NUCLEAIRE

Pour un arrêt progressif et rapide...
et son remplacement  par les énergies renouvelables

DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des HUMAINS ET DES ANIMAUX

(24/11/19  -  Daniel Lincot.  Du solaire, pas des EPR

Les projets de relance du nucléaire montrent que la prise de conscience du potentiel des énergies renouvelables est encore fragile au sein des cercles dirigeants, s'alarme le chercheur.

Alors que les appels à la relance d'un programme électronucléaire en France, allant de la construction de nouveaux EPR à la mise en service de mini-réacteurs pour faire face à l'incapacité supposée des énergies renouvelables de répondre efficacement aux enjeux de la transition énergétique, il est utile de rappeler que ces dernières représentent au contraire aujourd'hui un véritable espoir. Un des premiers savants à avoir pris toute la mesure du potentiel immense de l'énergie solaire pour répondre aux besoins de l'humanité est Augustin Mouchot (1825-1912), professeur de mathématiques au lycée de Tours, qui se lance en 1860 dans la création de machines « suffisamment puissantes transformant la chaleur en énergie mécanique». Il crée alors des machines à vapeur fonctionnant grâce à la concentration de la lumière solaire, dont le symbole est l'imprimerie solaire présentée à !'Exposition universelle de 1878, pour laquelle il reçoit la médaille d'or et qui suscite une immense ferveur populaire. Il publiera en 1879 La Chaleur solaire et ses applications industrielles, véritable texte fondateur des applications industrielles de l'énergie solaire.

   Il faudra attendre la moitié du xx• siècle pour que les applications industrielles de l'énergie solaire thermique reviennent sur le devant de la scène, en particulier en France, grâce à Félix Trombe (1906-1985). C'est à son retour de détention en 1941 qu'il reprend le concept des fours solaires d'.Augustin Mouchot  pour atteindre de très hautes températures. Il mène ensuite, dans son laboratoire du CNRS à Meudon, des expériences à plus de 3000 °C grâce, ironie de l'histoire, à un four utilisant un concentrateur solaire fabriqué à partir d'un ancien miroir de la DCA allemande.

   Puis, sous la conduite du CNRS, de grands projets sont lancés à partir de 19 58 avec la construction, à Odeillo (Pyrénées-Orientales), d'un grand four solaire de 1 MW, qui fut inauguré en 1969. C'était alors la logique des grands projets chers au général de Gaulle. Le programme de solaire thermique connaîtra son apogée avec le premier choc pétrolier, qui verra le lancement, en 1976, du projet Thémis, une centrale visant à produire de l'électricité, dont la construction fut achevée en 1983 à Targassonne, non loin d'Odeillo, avec le CNRS et EDF.  A la pointe des technologies mondiales, le programme fut cependant brutalement arrêté en mai 1986, pour cause de pétrole peu cher et de nucléaire triomphant. On assiste aujourd'hui à son redémarrage au niveau international.

   La ·France comble son retard

Une autre voie permettant de capter et de transformer directement l'énergie solaire en électricité a été ouverte également au début du XIX• siècle avec la découverte, par Edmond Becquerel (1820-1891), en 1839, au Muséum d'histoire naturelle à Paris, de l'effet photovoltaïque, Ce n'est que plus d'un siècle plus tard, avec la mise au point des premières cellules solaires photovoltaïques efficaces au silicium, en 1954, aux Etats-Unis, que cette découverte a pris son envol pour la conversion d'énergie. Son utilisation industrielle ne s'est pas fait attendre, dès 1958, avec l'alimentation des premiers satellites en énergie.

   La volonté de la France d'être présente dans ce domaine stratégique fit que, dès la fin des années 1950, avec le CNES et le CNRS, le développement d'une industrie photovoltaïque nationale fut une priorité. Les entreprises françaises étaient alors parmi les premières mondiales et le restèrent jusqu'au début des années 2000, avant que n'intervienne le décollage industriel du photovoltaïque terrestre. Le décrochage des ambitions françaises dans ce domaine se situe au début des années 1980, en raison de l'écrasante domination du nucléaire. Elles ne renaîtront qu'autour de 2006 avec le Grenelle de l'environnement et la mise en place d'une politique de soutien volontariste par des tarifs d'achat, prolongée par la loi sur la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). La France a ainsi commencé à combler son retard dans le domaine.

   L'irruption dans le débat de l'hypothèse d'un nouveau programme électronucléaire doit nous alerter car il montre que la prise de conscience du potentiel des énergies renouvelables est encore fragile dans les  cercles dirigeants. Les énergies renouvelables, solaires  éoliennes, sont pourtant devenues compétitives, et la sûreté d'un recours massif au nucléaire est remise en cause par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima.

   Le développement à grande échelle, en particulier du photovoltaïque, inimaginable il y dix ans, est maintenant enclenché, avec 100 GW installés annuellement, qui pourraient atteindre plusieurs centaines de GW durant la prochaine décennie. Cette croissance est boostée par le prix en sortie d'usine de modules à environ 30 centimes de dollar par watt conduisant à des prix de vente de 64 euros le MW en France en moyenne pour le dernier appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), et autour de 20 dollars au moins dans plusieurs régions du monde. Elle entraîne également un cercle vertueux sur le développement des technologies de stockage de réseau intelligent et de numérisation.

   Pourquoi ne pas décider de mettre en place un programme de création d'usines photovoltaïques en France, comme on parle de construire de nouveaux EPR? Cela aurait du sens quand on sait qu'une usine de fabrication de panneaux solaires coûte aujourd'hui environ 200 millions d'euros pour une production de 1 GW par an, soit l'équivalent d'une tranche nucléaire, et que, si l'on tient compte de l'équivalence en énergie produite, il faudrait environ 5 GW, soit 1 milliard d'euros. Chaque usine de 5 GW fabriquerait en un an des installations solaires qui pourraient être mises en place en quelques mois et produiraient  l'équivalent en énergie d'une tranche de centrale nucléaire.

Ne serait-il pas plus judicieux que l'Etat investisse dans un plan de création de telles usines plutôt que pour de nouveaux EPR? » Daniel Lincot est directeur de recherche au CNRS.   (https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23384, p31)

 

  

19/10/19  -  Forum du cinquantenaire du 1er accident nucléaire français à St Laurent des Eaux

par Collège d'histoire de l'énergie nucléaire et de ses aléas  ( helloasso.com/ )

 

09/03/19  -  DEBAT PUBLIC, du 17 avril au 25 septembre autour du Plan national de gestion des matières - et déchets radioactifs (PNGMDR). 23 réunions publiques programmées dans une vingtaine de villes. S'y ajouteront des « controverses techniques » mettant face à face producteurs de déchets, experts indépendants et associations. Un panel de quinze citoyens représentatifs de la population française sera également mis en place tout au long du débat. Enfin, des étudiants de disciplines diverses (sciences de l'ingénieur, sciences devront réfléchir à «l'amélioration de la gouvernance»
   « Nous voulons faire en sorte que les citoyens disposent des éléments de compréhension d'un sujet qui, au-delà de sa technicité, nous concerne tous», De fait, dans un pays aussi nucléarisé que l'Hexagone, avec pas moins de 58 réacteurs en activité, des laboratoires de recherche, mais aussi des usines de fabrication et de retraitement du combustible, l'ensemble de la population est en prise plus ou moins directe avec le problème des déchets radioactifs.

   Une question, celle de l'entreposage des combustibles usés sortis des réacteurs. Traités comme des déchets conventionnels et recyclés, par exemple pour faire des remblais ? L'.Autorité de sûreté nucléaire y est réticente, et les écologistes. y sont hostiles, car il n'y aurait plus de traçabilité de ces produits.
   Valeur consultative : Il ne reviendra pas aux citoyens de définir le PNGMDR. Il n'est ainsi pas question de remettre en cause le projet d'enfouissement à Bure des déchets les plus dangereux. Tout au plus la consultation pourrait-elle faire émerger la demande que soient aussi étudiées d'autres solutions que le stockage géologique. D'où le sentiment de certains opposants qu'il s'agit d'un exercice «pseudo-démocratique» dont la seule finalité est de légitimer la filière atomique française. Des militants et des associations antinucléaires ont ainsi pris les devants, en organisant un « Atomiktour 2019 ». De janvier à août, leur caravane va faire étape dans une· cinquantaine de villes, avec un message simple: « Stop au  nucléaire!»  (PIERRE LE HIR. Le Monde, p

 

-  10/12/18  -  Une étude de l'Ademe condamne la filière EPR pour raison économique. Dans une étude sur l'évolution du mix électrique français de 2020 à 2060, l'Ademe prévoit une baisse du coût de l'électricité grâce à un fort développement des renouvelables tandis que la filière EPR se révèle non compétitive. (https://www.actu-environnement.com/ae/news/mix-electrique-2060-etude-Ademe-EPR-nucleaire-EnR-32559.php4#xtor=ES-6)

 

11/08/18 « Décarbonner, c’est se défaire des combustibles fossiles, non seriner le credo  antinucléaire » dit Brice Lalonde ( ministre de l’environnement, 1988-1992) (Le Monde, p19)  -  « A court/moyen terme seul le nucléaire est à même de fournir les 520 GWh  d'électricité décarbonnée pour la consommation électrique française.”

Ci-dessus,   NATURE  -   NUCLEAIRE   :  Commentaires

 LE SITE  :  Date de la dernière info pour chaque page