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Mardi 31 octobre, lors des séances au gouvernement à l’Assemblée nationale, le député nationaliste corse Paul-André Colombani a demandé l’autonomie de son île. "Monsieur le Premier ministre, êtes-vous favorable à l’ouverture d’un processus de dialogue associant l’ensemble des forces vives de notre ile en vue de déboucher dans les meilleurs délais sur une autonomie de plein exercice et de plein droit ?"  "Nous sommes favorables à l'autonomie de la Corse mais dans la République française", a assuré Gérard Colomb. Il a poursuivi : "Je connais les problèmes qui sont les vôtres, à la fois de développement économique, de taux de chômage des jeunes, de logement, mais l’ensemble de ces problématiques ne se résoudra pas dans une fuite en avant, mais dans un travail en commun entre la République, le gouvernement, les autorités locales et dans un partenariat entre nous tous, au moment ou de grande puissances émergent à travers le monde, il ne saurait y avoir de processus de dislocation, nous y perdrions, et nous, et vous." (LCI)

01/11  -  « Le découragement gagne les habitants du petit village de Dosrius, au nord de Barcelone. "Je me sens complètement impuissant. On a beaucoup travaillé, on a collaboré comme on a pu et au final on se retrouve dans une situation pire qu'avant", résume Oscar Jansana, un agriculteur de 43 ans, devant sa maison où flotte un drapeau indépendantiste. "C'est un retour à la réalité", admet auprès de l'AFP un dirigeant d'une importante association indépendantiste. "Le gouvernement de la République n'a pas la capacité de s'imposer. Nous devons faire notre autocritique et dire aux gens que ce ne sera pas facile, que cela va être très long".  "Ils savent ce qu'ils font. Ca va être dur mais ils ont tout planifié. Le 1er octobre, ils nous ont dit qu'on voterait et on a voté. Là, ce sera pareil", assure Josep Planas, un charpentier de 48 ans. »
Le manque d'implication de l'Europe dans la crise catalane, "ça nous déçoit un peu. Mais en même temps, on sait que ce n'est pas un sprint, ce n'est pas une course de 100 m", a estimé le comédien Sergi Lopez sur franceinfo. En Catalogne comme en Europe, on a besoin de visualiser ces élections comme un référendum officiel avec un regard international, avec toutes les garanties démocratiques (…) Nous sommes d'accord que tout le monde puisse s'exprimer, que justement un jour on puisse compter si on est trois, six, sept…"

Le président catalan Carles Puigdemont ne se rendra pas à la convocation de la justice espagnole, à Madrid jeudi, et demandera à être interrogé depuis la Belgique, a déclaré mercredi 1er novembre son avocat à la télévision publique catalane.
02/11  -  Son avocat ajoutait « « Le climat n’est pas bon, il vaut mieux prendre quelques distances », Je comprends, à voir à la télévision un tribunal d’allure très militaire ! Mais où sommes nous ? Sédition, rébellion...on joue à la guerre ou quoi ? Ou on force le spectacle pour détourner l’attention d’autres questions ?  Peu après, le Président a déclaré qu’il serait prêt à témoigner à Bruxelles. Un geste de bonne volonté qu’on aimerait voir imiter par le gouvernement qui au lieu de dialoguer repasse le dossier à la Justice ! L’Espagne se souviendra tristement de cet épisode, comme d’autres du passé, c’est sûr.  Je ne sais pas pourquoi, j’y pense, mais ce ne sont pas ces ministres qui ont fait le sac d’Anvers ! La furie espagnole est légendaire, non ? (1).  Le Président a raison de se méfier de Madrid qui voudrait l’emprisonner après avoir dit qu’il souhaitait qu’il se présente aux élections de décembre ! Tiens donc !  Et l’Europe qui se défile !
 Ada Colau, maire de Barcelone, s’est déclarée scandalisée par ces arrestations d’élus démocratiquement élus et traités comme des délinquants. Ça vole bas du côté de Madrid ! Elle a bien raison de dire que c’est de la pure jalousie ! Le gouvernement fait du sentiment et pas de la justice. Quelle comédie ! Et l’Europe ! HONTE A L’EUROPE FRILEUSE ! Honte à nous qui avons élu ces fonctionnaires incapables ! Seule consolation, ce soir, les multiples rassemblements contre ces honteuses arrestations ! Qui nous délivrera de Rajoy et de sa clique franquiste ?
Plus tôt dans la soirée, dans un court message diffusé par la télévision régionale catalane, le président catalan destitué par Madrid a "exigé la libération" de ses collègues incarcérés, affirmant que la décision de la justice n'était "plus une affaire interne espagnole" et que la communauté internationale devait "se rendre compte du danger" qu'elle constituait.

-  L'analyse de Nicolas Marty, professeur d'histoire à l'université de Perpignan : « L’Espagne de 1978 est morte »
C’est une première à l’échelle de l’Europe. Une région qui souhaite sortir d’un Etat, sans qu’elle soit sous le joug d’un autoritarisme absolu ou dans une volonté de décolonisation. C’est différent car c’est un défi posé à un système démocratique, même si l’Espagne est loin d’être une démocratie parfaite. Il y a tout de même de sérieux problèmes, notamment le fait qu’ils n’ont absolument pas soldé la mémoire de la guerre civile et de la dictature. Et c’est l’une des explications au fait ces thèmes soient repris en Catalogne actuellement. Il n’y a pas eu, non plus, de politique de réconciliation comme cela a pu avoir lieu en Argentine ou en Afrique du Sud. Ces politiques qui permettent de donner un nouveau départ à un pays. (…)
Madrid parle d’une « majorité silencieuse » qui serait « prise en otage » par les indépendantistes. Pourrait-elle changer la donne des élections ? Je conteste l’idée de « majorité silencieuse ». C’est paradoxal que l’Etat espagnol, qui ne veut pas que la Catalogne vote (le référendum rendu illégal par Madrid, NDLR), mobilise cette idée. Si il y a une « majorité silencieuse », il faut lui permettre de s’exprimer. C’est justement ce que les dirigeants indépendantistes demandent depuis 2013. Ils veulent faire le compte de « qui est pour » et « qui est contre » l’indépendance. D’autre part, il y a une grande partie d’abstentionnistes dans les personnes en âge de voter en Catalogne et il est probable que les 75 % qui ont voté en 2015 ne soient pas plus nombreux en 2017.
Le Parlement catalan a voté l’instauration de la République mais la Catalogne a-t-elle les moyens de se constituer en Etat ? Pour l’instant, les conditions matérielles d’existence de cette République ne sont pas réunies.
Dans cette crise, un retour en arrière est-il encore possible ? Non, il n’y aura pas de retour en arrière. L’Espagne de 1978, telle qu’elle s’est construite pendant la transition, est morte. Elle n’existera plus telle qu’elle existait depuis cette date. Et si elle persiste, ce sera pour un temps limité, sur la base d’une fiction en faisant croire que tout va bien.Beaucoup d’entreprises ont annoncé le transfert de leur siège social hors de Catalogne, n’est-ce-pas un gros risque économique que prend la région ? Il y a 600 000 entreprises en Catalogne et il y en a 1 500 qui ont annoncé un changement de siège social. Certaines sont de très grosses entreprises mais ce sont seulement les sièges sociaux qui partent, l’opérationnel est toujours sur place. Par ailleurs, la dette souveraine espagnole va se retrouver en danger car les Catalans sont contributeurs nets de l’Espagne. Il y aurait un risque fort de crise financière. Donc c’est aussi risqué pour Madrid que pour Barcelone. De plus, si la Catalogne sortait de l’Union européenne, cela serait désastreux pour l’économie espagnole. Cette région est un verrou géographique. Il y a un corridor européen qui passe par la Catalogne et se trouve être vital pour l’Espagne. C’est aussi risqué pour la France. Les banques françaises ont 108 milliards d’euros de créances espagnoles. Et il y a beaucoup d’emplois liés à l’articulation entre nos deux pays qui devraient être complètement repensés. La France aurait donc vraiment intérêt à pousser à une négociation pour que l’on n’arrive pas à cette situation de coupure. Personne n’a intérêt à ce qu’une Catalogne indépendante soit isolée. » L’Indépendant du 31/10.
03/11  -  Des barrages sur des routes importantes autour de Barcelone et à la frontière franco-espagnole, au niveau de la Junqueras et en Andorre, pour protester contre les infâmes emprisonnements. «Il y a eu un mouvement spontané de gens qui ont décidé de couper des routes, y compris à Barcelone», a expliqué à Perpignan Francesc Bitlloch, un des membres de l'ANC. «Cela prépare des choses plus importantes. Des comités de défense de la République se sont constitués dans tous les territoires catalans. Il y a des discussions actuellement sur la marche à suivre», a-t-il dit à un correspondant de l'AFP. «Certains pensent que ces mouvements peuvent conduire à l'annulation par le pouvoir central des élections prévues le 21 décembre». Selon lui, «il est question d'une grève générale dans les jours qui viennent», car «ce qui paraît évident, c'est que les manifestations pacifiques avec les fleurs ne suffisent plus».
-  L’incarcération des ministres : « Pour la 1ère ministre écossaise, Nicolas Sturgeon : Le désaccord sur l’avenir de la Catalogne est politique. Il doit être résolu démocratiquement, pas en mettant les opposants politiques en prison »
-  Réactions indignées en Catalogne : La dureté des instances judiciaires à fait réagir, y compris parmi les adversaires des séparatistes: --  José Montilla  ancien président (socialiste) du gouvernement autonome ?  "Des mesures totalement disproportionnées" .  
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  Pour
Ada Colau, maire de Barcelone (gauche) non indépendantiste, la décision du parquet de Madrid est une "absurdité juridique" et une "grave erreur politique qui nous éloigne de la solution". Cette décision procède d'un "esprit de revanche qui cherche à humilier les institution catalanes et ses représentants légitimes", juge le quotidien La Vanguardia, basé à Barcelone.  
Artur Mas : "Si vous regardez les enquêtes d'opinion les plus récentes, vous constaterez que le sentiment et la volonté d'aller vers l'indépendance est en train de grandir dans notre pays, en Catalogne",
Martti Ahtisaari Prix Nobel de la Paix pour sa médiation dans les conflits internationaux,  a quant à lui estimé que les dirigeants catalans devraient être autorisés à participer aux élections du 21 décembre en étant libres. "Le pari qu'ils ont fait était stupide, a déclaré l'ex-président finlandais mais j'espère que l'Espagne et la Catalogne [peuvent s'asseoir ensemble] calmement", a-t-il dit en marge d'un sommet du Conseil nordique, estimant que Madrid avait eu la main lourde. "J'espère que l'UE pourra aider ses Etats membres" [à régler ce contentieux] a-t-il ajouté. 
Pierre-Karl Péladeau l'ancien chef du parti québécois juge que "Madrid est devenue dingue". 
-  Alors que la justice espagnole demande à la police belge de l'arrêter (mandat d'arrêt européen), Carles Puigdemont, fait acte de candidature au journal télévisé de la RTBF. «Je ne vais pas fuir la justice, mais je vais répondre à l'appel de la vraie justice, la justice belge». Parmi les motifs permettant de refuser d'exécuter un MAE, les juges belges peuvent faire valoir la crainte d'un procès en Espagne sans garanties suffisantes pour les accusés.
-  Une grève générale est convoquée jeudi prochain, et une grande manifestation deux jours plus tard.

-  04/11  -  AVAAZ : En signant cette pétition, nous soutenons les Catalans dans leur tentative de créer leur propre République et dans la bataille pour la démocratie.
-  L’avocat de C. Puigdemont révèle (vidéos, enregistrements) que les ministres emprisonnés ont été humiliés rageusement, pendant le transfert à la prison, menottés derrière le dos; un ministre blessé, etc. C’est loin de la dignité normale qu’on attend d’un pays civilisé. Ces ministres sont des élus, des représentants d’un peuple pacifique et démocratique. Allez l’Europe, il est tant d’oublier les atermoiements ! C’est une honte que ce gouvernement fasciste dans l’Europe. A bien, maintenant, je réalise mieux ce que c’est que le fascisme dont on nous avait parlé à propos de Franco, ou de Pinochet  au chili. (TV3 cat.)
-  L’ERC, a montré que ces événements avaient été préparés selon un plan qui n’envisageait aucun dialogue possible,  et de plus sans respecter les normes démocratiques et les droits humains fondamentaux. Comme pour une pure vengeance (TV3 cat.)
-  Le Président : « Le moment est venu pour tous les démocrates de s’unir. Pour la Catalogne, pour la liberté des prisonniers politiques et la République » proclamée dans cette riche région du nord-est espagnol, a-t-il écrit sur son compte Twitter. Son tweet renvoie vers une pétition en ligne appelant à la constitution d’une « liste unitaire » indépendantiste, qui avait recueilli près de 35 000 signatures samedi à la mi-journée. (Le Monde)
Aujourd’hui dans le monde beaucoup de manifestations contre la brutalité du Gvt, contre les emprisonnements incompréhensibles, en Catalogne, mais aussi à Bilbao en pays Basque, dans les Flandres en Belgique où on va protéger le Président qui y restera.
05/11  -  Des mobilisations un peu partout contre les emprisonnements jugés par beaucoup disproportionnés pour pas dire plus. On parle de mobilisations, de grèves générales, d’indignations qui auraient une autre importance si des intérêts financiers ou politiques n’empêchaient pas les gens de parler librement.
-  Depuis donc le 30/10 le Président et 4 ministres se sont installés en Belgique pour pouvoir internationaliser le conflit de la Catalogne, et d’abord pour maintenir le « légitime gvt catalan » en sécurité. Une  page internet du gvt en exil a même été crée Le Président sur la RTBF a comparé le gvt espagnol avec celui du dictateur Franco. Il a estimé que « l’enjeu des élections » est devenu  « oui ou non à la démocratie ».  A propos de l’emprisonnement honteux le 02/11 des 8 ministres, qu’il qualifie de « prisonniers politiques» , il a exigé en tant que président légitime leur libération. Le tribunal spécial qui s’occupe de « crime organisé et  de terrorisme » (sic) a aussi cité pour faire bonne mesure les 6 membres du bureau du Parlement catalan qu’il doit auditionner le 09/11. La juge experte aurait qualifié injustement de « rébellion » les faits reprochés, aux dires des magistrats du Tribunal qui préfèrent parler de « conspiration pour la rébellion » (Le monde, International, p5). Mais je ne vois pas qu’on poursuive le gvt pour avoir maltraité de paisibles citoyens qui faisaient leur devoir en venant voter ! Ces violences policières feraient partie de la « loi » qu’on brandit contre les indépendantistes ? La loi aurait-elle plusieurs interprétations possibles ? Ce 155 qu’on a sorti des oubliettes, pourquoi est-il envisagé et de la façon la plus sévère? C’est la « légalité » qu’on montre en oriflamme, pour masquer une sombre vengeance, et une incapacité à résoudre justement cette crise.  On espère que des politiques européens vont  se mouiller car l’enjeu est important pour aujourd’hui et pour l’avenir.
Ouest-France, avec AFP. Carles Puigdemont s’est livré ce dimanche matin à la police belge. Le chef catalan s’est rendu en compagnie des quatre anciens ministres (Maria Serret, Antoni Comin, Luis Puig et Clara Ponsati) qui ont quitté la Catalogne à ses côtés. Le parquet de Bruxelles l’a annoncé ce dimanche après-midi lors d’un point presse. Les cinq responsables exilés vont être entendus par un juge. Ils doivent être fixés sur leur sort avant lundi. En attendant, ils ont été mis en examen.


(1)  -  Bart De Wever rappelle un événement bien précis de la guerre des Flandres : le sac d'Anvers par les Espagnols. "Nous commémorons, ce 4/11, aujourd’hui,  la furie espagnole, le jour le plus sanglant de notre histoire. 10 000 Anversois ont été tués sous Philippe II il y a 441 ans."