DROCOURT NATURE vous parle un peu du Ciel,
de la Planète, des Hommes ET DES ANIMAUX

 L’AGRICULTURE  -  Les Paysans


(07/06/20  -  « Faire taire »  PAR STÉPHANE FOUCART

   Ce mercredi 3 juin au matin, Pierre Rigaux a retrouvé un jeune renard mort sur le capot de sa voiture. La carrosserie était, à dessein, barbouillée du sang de l'animal. Tout porte à penser qu'il s'agit là d'un nouvel épisode dans l'accumulation de menaces verbales, d'intimidations et d'agressions physiques dont il est l'objet depuis plusieurs mois, et dont il tient la minutieuse chronique. Naturaliste

et militant anti-chasse, l'intéressé a pour seuls torts d'user des armes pacifiques qui sont aussi celles des journalistes: la liberté d'aller et venir, d'observer et de publier ses témoignages. Mais la publicité qu'il donne à certaines pratiques de chasse est, semble-t-il, vécue comme un affront par des porteurs de fusil - ils le lui rendent à leur façon. Cette fois, la brutalité des images qu'il a postées sur les réseaux sociaux, montrant le cadavre du petit animal, a suscité un tel émoi que la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, et sa secrétaire d'Etat, Brune Poirson, ont chacune manifesté, par une brève déclaration sur Twitter, leur soutien au naturaliste. Du soutien, Pierre Rigaux n'en a jusqu'à présent pas eu beaucoup. Les mains courantes et les plaintes qu'il a déposées auprès de la gendarmerie n'ont jamais eu d'effets; il dit cette fois vouloir saisir (Suite de la page d’Accueille procureur de la République.
    « Quelques coups de poing»

Dans les campagnes, la chasse est une source de tensions considérables et les forces de l'ordre seraient fondées à être plus réactives face à de telles intimidations. D'autant plus que celles-ci sont assumées par des représentants du milieu cynégétique. Interrogé, le 4 mai, par Chassons. corn sur la difficulté à faire condamner les auteurs d'invectives en ligne et de dégradation des miradors, le président de la Fédération

nationale des chasseurs, Willy Schraen, a déclaré: « J'aimerais bien qu'on en chope quelques-uns, quand même ( ... ) il y en a quelques-uns, y a quelques coups de poing dans la gueule qui se perdent, quand même. ( ... ) Je comprends le chasseur qui dit: "Si j'en prends un, il va prendre une bonne branlée."» De tels mots d'ordre, adressés à une communauté d'individus armés, n'ont provoqué aucun émoi particulier des autorités. Celles-ci ont placé M. Schraen sous protection policière, mi-mai, devant la multiplication des réactions hostiles et des menaces consécutives à la diffusion de cet entretien. Daris d'autres situations de tension qui traversent les campagnes, le gouvernement a pourtant pris des mesures singulièrement radicales. En décembre, le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a créé au sein de la gendarmerie une « cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole», baptisée Demeter. Dans les faits, cette cellule a un spectre d'intervention très large, puisqu'elle n'est pas seulement dévolue à la protection des agriculteurs contre les agressions : elle est fondée à agir contre les individus se livrant à « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole».

   En février, Le Monde a révélé que la cellule Demeter est le fruit d'une convention signée, sous l'égide de la Place Beauvau, entre la gendarmerie nationale et les deux syndicats agricoles qui défendent l'agriculture industrielle - à l'exclusion des autres. Même dans !'.Amérique de Donald Trump, une telle privatisation des forces de l'ordre paraîtrait surréaliste. Il s'agit, là encore, d'intimider des militants environnementalistes. Des riverains ou des apiculteurs protestant contre les épandages de pesticides reçoivent la visite des gendarmes, des membres d'associations sont convoqués pour avoir parlé à la presse.

   Le 2 juin, France Nature Environnement (FNE) annonçait qu'un porte-parole de l'association Sources et rivières du Limousin venait d'être convoqué par la gendarmerie d'Egletons (Corrèze). Motif de la convocation? Selon FNE, l'intéressé avait répondu à France 3 et dénoncé la destruction d'une forêt et d'une zone humide, au profit de serres industrielles à tomates hors-sol. Pendant l'entretien avec les journalistes, il était posté sur un remblai devant le site en question, et aurait ainsi violé une propriété privée. « L'ensemble du mouvement France Nature Environnement s'inquiète de ces bien curieuses dérives issues de la cellule Demeter », a déclaré le réseau associatif dans un communiqué.

   Ces histoires croisées suggèrent que non seulement l'Etat ne mobilise pas ses moyens pour protéger la liberté d'expression des militants

Environnementalistes face à des manœuvres d'intimidation crapuleuses, mais que, en dépit de quelques Tweet de membres du gouvernement, il participe lui-même au fait de les faire taire. Quelques militants réduits au silence: est-ce si important? La question va en réalité bien au-delà. Informer sur l'environnement et sa préservation devient aussi de plus en plus périlleux pour les professionnels de l'information, y compris en France. En mai, plusieurs journalistes (dont l'auteur de ces lignes) ont pris fait et cause pour une consœur, Inès Léraud, ciblée par des entreprises du complexe agro-industriel breton du fait d'enquêtes incisives sur les dégâts environnementaux de leurs activités. L'initiative a rapidement grandi. Ce sont désormais plusieurs centaines de journalistes bretons, réunis en collectif, qui constatent que ceux d'entre eux qui travaillent sur l'agro-industrie locale risquent des poursuites-bâillons en justice, la mise au placard ou le chômage. « Des articles sont censurés, des sujets pas abordés de peur de fâcher les annonceurs, et des subventions municipales sont coupées», écrivent-ils dans une pétition, réclamant la création d'un observatoire régional de la liberté de la presse. Cela ne devrait pas être si compliqué: de tels observatoires existent déjà, pour surveiller l' « agribashing ».

(https://www.lemonde.fr/, le journal,  n°23455, p28)  -  (Infos +)

 

  03/06/20  -  Pesticides : participer à la consultation publique

« La Chambre d'agriculture des Pyrénées Orientales a lancé en catimini le 18 mai la • consultation publique « Charte Riverain et distance de traitement à proximité des habitations et des lieux accueillant du public"·Cette « pseudo » concertation menée actuellement n'a pas d'autre vocation que de tenter d'acheter la paix sociale dans les campagnes, avec l'accord du Ministère de l'agriculture et du lobby des pesticides ! Ces dispositifs ne répondent en rien aux enjeux bien réels des pesticides.( ... ) Mettre en place des zones de non-traitement (ZN1) qu'elles soient de 3, 5 ou 20 m, ne sert à rien contre la volatilité des pesticides, l'effet des ·perturbateurs endocriniens, ou encore les effets « cocktail » imprévisibles.

Ces chartes, en étendant le champ des prétendues « bonnes pratiques », renvoient aux paysan.ne.s la responsabilité de l'empoisonnement par les pesticides, alors même que ce sont bien l'ANSES, l'Etat et les entreprises qui les mettent sur le marché. D'ailleurs, la dangerosité des pesticides est directement liée à la dangerosité des produits et non pas uniquement à des « mauvaises pratiques "· C'est donc bien leur interdiction (en priorité les cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens) qui doit rester une priorité. Interdire les pesticides les plus dangereux doit être accompagné de mesures économiques (aides à la transition vers des systèmes économes en pesticides, aides au maintien à l'agriculture biologique, structuration de filières locales, etc.) et commerciales (fin des accords de libre-échange, arrêt des importations de produits traités avec des pesticides interdits en France, prix minimum d'entrée sur le marché national} permettant aux paysan.ne.s de changer leurs pratiques, de relocaliser l'agriculture et de vivre de leur métier. ( ... )    La Confédération paysanne encourage à participer massivement à cette consultation CONTRE la validation par le préfet de cette charte dont le seul but est d'appliquer le minimum réglementaire (très insuffisant) sous couvert de dialogue. Le dialogue que nous souhaitons vivant entre le monde agricole et la société ne peut être cadré par une énième charte. » Elodie François, Victor Tublet, Lozat OlMer, La Confédération paysanne  (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, n° 1244, p2)

 

26/05/20  -  Pesticides et herbicides dans les P.O. Vente en hausse de 2, 9 °/o

En 2018, la quantité totale de substances actives vendues en France s'élève à 85 900 tonnes contre 71 200 t en 2017. « 22 % du total vendu sont des substances particulièrement préoccupantes pour la santé humaine (20 % en 2017) » analyse le Commissariat général au développement durable dans sa dernière étude sur le « Plan de réduction des produits phytopharmaceutiques » publiée la semaine dernière.

La moyenne des produits phyto a ainsi progressé de 22 % en France entre les périodes 2009-2010-2011 et 2016-2017-2018 et de 2,9 % dans les P.O. « Entre 2009 et 2018, les ventes d'insecticides ont été multipliées par 3,5; celles des fongicides ont progressé de 41 %, tandis que celles des herbicides ont augmenté de 23 % » note le Commissariat général au développement durable. Par département, La Gironde enregistre la plus grande quantité de produits phytopharmaceutiques achetés, 3 295 tonnes, en progression de 9 ,4 % par rapport aux années précédentes. Dans les P.O., 688 tonnes de substances actives ont été achetées en moyenne annuelle en 2016-2017-2018, soit 2,9 % de plus que sur la période 2015-2016-2017.

   Les départements voisins ont été plus gourmands avec 1 512 tonnes achetées dans l'Aude, et surtout 2 178 t dans le Gard et 2 082 t dans l'Hérault, ces deux derniers départements se classant respectivement au 3e et 4e rang hexagonal pour ces consommations juste derrière la Gironde et la Marne.
   Il convient de noter que ces données sont basées sur les ventes et des achats de produits établis d'après les données de la Banque nationale des ventes réalisées par les distributeurs de produits. Or, on sait qu'une partie des achats est réalisée pour ce qui concerne notre département de l'autre côté de la frontière, en Espagne, où ils sont moins chers et les normes moins restrictives. Les ventes des herbicides ont augmenté de 15 % entre 2017 et 2018, et de 25 % si on ne considère que le glyphosate, « un désherbant total systémique, c'est-à-dire un herbicide non sélectif. La molécule et/ou les produits qui la contiennent sont classés toxiques pour les organismes aquatiques, entraînant des effets à longs termes » rappelle l'étude.« C'est en Gironde qu'il est acheté le plus de glyphosate par ha (1,06 kg/ha, avec 256 t). Suivent, avec plus de 0,80 kg/ha, /'Hérault (181 t), le Vaucluse (107 t), le Gard (154 t) » .  Selon l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), l'utilisation du glyphosate est particulièrement importante pour les cultures fruitières et la vigne. Des cultures particulièrement importantes dans notre département où la vente de glyphosate ne s'élève sur la dernière période qu'à 51,7 tonnes par an ce qui correspond à 0,69 tonne à l'hectare contre O ,98 pour l'Hérault, et 0,96 pour le Gard. Un écart important qui pourrait encore une fois être justifié par la proximité de la frontière espagnole.

   « Compte tenu des incertitudes concernant la dangerosité de cette substance, et notamment son caractère cancérogène, la France s'est engagée à sortir du glyphosate d'ici 2020 pour la plupart des usages, puis pour tous les usages d'ici à 2022, en veillant toutefois à ne pas laisser les agriculteurs sans solution » rappelle le Commissariat général au développement durable. Un objectif plus dur à arracher que la mauvaise herbe. (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, n° 1242, p4)

 

29/04/20  -  Hommage à Madame Evelyne MINGO !      (https://www.lasemaineduroussillon.com/hebdo, n° 1239, p2)

 

 

Ci-dessus,   NATURE  -   RECHAUFFEMENT   :  AGRICULTURE

 LE SITE  :  Date de la dernière info pour chaque page


« La liberté
ne peut pas suffire,
elle doit être limitée
non seulement par la liberté des autres
mais aussi par celle
des générations futures »