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-  13/11  -  “Catalogne, crise de l’autonomie Michaël Foessel, professeur de philosophie à l’Ecole polytechnique. (Extraits) La situation en Catalogne provoque une perplexité assez générale. La mémoire du franquisme rend suspect le maintien de l’unité nationale coûte que coûte. Nos penchants républicains soutiennent un régionalisme qui a le mérite de vouloir rompre avec la monarchie.
- Il est à craindre que l’application du droit existant (que les indépendantistes remettent justement en cause) n’éteigne pas l’incendie. On ne règle pas une crise de légitimité par le simple appel à la légalité. La Catalogne ne pose pas un problème «judiciaire», mais un problème politique.
- Ce problème est celui de l’autonomie. Rousseau l’a rapproché de «l’acte par lequel un peuple est un peuple»
(Du contrat social). Cet acte précède tous les autres : il est la première convention par laquelle des individus décident de vivre sous des lois communes. Rousseau a précisément inventé l’autonomie pour que l’on ne confonde plus la liberté avec ce genre d’indépendance qui mène toujours à la concurrence, et parfois à la guerre.
- La situation en Catalogne rappelle ce qu’il y a d’abyssal dans «l’acte par lequel un peuple est un peuple». En invoquant seulement la nation, le gouvernement espagnol oublie qu’il n’y a pas de peuple sans la volonté des citoyens de n’obéir qu’aux lois qu’ils se sont prescrites à eux-mêmes. En se réclamant d’une culture ou d’une langue déjà là, les indépendantistes catalans pensent de la même manière : ils méconnaissent qu’un peuple n’est qu’une ethnie aussi longtemps qu’il ne repose pas sur une décision libre. Si une solution pacifique existe, elle passe par un processus institutionnel qui engage tous les Espagnols. Ni les décisions de justice ni l’action de la police ne remplaceront une démarche constituante qui redéfinira ce que sont (donc ce que veulent) le peuple espagnol et/ou le peuple catalan.
. L’autonomie d’une région et celle d’un ensemble supranational relèvent d’une même exigence : fonder librement un peuple plutôt que de gérer des populations”
-  14/11  -  Puigdemont : une solution autre que l’indépendance est “toujours possible” "Je suis toujours pour un accord". « Dans un entretien publié ce lundi par le quotidien belge Le Soir, le président catalan a expliqué que pour lui une autre solution que l’indépendance de sa région est envisageable »
-  15/11  -  « L'ancien juge espagnol Elpidio Silva dénonce le "coup d'état" de Madrid : Ancien juge de la 9e chambre d'instruction de Madrid, Elpidio Silva a instruit deux des dossiers les plus sensibles concernant les accusations de corruption qui cernent le Parti populaire, actuellement au pouvoir : les affaires Blesa et Banco de Miami. Ses enquêtes lui ont coûté sa carrière de magistrat. Aujourd'hui avocat, ce natif de Grenade qui vit à Barcelone - et qui n'est pas indépendantiste - analyse avec le regard du juriste la crise catalane qui secoue toute l'Espagne. Et rappelle quelques vérités sur sa genèse. (La DEPECHE)
-  L'accusation de "rébellion" et de "sédition" n’est absolument pas justifiée. Les faits qui se sont déroulés ne peuvent en aucun cas être rattachés ni à l’article 472 du Code Pénal, pour ce qui concerne la rébellion, ni à l’article 544 du Code Pénal, concernant la sédition. En effet, deux éléments fondamentaux ne sont pas pris en compte dans l'accusation : la violence déployée et le soulèvement populaire qui sont constitutifs de la rébellion et de la sédition ; il n'y a eu ni violence, ni soulèvement, c’est-à-dire en aucun cas une façon d'agir qui aurait été à même de générer une prise de pouvoir par la force ou la destruction de l’Etat concerné. La mise en examen du président Puigdemont pour « sédition » ou « rébellion » est aussi aberrante.
-  L'article 155 n’est pas adapté à la situation ? Le gouvernement du PP l’a déjà appliqué, de fait, quand il s’est ingéré dans les Finances catalanes. L’article 155 CE ne permet, sous aucun prétexte, de démettre la Communauté autonome de ses charges et moins encore de convoquer des élections. Appliquer cet article, comme c’est le cas en ce moment, fragilise la Constitution et Statut
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Carles Puigdemont et les indépendantistes emprisonnés ont-ils raison de craindre une justice qu'ils dénoncent comme "partiale" ? La justice espagnole n’est pas indépendante, moins encore dans le cadre d’une procédure pénale. Les juges espagnols dépendent quasi hiérarchiquement du Consejo General del Poder Judiciario (Conseil Général du Pouvoir Judiciaire). Il s’agit d’un organisme qui comporte de nombreux mécanismes pour « polluer » ou saboter les enquêtes judiciaires. Le 17 mars 2014, dans une interview accordée au journal « El mundo », le président du Tribunal Suprême, Carlos Lesmes, a peut-être battu un déplorable record. Sans doute a-t-il été le premier dignitaire judiciaire d’une démocratie européenne à reconnaître le dénigrement profond et systématique de ceux qui rendent la justice. Il a eu l’audace de révéler publiquement la méthode de contrôle : « Le juge, il faut le contrôler avec la carotte et le bâton »
La politisation de la justice et la judiciarisation de la politique sont des faits notoires et impossibles à remettre en cause en Espagne. Il est quasi impossible de concevoir que le président Puigdemont, son gouvernement et les Jordi aient un jugement juste et équitable en Espagne. Quand une affaire judiciaire se politise, ici, l’état de Droit disparaît. Le transfert d’une partie du gouvernement catalan en Belgique revient non pas à fuir les tribunaux espagnols mais une injustice pratiquement certaine.

Le Parti populaire est-il légitime lorsqu'il évoque le respect de la légalité ?La légitimité du parti au pouvoir, le Parti Populaire, a été dynamitée quand, en 2010, ce dernier a réussi à ce que le Tribunal Constitutionnel (TC) soit le protagoniste d’un authentique coup d’état, une manœuvre qui, avec l’aval du Haut Tribunal, ne pouvait que triompher. Ce dernier a annulé les articles essentiels de Statut de l'autonomie de Catalogne en vertu d’un recours présenté par le PP lui-même. Il n’a pas été pris en compte que Statut avait été voté par le Congrès des Députés espagnols et par le Parlement de Catalogne, ni qu’ensuite il avait été confirmé lors d’un referendum par le peuple catalan. Au final, l’avis d’une demi-douzaine de personnes s’est imposé à celui des Chambres législatives et à celui de millions de catalans ayant exercé leur droit de vote.
-  Le PP a littéralement fait un coup d’état et porté un coup mortel à la Constitution espagnole de 1978 en ne respectant pas la volonté populaire qui avait validé Statut. À dater de ce moment-là, la crise devient une crise de nature éminemment politique, à cause de l’attitude déloyale, délégitimée et en aucun cas favorable au dialogue de Mariano Rajoy et du PP.
C’est incompréhensible que la justice ait délibérément joué la carte de la tension en envoyant en prison les dirigeants catalans, au risque de renforcer le camp indépendantiste le 21 décembre. C’est l’image criante d’un régime autoritaire en pleine Union européenne. Ce n’est pas tolérable. Nous parlons ici d’une attaque en règle contre la démocratie. En Espagne, à pas de géant, nous nous rapprochons du régime pré-constitutionnel du général Franco.
"Aujourd’hui, l’extrême-droite, c’est, à n’en pas douter, le PP." Elle commande et module la politique du Parti et Rajoy ne peut s'y soustraire. C’est inhérent à son rôle de leader du PP. Ces restes du franquisme rejettent la démocratie et toute l'aspiration démocratique. Actuellement, dans la pratique, l’Espagne ne fonctionne ni au niveau des statuts constitutionnels des autonomies ni au niveau de la Constitution espagnole. L’Espagne manque de boussole. Les actions de l’Etat Central, aux mains du PP, nous renvoient à une forme de gouvernement non démocratique. En fait, la stratégie de ce parti est de se maintenir au pouvoir afin d’éviter la punition pénale, à travers une justice indépendante et un Ministère public non contrôlé par le gouvernement.
La crise catalane serait donc plutôt une hystérisation volontaire d'une vieille confrontation entre Barcelone et Madrid afin de mieux cacher la profonde crise politique que vit toute l'Espagne et la corruption endémique du Parti populaire qui entend faire payer à tous les Espagnols ses responsabilités dans le crash économique de 2008 par l'austérité et l'autoritarisme ? La solution est une République Fédérale, avec des nuances qu'il faudra contractualiser en ce qui concerne la Catalogne, Euskadi, la Navarre, la Galice, l’Andalousie, Les Baléares, les Canaries, Ceuta et Melilla. Mais aucune solution fiable et durable ne sera possible en Espagne si l’on ne déclare pas illégal le Parti Populaire, au préalable, et si l’on ne poursuit pas pénalement beaucoup de ses dirigeants et alliés.
-  Les menaces et les ingérences disproportionnées du gouvernement dans les mairies de Madrid, du Pays Basque ou de Castille-La Manche, laissent entrevoir une irrésistible pression sociale pour le changement : malgré les apparences, l’Espagne échappe des mains du PP. Tôt ou tard, l’Union européenne devra s’en mêler.  Face à une telle situation, le dialogue et la régénération s’imposent, cela rendrait plus faciles des solutions ordonnées. Mais le PP impose coupes budgétaires et répression, parfois avec des relents fascistes. Les gens exigent un changement politique profond, une régénération de la politique et de l'entreprise, une Espagne meilleure et plus juste en termes d' éducation, de justice et de santé. Le conflit ne peut que se prolonger et s'aggraver à moins de déclarer illégal le PP en Espagne et de trouver un nouvel ordre constitutionnel fédéral qui puisse prendre en compte et résoudre la question sociale. Il faut canaliser le changement politique, Rajoy doit démissionner et le PP doit être déclaré illégal lorsqu'une justice indépendante aura pu entièrement démontré sa responsabilité dans la terrible ruine qu’a entraîné la crise économique pour l’Espagne.
Vous étiez juge, vous êtes aujourd'hui avocat. Pour quelles raisons avez-vous été contraints de quitter la magistrature espagnole ? Ma vie judiciaire a changé lorsque j’ai instruit deux poursuites pénales de très grande importance, l’affaire Blesa (du nom de Miguel Blesa, ancien président de Caja Madrid N.D.L.R.), et l’affaire Banco de Miami (Banque de Miami). Si elles avaient fait l’objet de recherches et d'investigations poussées, ce que j’étais en train de le faire, ces procédures auraient révélé la nature fondamentalement corrompue du Régime politique de 1978 aux mains du Partido Popular (PP). À partir de ce moment une campagne de discrédit sans précédent a été déployée contre moi, en Espagne, et avec un montage typique du Régime, on a réussi à me faire abandonner le métier de juge ».   PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE CHALLIER  (pour La DEPECHE)
-  16/11 -  Alain Duhamel  L’émergence d’un micro nationalisme en Catalogne préfigure ce que pourrait être un puzzle européen : une addition d’impuissances...le deuil de toute espérance de peser sur le plan international. (Extraits). Le Parti populaire de Mariano Rajoy porte une lourde responsabilité dans l’impasse qui menace. Pourquoi n’avoir pas proposé, comme le faisaient les socialistes de Madrid, de reprendre la discussion sur la réforme constitutionnelle ? La droite espagnole a pratiqué la politique du pire. Reste que la fuite en avant de C. Puigdemont est une absurdité. Aucun Etat démocratique ne peut accepter d’être amputé d’une de ses composantes. Il y a une nation espagnole et une catalane. Elles ne sont pas incompatibles mais complémentaires. Cela s’appelle « une nation de nations », une « fédération ». Un progrès pragmatique et non un affrontement stérile. » -  16/11  -  Libération, p24
-  « La situation en Catalogne ne fera pas débat au Parlement européen. Un débat d'urgence demandé par les Verts et qui n'aura pas lieu parce qu'il a été rejeté par les conservateurs. A Strasbourg, les principaux groupes politiques, comme le Parti populaire européen, auquel appartient le Parti populaire de  Mariano Rajoy et le groupe des sociaux-démocrates dont fait partie le PSOE, le parti socialiste espagnol, n'ont pas voulu ouvrir un débat sur la situation en Catalogne et sur celle des prisonniers poursuivis pour sédition.
Pourtant, tout le monde est bien d'accord pour reconnaître que ce qui se joue en Catalogne est, aussi, une affaire européenne. »
-  17/11  -  « Ce vendredi, le parquet de Bruxelles a demandé à la justice belge de mettre en oeuvre le mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne à l'encontre du dirigeant séparatiste de Catalogne et de quatre ex-ministres de l'exécutif régional. Après les plaidoiries de la défense prévues le 4 décembre, le juge du tribunal de première instance néerlandophone de Bruxelles devrait mettre sa décision en délibéré. Mariano Rajoy avait affirmé qu'il se plierait à la décision de la justice belge. « Je fais confiance au pouvoir judiciaire et, par-dessus tout, je respecte et me conforme à ses décisions » a-t-il précisé, Les avocats ont prévenu qu'ils épuiseraient tous les recours possibles, en appel voire en Cour de cassation, si la demande de Madrid devait être satisfaite. » (Ouest-France)
18/11  -  C’est en Belgique que le dirigeant séparatiste Carles Puigdemont commencera à faire campagne pour les élections régionales qui se tiendront en Catalogne, le 21 décembre. Ainsi en a décidé la justice belge en reportant au 4 décembre sa décision sur le mandat d’arrêt émis par l’Espagne contre lui et quatre de ses anciens ministres.
-  19/11  -  Paul Dirkx, L'essor des séparatismes catalan, écossais, flamand comme preuve d'un affaiblissement des Etats membres de l'Union Européenne. Bruxelles a contribué à stimuler l'autonomisation des régions en accroissant leurs compétences. Par ex. le Comité des régions, du traité de Maastricht, œuvre pour la régionalisation profonde de l'Europe. Autre exemple, le principe de subsidiarité sur lequel repose la construction européenne fait que quatre des cinq grands fonds de subventions européennes vont intégralement aux régions. Environ 65% du budget de ces fonds vont directement aux régions. Les indépendantistes Ecossais, Catalans, Flamands, Lombards, Vénitiens, Basques longtemps méfiants, voire hostiles à l'UE se revendiquent europhiles maintenant. Comme Puigdemont venu à Bruxelles.  La régionalisation s’installe peu à peu : voire le peu de résistance en France à la régionalisation. (L’OBS)
Radio-Canada :  Des sympathisants québécois se sont rassemblés samedi à Montréal pour réclamer le respect du droit des Catalans à décider de leur avenir, et de s'assurer que ce droit soit reconnu par la communauté internationale, et en particulier par les gouvernements du Québec et du Canada. Interventions : « Je suis profondément scandalisée de voir l'immobilisme de la communauté internationale. Ils traitent ça comme des affaires internes. Ils traitent ça comme si c'était normal de matraquer son peuple quand il se présente pour aller voter »; « Ça donne l'impression d'une espèce de "boys club" à l'international, parce que chaque pays semble vouloir protéger ses intérêts plutôt que de protéger dans un premier temps la démocratie »; « Le Canada devrait actuellement dénoncer l'Espagne, condamner l'Espagne et reconnaître le référendum qui s'est produit en Catalogne »; « Dans le droit international, il y a un droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Il y a un droit à voter, il y a un droit à la démocratie »,
20 novembre, anniversaire de la mort de Franco, crapule sans nom... (Le blog de Jean-marc B)

« Aucun rapport avec la Catalogne d'aujourd'hui ? Le 20 novembre était déclaré mort le dictateur Franco après une très longue agonie qui consola beaucoup d'Espagnol-es de n'avoir pas pu le voir traîné devant un tribunal pour crimes contre l'humanité, rébellion armée contre l'Etat légitime et un long etcétera qui aurait dû lui valoir de purger une peine d'emprisonnement à perpétuité... » (Médiapart)
-  Avec la mise sous tutelle de la Catalogne par Madrid, est-ce pour autant la fin du mouvement indépendantiste ? Loin de là. (Les Echos)
-  21/11  -  « Le procureur général de l'Etat espagnol, José Manuel Maza Martín, est décédé samedi à l'hôpital de Buenos Aires en Argentine. C'est lui, en poste depuis à peine un an,  qui avait lancé les poursuites judiciaires et avait requis les inculpations pour « rébellion, sédition et malversations » à l'encontre des dirigeants catalans. »               ( SUITE )

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