DOC : -  Commission Protection de la jeunesse de la Fédération des Luttes pour l’Abolition de la Corrida
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RESEAU DE VIGILANCE PEDAGOGIQUE CONTRE LA VIOLENCE TAUROMACHIQUE
 -  Unesco : le rapport 2007 sur l’Éducation et la protection de la petite enfance est disponible.

-   Pages sur la Protection de la Jeunesse : Passeport-arèneCommissionPétition « moins de 16 ans »
Protection de l’enfance,    prosélytisme du milieu taurinLes écoles du crimePétition  « A bas la tauromachie à l’Ecole »

-   Liens Internet : http://www.solidaritok.com/index.php?page=enfants-protection  - Moins de 16 a.

Texte de R. Chemama légitimant  le spectacle de la corrida pour les enfants:

« Parmi les différents griefs qui sont actuellement adressés à la corrida, l'un d'entre eux, relayé par des " professionnels " de la santé mentale, consiste à invoquer le traumatisme que celle-ci causerait chez les enfants. La moindre expérience fait voir à quel point une telle allégation est mensongère, ou à tout le moins erronée. Ce qui traumatise un enfant, ce n'est pas la violence en elle-même, mais l'impossibilité de lui donner un sens, dans les cas par exemple où il allume seul un téléviseur et voit des hommes s'entretuer de manière plus ou moins épouvantable. En revanche n'importe quel enfant de la campagne jusqu'à une période très récente aurait pu témoigner de ce que la mise à mort des animaux est une composante importante de la vie, un événement ritualisé non quelconque, associé le plus souvent à un moment de fête. Aux arènes, ce que les enfants retiennent ne va pas dans le sens de la cruauté, mais au contraire de l'admiration pour le courage de l'homme et la bravoure de l'animal. On est alors en droit de parler d'une sorte de catharsis, ou mieux encore d'une confrontation socialisée avec des questions qui concernent la mort et le risque, questions qui se posent de toutes façons à chacun, mais qui prennent ici une dignité particulière. Tout cela fait que nous nous opposons résolument à toute interdiction de la corrida aux enfants. »

Roland Chemama, psychanalyste, Paris  (Texte rapporté par Joël Lequesne)

 

16/01/10  -  REPONSE  OUVERTE  A  MONSIEUR  ROLAND  CHEMAMA,  PSYCHANALYSTE

Monsieur,             

C’est  avec une profonde déception  que j’ai pris connaissance des liens qui vous unissent au milieu tauromachique (http://www.jies-arles.com/article-samedi-30-janvier-rencontre-taurine-au-theatre-d-arles-42287380.html) ainsi que de la caution que vous accordez à la corrida en tant que spectacle visible par des enfants (http://www.torofstf.com/Infos2008/040708petitionpsy.htm).  

Alors qu’une approche analytique d’un tel sujet de société suffirait à en démasquer le réel, il est particulièrement affligeant de trouver sous la plume d’un psychanalyste  une mystification aussi conforme aux attentes d’un lobby.

Affirmer,  comme vous le faites, que la vue  d’un bovin saignant sous les coups de plusieurs  hommes ne constitue pas un risque de traumatisme psychique pour les plus jeunes revient à nier toute empathie de l’enfant pour un animal en souffrance auquel il s’identifie facilement.

Il n’est que de voir l’expression de malaise ou de dégoût lisible sur des visages d’enfants assistant  au supplice infligé à un animal, ou encore de prendre connaissance des témoignages d’adultes  ayant été profondément choqués par un tel spectacle au cours de leur enfance pour réaliser à quel point cette exhibition de cruauté est malsaine et  déstabilisante.
Si les textes visant à la protection de l'enfance font volontiers référence à la fois à la pornographie et à la violence, c'est  bien pour protéger le psychisme de l'enfant des messages donnant libre cours à la pulsion. En l'occurrence, les apparats, les codes et les discours qui enrobent la violence tauromachique ne dissimulent que très imparfaitement sa crudité pour le spectateur novice, à fortiori l'enfant.  Le message implicite qu’elle lui  délivre alors  est celui d’un sadisme autorisé – donc légal - qui place la transgression cruelle au-dessus du légitime.
(Suite)

 Il est vrai cependant  qu’afin de préserver les liens sociaux ou familiaux dont ils dépendent, de nombreux  enfants n’auront pas d’autre choix que de se conformer au désir de leurs proches en se laissant imprégner de cette ambiance mortifère, tandis que certains adolescents trouveront dans l’image du torero un modèle identificatoire incitant à la prise de risques, avec les dangers particuliers que l’on connaît à cet âge.

D’autres jeunes spectateurs, non dupes,  ne reconnaîtront pas chez un animal stressé et « préparé » la bête  féroce qu’on leur a décrite si grossièrement, mais découvriront dans cette  mise à mort festive une illustration de tout ce qui peut réjouir une foule en termes de lâcheté, d’injustice et de cruauté à l’égard d’un être sensible. Pour eux, le fait  qu’ils ne puissent exprimer librement leur ressenti auprès d’un entourage familial aficionado  réduira d’autant plus  leur chance de surmonter la réaction de stress post-traumatique.

Parler  de catharsis me semble ici  abusif s’il s’agit bien  comme je le crois, « dans le cadre d’une réprésentation théâtrale, de la possibilité de réaliser imaginairement, par identification et sans nuire à quiconque, un désir inconscient soutenu par un fantasme monstrueux . De cette abréaction émotionnelle va naître le savoir que ce désir est impossible à réaliser car coupable. C’est donc un pas vers la maturité civilisatrice que permet la catharsis. » Hélas, dans la corrida, le réel de la  souffrance et de l’agonie y constitue l’essence même du spectacle…

Enfin,  concernant la confrontation socialisée que vous évoquez, il faudrait sans doute rappeler  que l’enfant n’a pas demandé à être témoin de la compulsion de répétition que manifestent des adultes en proie à des tourments existentiels, pas plus que le taureau n’a choisi de mourir supplicié (même si l’aficionado, sur un mode pervers, préfère occulter le ressenti de la victime pour n’y voir qu’un partenaire consentant qui, finalement, « y trouverait  son compte »). 

Une fois de plus, les justifications apportées  en faveur de la corrida et de la présence de mineurs dans les arènes relèvent d’un déni multiple:  déni de la jouissance perverse,  déni du risque traumatique, déni de la souffrance, déni de la cruauté (en un mot, un déni de la castration propre au pervers).

Cette attitude de négation des torts causés portant atteinte à la condition animale aussi bien qu’à la condition humaine me semble ainsi bien éloignée de ce que l’on serait en droit d’attendre d’un psychanalyste, soucieux d’éthique par définition.

 On notera toutefois qu’elle s’accorde parfaitement avec la défense des intérêts de tous ceux qui, tirant profit de la surexploitation de l’animal sensible, s’efforcent d’en nier tous les droits, y compris le droit de ne pas être torturé.

Dans ce contexte, votre présence aux conférences tauromachiques d’Arles   trouvera  ainsi toute sa signification  et votre intervention -  judicieusement intitulée  « Que refuse de voir l’animaliste ? » (sic) – ne convaincra sans doute que les convaincus qui n’arrivent toujours pas à se demander  ce que refuse de voir l’aficionado.

Avec toute l’amertume  que m’inspire une telle dérive, veuillez agréer, Monsieur, mes salutations attristées.

               Joël Lequesne,                 Psychologue clinicien, ancien psychologue de l’Éducation Nationale

PS :  Quelques liens vers des vidéos de corridas, dont je vous laisse le soin d’apprécier toute la « dignité » :

http://www.dailymotion.com/video/x2j6yw_spot-contre-la-corrida-renaud_animals
http://www.dailymotion.com/video/x3nk1x_apprendre-a-tuer-pablo-knudsen2007_animals
http://www.youtube.com/watch?v=EZQ8wej1KSw
www.buzzmoica.fr/video/video-anti-corrida-contre-la-tauromachie-ames-sensibles-sabstenir-8530

 « Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes »

Isaac Bashevis Singer

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