LES  ETRANGERS

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13 octobre 2014 : ouverture de la chasse aux sans papiers en Europe

-  07/11 : Pour les réfugiés et les migrants, refuser la stratégie du « jugement dernier »

-  10/11 : La leçon de droit international de Syriens exilés
-  16/11 :
L'asile, c'est pas facile

=  2015 :  Nommer nos enfants pour le monde de demain
Un cri
Un contrôle des étrangers aussi brutal que myope
Entre les grilles
Encore choisir la France malgré le refus d'asile
Syriza osera-t-il relâcher les migrants bloqués en Grèce?
1%, c'est le rendement de la chasse européenne aux passeurs de migrants
L'omelette norvégienne, modèle de la politique migratoire?
Les étrangers « indésirables » deviennent invisibles
Pas significatif
L'Europe soliloque

Immigré·e·s: le GISTI pose sa tente à Mediapart
La honte
Anjouan-Mayotte : la mer Méditerranée n’est pas le seul cimetière maritime de migrants

C'est beau comme du Kafka ! (1/2)

C'est beau comme du Kafka ! (2/2)

Aucun être humain n’est illégal

Errance et gâchis humain
Anjouan-Mayotte : la mer Méditerranée n’est pas le seul cimetière maritime de migrants
Penser l'ouverture des frontières

-  Ils ne veulent pas repartir ? « Qu'on les enferme ! » ordonne Père Ubu
Plus de développement entraîne plus de migration

"Accueil" des migrants : l'été du bétonnage

Comment vivre le traumatisme de la migration dite illégale ?
Rejet de l'étranger : une démonstration d'efficacité

Crise des migrants à Calais : Emmaüs rompt tout dialogue avec le gouvernement

-  4è trimestre :

Pénaliser un demandeur d'asile pour avoir utilisé une fausse identité pour quitter son pays où il était menacé

Noria d'exilés entre Calais et la France d'un peu partout
Une tentative de pilotage par l'UE des politiques africaines
Opérations de déstockage d'exilés bien encombrants
-=  2016 :  2016, année du rebond de la résistance ?
Ados étrangers sans famille laissés sans toit
En finira-t-on jamais avec les conditions de travail plus qu'indignes imposées aux étrangers?
-  02/03 :
Dans les coulisses de Roissy : l'enfermement des étrangers en aérogare
-  05/03  : 
Du Kärcher symbolique au lance-flamme bien réel, la grande peur du personnel de gouvernement
-  31/03 :
Travailleurs privés de droit au séjour, le travail hors la loi
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=  2017  :  France CULTURE L’alerte enlèvement du ministère de la Justice, publiée le 18 octobre au soir, a suscité et suscite encore un tollé sur les réseaux sociaux.  « Il s’agit d’un individu de race noire, porteur de lunettes de vue, 1 mètre 75, cheveux noirs et courts".
L'homogénéité de l'espèce humaine.
Dans
Continent sciences, en 2008, Stéphane Deligeorges s’entretenait avec le biologiste moléculaire Bertrand Jordan, auteur de L'humanité au pluriel : la génétique et la question des races (Le Seuil, 2008) sur cette question persistante. Une émission qui débutait par l'évocation de la figure de Joseph Arthur de Gobineau, père de la pensée racialiste et auteur, en 1855, d'un nauséabond Essai sur l'inégalité des races humaines qui engendra le mythe aryen. Des "travaux" qui furent suivis par tout un courant qui s’appuyait sur une certaine façon de lire la théorie de l'évolution de Darwin, "pour affirmer l’existence des races, leur origine dans l’évolution, et le fait que les Noirs et les Chinois sont moins évolués que les Européens."
"Ce qui est caractéristique dans la notion de race, si on creuse un petit peu, c'est que c'est une notion essentiellement culturelle, mais qui prétend toujours être fondée sur la biologie."
Bertrand Jordan
En 2003, les nouvelles techniques de séquençage mettent à mal, une fois pour toutes les tenants de ces théories racialistes : le projet génome humain, entrepris en 1990, s'achève par la publication de la suite complète des 3 milliards de bases qui composent le génome humain : "
C’est la première fois qu’on va pouvoir avoir une notion globale de la diversité humaine", explique Bertrand Jordan. Le projet prouve notamment qu'il n'existe pratiquement aucune variation entre l'ADN de deux humains pris au hasard... Ils sont semblables à 99,9% : "Nous avons tous les mêmes gènes qui sont placés de la même façon, sur les mêmes chromosomes." Une homogénéité remarquable, et qui ne concerne que l'humanité puisque même les primates supérieurs, par exemple, présentent quatre à cinq fois plus de différences entre deux individus.
Malgré tout, au cœur même de l’ADN, existent des zones de très grande variabilité. Alors, "
est-ce qu’à l’intérieur de l’espèce humaine, il y a des sous-ensembles aussi nets, étanches, que le voudraient les tenants de l’idée de race ?", questionne Stéphane Deligeorges. Les scientifiques du projet génome humain se sont prêtés à une étude des variations ponctuelles de l'ADN dans les différentes populations humaines, et le constat est sans appel : "S’il y avait réellement des races humaines, comme il y a des races de chiens, on s’attendrait à ce que certains variants soient exclusivement chez certaines personnes, dans certaines populations, et d’autres variants, exclusivement chez d’autres personnes. C’est bien ce qu’on trouve d’ailleurs chez les chiens de race. Et ce qu’on trouve dans l’espèce humaine, c’est que pratiquement tous les variants de tous les SNIP [single-nucleotide polymorphism : la variation d'une seule paire de bases du génome NDLR] sont présents dans toutes les populations. Que vous fassiez votre étude sur une tribu du Congo, ou sur un village irlandais, ou sur une région norvégienne, ou sur le Kamtchatka, vous allez retrouver toutes les formes des SNIP
2013, année qui vit la suppression du mot "race" de la Constitution française, François Hollande l'ayant promis au Parlement le 8 mars 2012 : "
Il n’y a pas de place dans la République pour la race." "Dans Race et histoire puis Race et culture de Lévi-Strauss, il y a une démonstration implacable que la race n’a aucun fondement scientifique." Catherine Clément
Mais certains voient dans ce mot un concept à garder, car important dans la lutte même contre les discriminations. "Les Etats-Unis pourraient nous aider à comprendre ce qu’il se passe ou ce qu’il pourrait se passer autour des questions de reconnaissance, ou non, de la race", avance l'historienne Sylvie Laurent. Car le mot est inscrit dans la Constitution aux Etats-Unis depuis 1865, une date tardive... Et il l'est, pour le meilleur, puisqu'il engendre des "mesures d'affirmative action" par Johnson, qui sont des mesures de réparations concrètes pour les préjudices immenses causés par l'esclavage et la discrimination : "Les Noirs deviennent citoyens, et on leur doit réparation", explique Sylvie Laurent. Une idée portée par Martin Luther King dans son discours de 1963 sur le rêve d'un pays post-racial. Pour l'historienne, Barack Obama, dans son discours de 2008 à Philadelphie, ne reniait pas non plus le concept de "race" : "En réalité, ce que dit Barack Obama en filigrane dans ce discours, c’est que nous utilisons tous la race comme convention sociale. Non seulement comme convention normative mais, parlons clairement, vous comme moi nous avons la race comme arrière-plan".
"Je ne sais pas si le mot race doit être banni ou non de la Constitution mais je sais que ça a fait beaucoup de bien à la Constitution américaine lorsqu’il est apparu en 1865, très tard."
Sylvie Laurent en 2013
Enfin, dans
une conférence tenue à l'Université de Nantes, intitulée "La Fabrique de la 'race' et diffusée en octobre 2015 sur le site internet de France Culture, la philosophe Magali Bessonne défendait elle aussi l’usage du concept de "race" pour déconstruire les discours racistes et combattre les discriminations, tout en reconnaissant son invalidité "dans un sens biologique" : "Elle existe comme principe de vision et de division du corps social. C’est une expression de Bourdieu, mais qui est assez utile, parce qu’on garde, avec cette idée de vision, l’idée que la race est historiquement ce qu’on voit, ce qu’on a appris à voir comme saillant dans les différences entre les individus, et c’est un principe de division parce que cette perception racialisante, qui crée la race, a des effets sur les mécanismes de stratification sociale, de production des inégalités." Hélène Combis-Schlumberger

09/10  -  Usages et mésusage du concept de « race » - Un certain retour de la race dans les sciences biologiques et biomédicales : Par ex. on propose à des clients de start-up de génomique de leur dévoiler leur « ascendance raciale » exprimée en pourcentages. Ou on affine le traitement de certaines pathologies en fonction du « profil racial » des patients (J’ai moi-même réagi auprès de Mylan qui commercialise Enalapril, et avertit les « patients de race noire et d’autres races » d’effet différent pour eux. Mon correspondant a répondu qu’il acceptait de faire remonter mon observation; je proposais qu’on parle plutôt de « personne de couleur noire »).
La définition de l’Unesco en 1950 « La race est moins un fait biologique qu’un mythe social » bien que largement bénéfique a été jugée excessive et polémique par nombre d’anthropologues et de généticiens. Des travaux historiques récents font apparaître une grande diversité des positions exprimées.
Les mobilisations antiracistes se sont raréfiées au fur et à mesure que s’opérait une véritable  « réinscription génétique de la race » et sa « molécularisation »...
Cf. Luc Berlivet, Débats, Le Monde, p26. (Nadia Abu El-Haj)


Les titres des billets  « Fini de rire »  de Martine et Jean-Claude Vernier

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