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 L’AGRICULTURE  -  Les Paysans


() -  (Juin 2018) « PECHLAT »  DE CLAUDE PLAT : De la non-valeur au beau domaine viticole - « Le pain quotidien : les bleds

Il faut assurer la nourriture des hommes et des animaux domestiques. Cette mission est dévolue aux céréales. Dans l' Antiquité, Tacite disait déjà : << sala terrae seges imperatur » (on ne demande à la terre que du grain).

Longtemps les rois de France, et Charlemagne avant eux, ont eu le souci permanent de favoriser cette production, au détriment des autres cultures, la vigne notamment. Pechlat, où la vigne ne s'implantera que fort tard, est encore

l'illustration de ce choix séculaire. Partons donc à la quête des bleds. Ce terme, qui a conservé la dentale  étymologique du francique blad ( cf. moulin bladier), qui signifiait très généralement "produit de la terre", a d'abord désigné toutes les céréales : on voit par exemple en 1590 à Lagrasse un « bailh à couper les bleds» (Anthoine Vidal, notaire). Mais, dans ce même acte du 28 juin 1590, on trouve la formule : « faucher tous les bleds et avoines qui sont semés à la métairie de Pechlat », ce qui nous incline à penser que bled ne doit désigner que les céréales panifiables, blé, seigle et peut-être même orge. À la même époque, un autre acte notarié de Jacques Garrigues fait état de « la quantité de 22 cestiers bled froment 4 cestiers seigle 11 cestiers avoyne 6 cartières orge et 5 cestiers paulmolle » pour ensemencer les terres de Jehan Colin à Ribaute (26 octobre 1592). On voit ici le terme générique se restreindre à la seule céréale noble, le froment. Le dernier avatar de cette évolution sémantique sera le mot blé employé seul, pour désigner le blé froment. » (p47) (Cette monographie de Pechlat est la première d'une série qui se propose de présenter, sous cette même forme, une trentaine de domaines (ou campagnes) du bas Term (enès - méditerranéen, entité géographique et climatique qui regroupe les territoires de Lagrasse, Ribaute, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Jonquières, Talairan et Saint-Pierre-des-Champs) Coll. Prædia.

 

 

04/12/19  -  Viticulture sans Intrants : Quelles perspectives ? Le Conseil de Développement Durable organise une conférence sur le thème des perspectives pour le vignoble sans intrants. En France la viticulture représente le second secteur économique exportateur, elle occupe autour de 3 % de la surface agricole utile et utilise 20 % du tonnage des pesticides dont 80 % correspondent à des fongicides.

L'Union Européenne en général et la France en particulier participent à un processus de réduction de l'utilisation de pesticides en agriculture. Les viticultures biologiques et biodynamiques ont déjà apporté une contribution importante mais insuffisante car l'utilisation excessive de cuivre, en particulier, et de soufre ont des effets néfastes sur l'environnement et la biologie des sols. Par conséquent, le remplacement de ces traitements par des cépages tolérants ou totalement résistants à certaines maladies sera sans doute incontournable pour assurer la durabilité de la viticulture et l'environnement. La conférence a eu lieu le 4/12. (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, p6)

 

09/11/19  - fête des semences paysannes à Mèze. (Hérault 34). Cette journée ouverte au public clôt une semaine de rencontres entre des organisations impliquées dans la préservation des semences paysannes venus du monde entier. Parmi elles, pas moins de 8 organisations paysannes partenaires soutenues par le CCFD-Terre Solidaire.

 L’usage millénaire des semences paysannes menacées

Pour la majorité des peuples du monde, les semences paysannes sont la base de l’alimentation : elles produisent une nourriture abondante et de haute qualité nutritive.
L’usage millénaire, consistant à conserver et réutiliser ses propres semences, est mis à mal par l’agriculture industrielle et l’élargissement des droits de propriétés intellectuelles sur les organismes vivants. Régulièrement, depuis sa création en 2003, les membres du Réseau Semences Paysannes (RSP) organisent des rencontres internationales réunissant des praticiens, paysans, jardiniers et artisans semenciers du monde entier. Ces rencontres internationales constituent un levier important pour retrouver les connaissances et les
savoir-faire associés aux semences trop souvent perdues dans les pays industrialisés. Elles ont permis de construire des liens, des alliances et des projets entre les organisations utilisant les semences paysannes et engagées dans une agriculture paysanne, écologique et solidaire.

(https://ccfd-terresolidaire.org/mob/agenda/semences-paysannes-6466)

 -  07/11/19  -  Les manifestations d’agriculteurs le mois dernier, le film d’Édouard Bergeon « Au nom de la terre », le débat sur l’usage des pesticides : les difficultés du monde paysan s’affichent au quotidien.

Un suicide par jour, le chiffre est énorme compte tenu de la taille de la population. Jean Viard rappelle dans l’hebdomadaire Le un comment on est passé dans les années 60, et en l’espace d’une génération, de 3 millions à 440 000 fermes. (Aucun métier n’a connu une telle destruction des structures familiales.) Mais le modèle industriel promu depuis lors – toujours plus d’hectares, de matériels, d’intrants, d’emprunts – est aujourd’hui confronté à la « révolution écologique ». Pourtant l’agriculture « est l’avenir de l’humanité, car c’est par définition un métier du renouvelable qui travaille avec le sol, le vent, le soleil, l’eau et les savoirs locaux ». Le sociologue souligne que les agriculteurs ne sont pas restés passifs face aux nouveaux enjeux de l’écologie. « 20 % des fermes sont passées au bio, l’agriculture de proximité se développe (…) Le modèle des fermes qui fournissent directement les cantines scolaires se développe. 32 % des poules ne sont pas élevées en cage… » Mais le monde paysan, classe dominante qui produisait plus de rente que l’industrie jusqu’aux années 1950, « a encore du mal à s’adapter à son statut de minorité, à discuter, négocier, mais aussi à se faire respecter, en particulier de la grande distribution » (franceculture.fr)

-  01/11/19  -  Viticulteurs, entre espoir et inquiétude.    Ce n'est pas sans fierté que les vignerons présentent à Carole Delga la cave coopérative de Maury, qui a survécu à la crise du vin doux naturel et à des périodes d'endettement. Les 600 hectares du cru, avec leur petit rendement, appellent de fortes valorisations et donc un travail sur la nuse en valeur et l'image. Un dossier pour développer l'œnotourisme a été déposé. « Nous sommes un tout petit syndicat, avec uniquement des vignerons » expliqpe Aurélie Pereira, présidente de l'appellation. « On a besoin de tous les soutiens, d'être épaulés. »

Parmi les demandes, gagner un peu de temps pour l'utilisation du glyphosate. « Les vieilles parcelles sont difficilement labourables, on a besoin d'encore un peu de glyphosate pour les finir, même si c'est raisonné au maximum.» Pour Carole Delga « Les Français aiment leurs agriculteurs, ils savent au fond que vous n'êtes pas des pollueurs.( ... ) Il y a la question de l'impact sur la santé, mais on ne peut pas dire « on stoppe et après débrouillez-vous. Tout ne peut pas changer en un an mais il faut avoir une vraie évolution, il faut se fixer des échéances. » Autre inquiétude, les aides européennes agro-environnementales « MAE », qui ne sont versées qu'avec des années de retard, voire pas du tout. Pour Carole Delga « il y a un vrai sujet sur la gestion des fonds européens. On nous a confié la gestion des crédits européens sans nous donner l'autorisation de les payer parce qu'on n'avait pas les logiciels. Et pour certains fonds européens, on va nous les enlever et les remettre à l'Etat, sachant que l'Etat n'a plus les fonctionnaires ...Ce n'est pas entendable pour quelqu'un qui a des problèmes à fin du mois, c'est normal que l'on se fasse engueuler. » La présidente de Région en a profité pour tacler l'Etat sur les dépenses de fonctionnement limitées à une augmentation de 1,1 %. « On est super

tendus. Il y a une manipulation de la part de la Cour des comptes qui dit que la Région est mal gérée ». Pour autant Carole Delga évoque un accompagnement aux viticulteurs. « Il faut qu'on vous aide sur la promotion. On sera à vos côtés.( ... ) Il ne faut pas être dans une position de citadelle assiégée. Ceux qui caricaturent l 'action agricole veulent que vous tombiez dans ce piège.» (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, p5)

   La Région avait déjà décidé de donner au GICB une avance de trésorerie de 750 000 €, une nécessité pour éviter le dépôt de bilan de la structure coopérative. La présidente de Région Carole Delga a annoncé lors de sa visite le 25 octobre, la mise en place d'un plan d’actions en 6 points pour revaloriser le savoir-faire et les produits Collioure-Banyuls. Celui-ci passera en particulier par la restructuration du vignoble, la reconquête de friches, avec des aides à la plantation, un accompagnement des actions de promotion et à l'export, un soutien à la transition agi-écologique, la mutualisation des outils, le développement de l'œnotourisme. (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, p7)

22/10/19  -  Les agriculteurs se mobilisent à nouveau depuis ce lundi soir contre la déconsidération de leur métier et les conséquences de traités commerciaux comme le CETA, et pour leur pouvoir d'achat. Le sociologue François Purseigle évoque un mal être lié à de multiples et profondes transformations. « Sociologie des Mondes agricoles » François Purseigle et Bertrand Hervieu, Armand Colin, 2013  (franceculture.fr)

19/10/19  -  La secrétaire d'Etat appelle les Français à se réconcilier avec leur agriculture.

Les jeunes sont en train de se repolitiser par l'écologie. C'est positif car ils militent à la fois dans leur vie privée et dans leur vie professionnelle. Je suis persuadée que ce sont eux qui vont réussir à changer le. modèle d'entreprise, et ce faisant le modèle de développement qui consiste aujourd'hui à maximiser la richesse et la valeur ajoutée en laissant au système public la gestion des conséquences de cette production.

Pour réussir la transition écologique, il faut réaménager le territoire. Les sources de gaz à effet de serre sont d'abord les  transports, ensuite les bâtiments, assez loin devant la production industrielle et énergétique. Les métropoles sont bien armées pour les réduire, les villes moyennes, dont certaines ont vu leur centre s'effriter et se paupériser, le sont beaucoup moins. L'habitat y est dispersé et les transports en commun manquent. S'ajoute à cela le défi de la perte de biodiversité, liée à la réduction des terres naturelles. Il faut donc imaginer de vivre sur le territoire français assez différemment de la façon dont on le fait aujourd'hui. Il faut tout repenser en essayant de coordonner l'action des différents acteurs : les régions sont chargées du développement économique et de l'aménagement du territoire à l'échelle de la région. Les métropoles le font à leur échelle. L'Etat a toujours une part de responsabilité. Le chantier est devant nous. Il est à la fois écologique et social parce qu'un des éléments intéressants du mouvement des « gilets jaunes» c'est la très forte demande de lien social qui s'est manifestée autour des ronds-points, devenus le symbole d'un aménagement urbain qui permet juste de faire correspondre plusieurs routes pour aller d'un point à un autre.

   Le malaise agricole :  Il faut prendre très au sérieux la détresse des agriculteurs. Certains se font insulter dans leurs champs à cause des pesticides, qui sont devenus un énorme facteur d'angoisse pour les consommateurs. Il faut ramener de la rationalité, aider les agriculteurs à mener la transformation très profonde qu'on leur demande, réconcilier les Français avec leur agriculture, sinon on court au drame. Ce n'est pas toujours facile. Quand un maire dit: « Pour protéger mes administrés, je prends une mesure de précaution interdisant l'épandage d'engrais à 150 mètres des habitations» et qu'après le gouvernement arrive avec un rapport disant, non, en fait, c'est plutôt entre 5 et 10 mètres, on a l'impression que l'un est plus courageux que l'autre. Or, les 150 mètres ne sont fondés sur rien. Le vrai sujet, c'est la diminution progressive des volumes et des différents types d'engrais utilisés.

   La taxe carbone : Le sens de l'histoire est de reprendre une évolution à la hausse mais dans des conditions d'acceptabilité qui seront peut-être dégagées par la convention citoyenne qui se tient actuellement. Cette taxe n'a pas été comprise pour deux raisons: ses recettes n'étaient pas totalement affectées à la transition écologique, et ceux qui dépendent complètement de leur voiture ont eu l'impression qu'on leur faisait la morale alors qu'on était incapable de leur fournir des solutions alternatives. On a besoin de multiplier les solutions, qui ne seront peut-être pas au même prix partout, afin de pouvoir y revenir. Par ailleurs, les collectivités locales nous disent : « Vous Pourriez nous donner la main, à la fois sur les dépenses et sur les recettes. » Çà fait partie des options. Rien n’est décidé. La prochaine fois qu’on entendra parler de la taxe carbone, ce sera à travers la prise de position de la convention citoyenne. C’est à elle de décider SI elle souhaite faire une proposition sur le sujet. (Le Monde, p16)

 

13/10/19  -  « Agribashing » ou prise de conscience. La France fut longtemps peuplée de paysans.
Les pouvoirs publics y subventionnaient davantage l’élevage de montagne et les maïsicultures que les innovations électroniques.
Il fallait produire du cochon, du blé et des choux fleurs pendant que d’autres, ailleurs, produisaient des composants, des microprocesseurs, des téléviseurs puis des smartphones. (…) 
Gérard CHAROLLOIS   (http://www.ecologie-radicale.org/media/editos/1787-agribashing-ou-prise-de-conscience)

Ci-dessus,   NATURE  -   RECHAUFFEMENT   :  AGRICULTURE

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ne peut pas suffire,
elle doit être limitée
non seulement par la liberté des autres
mais aussi par celle
des générations futures »