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DECLIN  ACCELERE  DE LA
BIODIVERSITE

Une des réalités du désastre écologique


(22/05/20  -  La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) vient d'établir une synthèse des connaissances scientifiques sur la question. Cette dernière, après avoir mobilisé son conseil scientifique et une trentaine d'experts extérieurs, a publié, le 15 mai, le fruit de son travail. Ces conclusions doivent être présentées à la ministre de la Transition écologique le 22 mai à l'occasion de la journée internationale de la biodiversité.
  
Augmentation de la prévalence des maladies infectieuses
   Que constatent les scientifiques ayant travaillé sur cette synthèse ? « La science met en évidence de façon croissante des corrélations entre changements environnementaux globaux, perte de biodiversité et des services de régulation associés, et émergence, ou augmentation, de la prévalence de maladies infectieuses. Le risque zoonitique peut être accru par l'érosion de la biodiversité via des facteurs écologiques, épidémiologiques, adaptatifs et évolutifs, et anthropiques », rapportent-ils.

   La FRB souligne qu'il n'y a pas de dissensus particulier au sein de la communauté scientifique sur ce constat, même si elle souligne le manque de connaissances sur le cas particulier du Covid-19. « Il existe des constats antérieurs de fortes atteintes à la biodiversité, et en particulier à l'intégrité des écosystèmes en Chine, avec des conséquences sur l'état des populations de certaines espèces, dont les chauves-souris », précise-t-elle toutefois.

   Les chercheurs se sont ensuite penchés de manière spécifique sur plusieurs aspects de ce lien entre zoonoses et érosion de la biodiversité, portant, respectivement, sur la déforestation, les infrastructures humaines et l'urbanisation. La synthèse souligne là aussi le « fort consensus » en faveur d'un lien entre déforestation et multiplication des zoonoses en Asie, Afrique et Amérique du Sud. Ce consensus existe aussi sur les effets de plusieurs activités sur l'accroissement du nombre d'épidémies d'origine zoonotique : changements d'usage des terres au bénéfice de l'agriculture, plantations non-spécifiques, activités extractives, infrastructures hydro-électriques et routières.

   Si les connaissances manquent sur le nouveau coronavirus, contrairement aux virus Ebola ou Nipah, « on sait que la déforestation est encore en cours dans plusieurs régions chinoises et limitrophes (notamment Vietnam et Laos), où se trouvent les hôtes des virus, pour l'instant présumés, à l'origine du Covid-19 (chauve-souris rhinolophes et pangolins », relève la FRB.
  
Facilitateurs de zoonoses
   Le développement des infrastructures humaines et en particulier des routes, barrages et activités minières, agit comme facilitateur de zoonoses. Elles contribuent à les transformer en épidémie. « Plus une région est connectée, en termes de quantité d'infrastructures et en termes de nombre de mouvements, à longue (voies aériennes ou maritimes) et courte distance (routes ou cours d'eau), plus elle peut jouer un rôle de diffuseur de pathogènes émergents à potentiel épidémique et pandémique, et elle-même être la cible d'une épidémie », rapportent les scientifiques.

   Concernant l'urbanisation, là aussi, les chercheurs de la biodiversité font état d'un consensus scientifique sur l'accroissement des risques sanitaires du fait d'un accroissement des contacts avec certains éléments de la faune sauvage, notamment en zones péri-urbaines. Dans le collimateur ? Certaines tendances récentes comme l'éco-tourisme et un lien plus étroit avec la nature qui pourraient favoriser les contacts avec des agents infectieux forestiers transmis par des singes. Concernant plus spécifiquement le Covid-19, « la question du rôle des marchés proposant des animaux sauvages est centrale, mais les données scientifiques manquent à ce jour », indique la fondation.
   Enfin, même s'il n'y pas consensus sur ce point, de nombreuses études montrent que la richesse et la diversité des espèces hôtes jouent un rôle protecteur dans la propagation des agents pathogènes. Ce que les scientifiques appellent « l'effet de dilution ». « Dans la crise du Covid-19, les connaissances sur l'écologie des communautés comprenant les animaux réservoirs présomptifs de coronavirus (chauve-souris rhinolophes et pangolins) sont trop faibles pour émettre une hypothèse de travail », constatent toutefois les chercheurs.
  
« Principe de précaution adapté à la situation »

   Au final, « ce rapport établit qu'il est fort probable qu'un lien existe entre cette pandémie et la dégradation de l'environnement », résume  Yann Wehrling. Et, pour l'ambassadeur à l'environnement, la présomption est si forte que « le principe de précaution est tout à fait adapté à la situation ». Aussi, celui-ci propose-t-il de porter à l'échelle internationale plusieurs propositions, parmi lesquelles un renforcement de la recherche et de la gouvernance santé / environnement, une régulation du commerce et de la consommation d'animaux sauvages, le renforcement de la protection des habitats naturels, ou encore « une prudence » sur les élevages et les transports d'animaux.

   Le calendrier s'y prête. Plusieurs grands rendez-vous internationaux de la biodiversité, comme le congrès de l'UICN et la COP 15 de la convention sur la diversité biologique, vont se tenir d'ici quelques mois. De nombreux spécialistes préparent ces échéances, qui ont été repoussées… du fait de la crise de Covid19. La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) organise, fin juillet, un atelier sur ce thème. Fin avril, quatre de ses experts ont lancé un appel à réorienter les plans de reprise économique face au potentiel de dévastation présenté par les futures épidémies. (actu-environnement.com)

  

Mai 2020  -  Les dérogations aux espèces protégées sont en majorité illégales Selon une étude réalisée par la Dreal Occitanie, une majorité des dérogations à l’interdiction de destruction des espèces protégées sont annulées par les tribunaux. Les raisons impératives d’intérêt public majeur sont bien souvent absentes. / PAR LAURENT RADISSON. Mai 2020 – N° 402 – ACTU-ENVIRONNEMENT LE MENSUEL, p19)

 

01/04/20  -  Gilles Bœuf : « Les jours d'après, ce qu'il faut faire c'est de ne pas continuer comme la veille »

La Semaine du Roussillon : Nous vivons une époque difficile qui pourrait entraîner des changements. Notre président a dit que le jour d'après ne sera pas un retour au jour d'avant. Que faudrait-il faire ?

Gilles Bœuf : Il faut changer. Il faut que l'on tienne compte de l'environnement. Il y a deux remarques.

Premièrement cela n'aurait jamais dû se produire. L'origine de l'épidémie cela vient d'un marché chinois, des déjections de chauves-souris qui sont tombées sur les pangolins. Des animaux confinés les uns sur les autres. On ne peut pas traiter des animaux comme cela. Les chauves-souris sont bourrées de virus, elles vivent en colonie. Celui-là est très proche du SRAS. Mettre en proximité dans des conditions lamentables des animaux, c'est inconséquent. On a des pratiques scandaleuses avec des animaux. En Chine, ils ont interdit désormais les animaux vivants sur tous les marchés. Ensuite comment expliquer qu'un truc qui se passe sur un marché local chinois se propage partout. (Suite de la page d’AccueilIl faut savoir qu'il y a 20 000 avions par jour qui volent en même temps, 20 000 avions. C'est l'humain qui le propage partout.

   Vous pensez que cette crise sanitaire peut se renouveler ?

Ce qui nous arrive, ce n'est pas un fléau. Pour moi, c'est la dernière alerte. On va avoir des pandémies énormes qui viennent d'animaux. Ce sont des zoonoses, des maladies et infections dont les agents se transmettent des animaux à l'homme. On le savait. On a déjà eu des alertes, avec des proximités de cochons, de dromadaires. La grande proximité des animaux, cela présente des dangers. Ensuite, ce virus n'est pas très virulent. Il touche 1 % des  personnes. Avec la grippe espagnole, le virus Ebola, cela aurait été pire. Là, on réglait les problèmes de démographie. La grippe espagnole a tué plus de monde que la guerre de 14-18. Cela va continuer à se produire. Il faut éviter la proximité des animaux, avec des virus qui mutent très rapidement. Il faut savoir que la prochaine sera plus dramatique. On a maltraité la biodiversité. On travaille actuellement sur un rapport sur la biodiversité. Ce qui est très clair, dans les écosystèmes, c'est quand la biodiversité s'effondre, cela libère des germes pathogènes. Dans les régions du monde gérées par les populations autochtones, ces effets sont moins importants.

   Comment les voyez-vous dans l'idéal, les jours d'après ?

L'idéal, pour moi, ce serait que l'on remette tout sur la table. On regarde les intrants, on regarde ce qui s'est bien passé. Ce qui est certain c'est qu'il faut consommer moins qu'aujourd'hui.

Il y a trois défauts importants dans notre société.

La première c'est l'imprévoyance. On développe des choses sans regarder quels en seront les effets. On a brûlé du pétrole, du charbon, à grande échelle pendant plus d'un siècle, sans regarder l'impact que cela avait. Chaque fois, il faut réfléchir à l'impact de ce que l'on fait.

Ensuite, il y a cette arrogance que nous avons avec le vivant. On a tué des baleines pendant un siècle juste pour éclairer les grandes villes avec leur huile. Il faut arrêter d'être arrogant avec la nature.

Enfin il y a la cupidité. Il faut arrêter d'en vouloir toujours plus. Il faut vivre plus sobrement. Arrêter de produire n'importe comment, stopper l'usage des insecticides. Il faut arrêter ce libéralisme très ouvert qui s'oppose à la biodiversité. La solution c'est de regarder comment fait la nature.

   Que devrait-on faire ?  (…)  (lasemaineduroussillon.com)

 



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