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() -  02/12/19  -  Le point de bascule ?  « Le seuil de 10 % d'une population adoptant de nouvelles pratiques peut changer la norme sociale et entrainer dans son sillage la majorité silencieuse. En matière d'environnement, nous en serions proches.

La nouvelle est passée comme un avion de ligne dans le ciel de novembre : EasyJet est devenue la première compagnie aérienne au monde à compenser l'intégralité des émissions carbone de ses vols sans surcoût pour le client (mais avec un coût annuel de 3omillions d'euros pour l'entreprise) ...tout en concédant que cela n'est pas la solution à long terme. Un signal faible? Certainement pas. Plutôt un « point de bascule» du côté des entreprises. Clairement, Greta Thunberg et flygskam (la honte de prendre l'avion, en suédois) sont passés par là.

Et, en ces temps de « crise climatique » désormais reconnue (en mai, le quotidien britannique The Guardian a annoncé que ce terme remplacerait dorénavant dans ses articles celui, trop neutre, de « changement climatique»), l' aviation civile (Suite de la page d’accueil) est dans la ligne de mire du grand public. Anne Rigail, la directrice générale d’Air France a également annoncé en octobre que, début2020, la compagnie compensera 100 % des émissions de CO2 de ses vols intérieurs. Il n:est pourtant pas si loin le temps ou la compensation carbone des vols était une option vaguement proposée, résolument facturée, et surtout systématiquement introuvable à la réservation ... Pour ne pas parler de l'appli Air France qui valorise encore pour ses clients le nombre de villes visitées, de kilogrammes de bagages transportés ou, pis, le nombre astronomique de kilomètres (les équivalences sont données en parcours Terre-Lune, Lune-Mars, etc.) parcourus en avion depuis des années ... Certes, Air France n'en est pas au stade de son cousin KLM, qui conseille à ses clients, dans sa campagne « Fly Responsibly » lancée avant l'été, de réfléchir avant de prendre l'avion, voire avant de prendre le train, mais quand même! Après une année riche en urgences environnementales réaffirmées, du climat à la biodiversité, on aurait presque envie de croire que l'on s'approche vraiment, cette fois, d'un point de bascule décisif ...

   Selon · l'éditorialiste américain Malcolm Gladwell, ce fameux tipping point, comme disent les Anglo-saxons, se trouve quelque part aux alentours de 10 % d'une population, seuil à partir duquel une minorité engagée et adoptant de nouveaux comportements peut changer la norme sociale et entraîner dans son sillage la majorité silencieuse. L'initiative du haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale, Christophe Itier, baptisée justement « 10 % pour tout changer», ambitionne de fédérer au-delà de leurs différences les acteurs de la transition écologique et solidaire (groupes internationaux, entreprises de l'économie sociale et solidaire, TPE, start-up, ONG et acteurs de la société civile ... ) pour accélérer le changement.

   Transition culturelle. Cette thèse du point de bascule a le mérite d'insister à juste titre sur le fait que la transition écologique n'est pas qu'une transition des comportements individuels mais aussi (et· sans doute avant tout) une transition culturelle qui se joue collectivement - d'où l'importance de faire changer d'abord les représentations et d'accroître la reconnaissance sociale accordée aux comportements vertueux. Ce changement culturel justifie, d'abord, la mobilisation des médias sur ces sujets - en témoignent les récentes initiatives de La Voix du Nord sur le journalisme positif, la fabrication locale, le reboisement des Hauts-de-France ou la lutte contre le harcèlement scolaire – dans le cadre de la nouvelle raison d'être du quotidien régional« Ensemble, écrire la nouvelle histoire du Nord».

Mais aussi la mobilisation des intellectuels et des artistes (voir à ce sujet le travail utile d'Art of Change, par exemple), ou encore celle des acteurs du luxe qui, mieux que personne, peuvent faire changer les normes sociales, redéfinir ce qui est « cool » et ce qui ne l'est plus, nous proposer des scénarios alternatifs èt des imaginaires collectifs désirables pour le futur. Il faut faire advenir plus vite ce moment où les comportements d'hier perdurent alors que leurs auteurs les assument de moins en moins (ou alors par provocation) ... ·Sur beaucoup d'autres sujets que l'avion, ce moment semble déjà amorcé: songez à l'émergence rapide, même en France dont beaucoup affirmaient qu'elle était « un pays de carnivores », des questions de bien-être animal et de végétarisme, voire de véganisme (le groupe Nestlé vend les activités de sa marque Herta en conservant les produits végétariens, car, annonce-t-il, « l'alimentation végétale est beaucoup plus prometteuse que les aliments camés») ; pensez à la façon dont consommateurs, entreprises et autorités publiques semblent désormais vouloir se débarrasser du plastique à usage unique ... Ou encore à la folle quête de sens qui semble devoir s'emparer de toutes les  entreprises françaises soucieuses de se doter d'une raison d'être sociétale, maintenant que la loi Pacte ou l'émergence du label B Corp ont consacré l'idée qu'une organisation peut-être à but lucratif et au service de l'intérêt collectif. Qui aurait parié sur l'émergence aussi rapide de ces questions et sur les changements de comportements qu'elles suscitent?

   Cette question du « point de bascule » pourrait être la clé pour l'avenir de l'humanité. Car le développement durable ne saurait advenir par la force des pionniers, si motivés et inspirants soient ils: la consommation responsable doit gagner la majorité des citoyens, au-delà des « alter consommateurs » de la première heure; l'entreprise à impact doit devenir la norme au-delà du cercle fermé des entreprises historiquement engagées. Parce que les défis que nous devons relever sont massifs, il nous faut un effet de masse et l'engagement du plus grand nombre, que seule peut entraîner la transition culturelle complément nécessaire de la transition écologique ». Elisabeth Laville  - (Le Monde, Idées, , p27)

12/08/19  -  Le nouveau rapport du Giec, une forme de plébiscite pour l'agroécologie (actu-environnement)

   Le rapport spécial du Giec publié le 8 août conduit à condamner l'agriculture industrielle. Il montre la dépendance de l'homme à la qualité des terres, dont un quart sont dégradées alors qu'elles constituent une solution face au changement climatique.

Les sols constituent une ressource essentielle pour faire face aux changements climatiques, souligne le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) qui a publié le 8 août son rapport spécial sur les terres émergées. Les processus terrestres naturels absorbent en effet une quantité de CO2 équivalant presque au tiers des émissions liées aux combustibles fossiles et à l'industrie.

   Or, les terres subissent une pression de plus en plus forte, les activités humaines affectant plus de 70 % des terres (hors glaciers) et un quart d'entre elles sont déjà dégradées. "La croissance démographique, les changements dans la consommation de denrées alimentaires, de nourriture pour les animaux d'élevage, de fibres, de bois et d'énergie entraînent des rythmes d'utilisation croissante des terres et de l'eau douce sans précédent", souligne Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe de travail I du Giec. 

   Plus de 7.000 publications analysées. Le rapport spécial du Giec a été élaboré pendant deux ans par 107 experts provenant de 52 pays. Pour la première fois, une majorité (53 %) des auteurs d'un rapport du Giec provient de pays en développement. L'équipe a passé en revue plus de 7.000 publications scientifiques et s'est penchée sur plus de 28.000 commentaires d'experts et de gouvernements.  

   Nous sommes dans un cercle vicieux. La dégradation des terres réduit leur capacité à stocker du carbone, explique la chercheuse. Ce qui aggrave le changement climatique, qui, en retour, aggrave la dégradation des terres de différentes manières. Environ 500 millions de personnes vivent d'ores et déjà dans des zones touchées par la désertification. "Même un réchauffement planétaire limité à environ 1,5 °C entraînera une augmentation des risques liés aux pénuries d'eau dans les zones arides, aux dommages causés par les incendies, à la fonte du pergélisol et à l'instabilité du système alimentaire", prévient Mme Masson-Delmotte. Avec un réchauffement de 2 °C, "les risques liés à la fonte du pergélisol et à l'instabilité du système alimentaire seront très élevées", ajoute la chercheuse.

   "La sécurité alimentaire sera de plus en plus compromise par le changement climatique à venir en raison de la baisse des rendements, en particulier dans les régions tropicales, de l'augmentation des prix, de la réduction de la qualité des nutriments et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement", explique Priyadarshi Shukla, coprésident du groupe de travail III du Giec.

Alors que les différents usages des terres sont eux-mêmes sources d'une grosse part (23 %) des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines, l'amélioration de l'utilisation des terres et de notre système alimentaire a un rôle important à jouer tant pour l'adaptation que pour la réduction des rejets de gaz à effet de serre, explique Valérie Masson-Delmotte. "Les projections entre 2010 et 2050 montrent, en effet, qu'en l'absence de changement technologique et d'autres mesures d'atténuation, le secteur agricole verra ses émissions de GES augmenter de 80 à 92 %", explique Julien Demenois, chercheur en écologie au Cirad.

   "Les régimes alimentaires équilibrés riches en aliments d'origine végétale tels que les céréales secondaires, les légumineuses, les fruits et les légumes, et les aliments d'origine animale produits de façon durable dans des systèmes à faibles émissions de gaz à effet de serre offrent de bonnes possibilités d'adaptation aux changements climatiques et de limitation de ces changements", explique Debra Roberts, coprésidente du groupe de travail II du Giec.

   Les experts du climat montrent tout l'intérêt que présente une gestion durable des terres. Mme Masson-Delmotte cite ainsi une série de solutions, parmi lesquelles l'agroécologie, l'agroforesterie, la diversité d'espèces végétales et forestières, l'agriculture biologique ou encore la conservation des pollinisateurs. Ce qui permet aussi de démontrer la communauté d'intérêt avec le combat en faveur de la biodiversité, alors que les experts internationaux de la diversité biologique ont déjà tiré le signal d'alarme en mars 2018 sur la dégradation mondiale des terres après l'avoir fait, deux ans plus tôt, sur les pollinisateurs.
"Mettre fin à l'agriculture industrielle destructrice"   "Nous devons mettre fin à l'agriculture industrielle destructrice et investir dans les approches agroécologiques qui stockent du carbone, améliorent la santé des sols et augmentent les rendements", réagit Nicolas Vercken d'Oxfam France après la publication du rapport. L'ONG, dont l'objet principal est la lutte contre la pauvreté, demande aux politiques de "rejeter les fausses solutions qui détournent la terre de la production alimentaire au profit de cultures destinées à la production d'énergie et à la capture de carbone". "Une gestion prudente de la bioénergie (production de biomasse pour l'énergie) permettra (…) d'éviter des risques pour la sécurité alimentaire, la biodiversité et la dégradation des terres", juge en effet Valérie Masson-Delmotte.
Pour Greenpeace, les citoyens peuvent agir à leur niveau en réduisant leur consommation de viande et de produits laitiers mais les pouvoirs publics ont un rôle central à jouer. Par exemple, en "soutenant la transition agroécologique face au développement des fermes- usines, en mettant un terme aux importations en France de soja issu de la déforestation et destiné à l'alimentation animale, ou en développant l'offre de repas végétariens dans la restauration collective".

   "Le Giec donne raison aux écologistes", se félicite Europe Ecologie – Les Verts (EELV). "Le modèle actuel repose sur une agriculture intensive qui entraîne la disparition des petites exploitations et de l'activité économique qui les accompagne, une explosion des maladies liées à l'alimentation (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) à cause d'une alimentation déséquilibrée, un usage massif de pesticides (qui entraînent des maladies chez les agriculteurs et les consommateurs) et de fertilisants (qui dégradent la qualité des aliments et de l'eau) et est très gourmande en eau", analyse la formation écologiste. EELV appelle le gouvernement à agir à travers la politique agricole commune (PAC), en cours de révision, afin que "l'enveloppe de 60 milliards d'euros soit utilisée pour bâtir une agriculture paysanne et biologique".

"Agriculture diversifiée, territoriale et à taille humaine"

   Pas de mention de la PAC dans le communiqué du 8 août, par lequel quatre ministres (Affaires étrangères, Ecologie, Recherche, Agriculture) saluent la publication du rapport "fondé sur une analyse rigoureuse et objective des connaissances scientifiques les plus récentes". Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, y affirme soutenir "la transition vers l'agroécologie et une bio-économie plus résiliente, travailler activement à la reconquête des sols, en luttant contre leur artificialisation, mais aussi en privilégiant leur fertilité pour la production végétale, leur qualité sanitaire, leur capacité à stocker le carbone…". 
    Les organisations agricoles saluent, elles-aussi, les conclusions du Giec, affichant chacune leur brevet d'écologisme. A l'exception toutefois de la Confédération paysanne restée paradoxalement silencieuse sur ce nouveau rapport. La FNSEA salue ainsi l'"approche raisonnable" du Giec qui préconise "une agriculture diversifiée, territoriale et à taille humaine". Le syndicat majoritaire indique y retrouver "les caractères fondamentaux qu'elle défend depuis toujours" et se dit prêt à "produire plus et mieux avec moins" pour répondre au double enjeu alimentaire et climatique. La Coordination rurale salue la prise en compte de la vie du sol par les experts internationaux. "Ce que notre syndicat fait depuis plus de 20 ans, vante l'organisation agricole, via notamment le Festival du non-labour et semis direct et son engagement pour l'agriculture de conservation et les techniques culturales simplifiées". (
actu-environnement.com/) (Laurent Radisson )

 

 -  02/06/19  -  Jean Jouzel « L’effondrement n’est pas imminent. Je nous vois griller à petit feu» »     (https://www.lemonde.fr/ -  p26)

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