'il n'existe aucun mélange comme dans l'apartheid en Afrique du Sud» et que, par conséquent, si la part de la première augmente, c'est au détriment de la seconde. Or, c'est tout autre chose qui se produit. « Le "grand remplacement" est conçu en niant que quand les immigrés arrivent, ils deviennent un peu de nous et inversement, il y a un mélange, une mixité Le racisme le plus profond, c'est celui qui refuse ce métissage, c'est l'idée de la pureté de la race.»

Le directeur de recherche à l'EHESS s'appuie sur l'évolution des naissances en France. D'après les recensements de l'Insee, et par le fruit des unions mixtes, « 30 % des naissances ont dans leur ascendance à deux degrés à la fois des immigrés et des non-immigrés, souligne-t-il. Dans une génération, on sera logiquement à 50 %. »  (…)   (https://www.lemonde.fr/ , p6)

 

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« science sans conscience n’est que ruine de l’âme » Rabelais