ARBRES  et  FORÊTS
Déforestation

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Sauvons la forêt

()   14/02/20  -  Au sud-ouest du Cameroun, un peuple forestier, les Bagyéli, est menacé par l’accaparement de ses terres, que l’état ou les multinationales convertissent en plantations industrielles. En mars 2019, une équipe d’ICRA est allée à leur rencontre.

Les Bagyéli (au nombre d’environ 10000 individus) sont l’un des quatre groupes Pygmées du Cameroun, habitant principalement le département de l’océan au sud-ouest du pays. Cette région abrite d’autres communautés Bantou, notamment les Fang, les Bulu, les Bassa et les Batanga. La forêt équatoriale occupe cette région au climat humide et aux précipitations abondantes, renfermant ainsi un potentiel forestier riche et diversifié.

   Pour les Bagyéli, comme pour les autres communautés forestières de la forêt équatoriale, la forêt est perçue comme source de vie incontournable et ils y manifestent un attachement indéfectible. C’est dans la forêt que vivent les Pygmées et c’est dans la forêt qu’ils exercent leurs cultes et autres rites traditionnels. C’est dans la forêt encore qu’ils trouvent les produits appropriés à leur alimentation, les produits de la cueillette qui garantissent leur économie et les produits de la pharmacopée traditionnelle : la forêt et les Pygmées sont d’inséparables amis.

Hélas, au Cameroun comme un peu partout en Afrique équatoriale, la forêt fait l’objet d’une compétition ardue entre ses multiples utilisateurs et est devenue un enjeu économique, politique et stratégique. Même si la déforestation est moindre qu’en Asie ou qu’en Amérique latine, elle s’accroit de façon alarmante depuis quelques années déjà avec notamment l’extension de l’exploitation forestière et des grandes plantations industrielles, notamment d’hévéas et de palmiers à huile.

   Aujourd’hui, la diversité des intérêts, des enjeux et des acteurs liés à l’exploitation forestière génère un accroissement de la déforestation mettant en péril la survie des communautés forestières de la région.

Les communautés forestières de l’est du Cameroun comme les Baka sont moins touchées par la déforestation car éloignées des axes routiers et des ports : ces dernières années pourtant, la déforestation progresse grâce à l’ouverture de pistes et de routes par des sociétés chinoises notamment en échange de concessions forestières accordées par le gouvernement camerounais. Plus à l’ouest, chez les Bagyéli, la proximité des grandes villes, le réseau routier plus dense et l’ouverture maritime avec le port de Kribi (doublé aujourd’hui par un second port en eau profonde) ont facilité l’exploitation forestière et l’arrivée des plantations industrielles.(…)   (https://www.pressenza.com/fr/2020/02/les-bagyeli-menaces-par-les-plantations-industrielles-au-sud-cameroun/)

 

 

09/02/20  -  BRÉSIL : Déforestation record en Amazonie.  La déforestation en Amazonie brésilienne a plus que doublé en janvier par rapport à 2019 (+ 108%), avec plus de 280 km2 déboisés, d'après les données officielles publiées vendredi 7février. Il s'agit de la plus grande surface déboisée pour un mois de janvier depuis la mise en service, en 2015, du système d'observation satellitaire de l'Institut national de recherches spatiales (INPE). A la mi-janvier, les données de l'INPE faisaient état d'une augmentation de 85 % de la déforestation en 2019, première année du mandat du président Jair Bolsonaro. - (AFP.)  (https://www.lemonde.fr/, le journal, p7)

 

29/01/20  -  Le gouvernement aide Total à gagner encore plus grâce à l’huile de palme.

Le gouvernement vole au secours de Total et de sa bioraffinerie de La Mède. Les députés avaient supprimé l’avantage fiscal des carburants à base d’huile de palme à partir de 2020. Une note des douanes vient de requalifier ceux utilisés par Total, les PFAD, de "biocarburants avancés", bénéficiant d’aides fiscales encore plus importantes qu’avant. Saisi, le Conseil d’État se prononcera avant l’été.

Depuis 2017, Total souhaite produire du carburant à base d’huile de palme dans une raffinerie d’importance mondiale à La Mède près de Marseille. Un projet combattu par nombre d’associations écologistes, dont Sauvons la forêt avec sa pétition de plus de 250 000 signatures.
Fin 2018, les députés français décidaient, contre l’avis du gouvernement, de
ne plus considérer l’huile de palme comme biocarburant. Fini donc l’avantage fiscal favorisant son incorporation dans le diesel à partir du 1er janvier 2020. Une sage décision obligeant Total à remettre en cause son projet.
Le groupe pétrolier avait alors menacé de fermer son site industriel, déploré un
manque à gagner de 70 à 80 millions d’euros, déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel et fait un intense lobbying des députés pour modifier la loi de finances 2020. Mais toutes ses manœuvres ont échoué, notamment grâce à l’action de l’association Canopée.
Mais fin 2019, le gouvernement est venu discrètement à l’aide de Total : par le biais d’une simple
note des douanes, les distillats d’acides gras de palme (PFAD), l’un des principaux produits que Total prévoit d’utiliser dans sa raffinerie, sont désormais classifiés comme "résidu".  Une décision importante qui permettrait à Total de bénéficier, pour ses biocarburants subitement requalifiés "avancés", d’un avantage fiscal encore plus important que celui supprimé par le Parlement. Un comble car ces PFAD sont un co-produit de la fabrication d’huile de palme brute et ne doivent en aucun cas être considérés comme des déchets. (sauvonslaforet.org)

18/01/20  -  « Déforestation : la Côte d’Ivoire présente la « carte de responsabilité du cacao »

             Les autorités Ivoiriennes ont présenté, mercredi 15 janvier 2020, à la maison de la Presse du Plateau à Abidjan la « carte de responsabilité du cacao » qui apporte plus de transparence et de traçabilité dans l’industrie du cacao dans le pays. Le nouveau document est considéré comme une arme efficace et très précise d’alerte de déforestation. Il a été fourni par l’ONG Mighty Earth, une carte interactive et une base de données intégrée couvrant près de 5 000 coopératives de cacao dans le plus grand pays producteur de cacao au monde.

Les ensembles de données inclues dans la carte de responsabilité du cacao qui n’ont jamais été rendus publics incluent, selon le site d’information africazine.com, les listes de coopératives certifiées par Rainforest Alliance / UTZ et Fairtrade International ainsi que des informations sur la chaîne d’approvisionnement qui suivent le chocolat Hershey’s et Cemoi jusqu’au niveau coopératif. Des informations sur les coopératives pour les géants du chocolat comme Lindt, Nestlé, Valhrona et d’autres sont également incluses.

« Pour la première fois, les entreprises et les organismes de certification ont mis à disposition leurs informations sur la chaîne d’approvisionnement, ce qui nous permet, et maintenant n’importe qui, n’importe où, de tracer le cacao mieux et plus rapidement », a déclaré Etelle Higonnet, directrice principale de la campagne Mighty Earth, qui dans la foulée a souligné que le cacao est responsable de 30% de déforestation.

Elle a fait savoir que dans une industrie qui lutte toujours contre les fléaux du travail des enfants et la déforestation, la transparence est une première étape vitale vers la responsabilisation et l’amélioration. La carte de responsabilité du cacao fait essentiellement ce que l’industrie et le gouvernement de Côte d’Ivoire ont promis de faire il y a deux ans : créer un mécanisme de surveillance conjoint pour le cacao.

En définitive, elle a félicité les entreprises qui ont collaboré avec l’Ong Mighty Earth pour la réussite de cette étude et remercie surtout le Ministère ivoirien de l’Agriculture et le Conseil café-cacao pour leur leadership courageux en fournissant des informations sur leurs milliers de coopératives.

Cependant, elle a souhaité que les gouvernements du Ghana, de l’Équateur et du Cameroun prennent des mesures similaires pour accroître la transparence. Selon elle, souligne africazine.com, « c’est dommage que le Ghana soit si loin derrière la Côte d’Ivoire ».Moctar FICOU / VivAfrik  

 

12/01/20  Les feux de brousse dévastent l’Australie depuis septembre. Plus de 80.000 kilomètres carrés partis en fumée, soit la superficie de l’Irlande. Et, selon des chercheurs de l’Université de Sydney, un milliard d’animaux auraient péri. 
   Ces “méga feux”, qui ont touché récemment la Californie, l’Amazonie ou le Canada, échappent à tout contrôle et se propagent désormais aux zones d’habitation. Témoignant du dérèglement climatique, ils sont dans la majorité d’origine humaine, au point que la philosophe
Joëlle Zask parle de “pyrocène”. Elle écrit ainsi dans Quand la forêt brûle (Premier Parallèle, 2019)  : “L’Anthropocène se révèle pyrocène : les feux anthropiques […] ont transformé la nature dans des proportions inimaginables”
   En Australie, tandis qu’un nuage ocre couvre la capitale, visible jusqu’en Nouvelle-Zélande, le gouvernement libéral de Scott Morrison est dans le collimateur pour son inaction et son inclination climatosceptique : lui et son vice-Premier ministre, Michael McCormack, réfutent tout lien entre cette catastrophe écologique et le changement climatique, bien que le pays soit l’un des principaux pollueurs de la planète. 
   Les images montrent un pays défiguré par l’incendie le plus violent de son histoire. Or c’est pourtant en Australie, comme le rappelle Joëlle Zask qu’est née l’expression “Caring for Country”, du nom d’un organisme créé en 1995 pour veiller au
maintien des connexions aborigènes traditionnelles, (Suite de la page d’Accueilvieilles de soixante mille ans, avec l’environnement, dans le cadre de la gestion des problèmes écologiques postcoloniaux – et de la création d’emplois. Cet organisme se situe précisément à l’intersection entre culture et nature et vise à favoriser les interactions entre les activités humaines et la dynamique de l’environnement. Il repose sur une expérience holistique du feu qui dépend de la compréhension des relations de complémentarité et de transformation entre l’homme et son environnement, contredisant les conceptions dualistes”. 
   Aujourd’hui, ce lien disparaît peu à peu et d’autant plus gravement que, selon la philosophe,
c’est en relation avec l’environnement que nous développons nos muscles, notre pensée, notre individualité. L’image mentale que nous en formons est intégrée dans notre conduite et dans les attentes que nous associons à nos actions. Le passage du feu ne détruit pas cette image, qui perdure à l’état de souvenir, mais l’ensemble des conditions qui produisent cette image, l’entretiennent et la rendent partageable. Il détruit par là même la continuité des interactions. En l’absence d’une telle continuité, l’existence d’un individu est amenée à se morceler. La forêt détruite par le feu peut bien renaître, le paysage ne le peut pas.”   (Philosophie magazine webmaster@philomag.com)

 

 

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