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()   22/01/20  « L'astronomie et le vivant sont liés »  JEAN-PHILIPPE UZAN, cosmologiste à l'Institut d'astrophysique de Paris

   Quel rapport entre l'astronomie et le vivant? En tant que physicien, j'étudie effectivement plutôt l'inerte. Mais l'astronomie est riche en

enseignements pour réfléchir au vivant. La cosmologie nous apprend ainsi que ce que nous appelons le « vivant» n'a pas toujours existé. Nous savons que l'Univers des premiers temps était trop chaud pour accueillir la vie et que dans un futur lointain, il fera trop froid pour que perdurent les conditions indispensables à la conservation de celle-ci. Le fait qu'elle n'ait pu éclore que durant un court laps de temps a des implications philosophiques et métaphysiques.

   La découverte d'exoplanète donne-t-elle l'espoir de découvrir d'autres formes de vie? Comme l'indiquent les observations astrophysiques, la Terre est à ce jour la seule planète qui porte la vie. Depuis 1995 et la découverte des premières exoplanètes, nous constatons que certaines d'entre elles rassemblent des conditions favorables à la vie. Pour l'instant, nos efforts pour la dénicher sont restés vains. Par ailleurs, au cours des siècles, grâce à l'observation, nous avons tissé une relation particulière avec le firmament: le ciel est devenu le miroir de nos rêves, nous y avons projeté des dieux qui ont alimenté des histoires. Cela a façonné notre imaginaire de mille manières. Le ciel des Mayas n'est pas le même que celui des Grecs. Or, aujourd'hui nous sommes en train de perdre notre connexion avec le ciel en raison de la pollution lumineuse qui fait disparaître le noir de la nuit. Nous n'avons pas su préserver ce paysage comme de nombreux autres - fleuves, montagnes, rivages. Le caractère fini de la planète nous oblige à repenser notre rapport au monde. Je suis très sensible à la philosophie de !'Américaine Donna Haraway, professeure  émérite à l'université de Santa Cruz, qui propose des liens  'interdépendance avec l'inerte, l'animal et le végétal. Cela suppose d'y apporter soin et entretien à la manière d'un lien de parenté revisité.

   Quelle serait votre définition du  vivant?  Une définition possible serait : « Est vivant ce qui se modifie au cours du temps et n'est jamais figé dans une forme. » Selon la théorie de l'évolution, un des mécanismes du vivant est l'hybridation qui suppose échange entre individus, espèces, écosystèmes et civilisations. Aucun n'est étanche et immuable. Nous devons inventer une nouvelle relation au monde à transmettre aux générations futures grâce à la seule ressource infinie dont nous disposons : la connaissance. Son partage n'appauvrit pas la personne qui la transmet et enrichit celle qui la reçoit. Elle croît en se propageant. » Propos recueillis par Azar Kalatbari. (sciencesetavenir.fr  -  La revue n° 876, p50.) (« La Nuit des idées » du 30/01)

 

04/10/19  -  Parler d’espace avec la nouvelle génération européenne. Alors que se tiendra bientôt la World Space Week, la semaine consacrée à l’espace (du 4 au 10 octobre), l’ESA invite la nouvelle génération de professionnels du spatial à donner son avis sur le futur du secteur spatial.

Dans le cadre de la campagne European Space Talks 2019, des étudiants de toute l’Europe sont invités à participer à un débat en ligne très particulier le 8 octobre, pendant lequel ils pourront partager leurs idées sur les objectifs que le secteur spatial européen devrait se fixer.

Les résultats du sondage en ligne mené à cette occasion auprès des étudiants seront communiqués au Conseil au niveau ministériel qui se tient cette année, Space19+ ; ce sondage dévoilera les réflexions de ceux qui mèneront à bien la prochaine génération de missions spatiales.

1200 étudiants qui partagent un intérêt commun pour le futur du secteur spatial se rassembleront à l’École des hautes études commerciales (HEC) de Paris lors d’un événement mené en collaboration avec l’ESA et l’école d’ingénieurs ESTACA.

Des établissements d’enseignement supérieur de toute l’Europe (Helsinki, Brême, Gratz, Bristol) les rejoindront en ligne afin d’écouter les présentations et d’interagir avec les intervenants, parmi lesquels les astronautes de l’ESA Thomas Pesquet et Claudie Haigneré ainsi que le Directeur Général de l’ESA, Jan Wörner. Les étudiants en ingénierie, économie, commerce, droit, sciences ou encore des domaines artistiques sont tous concernés par les enjeux liés au futur de l’industrie spatiale et aux défis que devraient relever les missions spatiales.

             L’astronaute de l’ESA Thomas Pesquet, qui apporte tout son soutien à cette initiative, déclare : « Je me souviens avoir été un jeune élève ingénieur passionné d’aviation et de vol spatial. C’est le moment d’évoquer le futur que cette génération va construire pour nous tous, et de nous assurer que nous mettons tout en œuvre pour un usage optimal du spatial pour toute l’Europe et l’humanité. »

L’un des moments forts pour les étudiants sera la liaison en direct avec la Station spatiale internationale pour avoir des nouvelles de Luca Parmitano. L’astronaute italien de l’ESA qui a décollé le 20 juillet à destination de la Station dans le cadre de sa mission Beyond abordera avec eux des sujets liés à Space19+. L'événement sera retransmis en ligne à partir de 18h CEST le 8 octobre. Les passionnés du spatial pourront également le suivre via les comptes de l’ESA sur les réseaux sociaux. Les présentations se feront en anglais  (esa.int/fre/)   (image : liberation.fr/)

 

-  19/12/18  -  « l’Insoutenable Gravité de l’univers » de Gabriel Chardin

Après 371 premières pages, qui recensent les travaux sur les trous noirs, la théorie des cordes ou encore l’amusant principe de Mach, il présente sa propre théorie. Et ce n’est rien moins qu’un nouveau modèle cosmologique : l’univers de Dirac-Milne.
-  Le modèle qui est donc à l’heure actuelle considéré comme étant celui qui correspond le plus fidèlement à la réalité s’appelle Lambda-CDM. Il décrit un univers fondé sur la relativité générale d’Albert Einstein (difficile de faire sans), avec son espace-temps qui se courbe en présence de masse, qui est né il y a environ 13,77 milliards d’années avec le big-bang et dont l’expansion accélère. Sa force, c’est la correspondance parfaite avec les très nombreuses données astrophysiques disponibles. Sa faiblesse, c’est que pour arriver à cette correspondance, il a fallu abandonner l’élégance des mathématiques «pures» et y incorporer six paramètres arbitraires.

-  Les deux plus connus ont donné leur nom au modèle. «CDM», c’est pour «Cold Dark Matter», la matière noire. L’existence de cette matière invisible vient de la rotation des galaxies, si rapide qu’elle devrait, selon les équations d’Einstein, éjecter les étoiles périphériques. On a donc supposé la présence d’une matière encore inconnue au sein des galaxies pour que la gravitation soit capable de retenir les étoiles. La lettre grecque lambda désigne, elle, la constante cosmologique nécessaire pour prendre en compte l’accélération de l’expansion de l’univers observée en 1998 grâce à la luminosité des supernovas, ces étoiles mourantes très brillantes. Car cette accélération nécessite une énergie qu’on ne sait pas expliquer. Elle a été baptisée «énergie noire». Selon le modèle Lamba-CDM, l’univers serait donc composé de 68 % d’énergie noire et de 27 % de matière noire. Les 5 % restants correspondent donc à tout ce qu’on peut observer. Un peu frustrant. Mais ce n’est pas tout. D’autres mystères s’ajoutent à ces réglages ad hoc du modèle. Et celui de l’antimatière est peut-être un des plus captivants. Car, admettons-le, difficile de faire plus étonnant que l’antimatière.

-  Les antiparticules, théorisées par le physicien Paul Dirac en 1928 à partir d’une équation et dont l’existence a été validée par l’observation trois ans plus tard, et qui ont alimenté tant de récits de science-fiction, ont la particularité de s’annihiler totalement au contact de leur particule jumelle de matière. Ainsi, si un électron rencontre son antiparticule, le positron, ils disparaissent en libérant une énergie équivalente à leurs deux masses (selon la formule mythique «e = mc²»). Le mystère, donc, c’est que de l’antimatière, nous n’en observons pratiquement pas – heureusement, ce serait un poil explosif - alors que tout laisse à penser que l’univers à ses débuts était symétrique : il contenait autant de matière que d’antimatière. L’hypothèse communément admise aujourd’hui, c’est qu’après les premières fractions de seconde de l’univers, où matière et antimatière bouillonnaient joyeusement dans la fournaise primordiale, environ une particule de matière sur un milliard a survécu. Et les miraculées constitueraient toute la matière de l’univers. Encore une fois, on est loin d’une théorie très élégante. Mais peut-on, en 2018, proposer sérieusement un nouveau modèle d’univers, différent de ce Lambda-CDM qui fonctionne si bien ?

«Zone vide» «Le défi est redoutable pour les bâtisseurs de modèles alternatifs, écrit dans son livre. Ils doivent, en effet, décrire l’ensemble des données cosmologiques, désormais mesurées avec une précision de l’ordre du pour cent.» Alors, tant qu’à faire, le scientifique a décidé de gravir cet Everest par une face quelque peu délaissée : l’antigravité. Selon sa théorie, en effet, l’antimatière réagirait au champ de gravitation dans la direction opposée à celle de la matière. En (très) gros, elle tombe vers le haut. L’antimatière n’aurait donc pas mystérieusement disparu. «Dans l’univers de Dirac-Milne, explique-t-il à "Libération", la matière s’est donc effondrée dans une toute petite portion de l’espace, qui comprend les galaxies, et l’antimatière s’est étalée un peu partout avec une zone vide entre les deux.» Dit comme ça, ça peut paraître assez séduisant, mais le premier obstacle à surmonter, et sans aucun doute le plus imposant, a été la relativité générale elle-même. En effet, au cœur des travaux d’Einstein, il y a le principe d’équivalence qui stipule que tous les corps soumis à un même champ de gravitation chutent à la même vitesse. Alors, forcément, le fait d’affirmer que la moitié des particules de l’univers, celles d’antimatière, se barrent dans l’autre sens, ça peut faire tiquer, et pas qu’un peu. «Il y avait effectivement deux interdits théoriques, admet Gabriel Chardin, l’existence de masses négatives et la violation du principe d’équivalence. Le premier interdit est faux, les masses négatives étant compatibles avec la relativité générale, et le second n’a pas lieu d’être. Il faut juste réexprimer le principe d’équivalence, non pas en termes de trajectoires qui sont toujours les mêmes, mais en termes de flux de masse. C’est vrai que deux interdits, c’est dur. Un, on peut arriver à faire passer l’idée, deux, il faut du temps.»

Les antiparticules.  Du temps, Gabriel Chardin en a pris pour construire son univers. «C’est une démarche qui a commencé il y a un peu plus de trente ans, se souvient-il. À l’époque, ce n’était pas du tout sur la cosmologie.» Alors qu’il travaille sur l’antimatière, il voit passer un article excluant le principe même de l’antigravité mais sur, selon lui, de mauvais arguments. Il travaille sur le sujet un peu à contre-courant, l’idée même de l’existence de masses négatives étant rejetée a priori par plusieurs noms illustres de la communauté scientifique. Surtout, il part des antiparticules pour arriver à l’idée assez folle d’un nouveau modèle d’univers. Dirac-Milne prend forme au milieu des années 2000, où il dirige une thèse sur le sujet. Mais la soutenance en 2009 refroidit un peu le chercheur.  (…)

   Erwan Cario (https://www.liberation.fr/debats/2018/12/19/un-autre-univers-est-possible_1698792)

 

 

 

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