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ECOLOGIE ET ECONOMIE
et économies  

La valeur est le plus important en économie, pas le volume.

(08/06/20  -  Emmanuel Druon, l'homme qui fait rimer écologie et économie. Basée sur le concept d'«écolonomie», la société de papeterie de ce patron militant arrive à «entreprendre sans détruire».

   Il est obstiné et veut à sa manière influer sur le cours des choses. A 54 ans, Emmanuel Druon, est le directeur de Pocheco, entreprise qu’il a fondée. Sa société se développe autour d’un concept original, dénommé «écolonomie», qui comme son nom le sous-entend, veut, en alliant écologie et économie, «entreprendre sans détruire». Pocheco a connu des hauts et des bas, notamment avec un plan social majeur, mais à l’issue duquel, selon Emmanuel Druon, «chacun a été accompagné et tous ont retrouvé un travail». Cette société fabriquait des enveloppes et la survenue du numérique lui a porté un coup sévère. Mais pas fatal.

   La méthode de Druon est basée sur un principe simple à entendre. Il est plus économique de travailler de façon écologique. Aujourd’hui, l’entreprise a rebondi en se diversifiant explique Emmanuel Druon, qui martèle ainsi son credo : «Il y a urgence à se préoccuper de la manière dont on produit. On ne va pas toujours être en croissance, on ne peut pas faire comme si de rien n’était, il est impossible de ne pas considérer la question d’un effondrement en train de se produire.» Ne sont-ce que des vœux pieux ? Réponse de Druon : «Si on n’avait pas mis "l’écolonomie" en œuvre de façon acharnée, on aurait disparu». Et voilà qu’il détaille la situation «dégradée» de l’entreprise qu’il a trouvée il y a vingt-cinq ans. «Il n’y a pas d’avenir pour une entreprise indépendante si on ne tient pas compte de la réalité du monde fini. On ne peut pas continuer d’aller travailler chaque matin en observant les réfugiés climatiques les bras croisés», assène-t-il.
   «On a obtenu une enveloppe sans produits toxiques» Alors il décide de choisir soigneusement ce qu’il fait. Pour fabriquer un milliard d’enveloppes, Pocheco utilise 10 000 tonnes de papier transformé. L’entreprise choisit de travailler avec «des forestiers qui replantent entre quatre et dix arbres lorsqu’ils en coupent un. On ne veut pas porter la responsabilité du massacre de la forêt. Nos fabricants ont replanté dix fois plus d’arbres qu’ils n’en ont coupés, les matières naturelles doivent être renouvelables à l’échelle du temps humain».
Même topo pour les encres : Pocheco décide de bannir celles à base de solvants et de produits toxiques pour opter pour une encre à base d’eau et sans métaux lourds. Côté colles, il décide d’abandonner celles pleines de composés organiques volatiles, et choisit des matières sans solvants. Résultat : «On a obtenu une enveloppe sans produits toxiques, intégralement recyclable et biodégradable», souligne Emmanuel Druon.
Il produit, grâce aux différents types de fibres utilisées, dix millions d’enveloppes par jour, sur des machines performantes. «Quand on gagne de l’argent, on le réinvestit dans l’entreprise», précise le responsable de Pocheco, chez qui l’écart de salaire est de un à quatre. Les taux de gâche sont très bas, et les produits au prix du marché selon notre homme, pour qui «l’écolonomie peut marcher pour d’autres, il y a des solutions face à la crise».

   «Profitons de cette pause dans l’emballement»

L’entrepreneur ne cesse de se remettre en question. Il équipe sa toiture de photovoltaïque, et tente, autant que faire se peut, de réduire l’impact de ce qu’il produit sur la santé humaine et l’environnement. «Au lieu de dire "on va en Europe de l’Est", je décide de rester mais de modifier les paradigmes de production, ce qui va nous permettre de réduire les coûts», explique-t-il en gestionnaire avisé.

   Sa méthode fait des petits. Il accompagne une centaine d’entreprises partout dans le monde et les encourage à faire comme lui. Il parle de la relance d’après pandémie, et voudrait croire qu’un tiers de celle-ci passe par l’écolonomie, qu’on en profite pour modifier certains comportements, préparer le pays à un monde plus sobre. «Le réchauffement, les réfugiés du climat, profitons de cette pause dans l’emballement, plein de gens vont être amenés à se reconvertir, dit-il. On est dans une période de traumatisme profond, nous ne sommes pas obligés d’en sortir avec les méthodes de l’ancien temps.»
   L’idée qu’il n’y ait pas d’alternative est selon lui erronée. «Je ne veux pas vendre mon âme au diable pour devenir numéro 1 mondial ;
ce capitalisme de prédation n’a plus aucun sens», plaide Emmanuel Druon. Ce qu’il faut faire, c’est de «l’agroécologie». «Démontrons ce qui est possible et documentons-le, donnons des outils à nos contemporains», poursuit-il. Depuis la sortie du documentaire Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, en 2015, dans lequel Emmanuel Druon et son entreprise sont présentés, il a publié trois livres – le dernier ce mois-ci (2) – et organisé plus de 150 conférences. Il est persuadé qu’il faut faire «surgir cette nouvelle économie», pleine de pragmatisme, et qu’il faut se garder d’être «collectivement flippés parce qu’on tourne en boucle autour du passé». Et il veut conclure, optimiste mais pas rêveur : «On ne pourra changer de l’intérieur tous les groupes multinationaux, mais il y a des endroits où, quand on engage des modifications, on obtient des résultats encourageants.» Pas plus. Pas moins. Et déjà pas mal. » (1) Pocheco.com  (2) Ecolonomie 2, la transformation créatrice, Actes Sud, 20 euros (Liberation.fr)

      05/06/20  -  Un plan pour accélérer la conversion écologique des TPE-PME

Le ministère de la Transition écologique, l'Ademe et BPI France lancent un accompagnement technique et financier pour encourager les TPE-PME à choisir la conversion écologique comme plan de relance. Détails des propositions.

Alors que les appels pour une relance verte sont nombreux, le ministère de la Transition écologique, l'Ademe et BPI France ont voulu apporter un élément de réponse en présentant, vendredi 5 juin, un programme d'accompagnement des PME-TPE afin qu'elles fassent de la transition écologique leur plan de relance. « Ce plan vise à passer un message simple aux chefs d'entreprises : alors que nous allons faire face à une crise économique majeure, la transition écologique est une opportunité. Elle permet de préparer l'avenir de son entreprise », a expliqué Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique.

Ce plan de 250 millions d'euros, contient dix mesures (Suite de la page d’Accueil) pour « accompagner les dirigeants afin de les aider à prendre du recul et à s'engager », selon Élisabeth Borne. Il s'adresse donc aux 3,67 millions de TPE et 140 000 PME françaises et s'articule autour de trois axes : diagnostiquer, financer et accompagner. « Ce plan, auquel nous sommes fiers de contribuer aujourd'hui, met l'accent sur les PME et les chefs d'entreprises qui jouent un rôle primordial dans la vie du pays, sa transition et dans les emplois liés aux défis écologiques qui s'annoncent », estime Arnaud Leroy, le président de l'Ademe.

Ce plan est accompagné du lancement d'un club des entrepreneurs engagés, mobilisés pour ouvrir leur porte et témoigner face à leurs pairs, des ambassadeurs chargés de convaincre en parlant le même langage. Cette initiative aura pour emblème un coq graphique vert inspiré du coq bleu de la French Fab et du coq rouge de la French Tech.

   Deux outils pour faire le point

Afin de partir sur de bonnes bases, l'Ademe et BPI France ont mis au point deux outils pour aider les entrepreneurs à se lancer. Le premier est un auto-diagnostic baptisé le « climatomètre ». « C'est très rapide et ça plaît beaucoup aux entrepreneurs », témoigne Nicolas Dufourq, directeur général de BPI France, faisant référence aux baromètres similaires déjà mis en place par la banque dans d'autres domaines. Cet outil en ligne, gratuit, permettra à l'entreprise de réaliser une auto-évaluation de son niveau de maturité vis-à-vis de la transition écologique et énergétique et de l'économie circulaire. Les entrepreneurs pourront également recevoir des recommandations personnalisées et accéder à des ressources complémentaires pour entamer ou poursuivre leur démarche avec, par exemple, des formations en ligne et des produits spécifiques de financement.

BPI France va également déployer un diagnostic baptisé « Diag Éco-flux » développé par l'Ademe. Il met à disposition des entreprises l'expertise de bureaux d'études experts en optimisation de flux (énergie, eau, matières et déchets). « On va désormais les commercialiser systématiquement pour les entreprises de plus de vingt salariés qui entrent dans le programme d'accélérateur de BPI France. Les 3 000 prochaines pourront souscrire à ce diagnostic pour un coût de 1 000 euros environ [par site en 2020 et 2021] », détaille Nicolas Dufourq. Le coût sera de 1 500 euros pour les sites de 50 à 250 salariés, soit 25 % du coût réel. Il sera disponible dès le 16 juin. BPI France et l'Ademe compte convaincre 100 PME en 2020 et 300 en 2021.

Deux prêts pour trouver les fonds Pour financer les premières actions, BPI France va proposer deux prêts garantis et financés par l'Ademe. « Le fait d'avoir du cash qui arrive de la banque permet de lancer le programme de transformation », selon Nicolas Dufourq. Le premier prêt vert est un prêt à dix ans avec un taux d'intérêt faible et des remboursements différés à deux ans. « Pendant deux ans on ne demande rien. C'est fait pour déclencher la volonté de transformation », explique Nicolas Dufourq. Avec ce premier outil, BPI France prévoit d'octroyer 250 prêts avec une enveloppe globale de 100 millions d'euros pour diminuer les impacts environnementaux des procédés, améliorer la performance énergétique des sites ou encore investir dans la mobilité zero carbone des salariés.

Le second prêt octroyé par BPI France, baptisé « économie d'énergie », sera spécifique à la transition énergétique des PME de plus de trois ans. Il financera des équipements et des opérations d'économie d'énergie éligibles au dispositif des certificats d'économies d'énergie dans les secteurs « bâtiments tertiaires » et « industrie », pour un montant pouvant aller jusqu'à 500 000 euros. Cette fois, l'enveloppe est de 140 millions d'euros. Mille entreprises pourraient en bénéficier. Ce prêt a une durée de trois à sept ans et bénéficie d'un différé d'amortissement du capital de deux ans maximum.

   Deux accélérateurs de transition

Le plan prévoit par ailleurs la sélection d'une seconde promotion de l'accélérateur transition énergétique et la création d'un accélérateur pour les entreprises de tous secteurs d'activité pour la conduite de projets bas-carbone. Au cours de ce programme, les dirigeants se familiariseront avec la méthodologie ACT pour mettre au point une stratégie de développement compatible avec les trajectoires carbone de l'Accord de Paris.

Des jeunes diplômés pour accompagner les dirigeants

« Pour mener à bien ces projets, l'entrepreneur doit avoir une ressource permanente à ses côtés. Ça pourrait être un jeune diplômé sorti des écoles », estime Nicolas Dufourq. C'est pourquoi le plan va s'appuyer sur le programme VTE pour « volontariat territorial en entreprise », pour l'adapter aux compétences recherchées dans la transition écologique. Depuis mai 2019, le VTE aide les entreprises à recruter des jeunes talents qualifiés et aux jeunes diplômés de prendre des responsabilités dans ces PME-TPE. « Avec ce VTE vert, on va vous trouver un patron de PME dont vous serez le bras droit et en plus, le projet sera la décarbonation de l'entreprise, c'est un sujet extrêmement motivant », estime le président de BPI-France.  (actu-environnement.com/)

 

30/05/20  -  L'épargne solidaire attendra ! (www.lequotidiendumedecin.fr  le journal, n° 9837, p24)

 


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