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CONVENTION VIE ET NATURE  - 

  LES  LETTRES  HEBDOMADAIRES DE
 
 MONSIEUR  GERARD  CHAROLLOIS
 
       

FRANCBAUDIE  -  24380  VEYRINES DE VERGT  -  TEL 06 76 99 84 65- 

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des HUMAINs ET DES ANIMAUX

(15/07/19  -  Quand le lion mange la gazelle

Mi- amusé, mi- consterné, je lis sous la plume d’un antispéciste qu’il conviendrait d’intervenir, nous les hommes, à l’encontre de la prédation de la gazelle ou du zèbre par les lions.
Que cet esprit compatissant se rassure.
En 2050, la population humaine de l’Afrique aura doublé et les lions auront sans doute disparu.
Mais la question soulevée par notre essayiste animaliste hostile à la prédation « naturelle » mérite un examen puisqu’elle est posée. Le lion dévore la gazelle, le tigre l’antilope, le loup le chevreuil, le renard et la hulotte le mulot. Ne doutons pas que la proie sous la dent, la griffe ou la serre souffre.
Or, pour nous, hédonistes altruistes, la souffrance est un mal.
C’est pour la combattre que nous aspirons à une société équitable, non-violente, sans chasse, sans corrida, sans acte de cruauté à l’encontre de tout être sensible dont l’intérêt à vivre est pris en considération.
Alors que faire de la prédation ?
Observons, partant comme toujours des faits, que plus de la moitié des espèces peuplant la terre sont prédatrices : certes, le lion, peu goûté de notre essayiste, mais la fouine,
(SUITE de la page d’accueil ) la martre ,le putois, le blaireau, l’épervier, le merle et l’hirondelle consommatrice d’insectes ne sont pas végétariens.
Que dire du chat, omniprésent auprès de l’homme, grand tueur d’oiseaux, de rongeurs, de lézards ou de chauves-souris !
Non, le lion et le loup, l’ours et le lynx ne sont pas les seuls prédateurs.
Comme me le disait le regretté Théodore MONOD : « lorsque dieu créa le tigre, il ne me demanda pas mon avis » (oui, Théodore croyait au ciel, mais les différences d’opinions sont des chances et des occasions d’enrichissement de l’esprit).
Pour s’en tenir aux faits, avant d’apporter une réponse éthique à la question soulevée, n’oublions pas que si la gazelle, le zèbre, le chevreuil, le lapin, le rat, le ver de terre victimes d’une prédation n’avaient pas connu la malchance de rencontrer le lion, le loup, le renard ou le blaireau, le merle ou la chouette, ils seraient morts, un jour, de maladie, de faim, d’une mauvaise blessure en connaissant des souffrances inadmissibles d’un point de vue moral.
Dans la nature, avec ou sans prédateur, malheur à l’animal devenu vieux, vulnérable, malade.
Outre que pour supprimer la prédation, il faudrait anéantir plus de la moitié des espèces vivantes, cette éradication ne supprimerait ni la souffrance, ni la mort.
Je ne ferai que mentionner les déséquilibres des populations que créerait la disparition des prédateurs naturels.
Pour notre essayiste ennemi des lions, les espèces ne comptent pour rien et seul l’individu doit être pris en considération.
Ce raisonnement oublie que l’individu, qu'il soit ours, loup, lapin ou humain n’existe que parce qu’il y a encore une espèce correspondante.
Sauvegardons les prédateurs puisqu’ils existent et que la nature ne nous a pas demandé notre avis en les faisant apparaître et en les rendant nécessaires.
La problématique ne tient pas à la prédation mais à la souffrance et à la mort dont la prédation n’est jamais qu’une variante.
Sans prédation, la souffrance et la mort perdurent puisque la « proie » qui échapperait à son agresseur connaîtrait les affres du vieillissement et de la maladie pas moins cruels.
Lorsque le chat tue le petit oiseau, lorsque le loup attaque le mouton, lorsque la chouette effraie capture la souris, ces prédateurs ne se posent pas de questions éthiques.
Ils ignorent même qu’ils font souffrir et ne font que manger selon les exigences de leur physiologie.
L’univers n’est pas éthique.
Le propre de l’homme n’est pas le rire, connu du singe et du rat, ni l’intelligence, présente chez les autres animaux, ni la capacité d’éprouver le principe du plaisir/déplaisir qui fonde le droit à ne pas être maltraité, mais la faculté d’accéder à une norme éthique élaborée.
Être humain, c’est être accessible à une éthique comportementale excluant la souffrance et la mort pour autrui.
Le processus d’hominisation n’est pas parachevé puisque le chasseur, le tortionnaire d’humains ou d’animaux ne sont pas parvenus à ce degré culturel du respect de la vie et de l’amour de la nature.
Notre capacité à nous indigner face à la souffrance et à la mort fait de nous des humains et sans cette capacité, l’homme n’est qu’une calamité bien plus redoutable et coupable que tous les prédateurs naturels qui eux n’ont pas le choix.

Gérard CHAROLLOIS    (
http://www.ecologie-radicale.org/media/editos/1760-quand-le-lion-mange-la-gazelle)

 

 

06/07/19  -  Droits des animaux ou devoirs de l’homme envers les animaux ?
 Parmi les questions clivantes et discriminantes, au sein de la société contemporaine, figure le rapport de l’animal humain avec les autres animaux.
La culture traditionnelle interdisait de poser la question de ce rapport de l’espèce humaine avec l’ensemble du vivant.
Les dogmes religieux monothéistes et les premiers balbutiements des lumières encore bien pâles enseignaient que l’homme siégeait sur un piédestal, créé par les divinités pour croître, multiplier, dominer et asservir le monde.
Le dogme l’enjoignait de devenir comme seigneur et maître de la nature, source de profits et de dérivatifs récréationnels.
Or, d’une part, il y a une unité du vivant et, d’autre part, la douleur physiologiquement éprouvée et la souffrance morale en résultant sont partagées par tous les individus dotés d’un système nerveux.
Refuser d’infliger à autrui une souffrance que l’on refuserait pour soi-même est la base de toute morale élémentaire.
Nier ce principe impératif moral revient à s’exposer soi-même à l’agression d’autrui.
Si on ne respecte pas la vie de son voisin et si la société n’est pas là pour faire respecter l’interdiction du meurtre, il faut s’attendre à être tué par ce voisin.
La reconnaissance du droit d’autrui n’est pas qu’une manifestation d’altruisme. C’est une opportunité en vue d’une réciprocité.
Faut-il reconnaître des droits aux animaux non-humains ?
Peut-on passer un contrat avec la nature ?
Pour qu’il y ait droit subjectif, il faut qu’il y ait un sujet de droit et pour qu’il y ait contrat, il faut la rencontre de deux volontés.
Or, la nature ne contracte rien avec nous.
En fait, l’humain appartient à la nature, ce que devrait lui rappeler sa condition tragique de vivant éphémère.
On ne saurait passer un contrat naturel car cela reviendrait à contracter avec ce qui nous inclut. Les animaux qui peuvent souffrir méritent un statut de protection contre cette souffrance.
Alors, droits des animaux ou devoirs de l’homme envers eux, puisqu’ils sont à la merci de l’homme ?
Vous avez eu, probablement, écho de ce débat agitant les esprits de quelques juristes et de philosophes.
Or, je soutiens que ce débat n’a pas lieu d’être.
Car la question des droits des animaux n’est pas différente de celle des droits de l’homme.
En effet, le droit subjectif de l’individu n’existe pas abstraitement.
Tout droit est en réalité un devoir d’autrui à l’égard de l’individu.
Vous êtes propriétaires de vos biens uniquement parce que tous les autres ont, envers vous, le devoir de reconnaître votre prérogative sur la chose.
Un homme seul sur la planète n’aurait plus aucun droit puisqu’il n’y aurait plus personne débiteur d’un quelconque devoir à son égard.
Donc, tout animal possède des droits puisque les hommes ont le devoir de respecter ces êtres vivants.
Pour ceux qui nient les droits des animaux et donc les devoirs des hommes envers eux, ces êtres vivants peuvent être soumis aux mauvais traitements, à la torture, voués à la mort, parce que la tradition l’autorise.
D’autres hommes ont longtemps brandi ce paravent des crimes à l’encontre des esclaves, des sauvages, des ennemis.
Entre les tueurs, les tortionnaires et nous, il y a un fossé plein de sang !
Abolir la chasse, la tauromachie et tout ce qui génère souffrance permettra de franchir une étape civilisationnelle fondamentale.
Gérard CHAROLLOIS (
http://www.ecologie-radicale.org/media/editos/1758-droits-des-animaux-ou-devoirs-de-l-homme-envers-les-animaux)

 

 

 

 

CHAROLLOIS

-  Lettre ouverte à Macron

-  Un tabou : la question animale ?

Ci-dessus,   Monsieur CHAROLLOIS  :  Ses lettres hebdomadaires

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